lakana a écrit :
Désolé si ça spoil mais Spoiler :
apprendre au détour d'une conversation sa mort au front dans "Le temps retrouvé" |
ça le pose là quand même en matière de bonhomme. Et le coup de sa décoration retrouvée par accident par le narrateur c'est particulièrement rigolo. Mais c'est marrant de penser qu'une des plus grandes œuvres de la littérature française est complètement lgbt'esque, ça ne manque pas de saveur. Heureusement que tout le monde "relit Proust" mais ne le connait pas, ça en choquerait plus d'un (rien que que la scène avec Charlus qui prend son pied en se faisant fouetter par des racailles de banlieue de l'époque... )
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Tu m'as spoilé, mais en même temps j'aurais pu ne pas cliquer. J'en suis uniquement à A l'ombre des jeunes filles en fleur. Et autant, à ce stade, il est déjà manifeste que le baron de Charlus est un homosexuel et un éraste (j'adore l'hypocrisie de Proust qui fait de son narrateur un jeune homme innocent qui ne comprend pas.le rentre dedans du vieux, alors qu'en vrai je pense que l'auteur n'aurait pas dit non
), autant Robert de Saint Loup et Bloch me sont à ce stade insupportables et ne transpirent pas l'héroïsme viril(mais Bloch, c'est parce que l'auteur le décrit sciemment comme socialement insupportable, vulgaire, ironique mais obséquieux car méditerranéen, alors que Robert de Saint Loup, je crois que Proust essaye de le rendre admirable alors qu'il est rasoir et donneur de leçons gauchistes qu'il n'applique pas).
Pour l'anecdote, d'ailleurs, et pour raccrocher avec la dissidence, Palmède, je l'imagine avec la voix, le ton et la moustache de Bernard Lugan.
Je ne crois pas que la dissidence soir très branchée.Proust. Ceux qui lisent, au sein de la dissidence, même très lettrés, me semblent plutôt avoir un goût pour la philosophie, ou l'histoire, ou, quand il s'agit de littérature, pour des auteurs exaltant l'héroïsme, les grandes valeurs (on lire l'Odyssée, la chanson de Roland), ou au contraire transpirant la haine du système social bourgeois (Balzac, Peguy...) ou du juif (Céline).
Proust, c'est vraiment l'auteur trop étranger à la droite radicale : trop homosexuel, trop délicat, trop magnifique, trop sensible, trop fin, trop synesthète, trop bourgeois, trop peu héroïque. Et, ennfait, trop étranger à la gauche aussi : absolument snob, emprzint d'un mépris de classe si absolu qu'il balance des trucs infects même pas pour provoquer mais sur le ton de la banalité, sublimement bourgeois, n'a jamais le é le petit doigt de sa vie...
Le seul truc que les dissidents pourraient trouver chez Proust, à mon sens, c'est vraiment les considérations sur "la race juive' et sa vulgarité. Mais même là, finalement, Proust ne l'a présente que comme une petitesse parmi les millions d'autres dont il se moque, pas une théorie raciale générale de type nazi.
C'est trop dur à récupérer pour un dissident.
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Membre de la TEPA.