daouar a écrit :
Vu qu'on doit conserver le vaccin à -80°C sinon l'ARN se détruit, je te laisse déduire la durée de vie dans un organisme à 37°C. On en saura peux être plus quand on aura les résultats complet des phases III... Les vaccins ARN sont sans doute les moins avancés en termes d’ancienneté de développement, mais ils auraient un profil de sécurité a priori optimal et sont, par essence, particulièrement inducteurs de signaux de danger au sein de la cellule hôte. En effet, au cours de son auto-amplification intracellulaire, l'ARNm imitera une infection virale et potentialisera ainsi la réponse immunitaire contre l'antigène viral exprimé. Contrairement à un vaccin à ADN, un vaccin à ARN (ARN messager comportant une cape en 5' et une queue de polyA en 3') est directement traduit dans le cytoplasme de la cellule, sans qu'il soit nécessaire d'être transporté dans le noyau pour la transcription. Le vaccin ARN induit une stimulation immunitaire en activant les récepteurs de reconnaissance de formes, dont le rôle naturel est d’identifier et répondre aux ARN viraux en induisant différentes voies : dans les cellules immunitaires, les récepteurs de type Toll TLR3 (qui reconnait les ARN double-brin), TLR7 et TLR8 (qui reconnaissent les ARN simple brin), résidant dans le compartiment endosomal, sont activés par l'ARNm endocytosé et induisent la sécrétion d'interféron.
En revanche, comme les vaccins à ADN, la synthèse intracellulaire de novo de l'antigène d’intérêt d'un vaccin à ARN stimule à la fois les réponses des lymphocytes B et T. Contrairement à l'immunisation protéique, plusieurs configurations de vaccins ARN ont induit de fortes réponses des lymphocytes T CD8 +, probablement en raison de la présentation efficace des antigènes produits de manière endogène sur les molécules du CMH de classe I, en plus de puissantes réponses des lymphocytes T CD4 + De plus, contrairement à l'immunisation par de l'ADN, les vaccins ARN ont montré la capacité de générer des réponses en anticorps neutralisants puissantes chez les animaux, avec seulement une ou deux immunisations à faible dose. Par ailleurs, les vaccins à ARNm, reconnus comme des éléments étrangers par la cellule (PRR), ont des propriétés auto-adjuvantes qui entraînent des réponses immunitaires adaptatives fortes et à durée prolongée, via le TNF-α, l’IFN-α et la sécrétion d’autres cytokines par les cellules immunitaires (Il est cependant possible de les adjuvanter, afin de moduler la réponse immune). Alors que les risques d'intégration au génome cellulaire, d’expression à long terme et / ou d’induction d’auto-anticorps ont entravé l'approbation de vaccins à base d’ADN à usage humain, que l’utilisation de vecteurs viraux est entravée par leur potentiel retour à la pathogénicité et la présence de fortes réactions immunitaires humorales spécifiques au vecteur, pour les vaccins à ARN, ces préoccupations ne se posent pas. En effet, comme l'ARNm est une plateforme non infectieuse et dénuée de capacité d’intégration (cf. plus haut), il n'y a aucun risque potentiel d'infection ou de mutagenèse insertionnelle. Par ailleurs, l’ARNm est dégradé par des processus cellulaires normaux, et sa demi-vie in vivo peut être régulée par l'utilisation de diverses modifications de l’ARN et méthodes de délivrance. L'expression transitoire de l'antigène codé par l'ARNm permet une exposition à l'antigène plus contrôlée et minimise le risque d'induction de tolérance qui peut être associé à une exposition à long terme aux antigènes. De plus, l'immunogénicité inhérente à l'ARNm peut être également modulée à la baisse pour renforcer le profil d'innocuité.
Dans "tout ce que vous avez voulu demander sur les vaccins et l'"immunologie du Sars-Cov-2 sans jamais oser le demander", par l'HAS
Vos impôts ne servent pas qu'à payer des politiciens véreux : https://www.has-sante.fr/upload/doc [...] 10_860.pdf
Pour la partie en gras il y a deux sources à consulter sur ce point précis de ta question
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