Furorento a écrit :
Ca change rien c’est ca le problème.
Vous avez pas encore compris que le VE doit incarner le changement vers un déplacement DURABLE !
On ne doit pas reproduire les problèmes du passé depuis 50 ans.
|
J'ai encore ma diesel achetée neuve en 2003 et qui a maintenant 380 000 km au compteur. A l'époque on m'a dit que c'était bien, que je libérais moins de CO2 dans l'atmosphère et que c'était bon pour le climat. Pendant 21 ans je l'ai entretenue, maintenue, et j'ai l'intention de le faire encore. Des gens comme toi m'ont dit que c'était pas durable. Que j'étais un enculé de pollueur qui tuait les poumons des bébés et des petits vieux en roulant avec dans ma campagne. Des gens comme toi approuvent que je n'aie pas le droit de traverser Lyon ou Paris avec cette calamité ambulante. Pourtant, il me semble qu'en évitant d'en racheter une régulièrement je limitait ma consommation de ressources non renouvelables tels les minerais de fer et d'aluminium. Mais non, à écouter les écologistes à la petite semaine il y a 20 ans c'était bien de rouler avec, là c'est mal... En Allemagne tu peux faire monter un filtre à particules de seconde monte et faire valider ton véhicule comme un cran moins polluant. En France ça sert à rien, on a refusé cette solution. Vaut mieux consommer des ressources non renouvelables que d'adapter le véhicule. Je ne sais ce qu'on vas nous inventer une fois le véhicule électrique généralisé pour nous dire que c'est mal de s'en servir, histoire de nous inciter à le changer pour que les petits ouvriers qui assemblent les voitures aient encore du travail et les actionnaires des dividendes... C'est le premier cailloux sur le chemin de ton idéal.
Le deuxième, c'est qu'il n'est économiquement rentable de continuer à maintenir ma vieille trapanelle que parce que je le fais moi-même. Et pour les électriques ça sera la même: la valeur décroit avec l'âge, arrive un jour où une grosse réparation demandera un élément plus cher que la valeur du véhicule. Et n'importe qui de rationnel décidera le ferraillage.
Furorento a écrit :
Ce que les gens veulent c’est un véhicule qui reste à la page et qu’on peut mettre à jour si besoin pour le garder plus longtemps (pas acheter 4 vehicules pour avoir enfin la version mature du vehicule)
|
De mon coin de campagne, ce que les gens veulent c'est un véhicule qui roule. Qui les emmène de A vers B. Si possible pour pas trop cher. Si possible confortablement. Le reste, les infotainements, les bips électroniques, c'est vraiment secondaire. La plupart se contenteraient d'un autoradio.
Furorento a écrit :
Et idéalement qui pollue moins et réduire le cout des déplacements (les pneus polluent trop, la peur de la panne est angoissante sur une occasion)
|
Ouais, enfin ça t'angoisse, TOI.
On retombe sur ce que je disais un peu plus haut sur le coût d'une réparation par rapport au prix du véhicule. Je détaille un peu: une électrique c'est bien plus simple qu'une thermique. Pas de delco, de bougies, d'injecteur, de vanne EGR, de sonde Lambda, de calculateur, de boite de vitesse, de FAP, d'AdBlue... Il y a un moteur et un démultiplicateur. Tu ne peux pas avoir une panne de débimètre qui se résous pour 50 balles, il y en a pas. Tu ne peux pas avoir une panne de boite automatique qui se résous pour 8000 balles, il n'y en a pas. En soi c'est rassurant, l'électrique élimine la plupart des pannes possibles qui se sont multipliées à chaque fois que les thermiques se complexifiaient sous le coup des normes antipollution.
D'un autre côté quand il y a une panne, bas c'est forcément un gros constituant qui a mangé. Et là il y a 2 possibilités:
- c'est un gros élément indissociable, comme le bloc moteur, ben là t'es mal faut tout changer et c'est une pièce chère, beaucoup de main d'oeuvre, le remplacer sera toujours cher. De même que quand une thermique fends ses chemises, ben c'est la douille!
- c'est un élément qui est maintenable: chargeur, batterie, là on a plus un problème de compétence des agents ou de mauvaise volonté des acteurs du marché. Les concessionnaires ont pris une mauvaise habitude avec l'arrivé de l'électronique dans les voitures, qui est de remplacer tout un bloc électronique dès qu'il y a une partie qui dysfonctionne. Leurs gars ne sont pas formés à réparer ce qu'il y a à l'intérieur. Extrapolé à l'électrique ça fait des réparations très chères, mais ça va fatalement devoir changer: des ateliers capables de diagnostiquer une batterie et de ne changer que les modules qui sont endommagés pour les proposer dans le cadre d'un échange standard, ça a fini par arriver pour les Prius ( https://www.youtube.com/watch?v=oAHaYXBFnJo ) et ça finira par arriver sur les véhicules qui n'auront pas noyé les modules dans de la mousse collante ( https://www.asso-ag2s.org/storage/2 [...] -Echos.pdf ). Pareil pour les chargeurs et les autres pièces, des initiatives type "Revolte" sont appelées à se développer pour répondre à ce besoin d'avoir un véhicule qui roule. Mais toujours il y aura la limite du coût de la pièce (ou de son rétrofit en cas d'échange standard) et de la main d’œuvre face à la valeur vénale du véhicule.
Furorento a écrit :
C’est bien mais c’est de la bidouille, il faut s’y connaître. C’est comme les techniciens qui changent les batteries sur youtube. Tout ca est encore artisanal.
C’est mieux que rien mais j’aimerais que ca soit Renault qui propose ca des la conception.
|
A en croire le lien que j'ai mis, Renault fait plutôt partie des vertueux quant à la réparabilité des véhicules électriques. N'empêche que:
- les pièces ont un coût, la main d’œuvre a un coût, tes mises à jour risquent de coûter plus cher que prendre un véhicule neuf juste pour cette réalité économique;
- les travaux "artisanaux" trichent avec cette réalité économique, car les personnes ayant les compétences, un atelier pour travailler et l'outillage pour le faire (outillage qui a aussi un coût) n'ont plus que les pièces à acheter, donc ils peuvent intervenir en restant rationnel plus profondément dans la maintenance et la mise à jour du véhicule, il n'y a plus que la limite du coût des pièces pour la maintenance, mais elle reste incontournable;
- pour envisager une mise à jour/rétrofit, en plus de la limite économique du coût des pièces et éventuellement de la main d'oeuvre, on n'est pas aux Etats-Unis: on a des normes incroyablement sévères sur les véhicules et toute modification qui éloignerait le véhicule de son certificat d'immatriculation est interdite. Même changer la taille des pneus. Donc en plus de la réalité économique, la réalité réglementaire se met en travers de tes espoirs.
Donc c'est pas pour être rabat-joie, mais le futur que tu envisages réclame des évolutions qui n'ont à peu près aucune chance d'arriver de notre vivant.