Simulacra a écrit :
Petite pensée au sujet du "piège" de nos amis bienpensant, après avoir encore constaté que certains veulent à tout prix dissocier la critique de l'islamisme et du terrorisme d'une part, de celle de l'islam (associées aux musulmans en tant qu'individue) d'autre part. Critiquer l'islamisme sans critiquer l'islam, cela revient à ne critiquer que les faits et les actes sans s'interroger sur les causes et les justifications théologique. Intellectuellement, c'est d'autant plus facile que cela ne demande aucune réflexion. On reste à un niveau très sommaire d'analyse, du type "tuer, c'est mal". Sauf qu'une fois le constat sur les faits réalisés, il devient important de comprendre comment et pourquoi, pour certains, "tuer, c'est bien". Il faut comprendre ce qui pousse au passage à l'acte et ce qui justifie, intellectuellement et théologiquement, ce passage à l'acte. Et cela ne peut se faire que par l'analyse des discours, des thèses et du corpus théologique (a.k.a Les textes de références) de l'islamisme. Problème : les textes sont les mêmes que ceux de l'islam. De fait, toute critique sincère et raisonnée de l'islamisme ne peut que déboucher sur une critique de l'islam. Non pas pour le plaisir de taper sur les musulmans, mais parce qu'il n'y a pas d'autre choix. Si on veut critiquer les fondements de l'islamisme, il faut attaquer la doctrine de l'islamisme et son corpus idéologique. Ce fonctionnement vaut pour toute idéologie violente et n'est pas spécifique à une religion. Refuser de critiquer l'islam quand on cherche à critiquer l'islamisme revient à simplement refuser de critiquer l'islamisme au delà de ses actes, c'est à dire sur ses fondements, ses causes, ses justifications. L'un ne peut aller sans l'autre, non pas parce que cela fait plaisir de taper sur les musulmans, mais parce qu'ils partagent les mêmes textes, les mêmes doctrines, les mêmes fondements. Leur analyse, leur interprétation, peut dépendre de chaque individu et ne pas être les mêmes. Ceci est une vérité qu'il ne faut pas négliger. Mais on ne peut pas attaquer et comprendre l'islamisme sans en revenir aux textes, et malheureusement pour l'islam en général : ce sont les mêmes. C'est la principale raison pour laquelle la critique, d'ailleurs, devrait venir des musulmans. Parce qu'ils sont les mieux placés pour accéder aux ressources et aux textes et faire une réelle introspection et autocritique, de comment ce qu'ils considèrent comme "saint" pousse invariablement dans le temps et l'histoire des gens à commettre des actes de barbaries, et d'autres à les légitimer. Or, les seuls qui font cette auto-critique sont les "ex-musulmans". Ceux qui finissent par en sortir et qui, de fait, exerce un esprit critique sur leur ancienne doctrine et croyance. Le refus de l'auto-critique, conjugué au refus de toute critique extérieure, confortée par des personnes bien pensante n'étant jamais allés aux textes qui pensent "faire le bien" en "défendant" des gens qui, il est vrai, n'ont pour la plus part pas grand chose à voir avec les problèmes soulevés, empêche durablement toute avancée. On le voit encore avec de nombreux musulmans "pacifistes" et de nombreux non-musulmans prenant leur partie nous citant à l'envie les mêmes éléments du Coran pour défendre une vision "pacifique" de l'islam https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.ne [...] e=5FB11454 Ce genre d'image est profondément malhonnête, car elle ne s'accompagne jamais d'une vrai réflexion sur "pourquoi les islamistes s'en contre-cognent". La réponse toujours présentés est "qu'ils ne respectent pas l'islam, qu'ils ne le comprennent pas, que c'est pas ça l'islam". Et si vous présentez à ces gens des passages du Coran qui appellent directement au meurtre, on vous sortira invariablement des problèmes de "contextualisation". Pour un texte censé être incréé, invariable et absolu. Les gens qui diffusent ce genre d'image sans chercher à comprendre comment, "malgré" elles, on arrive au terrorisme font preuve de fénéantisme intellectuel. N'importe quelle personne critique s'étant tapé le bouquin hurlerait à l'escroquerie intellectuelle. Le premier passage en effet, loin de condamner les actes terroristes, les encourage. Une telle affirmation ferait bondir dans les chaumières toute personne sachant lire. Sauf qu'en réalité, ce passage est tronqué, volontairement tronqué. Et sans retour au texte et sans analyse, on passe à côté de l'essentiel. Le verset cité (32, sourate 5) y est présenté de manière incomplète. Voici le verset en entier : Citation :
32. C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre.
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Le point important, ici, qui est souvent omis, c'est que le Coran site une loi juive, qui s'adresse aux juifs. Bien sûr, on comprend à la lecture que la consigne est toujours valide. Le problème vient de la suite, verset 33 et 34 : Citation :
33. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, 34. excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir: sachez qu'alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
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Ce magnifique passage, dans le Coran, est d'une clarté absolue. Ce n'est en rien une règle "absolue" et pacifique. C'est un rappel d'une règle juive pré-existante et une précision qui s'adresse aux musulmans. Le message réel est : "Tuer est interdit, sauf pour les ennemis d'Allah" (comprendre : ceux qui le critiquent, qui s'opposent à l'islam). Ce passage, loin de condamner le terrorisme islamique, l'encourage. Présenter ce passage de manière tronqué est une manipulation et une forfaiture. Pour ceux qui n'ont jamais lu le texte, c'est un aveuglement, un refus de comprendre et d'analyser. Pour ceux qui l'ont lu et qui savent ce qu'il contient, c'est un mensonge. Le passage suivant est aussi une forfaiture de la même espèce. Le verset en question, entier, est le suivant, si on en croit les sources musulmanes : Citation :
Dis: «Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux. N'approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez qu'en toute justice la vie qu'Allah a fait sacrée. Voilà ce qu'[Allah] vous a recommandé de faire; peut-être comprendrez-vous.
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Dans ce verset, deux points à mettre en lumière : - Le blasphème (l'association) est un crime au même titre que le meurtre, et arrive en premier dans la liste - Le meurtre "hors justice" est interdit. Là encore, pour un islamiste, la consigne sera claire. Tuer en toute justice n'est pas un crime. Le blasphème est un crime. Avec ces deux exemples, un simple retour au texte permet de comprendre pourquoi des gens, sur cette base, ce sentent légitimées dans leurs actions violentes. Faire une critique de ces versets permet de comprendre pourquoi les islamistes considèrent leurs actes comme pieux. Il est, de mon sens, complice de diffuser ce genre d'image sans en faire la moindre analyse critique, que cela soit par confort ou par fainéantise intellectuel. Un problème récurent avec les musulmans dit "modérés" et leurs défenseurs, c'est qu'ils pensent que si on attaque leurs textes et son contenu, on s'en prend à leur propre moralité. Que leur moralité personnelle est indissociable du texte. Et donc que leur texte ne peut pas, par défaut, aller contre leur propre morale. D'où le fait de citer le texte en le tronquant au maximum, pour qu'il colle à leur moralité. Je crois les musulmans qui me disent que pour eux, la vie humaine est sacrée, et que rien ne justifie le meurtre. Je ne les crois pas lorsqu'ils me disent que c'est leur religion qui leur a inculqué cela. Je ne sais pas si interdire le CCIF servira fondamentalement à quelque chose. Dès qu'il sera interdit, il renaitra sous une autre forme. Le problème est plus fondamental : le refus d'analyse critique, le refus d'accepter que d'autres règles que celles du Coran peuvent être source de morale, de dignité et de respect, et qu'un texte, aussi sacré aux yeux de certains puisse-t-il être, doit toujours être analysé et pris avec du recul. Cette lâcheté intellectuelle est le fond du problème. Et autre sujet : je ne suis pas le seul à trouver Mélenchon odieux et dégueulasse ?
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