W0r1dIndu5tri35 | ever_glade a écrit :
Une des idées de Marine Le pen est la sortie de l'euro. Tous les experts en économie nous prédisent l'apocalypse si nous sortons de l'euro. On sera plus pauvre, notre pouvoir d'achat baissera ... Je n'y crois pas. ceci pour plusieurs raisons :
- ces memes experts n'ont pas vu venir la crise actuelle ni la faillite de lehman brothers
- un certain nombre de pays européens n'ont pas l'euro et ils ne sont pas dans une situation pire que la grèce par exemple
- on a été capable de gérer l'économie avec le franc on peut bien recommencer
la question est donc à quoi servirait un retour au franc ?
- l'euro au départ misait sur une convergence des économies : ça n'est pas arrivé
- on pensait que ça serait la première pierre de la fédération ça n'est pas arrivé non plus
le pari euro n'a pas réussi et aujourd'hui on a des politiques économiques et une politique monétaire menée par la bce qui ne convient qu'à un seul pays l'Allemagne.
sortir de l'euro permettrait d'avoir des taux d'interets plus bas : comme les usa par exemple, le franc serait dévalué et donc la petite zone franc serait plus compétitive par rapport à la zone euro, et surtout on pourrait coordonner politique économique et monétaire et donc on serait nettement plus efficace..
La dernière grande période de prospérité que nous ayons connu ce sont les 30 glorieuses, à l'époque on n'avait ni UE ni euro. Les pays émergents (et pas que la Chine) s'en sortent parfaitement bien sans avoir ni monnaie commune ni grande union économique, la plupart du temps ils signent des traités de libre échange avec d'autres si cela leur convient...
bref voila une idée proposée par Marin Le Pen qui me parait bénéfique pour le pays
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- Et que penses-tu de la spéculation sur les taux de change intra-européen qui était source d'instabilité et qui a disparu depuis l'euro ?
- Lors des 30 glorieuses, nous avions un chômage bas et une banque centrale. Ce n'est pas en revenant au franc que notre chômage va subitement tomber...
Je pense que globalement, tu te trompes de causes.
Voici quelques articles intéressant sur la sortie de l'euro...
Sortir du Traité de Lisbonne
Depuis la crise économique et financière démarrée fin 2008, la question de la sortie de l’euro se fait de plus en plus présente dans le débat politique et médiatique. Seules deux alternatives semblent émerger : rester dans l’euro et continuer à subir le néolibéralisme et ses désastres ou sortir de l’euro pour pouvoir y résister. Le Parti de Gauche, fidèle à son habitude, a choisir de suivre une autre voie, moins évidente a priori, mais beaucoup plus efficace économiquement et politiquement : rester dans l’euro tout en récupérant sa souveraineté monétaire en désobéissant aux traité européens.
La monnaie unique, bouc émissaire du libéralisme
Soyons clairs : les critiques contre l’euro sont tout à fait fondées et il faut impérativement changer de politique monétaire. Ses conséquences désastreuses sont innombrables : surévaluation qui pénalise nos exportations, taux d’intérêt trop élevés qui freinent la croissance et l’emploi… Et surtout le Traité de Maastricht de 1992 avait pour principal objectif d’interdire toute possibilité monétaire de combattre le libéralisme ou de limiter ses dégâts.
Mais il faut rappeler que la « loi Rothschild » du 3 janvier 1973 interdisait déjà à la Banque de France de faire crédit à l’Etat à taux zéro, condamnant ainsi la France à s’endetter auprès des banques privées et à payer des intérêts très élevés. Le Traité de Maastricht a entériné au niveau européen des orientations déjà imposées dans l’hexagone. Le problème n’est donc pas le fait d’avoir une monnaie unique mais plutôt les capitaux qui circulent à l’échelle planétaire sans contrainte, la soumission aux banquiers, les politiques ultralibérales de l’ensemble des gouvernements européens, l’absence d’harmonie fiscale… D’ailleurs, le maintien d’une monnaie nationale au Royaume-Uni ne lui a pas du tout permis d’échapper à la crise. Bref, les problèmes d’aujourd’hui ne sont pas imputables à la monnaie unique mais à l’orientation idéologique des gouvernements nationaux et des traités. Sortir de l’euro n’est donc pas une solution.
Le FN veut sortir de l’euro, pas du libéralisme
C’est d’ailleurs le tour de passe-passe du Front National. Logique : ce parti refuse de s’attaquer réellement aux privilèges du patronat et au libéralisme. La sortie de l’euro est donc un écran de fumée pour faire croire quand même aux classes populaires qu’il défend leurs intérêts. La stratégie monétaire choisie par Marine Le Pen déboucherait sur une concurrence accrue entre pays, via les dévaluations compétitives en chaîne des monnaies sorties de la zone euro. Cette guerre économique ferait la joie du patronat car il se substituerait au rapport de force entre classes sociales. Même « nationale » le franc FN restait un instrument au service du capital. Son programme de sortie de l’euro en douze points le prouve : la Banque de France resterait indépendante de l’Etat et il n’y aurait pas de contrôle des taux de change sur le long terme. La France serait donc la proie des spéculateurs, alors que l’euro a permis la disparition des taux de change intra-zone euro, ce qui a supprimé la spéculation sur les changes qui constituait le principal instrument de pression des marchés financiers sur les gouvernements. A l’exact opposé, le Parti de Gauche considère qu’il est urgent de mettre la monnaie au service de l’intérêt général.
Rompre avec le Traité de Lisbonne
Il est nécessaire de sortir du Traité de Lisbonne pour mettre fin à la dictature de la finance. Ce traité, qui prétend nous interdire de contrôler la politique monétaire, nous refuse toute entrave à la circulation des marchandises et des capitaux et impose la libéralisation des services publics. C’est donc pour mener une politique conforme à l’intérêt général des Français que le Parti de Gauche propose de pratiquer la désobéissance européenne. A travers un référendum, les Français adopteront une liste de dispositions européennes auxquelles nous dérogerons par un choix libre et souverain. Ne l’oublions pas, le 29 mai 2005, le peuple français rejetait le projet de Constitution européenne. Cependant, les dirigeants politiques européens et français – la droite mais hélas aussi les députés PS – ont piétiné la volonté du peuple et adopté un remake de la Constitution européenne, le Traité de Lisbonne. [..]
Gagner le rapport de force
Pour mener le rapport de force à Bruxelles, nous mènerons librement les politiques conformes à l’intérêt général : création d’un pôle public bancaire, renationalisation du financement de la dette publique, élimination d’une part du stock de la dette publique, politique sélective du crédit… Notre désobéissance sauvera l’économie française et fera tache d’huile dans toute la zone euro. Nul doute que les petits pays dévastés par les plans de rigueur (Grèce, Portugal, Espagne…) soutiendront la France dans sa désobéissance. Et l’Allemagne a plus à perdre que nous à une sortie de l’euro : elle sera donc poussée à accepter de modifier les statuts de la BCE pour que la zone euro n’éclate pas. A terme, le but est de briser le bloc libéral au sein de l’UE et de pousser à la négociation d’un nouveau traité. Il faut sortir du pessimisme et de la soumission à la technocratie européenne. La France, en tant que pays fondateur de l’Union européenne, a les capacités de la transformer. Sa glorieuse histoire le prouve. Il suffit pour cela d’un peu de courage politique.
Guillaume Etievant & Julie Del Papa – A Gauche n°1260 – Hebdomadaire – 20 mai 2011 – p.2.
Et voici quelques mesures plus intéressantes de mon point de vue : - cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers, interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs.
- réduire la liquidité et la spéculation déstabilisatrice par des contrôles sur les mouvements de capitaux et des taxes sur les transactions financières.
- réduire la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers, en développant une politique publique du crédit (taux préférentiels pour les activités prioritaires au plan social et environnemental). - affranchir les Etats de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publics par la BCE.
- autoriser la BCE à financer directement les Etats (ou à imposer aux banques commerciales de souscrire à l’émission d’obligations publiques) à bas taux d’intérêt, desserrant ainsi le carcan dans lequel les marchés financiers les étreignent.
- remettre en cause la libre circulation des capitaux et des marchandises entre l’Union européenne et le reste du monde, en négociant des accords multilatéraux ou bilatéraux si nécessaire.
- développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôts sur les bénéfices…) et un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers Etats membres, sur la base des meilleures pratiques.
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Les libéraux ne cherchent pas à sortir de la crise ; juste à en profiter
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