Ne prends pas mal ce que je vais te dire mais :
1) Des actifs à moindre coût, tu peux en acheter aussi : pendant des mois tu as pleuré parce que "ça ne baissera jamais". Maintenant ça a baissé (au moins en France). Pourquoi se plaindre ? Tu peux en profiter autant que les plus riches.
2) Si je devais représenter "la finance" par une personne aujourd'hui, ce ne serait pas un banquier machiavélique se tortillant la moustache en pensant à son prochain mauvais coup, mais plutôt un apprentier rentier AirBnB avec un gros portefeuille boursier. Réveille-toi stp frer : la finance, c'est toi. La capitalisation boursière mondiale c'est environ 70-80 trillions $ pour une population mondiale de 7-8 milliards de personnes : ça fait une taille moyenne de portefeuille de 10k$ par humain. Tu as 30 fois plus : t'as pas bientôt fini de te plaindre ?
3) Il n'y a pas de complot, de plan machiavélique caché. Il y a simplement, depuis toujours et jusqu'à la fin des temps :
a) des gens (tout le monde) qui maximisent leur intérêt particulier, avec beaucoup d'égoïsme et d'avidité : c'est la force qui fait tourner le monde, celle qui permet tous les projets, toutes les inventions, tous les progrès - et aussi tous les coups dégueulasses, tous les crimes, toutes les guerres. Il n'y a pas de complot : il y a simplement des intérêts privés qui s'entrechoquent, parfois de façon brutale. Tu y participes, comme tout le monde, à ton niveau : quand tu fixes le prix de ta location AirBnb, tu l'optimises au maximum, non ? Quand tu achètes des actions, tu cibles celles qui vont maximiser leurs profits sans considération morale, non ? Altria, ce sont des gentils ? La finance, c'est toi.
b) des responsables politiques, chargés de préserver l'intérêt général au milieu de cette avidité générale, et qui le font avec les moyens du bord - en général sans avoir toute l'information qu'il faudrait, ni parfois les connaissances et les compétences nécessaires. C'est naturellement le cas pendant cette pandémie. Il n'y a pas de complot.
4) Dire que l'argent est puissant c'est une tautologie : l'argent, ce n'est qu'une mise en forme quantitative de la puissance. Celui qui s'endette abdique une partie de sa souveraineté au profit de celui qui lui prête. C'est vrai pour les ménages, pour les entreprises, et pour les Etats. Mais cette puissance de l'argent, elle n'est pas homogène, coordonnée ou guidée selon des plans machiavéliques : elle est simplement guidée par la principale force qui fait tourner le monde : la maximisation du profit. Les CEO des entreprises dont tu es actionnaire sont tes valets : leur seule fonction est de maximiser ton total return. Si tu as des fonds €, alors tu fais partie des prêteurs à l'Etat français. La finance c'est toi.
5) Vraiment, il faut sortir d'une compréhension enfantine du monde, où de mystérieux méchants manipuleraient le gentil peuple. Il faut voir le monde tel qu'il est - une bataille permanente entre des intérêts particuliers parfois convergents, parfois contraires, avec une mise en forme légale pour que cela reste "civilisé". Chacun y participe, toi y compris. Et ce n'est pas "mal" - c'est la façon dont fonctionne tout homme, créature égoïste mais sociale, obsédé par la maximisation de ses intérêts mais capable de générosité.