Profil supprimé | LooKooM a écrit :
Ca ne m'arrive jamais mais je trouve son analyse plutot valide, je suis surpris de lui pour etre honnete. Selon moi:
1/ La Tech tire le train de quasiment toute la cote americaine et represente plus de 35% du marche US, ce qui est monstrueux.
2/ Les bancaires profitent a mort de la hausse des taux, les petrolieres de la hausse du baril et ca se gave dans de grandes largeurs
3/ Tout ce qui est du business de pauvre et etatique: consommation de base, materiaux de construction, infrastructures souffrent a mort. La chimie souffre de la hausse du petrole evidemment puisque c'est un input majeur.
4/ Trump aussi detestable qu'il est remet en place la Pax Americana et les US defoncent juste tout le monde actuellement et drainent plus de capitaux que quiconque. Le Brexit embourbe durablement l'Europe, le Japon est toujours aussi vassal, seule la Chine donne encore des petits coups de menton mais plus pour tres longtemps je pense, elle va flechir.
Je suis a contre-courant je sais bien et ce n'est qu'un avis parmis d'autres mais j'ai envie de croire que l'USD va continuer a s'apprecier jusqu'a 1.10/1.12 a horizon 6-12 mois, que la bourse US va faire de la tole ondulee mais qu'on va quand meme observer une progression meilleure aux US qu'en Europe avec une Europe boursierement qui va punir les midcaps et quelques parties des larges cap pour se concentrer sur la poignee de secteurs qui beneficient des US. La bourse allemande va continuer a sous performer avec sa surrepresentation de business locaux/industriels ultra touches par les douanes US.
Je ne vois aucun risque de krach high yield et pense que le segment va traverser ces peripeties a l'aise tout en payant grassement. Seul truc qui m'embete c'est l'arret de la hausse immo aux US, je me tate pour mes REITs speculatifs a lacher.
Avis?
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Pour moi les questions clefs aux USA et ailleurs (par spillover) :
1) Le chômage US peut-il continuer à baisser sans alimenter de pressions inflationnistes ? Là on est à 3,7%, bien en-dessous du NAIRU (estimé habituellement à 4.5-5%), et pourtant l’inflation reste à 2,7% et les anticipations d’inflation semblent bien ancrées. Il y a 2 possibilités : (a) soit les pressions inflationnistes vont arriver, c’est juste une question de délai de transmission, (b) soit le marché US de l’emploi a fondamentalement changé (ubérisation ?) et les estimations du NAIRU ne valent plus rien (i.e. le taux de chômage peut continuer à baisser sans entraîner d’inflation). Dans le premier cas, la Fed sera forcée d’agir bien sûr, et les marchés US pourraient souffrir (mais pas trop, la Fed post-Bernanke est plus cool qu’avant à mon avis). Dans le second cas, en revanche, la Fed ne va pas enlever le bol de sangria, la fête peut continuer.
2) Guerre commerciale vs. USD faible : l’optimum recherché par Trump est un marché actions qui poursuit sa hausse pour qu'il puisse le tweeter et un dollar faible qui avantage les exportateurs US. Quand le dollar s’apprécie, il a tendance à promouvoir des mesures protectionnistes pour aider ses exportateurs (bon, je fais peut-être une erreur en essayant de rationaliser Trump). Mais je ne crois pas à une guerre commerciale. A ces niveaux de valorisation absolus et relatifs (en comparaison avec les marchés actions hors US), la bourse US ne peut continuer à progresser qu’avec un dollar faible. Donc je vois plutôt l’EUR/USD vers les 1,20. Cela dit, c’est vrai qu’en termes de potentiel de croissance + risque politique, il n’y a pas photo entre les USA et l’Europe, donc l’EUR/USD à 1,05-1,10 (mais pas beaucoup moins) ne me choquerait pas en raison des flux de capitaux.
3) Cycle économique : on a pas mal de signaux d’un haut de cycle, après 10 ans de croissance il va quand même bien finir par venir. Je vois le cours des bancaires US comme une combinaison de l’effet des hausses de taux de la Fed (facteur positif) et un début de positionnement des marchés sur le cycle (facteur négatif). Quand bien même le retournement tarde à se matérialiser, le marché anticipant toujours, je ne vois pas les cycliques et les bancaires bien performer avant le prochain bas de cycle.
4) Populistes vs. establishment : Trump + Brexit + Italie + Bolsonaro, ça commence à faire beaucoup. Les partis populistes montrent qu’ils ont la capacité de prendre le pouvoir ou des décisions majeures dans quasiment un grand pays sur 2... pour l’instant. Pour moi ça signifie qu’au-delà des problèmes spécifiques de l’UE ou de l’émergence de Trump, on voit une crise démocratique profonde qui touche tous les grands pays. Donc prime de risque politique à la hausse, risques sur le marché obligataire souverain et actions bancaires vulnérables. |