haoujey a écrit :
Les choses ne sont pas simples, et pour éviter de blaisser, et d'insulter des personnes parfaitement respectables, il faut réfléchir et essayer de se cultiver.
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Réfléchir et se cultiver ne peuvent qu'amener à blesser des "personnes parfaitement respectables" passé un seuil critique. Les exemples ne manquent pas.
Réfléchir et se cultiver? On parle aujourd'hui de toutes les religions pour n'en désigner que trois parmi les milliers ayant existé et/ou existant toujours, c'est-à-dire qu'on fait d'un cas très particulier, le monothéisme, la règle en matière de religion. Ainsi pouvez-vous dire que l'islam est "la" religion la plus ouverte vis-à-vis du sexe, ce qui est complètement faux dès qu'on sort de ce cadre.
Réfléchir et se cultiver? Alors qu'on parle aujourd'hui de Dieu comme si cela allait de soi et avec une conception découlant directement de deux de ces religions, à savoir l'islam et le christianisme? On oublie un peu trop rapidement à mon goût qu'il est extrêmement difficile de lire correctement la Bible. Ne serait-ce que son premier mot a suscité des milliers de pages de commentaires.
Réfléchir et se cultiver? Mais voilà qu'un beau jour arrivèrent les chrétiens, interprétant les livres au pied de la lettre et avec une bêtise qui n'avait jamais été égalée dans quelque domaine que ce soit. Il faut lire les commentateurs romains, comme Celse par exemple, lire la manière dont ils se moquent de ces ânes voyant des faits "miraculeux" partout. Lire avec quelle arrogance impertinente, ils affirment leur droit à adorer les "démons" si cela leur chante. Et pourtant, les romains n'étaient pas Kabbalistes, à savoir des érudits versés dans l'interprétation et l'exégèse du sens profond des textes juifs, mais d'instinct ils se doutaient bien que l'histoire d'un Mithra rénové rendant la vue à un aveugle avec de la boue n'était certainement pas à prendre au premier degré. Les techniques d'interprétations juives sont plutôt bien gardées. Ainsi il nous a fallu presque deux millénaires pour comprendre que l'apocalypse de Jean ne désignait pas un évènement à venir mais était une sorte de pamphlet contre Jérusalem et la perversion du clergé juif. Et encore, le message a du mal à passer au jugé de ces personnes qui attendent encore et toujours le jour du "Jugement Dernier", la fin des temps, ...
Réfléchir? Alors que le christianisme a été la plus grande corruption intellectuelle de la doctrine du judaïsme et il faut bien dire que c'est sûr une telle base que s'est construit l'islam? Mahomet n'était pas rabbin. Mahomet n'était pas kabbaliste. Mahomet n'était pas un érudit. Donc, Mahomet n'a pu que se méprendre sur le christianisme et le judaïsme, il n'a pu que se méprendre à chaque fois qu'il a parlé de Dieu, à chaque fois qu'il s'est cru en droit de parler au nom de Dieu. Et ce serait un prophète? Un homme nous révélant les secrets les plus profonds du Dieu?
Réfléchir et se cultiver? Jadis les Dieux étaient concrets, réels, ils se manifestaient sans cesse aux hommes. C'étaient des principes nous permettant d'expliquer le monde - ce cosmos qui n'est pas un chaos - et de l'influencer. Ainsi était-il d'une importance vitale pour un peuple d'agriculteurs ou de navigateurs de connaître les Dieux de la lune, de la pluie, du soleil, de la terre, de la mer, des saisons, de la fécondité, ... Dans une époque révolue, on inventait même les Dieux afin de pallier notre incapacité à appréhender correctement la réalité. Mais d'incompréhension en science, il a fallu que les Dieux se retirent toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus dans l'abstraction. Parce qu'à force de raison, des hommes "religieux", les ancêtres de nos scientifiques, ont bien fini par se rendre compte que les dieux n'étaient que des outils humains. Terrible a dû être la peur du clergé qui voyait progressivement le fondement de son autorité s'écrouler. En même temps, il avait à rivaliser avec des Dieux se manifestant en permanence aux hommes. Il n'avait donc pas d'autres possibilités que de créer un dernier Dieu, un super-Dieu, à la fois immanent et transcendant, principe de l'univers tout entier, prima causa et tutti quanti.
Réfléchir et se cultiver? Mais c'est la mort de ces deux religions et du judaïsme populaire que vous proposez-là. Ces plantes vénéneuses ne peuvent croître que si vous ne réfléchissez pas et que vous ne vous cultivez pas. Reste la possibilité de réduire ces notions à des peaux de chagrin. Ce n'est pas sans raison que les autres religions sont à chaque fois reléguées au rang de l'erreur et voire même du péché. Parce qu'on ne le dira jamais assez: la science est une forme évoluée du fait religieux. Donc, la science ne peut qu'être un péché, un attentat contre ce Dieu, un rival. Il ne faut pas s'étonner que ce soit l'arbre de la connaissance qui porte le fruit du péché originel, source de tous les malheurs de l'homme selon les niaiseries chrétiennes. Et comme la femme a toujours été plus rusée, plus maligne, plus observatrice - en un mot plus scientifique - que l'homme, il est fort compréhensible que ce soit par elle que nous arrive le mal suprême du point de vue du clergé. Manger le fruit de l'arbre de la connaissance: voilà le mal suprême: remettre le pouvoir et l'autorité du clergé en cause.
Réfléchir et se cultiver? Mais j'imagine que cette attaque en règle n'ébranlera même pas les convaincus dans leur foi. Baiame, Bundgil, Bimbeal, Temaukel, Nyankupon, Leza, Mawu, Tirawa, Nzambi, Ndyambi, Ruwa, Dzingbe, Nzame, ..., la liste des Dieux majeurs d'éthnies mineures est longue et, mis à part les spécialistes, qui les connaît aujourd'hui? Qui réfléchit et se cultive pour savoir ce que l'homme a qualifié de Dieu durant son histoire? Le pire dans tout cela, c'est que l'on pourrait se moquer que les dieux ne soient pas ce que l'on croit. Ainsi en est-il de l'hindouisme qui propose une philosophie solide et raffinée quant à sa perception du monde. Si l'on compare sa complexité et les moyens qu'elle met en oeuvre avec les monothéismes modernes, à quelle maigre conception de la spiritualité est-on obligé de conclure pour conserver quelque valeur à ces religions!
Réfléchir et se cultiver? Comment pourrait-on encore croire aux sornettes de ces religions si l'on a une idée claire des enfers, de l'Orcus, des paradis, des champs Elysées, des îles des Bienheureux, des jardins d'Eden, des limbes, ..., c'est-à-dire si l'on comprend que l'homme a eu besoin de fournir des explications à la vie, à la mort, à sa conscience et à ses rêves, en vertu du principe qu'il vaut mieux n'importe quelle mauvaise explication que pas d'explication du tout?
Réfléchir et se cultiver? Alors que c'est la foi qui est censée sauver les hommes? Mais c'est bien-là tout ce qu'interdisent de fait ces religions, la pire maladie mentale que l'humanité ait jamais eu besoin de vaincre.
Je présente mes excuses à ceux qui ont pu lire des formules simplettes dans ma prose et en ont été blessés (comme par exemple "l'islam est une religion à la con" et autres variations). Comprenez que je pourrais tout autant écrire que le Judaïsme est une religion de malades mentaux ou que le christianisme est une religion de mégalomanes suicidaires. Comprenez qu'il ne faut pas se fier au ton péremptoire et à l'aspect simpliste de ces phrases simplettes. Je pense que tous, nous intégrons foule de moyens afin de ne pas réfléchir et afin de ne pas nous cultiver sur le fait religieux, afin de ne pas percevoir ce que fut le fait religieux, d'où il vient et ce qu'il devient. C'est une stratégie défensive afin de ne pas avoir à souffrir de ces millénaires d'erreurs morbides. Par conséquent, tout ce que je viens d'écrire - et qui n'est pourtant même pas digne d'être qualifié d'introduction tellement j'aurais à dire sur le sujet - n'aura probablement servi à rien. Je présente aussi mes excuses aux membres du forum adjacent que j'ai embêté avec ces histoires lorsque j'étais TT ici. Je présente par avance mes excuses aux croyants qui liront ceci et à qui je veux faire partager la souffrance qu'ils me causent, eux et leur histoire, notre histoire. Je m'en excuse parce que dans le fond, ils ne sont en rien responsables de l'état de délabrement qu'aura induit le monothéisme, ni eux, ni nos aïeux.