korrigan73 a écrit :
ils nous auront tout fait les ouiouistes!
au depart on etait des reac aimant pas raffy.
apres on savait pas lire la constitution.
ils ont mis en marche leur propagande
on a eté des non europeens.
puis ils ont tenté de nous faire peur avec les JO de 2012.
maintenant ca passe directement aux insultes!
qu'est-ce qu'on ferai pas quand on a pas d'arguments decent poru soutenir ce texte de merde ![[:rofl] [:rofl]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/rofl.gif)
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Une autre lecture du texte, pour mieux comprendre en quoi il simplifie l'architecture institutionnelle actuelle :
source : http://publiusleuropeen.typepad.co [...] index.html
Quelques remarques d'ordre juridique sur l'empilement des traités
A la suite de ce que disait Saint Lionel Jeudi soir sur France 2, j'aimerai revenir l'aspect juridique de la construction européenne. D'abord pour préciser une chose : la construction européenne est d'abord et avant tout une construction par le droit. On a d'abord créé les traités, et ensuite les structures (institutions, administrations...) et enfin mis en oeuvre les politiques. "Par le droit", cela signifie que le langage de la construction européenne est d'abord juridique avant d'être politique.
Trois communautés, trois piliers, quatre traités
Au commencement était le traité sur la CECA (communauté du charbon et de l'acier), signé à Paris en 1951. La CECA avait ses propres institutions (notamment la "haute autorité" ), et des règles communes... pour le charbon et l'acier.
Ensuite, est venu les deux traités de Rome en 1957. Le premier instaure la communauté économique européenne (CEE) et le second la communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA ou EURATOM).
On avait donc 3 communautés, 3 jeux d'institution, 3 séries de règles, etc.
En 1965, les six pays fondateurs décident de frapper un grand coup et signent le traité de fusion des institutions. Il reste trois communautés, trois séries de règles, mais un seul jeu d'institution. La "commission européenne" par exemple agira selon les cas, en vertu du traité CECA, du traité CEE ou du traité CEEA.
Les trois traités ont ensuite été modifiés à plusieurs reprises ici ou là, par exemple à l'occasion d'adhésions nouvelles, mais aussi et surtout l'Acte Unique européen, en 1986. Précision juridique importante : les trois traités sont modifiés par d'autres traités.
Et puis vient Maastricht. Maastricht (1992) va apporter des chamboulements institutionnels considérables. Le traité de Maastricht va avoir deux impacts :
- en premier lieu, il va apporter des modifications importantes concernant les trois communautés : l'essentiel de ses dispositions (sur le plan quantitatif) modifient les traités fondateurs. Accessoirement, Maastricht renomme la communauté économique européenne (CEE) en communauté européenne (CE).
- en second lieu, il va "coiffer" les trois communautés d'un nouvel ensemble : l'Union européenne. L'Union Européenne n'a pas de valeur juridique, c'est simplement une dénomination politique d'un ensemble qui comprend 3 piliers : le pilier communautaire (c'est-à-dire les trois communautés), le pilier de la politique européenne de sécurité commune (PESC) et le pilier de la coopération des affaires judiciaires et intérieures (CAJI). Le premier pilier fait une place très importante au parlement et à la commission européenne, alors que leur rôle est bien moins important dans les deux autres piliers.
Après Maastricht, donc, la configuration institutionnelle est devenue très complexe : trois piliers, trois communautés, et toujours des institutions communes. Selon les politiques à mener, il faut donc aller chercher dans l'un des quatre traités : Paris, Rome I, Rome II ou Maastricht.
Le droit communautaire "fondamental" (c'est-à-dire celui qui est fixé par traité) était donc contenu dans quatre traités :
- Traité de Paris instituant la CECA
- Traité de Rome instituant la CE
- Traité de Rome instituant l'Euratom
- Traité de Maastricht sur l'Union européenne
Amsterdam et Nice n'ont pas changé grand chose à cet égard, ces deux traités se contentent de modifier les quatres traités. A noter toutefois qu'en 2002, la CECA a été intégré dans la CE. Nous n'avons donc plus que trois traités.
S'agissant de traités internationaux, négociés par des diplomates, ils font en plus l'objet de protocoles divers, de déclarations... qui ont la même valeur que les traités eux-mêmes. En outre, ces traités ont été interprétés par la cour de justice depuis sa fondation, et sa jurisprudence permet aussi de comprendre le texte.
En résumé : la connaissance absolue du droit communautaire fondamental suppose la lecture d'un très grand nombre de pages de traités, de protocoles, de déclarations et la jurisprudence de la Cour de justice.
Alors, et la constitution là dedans ?
Elle amorce un début de simplification.
- Fini les quatre (devenus trois, faut suivre !) traités. Il n'y en a plus qu'un. Ce traité, dénommé Constitution, reprend donc le contenu des trois traités initiaux. On les a mixé, on a apporté des modifications non négligeables sur certains points, mais ça reste des modifications de détails.
- Fini les trois piliers et les trois communautés (devenues deux, faut suivre !). Désormais, les communautés européennes sont supprimées et il n'y a plus qu'une seule entité : l'Union européenne. D'où le changement de nom de la cour de justice. Elle s'appelait "cour de justice des communautés européennes". Elle va devenir "cour de justice de l'Union européenne".
- Enfin, la Constitution fait enfin un tri entre des dispositions considérées comme fondamentales (la partie I) et des dispositions considérées comme moins fondamentales (partie III), mais tout aussi obligatoire (en droit, il n'y a pas de texte plus ou moins obligatoire : tout est obligatoire !). Il est plus difficile de réviser la partie I que la partie III.
On a ajouté la charte des droits fondamentaux (partie II), qui n'existait pas avant.
On arrive donc à un état du droit qui est plus simple. Au lieu de trois traités, un seul. Au lieu de trois communautés + trois piliers, une seule organisation, l'Union. On a préparé le terrain à une dissociation entre les points fondamentaux (parties I & II) et les points moins fondamentaux (partie III).
L'avenir
Bien malin qui prédira l'avenir. Partisans du oui comme du non, nous ne savons pas ce que nous réserverons les négociateurs européens. Néanmoins, il y a des "tendances institutionnelles". Pendant cinquante ans, la tendance institutionnelle a été de modifier les traités fondamentaux, au fur et à mesure, et leur lisibilité s'en est trouvée affectée.
On en trouve encore des traces dans la partie III, mais la Constitution est nettement plus agréable à lire que les traités antérieurs (enfin, pour des juristes. Je conçois que pour des gens qui n'ont pas l'habitude, on s'arrache autant les cheveux !).
Une nouvelle tendance se dessine peut-être : la partie III, tant décriée, a un statut à part. D'abord, elle forme une partie nettement isolée, ce qui n'était pas le cas auparavant. Ensuite, elle peut être révisée de façon un peu plus facile que les autres parties.
Conclusion
Le tout est de ne pas trop se fier aux mots. "Constitution", ça sonne beau, mais ça ne veut pas dire grand chose. Un commentateur avisé faisait remarquer qu'il y avait plein de dispositions dans cette constitution qui n'étaient pas de "nature constitutionnelle". C'est sans doute vrai, mais c'est quelque chose de très subjectif. En tant que juriste, je préfère les constitutions très détaillées, parce qu'elles sont moins faciles à contourner et plus prévisibles, et pour un juriste, la prévisibilité de la loi est essentielle.
En revanche, il faut voir les changements qu'apportent le traité et sa lisibilité accrue. Bien sur, il y a encore du travail à faire pour améliorer tout ça, mais la constitution marque un renversement de tendance salutaire. Dire non, c'est peut-être pas freiner la construction européenne, mais c'est renoncer aussi à faciliter l'explicitation de l'Europe aux citoyens. C'est s'éloigner un peu d'une Europe que les citoyens pourraient s'approprier.
Car il ne faut pas l'oublier : même si on intègre les principales avancées du projet dans un nouveau traité, la forme et la lisibilité de celui-ci ne pourront pas égaler la Constitution européenne. Le nouveau traité ressemblera aux précédents : "à l'article tant, alinéa truc, les mots bla bla sont remplacés par blo bla bla" (ce qu'on reprochait beaucoup à Maastricht !). Le plan des traités fondamentaux fait une part beaucoup plus belle aux politiques tant décriées qu'aux institutions.
Vive le droit lisible !