Pour ceux que ça n'intéresse pas: achetez-vous une souris à molette libre (non-crantée), comme certaines Logitech. Ca marche très bien.
Pour ceux que ça intéresse, petit résumé puisque le débat risque de persister:
Sur l'armée et l'esprit d'équipe:
- Scoulou prétend qu'une unité militaire n'a rien d'une "équipe"
- je prétends le contraire, i.e. qu'une unité militaire est aussi une forme d' "équipe"
Sur Gladiator, la crédiblité & co:
- Scoulou prétend que Gladiator est objectivement plus crédible que les péplums plus anciens. Il se base sur la pilosité, les costumes, le jeu des acteurs et autres. Mais sans pour autant mesurer cette crédibilité par rapport à des comparaisons historiques... Il qualifie, au passage, le public passé de "naïf".
- je prétends qu'on a, dans les deux cas, des représentations fortement non-réalistes, erronnées par rapport à la réalité historique, où les acteurs jouent et ne sont donc pas "naturels" (mais avec des jeux ayant évolué avec les goûts courants). Et donc, que la "crédiblité" vient uniquement d'une suspension d'incrédulité (plus facile, pour le public, quand on emploi des esthétiques et des codes auxquels il a été habitué - et donc plus facile pour un film récent qu'un film ancien).
Pour les courageux:
scOulOu a écrit :
Oui alors t'es gentil, mais les délires des connards de marketeux ne prouvent strictement rien à mes yeux. Et en passant, ces pseudo stages militaires n'ont de commun avec un vrai stage militaire que le fait d'en chier un maximum. Et si ça peut éventuellement souder une équipe en lui insufflant le fameux "esprit d'équipe", ça n'a pas gd-chose à voir avec l'armée 
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Voyons ce que les militaires en disent eux-mêmes:
Armée de Terre: On ne naît pas soldat, on le devient. La principale qualité pour entrer dans l’armée de terre est donc la motivation. Il faut également être volontaire et avoir l’esprit d’équipe.
US Army: Red Phase: Upon the completion of Reception Week, recruits begin training and participating in field exercises while learning the importance of teamwork.
British Army: Teamwork is a vital element of any business that wants to succeed. The Army is no different, so this is your chance to show off your teamwork skills. [...] Whichever job you choose in the Army, you’ll be working as part of a team to achieve your goals. The Army will want to see how well you work with others throughout the selection process.
Australian Army: Today's Army carries on a tradition steeped in the core values of 'courage, initiative and teamwork.'
Alors, pas d'importance de l'esprit et du travail d'équipe, dans l'armée?
scOulOu a écrit :
En l'occurrence on ne parle pas de Detective Dee, mais de Gladiator. Et hormis les plans totalement synthétique, le film ne fait absolument pas toc ![[:spamafote] [:spamafote]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/spamafote.gif)
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Pour moi, il fait toc, en tout cas tout autant que des films plus anciens, et même si l'esthétique est différente.
scOulOu a écrit :
Non mais cette faculté de couper les cheveux en 4 pour avoir raison à tout prix est assez consternante.
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Pas plus que ta faculté à soutenir que la suspension d'incrédulité n'a rien à voir avec la "crédibilité" que tu accordes à Gladiator et que tu refuses aux anciens peplums, alors que tout ça est fondamentalement artificiel et dépendant des modes et habitudes du public (ce que je soutiens). Et de prétendre que ta vision serait objective, tout en refusant toute comparaison historique un peu poussée (ce qui me semblerait pourtant un des rares moyens objectifs de mesurer une crédibilité).
scOulOu a écrit :
Je te parle crédibilité, tu me réponds réalisme historique (alors que j'ai justement bien pris soin de faire la distinction entre les deux). Tu es vraiment incapable de faire la différence entre des guignols qui se tapent dessus n'importe comment avec des armes en fer blanc et une bataille qui ne suit pas strictement la tactique romaine ? Tu ne vois pas la nuance ? Sérieusement ?
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Je vois, dans les deux cas, des gens qui font semblant de se battre. Avec des mouvements de caméra, du montage, des effets, etc... pour faire en sorte que le spectateur marche dedans.
Quant à un minimum de respect des tactiques, ça me semble important si on veut vraiment parler de "crédibilité". Si on me montre une bataille rangée entre armées du XVIIIème siècle avec des soldats courant en petits groupes et rampant pour éviter le feu ennemi, je ne pourrais pas considérer ça comme très "crédible" - que ces gens soient rasés de près ou avec des barbes hirsutes. De même que si on me montrait des soldats de 39-45 marcher lentement en rangs réguliers et compacts vers le feu ennemi. Si on prétend donner une vision plus "crédible" et plus exacte, encore faut-il respecter suffisamment certains éléments historiques...
Et, oui, ça me fait dire que Gladiator est un gros maelstrom tout aussi foncièrement irréaliste que les films qui ont précédé, le seul but étant de faire du spectacle et satisfaire les foules du moment (ce que faisaient également beaucoup de films plus anciens). D'ailleurs, pourquoi s'obstiner à le nier?
scOulOu a écrit :
Tiens, d'ailleurs, un exemple de truc tout con, nettement plus crédible dans Gladiator que dans tous les péplums l'ayant précédé : le maniement du glaive du légionnaire. En effet, celui-ci n'est enfin plus utilisé pour faire cling-cling en tapant avec le tranchant, ce qui, en plus d'être ridicule, ne paraît pas crédible car on a instinctivement du mal à croire qu'il soit possible de faire vraiment mal en tapant une armure de taille avec une épée si courte. Dans Gladiator, les soldats romains enfoncent leur glaive dans le corps de leur adversaire, comme cela se faisait à l'époque. Et là, on y croit. Que les légionnaires aient suivi ou pas la tactique de l'armée romaine, en revanche, on s'en fout, vu qu'exceptés quelques historiens, personne n'a la moindre idée de ce que c'était.
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J'ai vérifié avec des extraits Youtube:
- dans Gladiator (bataille initiale), il y a aussi un paquet de coups de taille de la part des Romains. Ils sont certes un peu plus souvent au second plan, mais ils sont bien là.
- dans Spartacus, on voit aussi des coups d'estoc (et qui, d'ailleurs, sont bien finaux et mettent l'adversaire hors d'état).
On remarque davantage les coups d'estoc de Gladiator car Ridley Scott insiste dessus dans son montage (vu qu'ils sont finaux, et que le montage garde surtout les derniers coups).
Je vois deux imageries factices, l'une issue du cinéma des années 90-2000, l'autre issue du cinéma des années 60, et donc toutes deux influencées par l'imaginaire et les goûts du moment (le but étant surtout de mettre en scène le héros).
Et comme tu es quelque peu obsédé par la pilosité, j'ai un peu googlé entre temps. En résumé:
- aux temps de la fin de la République et des débuts de l'Empire, la mode des Romains était de se raser de près. Y compris pour des généraux. On notera d'ailleurs que dans leurs propres représentations de cette époque, les légionnaires était rasés de près.
- aux temps de Marc Aurèle (en fait, après Hadrien), la mode des Romains était de se laisser pousser la barbe, qui était bien fournie (et pas du tout de 3 jours). Dans les représentations, les légionnaires étaient alors montrés, eux-aussi, avec une barbe bien fournie.
- les barbares, eux, ne se rasaient pas.
Pour le coup, aussi bien la représentation de Spartacus (les gladiateurs étant à l'origine des barbares, a priori ils ne se seraient pas rasés) que celle de Gladiator (les Romains de l'époque portant des barbes bien fournies, Maximus aurait aussi dû en avoir une) me semblent fausses.
En ce qui concerne la représentation des légions de l'époque républicaine et des débuts de l'Empire (où se déroulent la plupart des peplums), j'aurais tendance à dire que le côté bien rasé des personnages importants (généraux, politiciens, etc...) serait correct, ainsi que celui des soldats en cérémonie (faut quand même que l'armée soit propre), stationnés en ville, et même en camp permanent. Pour le soldat en campagne, c'est plus discutable, et doit dépendre du temps de marche la veille et autres facteurs (n'oublions pas qu'ils construisaient toujours un camp semi-fortifié avant de dormir). Toujours est-il qu'une représentation filmique de légionnaires rasés de près est conforme à la représentation, par des Romains eux-mêmes, de ces mêmes légionnaires.
scOulOu a écrit :
Je n'enferme rien nulle part, j'explique simplement ce qui me motive à aller au cinéma. Voir du théâtre filmé ne m'intéresse pas du tout, et c'est le cas de bcp de monde. Mais je n'empêche personne de l'apprécier.
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Quand tu considères comme "naïfs" ou "moins exigeants" ceux qui, parmi le public, acceptent un côté plus théâtral, c'est quand même ce que tu fais (en les disqualifiant par ces termes).
scOulOu a écrit :
Ridicule, car mettre en scène de cette façon des mecs en jupettes, c'est ridicule.
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Donc, le théâtre est "ridicule"? Sinon, pourquoi quelque chose serait-il forcément "ridicule" au cinéma et pas au théâtre? (et ne me sors pas le coup de la "finalité différente", les deux racontant généralement une fiction, avec des personnages joués par des acteurs, et dont on perçoit des images et du son).
Au passage, tu fais quoi des comédies musicales? Et du cinéma muet, tiens? "Ridicules", je suppose...
Dans ce cas, si tu le penses vraiment (mais en fait non, cf. quote suivant), tu rajoutes "je trouve que", et tu évites de généraliser.
Et si tu considères que la crédibilité est fondamentalement subjective, pourquoi refuses-tu qu'on écrive que tous les peplums sont bel et bien irréalistes, et que c'est uniquement la suspension d'incrédulité qui fait marcher le public?
scOulOu a écrit :
j'imagine qu'il faut par exemple également un public pour les shows de drag-queens, et d'autres plus improbables encore.
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Donc, en fait, c'est pour conchier la subjectivité des autres, enfin de ceux qui ne suivent pas ta perception? Parce que juxtaposer la "subjectivité" à un "faut bien un public pour les drag-queens" & co, ce n'est pas franchement admettre que ta perception n'est pas forcément la seule valable (au contraire, puisque tu veux ridiculiser implicitement ceux qui ne pensent pas comme toi...).
Peux-tu admettre que des gens à peu près normalement constitués aient des goûts différents des tiens?
Bref... si tu t'en fous vraiment, des motivations et des goûts des autres, pourquoi soutiendrais-tu que ta vision de la "crédibilité" est fondamentalement juste et supérieure? Si tu ne t'en fous pas, certes, et peux déblatérer, mais évite alors de l'affirmer quand j'écris que tu portes une vision réductrice des arts et du cinéma (ce qui me semble bien être le cas, vu comme tu as l'air de conchier la subjectivité de ceux qui ne pensent pas comme toi
).
scOulOu a écrit :
Pour moi le renouvellement tient à la volonté d'immersion du spectateur dans un univers, ce qui n'était à mon avis pas le cas des prédécesseurs de Gladiator, qui poursuivaient d'autres buts, peut-être plus sur le fond que sur la forme - même si c'était aussi pour le spectacle. En fait voilà : cela tenait avant plus du spectacle (pour les "grosses" scènes) que de la création d'univers.
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Si on parle de "création d'univers", il me semble quand même que Gladiator reste très en deçà de certains films de science-fiction ou de fantasy (Star Wars en étant quand même un exemple assez frappant).
La tendance à faire de "l'immersif" (en centrant sur un personnage à travers les yeux duquel le spectateur découvre lui aussi l'univers en question) n'est pas non plus nouvelle par rapport à des films historiques, il me semble. Dances with Wolves l'avait déjà fait pour le western indien, par exemple. Et on pourrait même considérer que Barry Lyndon l'a fait, encore bien avant (et avec une maîtrise rarement égalée). A mon sens, là aussi, Gladiator n'a fait qu'appliquer au peplum ce que d'autres avaient déjà fait, auparavant, dans des genres plus ou moins proches.
Sinon, au passage: vu que tes remarques de "crédibilité" semblent souvent se focaliser sur les batailles, les barbes de trois jours & co, pourquoi refuser d'admettre que Gladiator est une forme intégration des codes du film d'action-aventures des années 90-2000 dans le peplum? 