yann39 ⛅⏰♫♪☹☕ | NightEye a écrit :
ENQUÊTE FRANCEINFO. Comment la rigidité et les lenteurs de la bureaucratie ont plombé la gestion française de la crise du Covid-19
Peut-être plus à sa place sur ce topic. Voici les meilleurs morceaux mais c'est à lire en entier.
Citation :
La crise sanitaire actuelle a mis en lumière les failles de l'administration française. Franceinfo a enquêté sur ces ratés, dont certains spécialistes espèrent qu'ils aboutiront à une vaste réforme du système français.
"C'est la maison des fous chez Astérix", rit nerveusement Agnès Lebrun, maire ex-LR de Morlaix, dans le Finistère. Depuis une bonne demi-heure, la porte-parole de l'Association des maires de France égrène les indices qui trahissent une bureaucratie dépassée par la crise du coronavirus. Le Gaulois préféré des Français surgit au détour d'une tirade sur l'Agence régionale de santé (ARS). "Ils n'étaient même pas au courant de la réouverture des visites dans les Ehpad, annoncée un dimanche par Olivier Véran ! On a dû dire en urgence aux familles de ne pas venir le lundi, car on ne pouvait pas être prêt", raconte l'élue. "Et l'ARS dans tout ça ? On a reçu un courrier cinq jours plus tard nous informant de cette réouverture…"
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Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la fonction publique, y voit surtout la conséquence d'une multiplicité des acteurs. "Les citoyens ont été confrontés à une grande fragmentation de cet appareil sanitaire qui est très complexe", résume-t-il. "Les ARS s'occupent des hôpitaux, mais pas du médico-social géré par les départements ; les préfets prennent des mesures d'ordre public, mais ils n'ont pas de compétence sur les ARS ; les maires ont certes une compétence générale, mais la loi d'urgence sanitaire redonne la main à l'Etat." Par conséquent, les prises de décision sont lentes, quand le temps de la crise est rapide.
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"Aujourd'hui, l'administration se cache derrière son petit doigt", poursuit-il, avant depointer le rôle du directeur général de la santé. Pourquoi est-ce que Jérôme Salomon ne demande pas un arbitrage sur les masques, quand il arrive en poste (en 2018), alors qu'il a lui-même rédigé une note en 2016 à l'attention du candidat Macron, pour lui dire que la France n'était pas prête en cas d'épidémie ? A-t-il eu peur de déplaire ?"
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Deuxième symbole : les tests. Alors que l'Allemagne annonce dépister en masse, avec plus de 350 000 tests réalisés chaque semaine dès la fin mars (et un objectif affiché de 500 000), la France choisit de ne tester que les cas graves. Revirement à l'annonce du déconfinement, lorsque le Premier ministre promet 700 000 tests par semaine à partir du 11 mai. Le défi semble impossible à relever, pour plusieurs experts interrogés par franceinfo. La France n'a jamais dépassé les 150 000 tests hebdomadaires et tandis que des machines sont commandées en urgence à la Chine, des laboratoires français restent sous-utilisés, voire oubliés. A commencer par les laboratoires vétérinaires, qui ont pourtant proposé leur aide.
Jean-Louis Hunault, le président du Syndicat de l'industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV), ne comprend pas. Il raconte avoir envoyé un mail à Jérôme Salomon, le 13 mars, pour l'informer que ses adhérents "veulent faire des tests". "On m'a répondu, 'merci', et c'est tout." Pourtant, sur ses 40 adhérents, trois sont prêts à fabriquer des tests PCR. "Ils m'ont déclaré une capacité de 150 à 300 000 tests par semaine, nous avons une puissance industrielle de production et d'analyse", explique-t-il. Ces laboratoires vétérinaires habitués aux recherches de maladie dans des élevages ont la capacité de traiter de grandes quantités de prélèvements en même temps. Jean-Louis Hunault assure avoir passé "plusieurs semaines à faire remonter l'information".
Un problème de "normes réglementaires" bloque le processus, justifie Edouard Philippe lors d'une conférence de presse, début avril. Il faut attendre le 6 avril pour que les laboratoires publics de recherche, vétérinaires et départementaux soient habilités à effectuer des tests. Pourtant, au 7 mai, Jean-Louis Hunault assure que ces trois laboratoires "ne vendent toujours pas".
En attendant une hypothétique commande française, ces tests partent – ou sont déjà partis – en Allemagne, en Italie, en Irlande ou en Belgique.
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Pendant ce temps, la situation dans le Grand Est se dégrade. "L'ARS n'a pas pensé à nous, j'avais des établissements qui me disaient avoir 70 lits de réanimation et au même moment, on mutait des patients à Toulon, ça m'a rendu fou", se souvient, amer, Lamine Gharbi. C'est le jour des élections municipales, dimanche 15 mars, qu'il reçoit un appel du ministère de la Santé lui demandant de prêter main forte à la région. Les cliniques privées peuvent prendre en charge les patients Covid à partir du 16 mars seulement (et faire des tests sérologiques à partir de mi-avril). Mais il faut attendre encore 10 jours pour pouvoir prendre en charge les premiers patients.
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Le préfet, le seul moment où il communique avec vous, c'est par communiqué de presse.
Le directeur général des services d'une grande agglomération à franceinfo
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Le couple "préfet-maire" vanté par le gouvernement a du plomb dans l'aile. L'épineuse question de la réouverture des école n'a pas aidé à améliorer les relations entre le terrain et "Paris". "L'Education nationale nous a envoyé hier à 21h30 la circulaire de réouverture des écoles, la rectrice n'est disponible que demain à 9 heures et on a un protocole de 57 pages…" se désole Antoine Homé, le 7 mai, quatre jours avant le retour en classe. Agnès Lebrun liste les contradictions : "On nous dit d'embaucher des animateurs municipaux pour s'occuper des enfants. Or, le service qui délivre les casiers judiciaires afin de s'assurer de l'absence de condamnation des personnes est fermé depuis le 17 mars." Son directeur général des services ne peut réprimer sa lassitude : "Ce ne sont que complexités et lourdeurs administratives, on a des gouttes de sueur sur le front."
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L'ancien ministre Alain Lambert rêve que s'applique le principe de confiance a priori, où le pouvoir central aurait confiance dans ses fonctionnaires et les jugerait a posteriori. "Or, en France, c'est le système de la défiance a priori qui prévaut : l'agent doit d'abord obtenir une autorisation pour agir, ce qui fait perdre un temps colossal, et on ne s'occupe pas de savoir après s'il a bien ou mal agi." Pour Agnès Lebrun, on est "dans un exercice grandeur nature", qui laisse une alternative : "Ou bien on est capable de faire un constat et de changer les choses ou ce sera pire qu'avant." "Si l'on n'est pas capable de tirer les leçons, ce sera la crise des 'gilets jaunes" version maire", prévient l'édile.
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Ce qui ressort souvent quand même c'est que beaucoup de lenteurs sont dues à des réglementations, principes de précaution, normes réglementaires, etc. donc c'est un vrai débat de savoir si on doit assouplir les règles en temps de crise ou non, avec les risques que ça provoque.
Par contre il y a quand même un vrai problème de communication/coordination entre les différents services, et ça il va falloir le régler avant la prochaine crise, et si possible sans s'enliser dans une "grosse réforme" qui voudra tout englober, à la Française...
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