Bon ben en fait, j'ai rien raté en cinq jours...
CR de mon trip de la semaine dernière.
Départ mardi midi de Bordeaux pour aller à Albi (hébergé chez un pote), un rendez-vous pour la Casim 33 à La Réole, un autre avec le patron de Challenge One à Agen( où je croise fortuitement Dodol), j'arrive à 21h à Albi. Longue soirée à discuter et picoler... Debout à 6h30 avec mal aux cheveux, ça commence bien.
Arrivée le mercredi matin chez Frétigné à côté de Villefranche-de-Rouergue.
On pose les sacs, on met la tenue enduro et c'est parti. Il a plu la veille, les chemins sont encore bien "gras mouillés", mais les pneus à crampons (Metzeler Karoo T pour ma part) gonflés à 1,7 tiennent bien.
Exercice de la matinée, prise de virage en position debout avec travail sur l'allure et les appuis.
Et là, je commence à mesurer mon erreur : l'allure, ça va à peu près (je suis juste un gros poireau), mais les appuis, je les sens pas, ma position n'est pas bonne, je ne suis pas bien en équilibre, je me crispe tout le temps, les cuisses commencent à tirer...
L'après-midi, on attaque avec quelques chemins bien étroits (genre seul un piéton peut passer, le guidon qui frotte les branches de chaque côté, avec le muret en pierres sèches derrière), encore bien boueux, tout le monde dans la même trace avec la roue avant qui cherche sa trace et la roue arrière qui cherche l'adhérence.
Arrivés dans une ancienne carrière qui sert de terrain d'exercice, on repère le parcours : un slalom à basse vitesse, une descente de marche "gentille", un passage dans une mare, un premier virage relevé pas trop dur et pour finir, un U en dévers : soit un petit, soit un gros. Mais un vrai beau gros dévers bien vertical tendance 3 m de haut.
Démo de David qui négocie ça les doigts dans le nez. Je vois les gars autour de moi qui commencent à pâlir. Et moi, comme un gros con : "nan mais en fait, c'est impressionnant, mais c'est pas dur, c'est l'exercice du premier parcours technique à Fontainebleau, ça passe à l'aise..." Ouais, sur bitume... En gros, si tu gardes les gaz et que tu regardes bien là où tu veux aller (le haut du dévers d'abord, puis la sortie), ça passe à l'aise.
Du coup, je me lance en premier. Le début du parcours passe correctement et stupidement, j'attaque le gros dévers bille en tête. Ah là, l'erreur fatale, je commence à réfléchir à mes appuis. Du coup, mon regard baisse et quand je relève les yeux, je vois le mur de terre en face de moi. Réflexe, je coupe les gaz... La moto tombe, je tombe avec.
Je ne me crispe pas, je tombe avec le dos bien rond (full équipé, protecs de partout) et je vois la moto... au-dessus de moi !
Pensée : si elle me retombe dessus, je suis mort...
Je la vois qui me passe au-dessus et se retourne.
Pensée : ça va me coûter une fortune en réparations...
Au final, pas trop de dégâts.
Le rétroviseur de droite cassé et l'arceau de support de bulle tordu et fixations de bulle explosées. Du coup, on démonte la bulle (à peine rayée) et je vais finir tout le reste du trip sans bulle.
Première grosse bûche.
Un autre stagiaire est tombé plein de fois, il abandonne le stage. De ce que j'ai compris, le gars était déjà pas bien en confiance sur sa moto, il parlait d'arrêter et de la revendre, ça n'a pas arrangé le coup.
Le lendemain, on continue, on va dans une autre carrière.
Sortie d'une longue montée dans la caillasse qui se termine avec un petit virage en dévers, je ne garde pas assez de gaz, calage, la moto part. Cette fois, je reste coincé dessous (protégé par le gros réservoir et les cylindres), pris entre la moto et une touffe de noisetier aux branches fraîchement taillées qui manquent de me sodoculer. Pas de dégâts matériels, ni physiques.
Deuxième grosse bûche.
Plus grave, un autre stagiaire a voulu se la jouer et a fait pété le saut de la mort pour faire comme le prof.
Manque de bol, il est arrivé beaucoup trop vite, a mal géré son freinage et est parti direct dans un gros trou de 4 m de profondeur. Pas trop de dommages physiques, mais fracassé de partout et moto bien explosée (mais roulante).
Pour ma part, je commençais à avoir des courbatures de partout, le rythme physique est exigeant, j'ai du mal à suivre.
Un autre stagiaire abandonne, il n'a plus l'âge de ces conneries (la soixantaine).
Le soir, les prévisions météo annoncent une journée entière de pluie le lendemain.
Il est décidé d'aller chercher le soleil du côté de Narbonne pour faire des pistes dans les Corbières avec un guide local.
Deux gars se dévouent pour préparer un itinéraire en mode "touristique" par les petites routes, histoire de ne pas fusiller les pneus crampons qui restent gonflés à 1,7.
Rendez-vous là-bas à 9h30, départ à 7h, lever à 5h30... Ouch !
Le temps que tout le monde soit prêt et fasse le plein, départ à 7h45. Quelques perdages, demi-tours et allure d'escargot sur les toutes petites routes de campagne détrempées et mal entretenues avec les pneus qui glissouillent dans tous les virages... on est super à la bourre, on décide de couper au plus court.
La pluie s'est arrêtée, on arrive sur Lacaune, les routes sont sèches et je connais le coin.
Je commence à accélérer, les pneus tiennent bien.
On passe La Salvetat-sur-Agout, direction St-Pons-de-Thomières, super route que j'ai faite l'an dernier, j'attaque.
Le gars qui ouvre la route se traîne (un Belge qui n'a pas l'habitude des épingles), mais il essaie de s'accrocher, il se retrouve en perdition à l'extérieur à chaque sortie de virage. Une fois, deux fois, trois fois... A un moment, il était sur la voie en sens opposé (virage à droite), avec heureusement personne en face, je décide de le passer par l'intérieur, par la droite, sur notre voie de circulation qui était complètement libre et sur laquelle il ne pouvait pas se rabattre, vu comment il était à l'agonie.
Paraît que le gars a été surpris. Ben ouais, en même temps, s'il avait gardé ses rétros pour rouler sur la voie publique et était resté dans un rythme raisonnable pour lui, ça aurait pu aider...
Je me retrouve en tête et je trace, y a qu'une seule route, pas de changement de direction.
Je vois dans mon rétro une moto qui se rapproche, c'est Frétigné avec sa Yamaha XT1200Z, dite Super T pour les intimes.
Il me rattrape et reste derrière moi sur toute la descente vers St-Pons. Faut savoir qu'il est plus que super à l'aise en tout-terrain, au top du top, 30 ans d'expérience en TT, un dieu vivant... mais qu'il n'a pas l'habitude de la route. Il roule un peu, sa femme (qui roule en R1) l'a converti au bitume, mais il n'aime pas trop ça.
Bon rythme tout de même, on s'est bien amusés.
A la sortie de St-Pons vers Minerve, je le laisse passer et prends sa roue.
Avec des pneus routiers, j'aurais eu les moyens de le passer, mais là, avec les tétines, ça décroche à la remise de gaz sur l'angle, j'ai fait une virgule de l'arrière en tentant de le passer en sortie de virage.
Du coup, je ne cherche pas les ennuis, je reste derrière jusque Narbonne.
Arrivés super en retard (quasi 13h au lieu de 9h30), on grignote un morceau chez le concess' Yamaha de Narbonne en regardant passer les motards du coin qui profitent du beau soleil. Le niveau d'équipement fait peur, pas un seul ne roule 100% équipé. Soit pas de gants, soit en tennis, soit en casque jet, voire en short, etc.
Départ sur les pistes des Corbières, on en a bavé des ronds de chapeau. Paysages superbes, mais les pistes sont exigeantes, avec beaucoup de changements d'adhérence et de déclivités.
Frétigné nous répète qu'il faut garder de la vitesse pour améliorer l'équilibre. alors quand je vois une immense mare d'eau boueuse qui barre toute la piste, j'entre dedans avec de la vitesse. Mauvais plan, je passe presque toute la mare, mais perd l'avant à un mètre de la sortie. La moto fait un 180 et je m'étale comme une merde dans des gerbes de boue.
Troisième grosse bûche, pas de dégâts.
Je n'ai pas été le seul à commettre la même erreur, alors Frétigné fait un briefing : "au fait, j'ai oublié de vous dire, il faut garder de la vitesse tout le temps SAUF pour entrer dans l'eau, là il fallait arriver doucement et accélérer au fur et à mesure". Ah ben, ça aurait été cool de le dire avant...
Retour tard le soir à 22h, tout le monde crevé, 540 km sur la journée dont 40-50 bornes de pistes.
Je suis mort, mal partout, j'annonce à Frétigné que j'arrête là. Il me propose de venir quand même aux exercices du samedi matin, qui seront "faciles" d'après lui car il a repéré nos défauts pendant cette journée et se propose de les corriger.
Samedi matin, lever 7h30, départ 9h vers le terrain d'exercice.
Je sais où il est, je dis que je veux y aller par la route car je ne me sens pas en état de faire de la piste : "Pas de problème, on y va tous par la route", qu'il me dit.
Résultat, il enquille par les petites routes et au bout de deux bornes, prend un chemin boueux (il a plu toute la journée de la veille) ! Je refuse, laisse passer le groupe, signale au fermeur que je continue par la route. Arrivé au terrain, le groupe arrive cinq minutes plus tard et je me fais engueuler, comme quoi j'aurais dû rester avec eux, non pas pour des questions de sécurité (ce qui était vrai), mais parce que le chemin était "à ma portée".
J'estime que je reste le mieux placé pour juger de ce qui est à ma portée ou non, j'hésite à me barrer direct, mais je décide de rester quand même, ne serait-ce que pour voir les exercices proposés.
Et je n'ai pas été déçu.
Le diagnostic est bon, les exercices sont adaptés, mais bien trop difficiles, sans aucune progression dans la difficulté, fondés sur la méthode "essai-erreur" : je ne te dis pas comment faire, tu dois trouver par toi-même et si tu tombes, c'est que c'était pas ça.
Résultat, même le meilleur du groupe (ancien trialiste) tombe de temps en temps, les autres tombent tout le temps (mais pas gravement).
Perso, je suis resté à regarder, à essayer de comprendre pour pouvoir reproduire l'exercice plus tard par moi-même, sur un terrain plus facile et avec des parcours moins compliqués.
Après le déjeuner, comme prévu, je fais mon paquetage et décolle pour les Pyrénées, afin de rejoindre un petit groupe de la Casim 33 sur une reco de notre excursion en montagne le mois prochain.
Départ Villefranche-de-Rouergue 15h30, arrivée Laruns 20h15, après 300 km par les petites routes car chargé comme un mulet, toujours en pneus tétines (regonflés à 2,5), toujours sans bulle, et avec un casque assez bruyant (Arai Tour X4).
Après un bon dîner, même pas de douche, je m'écroule dans le plumard...
Debout 8h, c'est parti pour la reco !
Moto en mode "ultra light", on a pu laisser toutes les affaires à l'auberge, on part à quatre : deux filles en GSR 600 et 1000 Raptor, un pote en 1000 Caponord.
Il est encore tôt, personne dans la montée du Soulor, rythme "raisonnablement vif" (toujours se méfier en haute montagne). Après un café au col, descente en plein soleil en enroulant tranquille.
Passage par Argelès-Gazost pour que les roadsters ravitaillent et on attaque à midi la montée d'Hautacam.
Je ne connaissais pas, c'est un pur bonheur ! Je largue tout le monde et attaque joyeusement, quoique toujours limité par les pneus.
Pique-nique tout en haut, à deux pas de la neige, avec un panorama fantastique.
A la descente, on croise un KTM 690 SMR qui fait vite fait demi-tour sur le parking et reprend derrière nous.
On s'est fait une belle petite arsouille dans la descente, le gars roulait fort mais très propre, full équipé, avec une bonne maîtrise de la glisse de l'arrière en entrée de virage. Il m'a rattrapé, puis est resté derrière moi un bon moment. En voulant hausser le rythme, j'ai encore perdu l'arrière sur une remise de gaz en sortie de virage, je suis donc resté "sage" et il m'a passé en ligne droite.
Il aurait pu largement me larguer s'il avait voulu, mais il est lui aussi resté dans le "dynamique mais raisonnable" et on a fait toute la descente comme ça.
Avec mon groupe, on a ensuite enchaîné sur la montée de Luz-Ardiden, plus technique, bien sympa aussi.
Au retour dans les gorges de Luz, il était 15h, on a commencé à croiser plein de kékés partis de Toulouse ou de Pau après déjeuner. Mais bon, pas le temps de les pourrir, il fallait encore finir la reco pour revenir à l'auberge à 17h.
Dernier petit détour par la vallée de Castelloubon, jolie mais tranquille, on contourne Lourdes pour revenir à Laruns.
Le temps de tout boucler, départ 18h, on décide de rentrer au plus court : 240 km de lignes droites chiantes à mourir, 110 km/h maxi car ça me fait trop mal dans la nuque au-delà...
Arrivé hier soir 21h30 complètement naze, 2.000 km en cinq jours dont 1.000 sur les trois derniers jours, et encore obligé d'assurer avec ma copine qui me viole sur place après cinq jours d'abstinence...
La grasse matinée a été bienvenue !
En résumé : l'enduro, c'est pas encore pour moi, je préfère la route.
[didn't read lol proof]
EDIT : je précise par acquis de conscience, le mode "arsouille" est resté très raisonnable, avec application constante de la trajectoire de sécurité et zéro frayeur.
Moyenne de consommation sur cinq jours : 5,5 litres aux 100 avec un 1200.
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