cguignol a écrit :
KTM Duke 3 : enfin le premier compte-rendu
Introduction
Voilà, ça fait depuis la fin du mois de décembre que je me suis mis à la polygamie, à savoir m'offrir une deuxième brêle pour tenir chaud à Raoul durant les longues nuits hivernales. Mis à part les roulages au quotidien et les affres relatifs au pilotage urbain et sur la rocade, je n'avais pas eu l'occasion d'étrenner mon nouveau bolide sur des parcours "daily-out".
C'est à présent chose faite depuis ce week-end, via une descente sur l'autoroute et quelques tours sur le circuit de Candie à Toulouse. Alors certes, je n'ai pas encore fait du roulage sur des routes dignes de ce nom, mais ces nouvelles expériences m'ont permis de cerner plus précisément les qualités et défauts de ma nouvelle brêle.
Pavé inside peu illustré, prenez votre mal en patience, ou allez vous faire enculer avec vos didn't read lol.
Pour rappelle, mon expérience de pilotage se borne à la possession de deux motos en 4 cylindres (Suzuki Bandit 600 puis Yamaha Thundercat 600), sur lesquels j'ai usé ma rondelle sur des dizaines de milliers de kilomètres (23k pour la bandit, 63k pour le T4). J'ai bien essayé quelques autres motos aux architectures différentes (des bicylindres type SV/ER6, du mono façon XTX, du gros cube genre Speed/RS), mais ces instants éphémères ne sont finalement comparable qu'à une vilaine saillie monnayée au coin d'un bâtiment près de la gare.
Pourquoi la Duke?
J'ai découvert cette brêle durant le stage de Serges Nuques, en 2010 (après mon dépucelage à la moant@sud qui m'appris ce que c'était que le pilotage ). Elle appartenait à une jeune pine débutant qui la maniait comme un manche, je me suis toujours dit que ça avait l'air d'être une bonne brêle de débile mais que bon, polyvalence/confort/autonomie/entretien, tout allait à l'encontre de mes sacro-saints principes d'utilité et de critères pratiques , tel un père de famille retenant le Scénic dans sa shortlist pour le porte-gobelet et les muselières intégrées aux fauteuils pour ses lardons.
Finalement, avec l'influence débilesque et le souffle de la passion qui embrasait le coeur de nombreux moants, j'ai finalement décidé de franchir le pas et d'aller en essayer une en concession. Et là c'est le coup de foudre, avec une moto qui dès les premiers tours de roue me donne enfin de faire le débile instantanément, au point que je comprenne très rapidement comment l'excès de confiance peut venir chez un con enthousiaste.
C'est donc dans cette optique, et après un savant calcul de "T4 assuré collection + saignée du compte bancaire + trouver une occase pas trop cher", que j'ai franchi le pas en prenant la décision de négocier avec brio ( ) une Duke III totalisant 27 000 km à deux pas de chez moi. Pot akra, pare-mains, bien entretenu mais chutée une fois vite fait, bref, on paye et on soude la grosse pute, enculé de ta race.
Contact
En posant ses yeux sur la belle, on se rend instantanément compte la matérialisation du bon goût dans ses lignes. Les détracteurs de cette moto sont généralement des nazis refoulés, ainsi que ceux qui seront en désaccord avec moi tout le long de cette brillante démonstration.
http://images.forum-auto.com/mesim [...] ssai-6.jpg
Le coloris noir est blanc est presque aussi superbe que le orange et noir, le côté salissant en plus. Pas grave, une douzaine de Vulcanet par nettoyage suffira Propulsée par un monocylindre de 67... bref, faites pas chier pour les détails techniques, vous reprenez le post de Cali d'il y a quelques jours ou vous cherchez sur google, je vais pas m'embêter à recopier une fiche technique. Donc la moto est particulièrement fine (monocylindre), le guidon large et les jambes peu repliées (ou à moitié-tendues) font vraiment penser à une position de trail. Les commandes tombent sous la main, à part les clignos qui m'obligent, pour je ne sais quelle raison, à me décrisper le poignet pour les atteindre (sans doute le fait de me cramponner au guidon).
Le compteur est bien lisible, particulièrement de nuit où l'éclairage est de toute beauté. Les différents trips et le voyant de réserve sont un poil plus pratique que le compteur à rouleaux du T4, et pourtant 10 ans séparent les deux bolides. Au moins je suis pas dépaysé. Le moteur présente 3 cartographies : j'ai laissé le mode sport pour pas faire ma tapette, histoire de me bourrer à 5 mètres de chez moi les pneus froids et me ruiner le genou pour deux mois Contact : le démarreur fait tourner la grosse gamelle et le moteur s'ébroue quasi instantanément, dans un ploploplo magnifié par l'akra (chicané, je suis pas un sauvage ). Un coup de gaz, et j'entends le son du pot couvrir ce bruit de 2cv que fait le moteur (encore heureux ). Je rentre la première comme dans du beurre, la boîte est précise, malgré quelques saloperies pour passer la cinquième si on est trop bas dans les tours (genre en-dessous de 4000). Le pot apporte une souplesse supplémentaire (on peut descendre entre 2 et 3000/tours sans avoir besoin de jouer de l'embrayage), contrairement à l'origine qui, en plus de faire un bruit de merde, rend la moto inexploitable sous les 3000. On roule!!!
Imaginez à froid, 1000 tours/min de plage moteur, au début c'est pas simple à comprendre, surtout quand on vient d'une moto qui en propose 6 fois plus L'embrayage est dosable, mais nécessite un peu d'habitude ( ) car l'hydraulique ne le rend pas plus doux. La poignée de gaz est réactive, on a l'impression d'avoir la roue arrière reliée à celle-ci, un peu comme ce que disais cosmo par rapport à la Street
Le frein arrière est brutal, le frein avant est puissant mais beaucoup plus dosable. Attention toutefois à ne pas s'enflammer, c'est un maître cylindre radial, et sauter comme un débile sur le levier, c'est le meilleur moyen de se mettre la gueule par terre.
Le pneu arrière est particulièrement sollicité par la brutalité du monocylindre, particulièrement caractériel. A froid, faisez pas les cons ou vous finirez par terre comme moi Pneu chaud par contre, ça tient bien la pute, même avec mon road 2 et Cali au guidon Une vigoureuse rotation de la poignée sur les premiers rapports, et la moto prend rapidement ses tours jusqu'au rupteur, donnant l'impression de brider le moteur tellement il pourrait en donner plus Le moteur grogne à base de PLAPLAPLAPLAPLA, façon Harley à mi-régime mais en moins faggot quoi , et à haut régime, le son change pour un broooooOOOOOOO des plus sonores
La moto est agile, se faufile partout et le grand guidon aide à passer au-dessus des rétroviseurs. Le poids plume et la géométrie de la moto donnent l'impression d'avoir les pneus carrés : quasiment à l'arrêt, il est presque possible de tenir en équilibre sans poser le pied à terre Se faufiler entre les véhicules est un vrai régal, c'est particulièrement instinctif et on n'hésite pas à balancer la moto, vu son poids tout est rattrapable dans ce genre de circonstances. Un vrai jouet pour aller en ville
Garder une vitesse stabilisée sur les premiers rapports est délicat, dans la mesure où le frein moteur est particulièrement présent, et même si l'accélérateur est dosable, il est difficile de sortir du mode de fonctionnement accélérer/ralentir. j'ai également remarqué quelques à-coups d'injection selon l'ouverture des gaz, pas trop gênant mais on a l'impression que le moteur s'étouffe temporairement => soude la pute, plus de problème pour ça L'anti-dribble fait bien son boulot sans être trop présent, et le moteur accepte les vigoureux coups de gaz avant de rentrer un rapport.
Aspects pratiques
J'ai attaché ma sacoche de réservoir à l'aide des bretelles aux poignées passager le week-end dernier. Je dois pouvoir sangler un sac dans le même style (araignée), mais les solutions sont limitées. La place sous la selle est ridicule, ma bombe anti-crevaison devrait à peine y tenir, et se serrer avec la trousse à outils.
L'antivol (KTM) est transportable à l'aide d'un support de U (KTM), disposant de deux crochet en caoutchouc (qui vont péter ) pour tenir les bras du U.
La selle est ferme, pas forcément inconfortable (même si la mienne est défoncée au point de se déchirer), mais c'est pas non plus byzance, j'y reviendrais. Les vibrations sont bien présentes après 5000 tours/min, même si je n'ai pas noté de fourmillements dans les mains après une conduite sportive.
Niveau autonomie, j'atteins 200 km avant la réserve (11L), il me reste 2,5L dans le réservoir. Pensant que la réserve ne faisait qu'1,5L, j'ai flippé sur l'autoroute quand le voyant s'est allumé à 170 km, après la session piste... 40 bornes de parcourues à 110, et il me restait encore 1,5L dans le réservoir
Les rétroviseurs vibrent, pas au point de ne rien voir dedans mais au point de voir arriver un motard de la gendarmerie et de le saluer sans savoir qu'il en était
Le feu avant éclaire bien en ville à 10 mètres, plus loin c'est même pas la peine d'y penser, et en pleins phares c'est tout juste correct.
Ah, y'a une horloge sur le tableau de bord, c'est pratique. Voilà voilà.
L'autoroute, un calvaire?
La position de la Duke n'étant pas extrême, j'avais plus peur pour les vibrations et la prise au vent. Alors, qu'en est-il après 2h passées à tutoyer les 130 km/h, le nez au vent?
A part une pression du vent devenant plus forte passé 120 qui oblige à s'agripper au guidon et à contracter les muscles sterno-cléïdo-mastoïdiens, le trajet est parfaitement faisable. Par contre, on sent bien le vent quand on passe les camions, la perte de stabilité est flagrante... La position est relax, les vibrations sont discrètes et peu gênantes (en-dessous de 5000 tours/min).
Seul inconvénient : sous peu qu'on ait la vessie qui se remplisse au fur et à mesure du trajet, le fait de couper le moteur lors d'un arrêt déchaîne le relâchement des sphincters, et il faut s'employer de manière prompe à porter son urine au plus près, sous peine de repeindre son pantalon à coups de pisse (testé et approuvé ).
Le tourniquet à nabot
Après avoir fait un tour à Candie en tentant d'adopter une position pistarde, malgré mon genou gauche démoli, j'ai trouvé que la moto n'apportait pas de mouvements parasites lors de cet exercice. Certes, le poignet est un peu cassé de part le guidon droit, mais la moto ne bronche pas quand on se cale à côté de la selle et qu'on déhanche, et on arrive à faire corps avec celle-ci.
Pneus chauds, je n'ai pas constaté de décrochage et autres amorces de guidonnage contrairement à ce que j'aurais pu pressentir (mes tentatives de débuster sur route sans bouger les fesses ne me permettaient pas de sentir la moto, contrairement au T4, mais ça c'est du à la forme du réservoir et sa proéminence), et l'homogénéité/légèreté de l'ensemble donne l'impression de piloter un jouet (qui peut être brutal, si on le contrarie).
Plus qu'à rouler avec à la moant@sud, apprendre à gérer ce truc et je vais tous vous pourrir (si je ne me pisse pas dessus à chaque arrêt )
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