Citation :
Déterminer une distance réalisable sur une journée dépend de beaucoup de facteurs.
Le calcul de base est simple : déterminez la vitesse moyenne que vous êtes capable de tenir, multipliez par le nombre d’heures que vous pourrez conduire, et vous obtenez votre distance journalière.
Voyons d’abord le premier paramètre : la moyenne.
Avant tout, rester humble et réaliste.
Ce n’est pas parce que vous roulez la majorité du temps à 90, voire 100 km/h sur départementale que vous devez vous fonder sur cette base. Au moindre ralentissement, dès que vous traversez une agglomération, vous allez devoir ralentir. Et surtout, vous vous arrêtez de temps en temps, pour de multiples raisons : feux rouges, stops, carburant, repas, pipi, clope, téléphone, hydratation, photos, changement de vêtements…
Ce sont les arrêts qui font le plus baisser la moyenne.
Pour vous donner une idée, rouler sur autoroute en restant à 130 maxi vous donnera sur le journée une moyenne réelle de 100 à 110 km/h. En visant le 140 compteur en vitesse de croisière, avec très peu d’arrêts et un ravitaillement carburant tous les 300 à 400 km, vous pouvez tabler sur une moyenne de 120 km/h.
Sur départementale en campagne, en respectant un 90-100 compteur et le 50 en ville, prévoyez du 60-70 à l’heure de moyenne réelle.
En ville, ne comptez pas dépasser le 30-40 de moyenne.
Et en montagne, basez-vous sur un 50 de moyenne. En attaquant vraiment fort, vous pouvez espérer du 70 de moyenne, mais ne rêvez pas tenir ce rythme plus de quelques heures par jour et encore moins plusieurs jours de suite…
Et encore, toutes ces vitesses sont une base pour un motard à peu près expérimenté et endurant qui roule seul.
Pour un débutant (moins d’un an d’expérience, ou moins de 10.000 km, ou pas l’habitude des grands trajets), je conseille de prévoir minimum 10 km/h de moins en régime de croisière, avec surtout des pauses plus fréquentes et plus longues.
En duo, si votre passagère est VRAIMENT entraînée, vous pourrez sans doute tenir à peu près la même vitesse de croisière, mais avec plus de pauses… donc une moindre vitesse moyenne.
En groupe, prévoyez facilement une vitesse moyenne inférieure de 20 km/h à celle que vous pratiquez seul(e).
* * *
Voyons maintenant le second paramètre, les heures de conduite.
Quand vous parlez de « journée » passée à rouler, est-ce une journée de cinq à six heures maxi ou êtes-vous capable de rester en selle huit ou dix heures ?
Est-ce avec des pauses de 20 minutes toutes les heures (pour se reposer et/ou prendre des photos) ou en ne s’arrêtant que pour faire le plein vite fait (et pisser) ?
Pour le déjeuner, mangez-vous un sandwich avalé en 15 minutes ou un repas complet au resto pendant deux heures ?
Voyagez-vous l’hiver ou l’été ?
Avez-vous prévu d’arriver tard dans la famille qui vous attend jusque tard dans la soirée ou allez-vous devoir chercher au dernier moment un hébergement payant libre ?
Une journée de route, et donc la distance réalisable pendant cette journée, ne sera pas la même pour un(e) motard(e) capable de passer huit heures réelles en selle et un autre qui ne roulera que quatre ou cinq heures par jour.
Qu’est-ce qui va influer sur ce temps passé en selle ?
Trois grands domaines de variables : le conducteur (motard ou motarde), le véhicule (la moto) et l’environnement (au sens large).
1. Le conducteur
Tout d’abord, l’expérience de motard.
L’habitude de rouler, l’entraînement sur le type de moto utilisé, la connaissance de la route et de l’environnement, la pratique du grand tourisme moto, l’habitude du duo… tout cela va compter pour savoir combien de temps par jour vous allez pouvoir rouler et à quelle vitesse.
Plus vous avez l’habitude de votre moto, plus vous êtes à l’aise, moins vous aurez besoin de réfléchir à son maniement… moins vous vous fatiguerez.
Ensuite, le paramètre « endurance », qui va souvent de pair avec l’expérience, mais pas toujours.
Votre condition physique joue un rôle fondamental à moto.
Pour la maintenir et rester en forme tout au long de la journée, il faut savoir bouger sur la moto (par exemple, en appliquant les conseils de l’article Rouler sur long trajet), ce qui implique d’oser le faire, donc de s’y sentir un minimum à l’aise.
Au final, entre l’expérience et l’endurance, là où un débutant sera crevé au bout de 150 ou 200 km de routes de campagne ou de montagne, un motard expérimenté et entraîné pourra parcourir 500 à 600 km par jour sans trop s’en ressentir.
Ce point est particulièrement important à prendre en compte pour les motards débutants, avec moins d’un an et/ou moins de 10.000 km d’expérience.
La concentration nécessaire pour ces « jeunes » motards, le stress, le manque d’habitude de la position de conduite, la crispation entraînent une fatigue précoce.
Je vous conseille vivement de ne pas dépasser quatre à cinq heures de conduite moto par jour. Il s’agit d’heures de conduite « réelle », passées en selle et en mouvement.
2. Le véhicule
Il y a des motos plus faciles à vivre que d’autres sur des voyages au long cours.
C’est avant tout une question de confort.
Cela passe par :
des suspensions en bon état, pas trop usées et bien réglées,
des pneus en bon état et bien gonflés,
une selle confortable (donc pas trop molle),
une bonne protection contre le vent (bulle haute et carénage)
une protection contre les intempéries (pluie, froid),
et surtout, une position de conduite confortable, avec le dos droit, les bras souples, les poignets pas trop en appui, les jambes pas complètement pliées.
Y a pas de secret, on ne tient pas aussi longtemps sur une sportive radicale que sur une GT ou un trail routier.
L’équipement joue aussi un rôle.
A moto, on se fatigue plus vite si on a très froid ou très chaud.
La poussée du vent sur les épaules et la nuque, le poids du casque sur les cervicales, ça fatigue aussi. Le bruit aérodynamique, les sifflements du vent relatif fatiguent l’oreille, donc le cerveau.
3. L’environnement
Premier élément de l’environnement, le type de routes.
Toutes choses égales par ailleurs, on ne peut pas rouler à la même vitesse, à la même moyenne et pendant aussi longtemps en ville, en campagne, sur autoroute, en montagne, etc.
Chaque environnement possède ses pièges. L’autoroute ou les voies rapides, ce n’est pas difficile techniquement, mais ça engendre une monotonie, de l’ennui, un effet d’hypovigilance… A l’inverse, la haute montagne requiert une grande concentration et beaucoup plus de mobilité sur la moto, c’est plus « fun » mais plus exigeant physiquement et mentalement. Si vous n’avez pas l’habitude de rouler en montagne, vous allez non seulement rouler plus lentement (comptez du 30-40 km/h de moyenne), mais surtout vous fatiguer beaucoup beaucoup plus vite…
Deuxième élément de l’environnement, l’état de la route.
Il est évident qu’on ne roule pas aussi vite et pas aussi longtemps sur une route défoncée que sur du billard… Certains coins de France sont réputés pour leurs routes en très bon état (les Vosges, les cols empruntés par le tour de France), d’autres pour leurs chaussées en piteux état (la Corse).
Troisième élément de l’environnement, le trafic.
Selon que vous roulez tout seul en journée, en semaine, le week-end, lors des grands départs en vacances… vous ne pourrez tenir la même moyenne.
Quatrième élément de l’environnement, le contexte, avec ses multiples variables :
On ne roule pas pareil en solo, en duo ou en groupe. En plus, cela peut varier selon l’expérience du passager et/ou des compagnons de route.
La saison, les conditions climatiques jouent aussi. Evidemment, on roule moins vite sous la pluie, mais on fatigue aussi plus vite par forte chaleur. Le jour dure moins longtemps l’hiver que l’été.
La durée du voyage joue un rôle. Autant on pourra faire péter une journée à 600 km un jour si on peut se reposer le lendemain, autant il faudra rester raisonnable si on doit enchaîner deux, trois jours, une semaine de route.
La motivation. C’est bête, mais on ne supporte pas pareil la route si on doit rouler par obligation ou par plaisir, pour partir en vacances ou pour en revenir, etc.
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Vous l’aurez compris, impossible de déterminer précisément une distance journalière valable dans tous les cas.
Pour ma part, je sais par exemple que je peux couvrir 450 à 500 km en une journée en haute montagne, mais c’est crevant. Je le ferai un jour, pas deux. Pour rester en forme sur un long voyage alpin, il vaut mieux se limiter à 350 km par jour.
Sur des parcours mixtes, je compte en général 500 à 600 km par jour.
Sur autoroute, j’ai déjà parcouru 1.200 km en une journée.
Je me souviens d’un gars en RT qui avait atteint 2.200 km en 24 heures, pour aller de Brindisi (sud de l’Italie) à Lille (nord de la France) d’une traite. On est là sur des distances journalières assez maximales.
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