dante2002 a écrit :
Nous y voilà Chacun a tendance à considérer que les groupes sociaux qu’il n’aime pas ont « trop de droits », alors qu on est certain que notre propre groupe social n’a aucun privilège.
|
Tout le monde pointe du doigt les autres — riches, fumeurs, motards, obèses, fraudeurs — en estimant que son cas à lui est normal et que c'est aux autres de faire des efforts. Tant qu'on reste dans ce jeu de patate chaude, on résout rien.
Le fond du problème, comme le résume Jancovici dans un interview que j'avais vu : montée du RN, immobilier inabordable, classe moyenne qui trinque… tout ça découle d'une même réalité — il n'y a plus de croissance réelle en Europe. Moins de m² construits, moins de marchandises en circulation, une énergie importée sous contrainte. Le 1-2% de PIB affiché se fait au prix de 5%+ de déficit ; les métriques physiques, elles, stagnent ou reculent.
Conséquence : on est sorti du mode facile où on finançait les améliorations sur la croissance future. Désormais, donner plus à un groupe = prendre à un autre. C'est un jeu à somme nulle, et personne n'accepte d'être celui qui se serre la ceinture — d'autant que même ça ne suffirait pas. En pratique, quasi tout le monde s'appauvrit sauf une poignée de gagnants (grands patrimoines, employés de multinationales, finance, quelques secteurs porteurs).
On pourrait croire que c'est la faute de ces derniers, c'est juste qu'ils sont chanceux/malins. En vrai le probléme c'est qu'on a plus de croissance et que soit faut changer ça, soit accepter de se serrer la ceinture et s'organiser autrement.