anton4 a écrit :
Je ne me souviens pas l'avoir expliqué... J'ai connu effectivement une (longue) période de total détachement par rapport au monde et aux autres, comme l'ont vécu avant moi, nombre d'autres philosophes. A vrai dire était-ce de "bonnes raisons", je n'en suis pas du tout sûr, mais dans les faits j'ai connu une perte de la conscience individualisante, au moment où je travaillais sur mon doctorat tout en préparant l'agrégation de philo. C'était il y a bien des années maintenant, mais je conserve encore des souvenirs assez précis de mon état mental et affectif : en langage nietzschéen, en moi c'est incarné le mouvement destructeur qui mène du ressentiment contre la vie jusqu'au "dernier homme" (l'envers des hommes supérieurs, nihilistes, glorifiant la mort de Dieu, remplaçant une vie jugée d'après des valeurs supérieures par des valeurs humaines trop humaines...), celui en qui passe (comme le courant passe à travers un disjoncteur) le désir de mort. Ce "dernier homme" est celui qui dit "tout est vain, plutôt s’éteindre passivement ! Plutôt un néant de volonté qu’une volonté de néant !". La volonté de néant se retourne contre les forces réactives, devient la volonté de nier la vie réactive elle-même, et j'ai donc voulu au sens strict me détruire activement. En moi, c'est incarné l’homme qui veut périr. Et à ce point d’achèvement du nihilisme tout est prêt pour une transmutation... Ah je ne sais pas comment l'expliquer clairement.. J'ai écrit il y a quelques années pour le topic philo un essai sur la souffrance chez Nietzsche, c'était intéressant car il exprimait, dans un langage nécessairement philosophique, ce qui était alors au cœur de ma folie !
Comment j'en suis sorti ? Jouir de mon corps, le construire ou plutôt le re-construire, par delà bien et mal, en utilisant la science...
|