Citation :
Ma chère Inflation,
Voilà des années que tu nous as quittés et, j’écris ce
petit mot pour te donner des nouvelles de la maison.
Nous avons mis des années à te chasser et, au début,
après ton départ tout s’est bien passé. Croissance est
arrivée et tout le monde était ravi. Nous avons
dépensé sans compter. Bien sûr, il y a eu des petites
crises : Internet nous a causé beaucoup de soucis en
2001 et 2002,mais tout est rentré dans l’ordre.
Croissance s’est embellie pendant les années suivantes.
Alors, nous nous sommes beaucoup endettés et nous
avons beaucoup consommé. La belle époque…
Pétrole a beaucoup grossi et a fini par faire rentrer
Récession dans la maison. Du coup tout le monde est
tombé malade et ça a été très contagieux. Au début
nous avons pensé que ce n’était pas trop grave. Nous
avons compris trop tard. Pendant ce temps, Pétrole a
énormément maigri. Alors, nous parlons même de la
venue de Déflation. Certains disent aussi que
Dépression va finir par remplacer Récession.Alors tu
vois, plus rien ne va bien…
S’il te plaît reviens vite nous voir et chasse de notre
maison Récession et Déflation.
Nous préférons te voir avec Croissance car, grâce à
vous deux, nos dettes disparaîtront.
Une petite histoire pour montrer que l’inflation est la
seule sortie possible pour une sortie de crise rapide. Le
niveau des dettes est tel qu’il fragilise toute reprise.
Pour que les agents économiques consomment et
investissent, il est indispensable que les taux d’intérêts
réels redeviennent négatifs. C’est le retour de l’inflation
qui permettrait cela.Mais celle-ci ne se décrète
pas : le chômage ne cesse d’augmenter et les capacités
de production ne sont pas assez utilisées pour permettre
aux prix de monter. Alors patience, la crise pourrait
durer… à moins qu’une révolution sociale ne fasse
monter les salaires, puis les prix etc... etc...
Dans cette ambiance toujours morose, et malgré notre
désir d’optimisme le mois dernier,nous sommes restés
investis sous la barre des 40 % en actions pour descendre
à 35 %.En revanche,nous nous sommes renforcés sur des
obligations courtes de sociétés privées (3 à 4 ans de
durée de vie) ayant une rémunération souvent proche
de 7 % pour compenser la baisse de rémunération des
SICAV de trésorerie. Malgré certaines lueurs d’espoir
et certaines tentations, il nous semble toujours trop
tôt pour investir massivement.
Xavier DELAYE
Augustin PICQUENDAR
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