LooKooM a écrit :
Tu es sérieusement en train d'avoir en tête un scénario de guerre totale jusqu'à l'Europe de l'ouest à ce stade ? Je ne dis pas que la probabilité est de 0% mais tout de même j'ai la sensation que tu es TRES sensible au downside risk de cet évenement geo politique. Plus qu'à propos de beaucoup d'autres choses.
|
Toutes les guerres d’annihilation (Guerre de Trente Ans, WW1, WW2) et même tous les conflits importants (Corée, Vietnam) ont commencé « petit », sur des questions locales, et ont conduit à un embrasement généralisé par effet d’engrenage. Au début de tous ces conflits, personne n’aurait pu imaginer comment ça aurait pu conduire à des hécatombes pareilles. La différence maintenant (avec les guerres d’annihilation passées), c’est que les principales parties ont le doigt sur le bouton nucléaire.
Je pense aussi que Poutine est devenu imprévisible, donc incompréhensible et dangereux, du point de vue des Occidentaux. Le COVID semble le miner profondément, il semble avoir vrillé un peu.
Dans ce contexte, un conflit armé dans une zone stratégique et sensible rend plus probable une incompréhension entre Russes et Occidentaux, qui pourrait dériver de façon nucléaire. C’est un scénario de dérapage non contrôlé – pas un plan organisé. C’est une probabilité faible, mais le fait même que cette probabilité existe est dramatique.
Selon l’évolution du conflit, Poutine pourrait se retrouver à devoir jouer sa survie. Avec son comportement erratique, c’est potentiellement dangereux. Personne ne sait ce qu’il a dans la tête, et manifestement sa rationalité n’est pas la même que la nôtre.
Après oui, je travaille avec les Ukrainiens et j’ai des amis à Kyiv, donc ça joue forcément sur ma perception, je suis forcément inquiet pour eux.
Et bien sûr je suis écoeuré par les réactions de beaucoup de mes compatriotes, oscillant entre l’indifférence, l’ignorance (du type Ukrainiens = Russes) et l’adoration de Poutine (comme s’il n’avait pas ses ICBM braqués sur Paris en ce moment même, dès la 1ère salve si on devait en arriver là - comme les nôtres sont braqués sur Moscou). Ça me rappelle beaucoup une certaine presse française de 1938-39 à propos du « brave Monsieur Hitler », supposé allié contre le péril rouge. Aveuglement terrible.
PS : Du point de vue boursier, tout ça justifie une prime de risque géopolitique plus élevée, donc des valorisations plus basses, toutes choses égales par ailleurs.