Karousel a écrit :
C'est long mais y'a des morceaux de caramel sympas à l'intérieur. Prenez ça comme une nouvelle de Noël, à savourer en buvant un lait de poule.
#tagCR : Prise à deux
Un ami d’enfance qui passe par Paris et que j’héberge le temps qu’on rentre chez les darons pour les fêtes le lendemain. Il est fatigué, on se lève tôt mais on a ouvert les bières et nos écoutilles pour Britney Spears période écolière.
On se dit qu’on va la jouer à l’ancienne. On se sape comme toujours et on rejoint un rade où ils font des blind tests. On avait arrêtés d’y aller parce que c’était devenu un repère de soiffards transpirants, mais au fond on est pas mieux lotis. Dans l’métro y’a un mec qui joue du blues et nous on sirote nos bières dans l’silence. Dans l’bar il se passe pas grand-chose alors on recommande des bières et on essaie de combler l’silence. On voit une robe rouge qui passe et on réactive la machinerie. Elle est seule à une table alors on lui demande si elle veut jouer avec nous. On espère qu’elle s’y connaît en musique qu’on lui dit.
Elle est polonaise alors elle s’y connaît pas trop en français non plus. Elle dit à mon pote qu’il ressemble vachement à Lewandowski. En plus elle a jolis roberts. Le foot ça se joue à onze mais la séduction c’est mieux à deux alors je m’éclipse. Les slaves c’est son ter-ter et moi j’préfère quand elles viennent de plus à l’Est, loin.
Je sors fumer et comme parfois le hasard fait bien les choses, y’a deux japonaises qui se partagent une seule cigarette. J’fais genre j’ai paumé mon feu et je les aborde. J’leur demande si elles font le blind test et elles voient pas de quoi je parle. J’leur demande c’qu’elles font sur Paris et elles sont ingénieures dans l’automobile. Toyota ou autre nom japonisant, ça m’est passé au-dessus.
J’essaie de mettre le grappin sur celle qui a les cheveux longs et une mouche, mais une mouche sympa. L’autre a les cheveux courts façon Faye Wong. Elles ont l’air réceptives mais aussi en galère de clopes ; l’occasion fait le larron, alors je fais tourner.
On rentre parce qu’on se caille les miches. J’ai perdu mon pote de vue mais j’m’en tape, je suis passé en mode Tintin Objectif Soleil Levant. L’autre se fait agrippée par un gadjo random et j’commence à crier victoire. Sauf qu’entre la musique et ses réponses courtes, j’ai l’impression de faire Honshu-Hokkaido à la rame. Elle me parle de son taf mais je m’en fous. Elle me pose des questions sur le mien mais c’est pas mieux. Je la vois qui commence à chercher sa pote du regard et je m’éjecte avant d’avoir à crier Banzai! et de m’écraser sur son croiseur. Je prends son numéro et je descends au fumoir.
Je commence à conter mon retrait tactique à mon pote qui lui s’était fait mettre K.O. par une combinaison létale d’alcool et de conversations sur Proust. Elle en parlait mieux que lui, alors il s’est senti con.
Puis y’a Faye Wong qui ramène sa fraise. Elle me demande si j’ai vu sa pote tout en s’installant à notre table pour taxer une clope. Pas folle la guêpe. On papote tranquillement, puis au détour d’une phrase on lui sort que comme ça fait longtemps qu’on s’est pas vus, on va dormir dans l’même plumard pour fêter ça. Des confidences sur l’oreiller à rattraper.
Faye Wong elle écarquille tant bien que mal ses demi-lunes et nous fait répéter. Bah ouais qu’on lui dit, y’a pas si longtemps que ça on partageait un 20m² à deux alors la proximité ça nous connaît. Je sais pas si elle a l’habitude de se toucher la mouffette sur du porno gay, mais tout de suite ça l’intéresse.
Vous êtes de la jaquette ou bien ? Mais genre quand il faisait froid vous vous mettiez en cuillère ? Et les meufs, hein les meufs, comment que vous faisiez pour les meufs ?
Non qu’on lui répond. Mais au fond une belle amitié c’est pas comme une belle histoire d’amour ?
Non qu’on lui répond, on mettait du chauffage ça va plus vite. Mais y’a rien de mal à ce que deux hommes partagent une belle embrassade.
Là c’était compliqué qu’on lui répond, on essayait de s’arranger pour jouer à l’extérieur. Mais parfois on l’faisait quand même. Il suffit juste que celui d’à côté soit suffisamment bourré.
J’sais plus combien de temps on en a parlé mais elle arrêtait pas de relancer. Et puis il commençait à se faire soif, alors on retourne commander des trucs. Elle nous demande si on peut lui payer un coup, j’suis pas convaincu de la chose vu qu’elle avait déjà l’air bien enjaillée. Mais ma foi, elle est plus vieille que nous après tout.
J’vois mon pote qui commence un peu trop à la travailler au corps et du coup j’commence à être un peu jaloux ; je suis un peu comme Christophe Colomb au fond, quand j’ai traversé l’Atlantique j’ai envie de planter mon drapeau en premier. Alors quand il s’absente pour aller pisser, je sais que je vais faire la fouine. Dès que je le vois descendre les marches, je fous ma main sur le cul de Faye Wong et ma langue dans sa bouche. Une fois le sentiment du devoir accompli, j’me dis que ça sert pas à grand-chose en fait. C’est pas comme si je pouvais la ramener.
On redescend attraper mon pote en vol dans l’fumoir et quand j’lui susurre à l’oreille que j’ai fauté, il me traite d’enculé. Mais il a une idée derrière la tête qu’il me dit, il faut que j’attende un peu. J’veux bien attendre moi mais même pas on a l’temps de tirer sur deux clopes de suite que y’a sa pote à la mouche qui fait un comeback comme dans les films. Hého Martine il est temps de monter les voiles. J’suis triste, surtout qu’on commençait à bien rigoler. Elle se penche pour me galocher puis alors qu’elle a encore ma bave aux lèvres, y’a mon pote qui balance sa paire d’as sur la table :
Et moi alors ? J’vais être jaloux qu’il lui lance. Elle sourit puis elle fait tourner ses lèvres. Elle m’en remet un petit coup pour la route puis elle me fait Faudra qu’on se fasse un truc à trois un de ces quatre. Un peu décontenancé j’fais Haha ouais pourquoi pas. A trois mètres de là y’a sa pote qui nous regarde et qui doit pas comprendre le bazar dans lequel elle s’est foutue.
Manque de pot j’me rend compte deux minutes après que c’est pas son numéro à elle que j’ai. On s’affaire dehors en s’disant qu’elles sont peut-être toujours là. Oh, vous nous attendiez ? Bah fallait pas hein. Cheveux longs part de l’autre côté, Faye Wong part du nôtre. V’là même pas vingt minutes qu’on marche et elle nous demande si on va baiser. Ça en prend le chemin qu’on lui répond. Puis là elle fait : Do you have gum ? Alors mon pote il sort son paquet de Freedent White en s’disant que la pauvre, elle doit sentir qu’elle a des relents de vodka. No, no. Gum, you know, gum. Bah c’est du chewing-gum meuf, qu’est-ce que tu nous baratines là. Gum, for sex. Ah des capotes qu’elle voulait dire ! V’là t’y pas qu’on rigole, on a aussi on la rassure. Par contre y’aura moins de saveurs.
On prend le dernier métro direction la maison et toutes les deux minutes elle nous demande si on va vraiment baiser. Elle a pas les yeux qui pétillent mais presque. Elle est assise en face de nous dans les places à quatre et elle nous tripote et nous embrasse à tour de rôle. Y’a les gens à côté qui rigolent alors nous aussi on s’y met. C’est plus très loin qu’on lui fait. Ok, good.
Arrivés sur place, comme on est des bons hôtes, on s’dit qu’on va la mettre à l’aise. On lui propose un coup à boire. Un p’tit coup de musique pour faire la bringue. Elle aime bien les Strokes qu’il paraît ; le temps de lancer l’album elle est déjà les seins à l’air et nous sort :
Bon, qui me baise en premier ? On se lance un regard et mon pote me dit que j’ai qu’à ouvrir le bal. Ma foi, de ce pas mon cher ami. J’la tamponne un peu pendant qu’il finit sa clope, puis quand il commence à se désapper j’comprends qu’il faut un peu faire tourner l’effectif. Alors moi aussi je vais fumer une clope. Puis je les regarde. C’est rigolo. J’commence à comparer les décibels dans ma tête puis je me dis que c’est un coup à plomber l’ambiance, alors j’arrête.
Puis ils viennent me rejoindre et on danse bourrés à poil sur les Strokes. En plus c’est Reptilia qui passe, ça envoie du pâté. Deux verres plus tard on recommence à se toucher, et cette fois on part tous ensemble en camping. La geisha est insatiable, j’sais pas ce qui coule dans ses veines mais c’est mélangé avec du saké à ce niveau. Et mon compagnon qui se transforme en John B. Root avec des Suce mon pote et des Mets-toi comme ça, j’avais plus qu’à imaginer la lumière et la perche au-dessus du pieu. Même pas elle a demandé à ce qu’on se tripote entre nous, à croire qu’elle voulait pas partager.
J’sais pas combien de temps on a continué le manège. On a fait des pauses. On a fumé des clopes. On a bu des coups. On se regardait baiser. On baisait tous les deux. Et au bout d’un moment on a fini tous les albums des Strokes. Et en fait c’est toujours la même chose. Alors on a dormi.
Elle voulait remettre le couvert l'matin mais on était pressés. Alors on a pris son numéro puis elle a dit que c’était sympa et qu’il faudrait refaire ça un jour.
Et Joyeuses Fêtes à tous dans vos chaumières
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