loulou le marlou |
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Pourtant, plusieurs sources proches de l’Elysée et au sein de l’équipe de campagne d’Emmanuel Grégoire ont certifié auprès du Monde qu’Emmanuel Macron a bel et bien joué un rôle dans cet entre-deux-tours parisien, passant sa soirée du premier tour à appeler successivement Rachida Dati et Edouard Philippe à plusieurs reprises. Ces mêmes sources affirment qu’au lendemain du vote, le locataire de l’Elysée aurait fait passer un message à l’homme d’affaires Vincent Bolloré, avec lequel il entretient des relations exécrables : Sarah Knafo, la protégée du milliardaire conservateur breton, doit se retirer. Les 85 000 voix obtenues par la candidate d’extrême droite (10,4 % des suffrages) sont indispensables à la victoire de Rachida Dati.
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Je vous laisse juge, mais à aucun moment, on ne lit que formellement, Emmanuel Micron est intervenu auprès de Sarah Tafo, par quelque moyen que ce soit.
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[h1]Le rôle d’Emmanuel Macron dans la campagne municipale parisienne en question[/h1] Accusé par Emmanuel Grégoire d’être intervenu pour obtenir le retrait de Sarah Knafo au profit de Rachida Dati, le chef de l’Etat dément catégoriquement. De son côté, le candidat de centre-droit, Pierre-Yves Bournazel, a été contraint de renoncer pour ne pas gêner la candidature d’Edouard Philippe en 2027. Par Mariama Darame, Marie Pouzadoux et Nathalie Segaunes Publié aujourd’hui à 11h20, modifié à 12h17 Temps de Lecture 8 min. Lire plus tard Partager Partager sur MessengerPartager sur FacebookEnvoyer par e-mailPartager sur Linkedin Copier le lien Article réservé aux abonnés Emmanuel Macron, en marge du Conseil européen, à Bruxelles, le 19 mars 2026. JEANNE ACCORSINI/SIPA POUR « LE MONDE » Rarement piste d’atterrissage aura été autant dégagée. En théorie, Rachida Dati, candidate à Paris soutenue par Les Républicains (LR), le MoDem, Renaissance et Horizons, a la configuration la plus favorable pour l’emporter, le 22 mars, face à Emmanuel Grégoire, le socialiste soutenu par Les Ecologistes. A gauche, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo est concurrencé par la cheffe de file des « insoumis » dans la capitale, Sophia Chikirou, qui s’est maintenue. Tandis qu’à droite Sarah Knafo, qualifiée pour le second tour, s’est désistée. Et qu’au centre droit Pierre-Yves Bournazel s’est retiré du jeu après avoir annoncé la fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati. « Si avec ça, elle perd… », soupire un ancien ministre macroniste. Lire aussi EN DIRECT, municipales 2026 : Suivez le dernier jour de campagne des élections municipales et posez vos questions à nos journalistes A trois jours du second tour, Emmanuel Grégoire a-t-il craint que la victoire lui échappe ? Jeudi 19 mars au matin sur Franceinfo, le très policé candidat dresse un véritable réquisitoire contre le président de la République :« Emmanuel Macron est personnellement intervenu pour faire en sorte que l’extrême droite se retire au profit de sa candidate [Rachida Dati], accuse-t-il. Il est intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d’aider au retrait de [la candidate Reconquête !] Sarah Knafo, auprès d’intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête !. » Une « faute morale immense », juge le candidat socialiste, dénonçant le« double discours entre les grands principes que [le président]énonce et les petites manœuvres qu’il met en œuvre ». Emmanuel Grégoire fait allusion aux propos du chef de l’Etat, mercredi, en conseil des ministres, pour mettre en garde contre les« arrangements des partis » avec les « extrêmes » des deux bords de l’échiquier politique, qui « demeurent dangereux pour la République ». Jeudi, depuis Bruxelles, où il participe au Conseil européen, consacré au Proche-Orient et au Moyen-Orient, Emmanuel Macron réplique aux attaques de l’élu parisien. Des propos qui n’ont « aucun sens », qui « déshonorent la personne qui les dit comme ça, à l’emporte-pièce », juge-t-il. Le président affirme ne pas connaître Sarah Knafo « à titre personnel » et ne pas intervenir « du tout dans ces municipales » : « J’ai autre chose à faire. » Emmanuel Macron et la délégation française au Conseil européen, à Bruxelles, le 19 mars 2026. JEANNE ACCORSINI/SIPA POUR « LE MONDE » Pourtant, plusieurs sources proches de l’Elysée et au sein de l’équipe de campagne d’Emmanuel Grégoire ont certifié auprès du Mondequ’Emmanuel Macron a bel et bien joué un rôle dans cet entre-deux-tours parisien, passant sa soirée du premier tour à appeler successivement Rachida Dati et Edouard Philippe à plusieurs reprises. Ces mêmes sources affirment qu’au lendemain du vote, le locataire de l’Elysée aurait fait passer un message à l’homme d’affaires Vincent Bolloré, avec lequel il entretient des relations exécrables : Sarah Knafo, la protégée du milliardaire conservateur breton, doit se retirer. Les 85 000 voix obtenues par la candidate d’extrême droite (10,4 % des suffrages) sont indispensables à la victoire de Rachida Dati. [h2]Deux versions s’affrontent[/h2] Contactés, les conseillers du chef de l’Etat dénoncent un « mensonge totalement farfelu » et démentent catégoriquement toute prise de contact entre Emmanuel Macron et Vincent Bolloré dans le cadre de la campagne pour Paris. « Ce n’est pas Vincent Bolloré, ni Macron, ni le pape qui a dit à ma place pendant toute la campagne : “Jamais je ne ferai perdre la droite” », conteste, à son tour, la candidate d’extrême droite Sarah Knafo. Lire aussi Municipales à Paris : après le retrait de Sarah Knafo, un second tour à trois candidats Depuis jeudi, ces deux versions s’affrontent. L’industriel avait-il besoin d’une incitation du chef de l’Etat pour obtenir de Sarah Knafo son retrait afin de favoriser l’union de la droite et de l’extrême droite qu’il prône depuis longtemps ? Il n’est pas du genre à se plier aux desiderata du chef de l’Etat, mais lui non plus ne souhaite pas la victoire d’Emmanuel Grégoire, qui a défendu à l’automne 2025 une proposition de loi visant à l’empêcher de rajouter Le Parisien à son empire médiatique (Canal+, CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche). Par ailleurs, faire d’Emmanuel Macron son obligé n’est pas pour déplaire à Vincent Bolloré, selon un des proches de l’homme d’affaires. Enfin, le patron du groupe Vivendi a l’oreille de la vice-présidente de Reconquête !, qu’il apprécie et avec laquelle il échange souvent. « Il a du poids : quand il dit quelque chose, tu l’écoutes », convient un proche de l’eurodéputée. La compagne d’Eric Zemmour aurait préféré une fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati, qui lui aurait permis de siéger au Conseil de Paris avec ses colistiers et de préfigurer une union de la droite et de l’extrême droite, à un an de l’élection présidentielle. Mais sa qualification de justesse ne lui permet pas d’établir un rapport de force. Et Rachida Dati ne peut en tout état de cause conclure un tel accord, qui lui aliénerait le soutien du camp présidentiel. Sarah Knafo annonce mardi son désistement : « pour nous donner toutes les chances de battre la gauche » argue-t-elle publiquement, mais « pas pour la personne de Rachida Dati ». [h2]Opération sauvetage[/h2] Après le départ du gouvernement de Rachida Dati, l’Elysée a gardé un œil sur sa campagne. Le conseiller en communication du chef de l’Etat, Jonas Bayard, fut même aperçu dans l’assistance lors du dernier grand meeting de la candidate, le 12 mars, à l’Elysée-Montmartre – « à titre militant », précise-t-il. Mais, au soir du premier tour, c’est Pierre-Yves Bournazel qui tient entre ses mains l’avenir de Rachida Dati. Soutenu par Renaissance et Horizons, il arrive en quatrième position du scrutin, avec 11,34 %. La candidate d’Emmanuel Macron et de la droite réalise un score bien en deçà des sondages et des espérances de son camp, 12 points derrière Emmanuel Grégoire. L’opération sauvetage du soldat Dati est lancée. Dans la soirée, Edouard Philippe, le mentor de Pierre-Yves Bournazel, reçoit un appel d’Emmanuel Macron, le premier depuis son plaidoyer pour la démission du chef de l’Etat à l’automne 2025. Le président le félicite pour son score au Havre, mais l’échange n’est pas désintéressé : il défend la fusion des listes Dati et Bournazel à Paris. Pierre-Yves Bournazel sur le plateau de France 2, à Paris, le 16 mars 2026. LUDOVIC MARIN / AFP Emmanuel Macron ne s’arrête pas là. Dimanche et lundi, il joint les chefs de file de la droite, notamment le président du Sénat, Gérard Larcher, pour s’enquérir de l’état des négociations. « On est les deux seuls à Paris à ne pas avoir été appelés par le président », se gaussent Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, et Pierre-Yves Bournazel. Seul le premier ministre, Sébastien Lecornu, prend le soin de contacter le candidat philippiste, par SMS : « A ta disposition si je peux aider. » Si Emmanuel Macron s’en mêle, c’est que Rachida Dati s’est fait beaucoup d’ennemis dans le camp présidentiel comme dans sa famille politique. Pour œuvrer à la fusion avec la liste Bournazel, les chefs des partis de droite et du bloc central (Bruno Retailleau, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Hervé Marseille), le président du Sénat, Gérard Larcher, le maire (LR) de Meaux, Jean-François Copé, réélu au premier tour, ou la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, se mobilisent pour garantir la bascule de Paris à droite. Rarement un second tour des municipales n’aura suscité autant de tractations souterraines, jusqu’au sommet de l’Etat. Peut-être parce que, pour la première fois, le président de la République ne soutient pas le candidat investi par son parti. [h2]Préalables[/h2] Après s’être présenté face à Rachida Dati comme l’incarnation de la probité et des valeurs, Pierre-Yves Bournazel souhaite se maintenir, mais il constate son propre isolement. La majorité de ses colistiers veulent rejoindre la liste Dati. C’est aussi l’intérêt de son chef de parti, Edouard Philippe, qui ne souhaite pas porter la responsabilité d’un échec de la droite à Paris, à un an de la présidentielle. « Le bon chemin est de permettre l’alternance à Paris, donc de favoriser le rassemblement », glisse-t-il à son ami, dimanche soir, après l’avoir félicité pour son score. Le sort de Pierre-Yves Bournazel est scellé et ouvre la voie à une discussion avec Rachida Dati, qui le contacte le dimanche à 22 h 30, par SMS. Il est prêt à négocier, mais il posera des préalables. Le rendez-vous est fixé à 12 h 15, lundi, à la mairie du 7e arrondissement. Pierre-Yves Bournazel vient accompagné de Franck Riester, négociateur pour Renaissance, et de l’élu parisien Daniel-Georges Courtois (Horizons). Dans le bureau de Rachida Dati ont déjà pris place Jérôme Sterkers, son directeur de campagne, et sa conseillère Emmanuelle Dauvergne. Valérie Pécresse est, elle aussi, présente. Lire aussi Municipales à Paris : Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel font alliance à droite ; Emmanuel Grégoire et Sophia Chikirou se tournent le dos à gauche L’élu Horizons renouvelle ses trois conditions : la promesse de reprendre certaines de ses mesures, notamment sur l’écologie, la lutte contre les violences en milieu périscolaire, gouverner Paris « de manière apaisée » et, surtout, aucune compromission avec l’extrême droite. « Moi, Knafo, jamais ! Tu connais mes valeurs », lui rétorque-t-elle. En signe de bonne foi, Rachida Dati évincera plus tard l’une de ses colistières, Soureya Nadji, qui s’était affiliée à la formation zemmouriste, et affirmera dans Le Figaro qu’« il ne peut pas y avoir d’alliance avec Reconquête ! ». A ce stade, l’élue parisienne est davantage intéressée par le jeu de chaises musicales sur sa liste que par les principes énoncés par Pierre-Yves Bournazel. Elle lui propose la place de numéro 2. « Bournazel n’avait pas beaucoup d’entrain à devenir premier adjoint de Dati… », s’en étonnera Valérie Pécresse auprès de Gabriel Attal au téléphone. Rachida Dati sur le plateau de BFM-TV à Paris, le 18 mars 2026. AGNÈS DHERBEYS/MYOP POUR « LE MONDE » Et pour cause : dans le bureau de l’édile, Pierre-Yves Bournazel n’a pas répondu à l’offre de sa « meilleure ennemie »,comme il la surnomme dans son livre La Bataille pour Paris (Plon, 224 pages, 18 euros). Autour de lui, certains l’encouragent à y aller, misant sur une condamnation de Rachida Dati pour corruption lors de son procès, prévu en septembre devant le tribunal correctionnel de Paris, dans l’affaire la liant à l’ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn. « Mais on ne devient pas maire de Paris dans le dos des Parisiens », a soutenu, en privé, le membre d’Horizons. [h2]« Le chemin s’arrête »[/h2] Alors qu’il ne se mêle déjà plus des tractations avec Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel décide d’aller au « 20 heures » de France 2, le premier de sa vie politique, pour annoncer la fusion de sa liste. « Laissez-moi dérouler, j’ai plusieurs choses à dire », demande-t-il à la journaliste Léa Salamé dans sa loge. Une fois officialisée la fusion des listes, il reprend son souffle, ému : « Pour moi, le chemin s’arrête (…), puisque les Parisiens n’ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris. » Vaincu après dix-huit ans au conseil municipal de la capitale et trois tentatives pour conquérir l’Hôtel de ville, l’Auvergnat de 48 ans sort éprouvé de la violence de ces derniers jours de campagne : « Il faut savoir à un moment tourner une page. La vie est longue et puis une autre vie va commencer pour moi. » « Viens au Havre si tu en as envie, il fait beau, viens en profiter si tu veux », l’invite, mardi, Edouard Philippe, qui n’avait pas été mis au courant par Pierre-Yves Bournazel de son renoncement. A l’exception de la petite équipe qui l’accompagne au siège de France Télévisions, le secrétaire général délégué d’Horizons n’a averti personne. L’effet de surprise est total. Au siège de Renaissance, Gabriel Attal et Franck Riester le découvrent devant leur télévision. Lorsque Pierre-Yves Bournazel rallume son smartphone, les messages n’en finissent pas de tomber : Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo, Manuel Valls, Nathalie Loiseau, Christelle Morançais ou encore Othman Nasrou saluent la « dignité » de son geste. Tout au long de la campagne, les soutiens de Pierre-Yves Bournazel, qui a souffert de son déficit de notoriété, ont regretté sa faible couverture médiatique. L’ex-ministre de la culture, qui connaît tous les patrons de presse, a en revanche bénéficié d’un solide réseau d’influence, notamment dans les médias. Philippe Grangeon, cofondateur d’En marche !, ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron, qui s’était engagé pour la « troisième voie » incarnée par Pierre-Yves Bournazel, regrette la tournure des événements. « Je ne voterai pas Rachida Dati, dont je ne partage ni le projet ni les valeurs et qui est devenue de facto la candidate choisie par l’extrême droite », écrit-il mercredi, après les appels à voter Dati de responsables du Rassemblement national. Alors que son camp se divise sur ce mystérieux soutien, Emmanuel Macron continue de défendre son ancienne ministre. |
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