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Mais comment garantir que tous auront bien accès à leur seconde injection ? La France a retenu les délais suivants entre deux doses : 21 jours en Ehpad et 28 en centre de vaccination avec le vaccin Pfizer/BioNTech, 28 jours avec celui de Moderna. [...] Ces secondes doses, toutefois, ne sont pas mises de côté en attendant sagement d'être injectées à un bénéficiaire précis. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a défendu, lundi, une stratégie de "flux tendu" : "A chaque fois que des doses arrivent, on les met immédiatement à disposition, on ouvre des créneaux de rendez-vous pour les Français." Dans le détail, nous explique le ministère, la France fonctionne en réalité avec un stock d'une demi-semaine d'avance, afin de prévenir d'éventuels aléas. "Les retards de Pfizer nous ont confortés en ce sens." En dehors de ce fonds de roulement et d'un stock d'urgence de 8 000 doses, conservées au niveau national, les doses de vaccin sont donc utilisées au fur et à mesure de leur arrivée. "Nous n'utilisons pas simplement la moitié des doses dont nous disposons pour vacciner", précise ainsi l'ARS Hauts-de-France à franceinfo. Et "nous n'avons pas mis de côté dans un frigo la seconde dose qui va avec chaque première dose", ajoute le ministère de la Santé. Mais s'il n'existe pas d'outil permettant de "bloquer" ces doses, comment être sûr de ne pas rester en rade à mi-parcours, en cas de gros imprévu dans l'approvisionnement ? Tout repose en fait sur le nombre de rendez-vous. Quand un patient se rend sur Doctolib, Maiia ou Keldoc pour réserver un créneau, un second rendez-vous est automatiquement bloqué dans le système de réservation du centre de vaccination. Par la suite, le centre pourra accepter de nouvelles inscriptions à condition seulement d'avoir des doses pour deux nouveaux créneaux à un mois d'écart. Ce lundi, les rendez-vous pour une première injection ont été ouverts d'abord sur quatre semaines, et une nouvelle semaine de créneaux sera ensuite débloquée chaque lundi. Combien ? Tout dépend des approvisionnements. La "task force" interministérielle sur les vaccins part du volume livré par le fabricant pour déterminer le nombre de doses allouées aux différentes ARS. Celles-ci ont ensuite la charge de les répartir dans les établissements hospitaliers "pivots" – une centaine en France – dont les pharmacies à usage intérieur (PUI) sont équipées de congélateurs permettant de stocker à -80 °C le vaccin de Pfizer/BioNTech. Ces PUI fournissent aussi les hôpitaux alentour, les centres de vaccination et certains Ehpad publics. Le problème, c'est que "la montée en puissance des approvisionnements n'est pas suffisante pour nous permettre à la fois de faire les deuxièmes injections et de programmer [un nombre illimité] de premières doses", résume le ministère de la Santé. Lors de leurs prévisions, les ARS doivent sanctuariser les secondes doses et retrancher ce nombre du total de doses bientôt livrées. Le solde permet d'ouvrir un nombre de plages pour de nouveaux inscrits, centre par centre. Autant dire que les stocks conservés dans les congélateurs sont scrutés de près par les ARS, en dialogue permanent avec les établissements "pivots".
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