Latiole | Scrypt a écrit :
c'est une réalité. A ne pas lire avant de bouffer. Citation :
Des loverboy proxénètes à l’enfer des foyers de l’ASE, le livre choc sur le «tsunami» de la prostitution des adolescentes
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https://www.lefigaro.fr/actualite-f [...] s-20250307 Citation :
LE FIGARO -. Lors de votre enquête, que ce soit auprès des brigades «proxos», au contact des victimes ou lors des procès, vous avez observé que la prostitution concerne des filles et des proxénètes de plus en plus jeunes. Claude ARDID. C’est un système infernal qui concerne au moins 20.000 jeunes filles en France, ce qui est trois fois plus qu’il y a 5 ans. Certaines sont contraintes à se prostituer dès 12-13 ans. Leurs proxénètes sont à peine plus vieux, 15-16 ans. Ils ont même parfois le même âge. Ils mettent sous emprise leurs copines, et réussissent à les convaincre de faire des passes de temps en temps. Ce sont des bras cassés qui pourraient faire commerce d’autre chose. Mais vous avez aussi des proxénètes plus aguerris, des jeunes majeurs dans des réseaux un peu plus constitués, plus agressifs, qui mettent la main sur plusieurs filles et peuvent commettre des actes de torture, de barbarie, de séquestration à leur encontre. Tout en les contraignant à voir un maximum de clients. Il y a beaucoup d’argent en jeu ; 10 passes, c’est 2000 euros. À Marseille, on a observé qu’après l’opération place nette sur le trafic de stupéfiants, de nombreux jeunes trafiquants se sont retrouvés au «chômage». Ils étaient «choufs», coupeurs de shit, pouvaient gagner 150 euros par jour. Pour eux, c’est plus facile et moins dangereux d’aller voir des copines pour les convaincre de faire des passes dans un Airbnb. Il y a un vrai glissement des trafiquants de stups vers la prostitution de mineures. C’est un marché, mené par des mecs malins, qu’on appelle loverboy - un terme beaucoup trop élogieux. Et quand ils n’ont pas d’amie ou de copine à manipuler, ils piochent dans certains foyers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
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Citation :
Vous avez fait la rencontre de Clara, une adolescente qui a été forcée à se prostituer dès 13 ans et demi... par ses copines du foyer. Nadège HUBERT. Clara a vécu dans l’un des pires foyers de Marseille, le Peps 13. C’est le seul qui accepte toutes les filles, même celles qui ont été renvoyées d’autres structures ou qui se sont prostituées. Cette adolescente d’origine bulgare a eu une vie cabossée. Elle a été abandonnée par ses parents, a été trimballée dans plusieurs familles d’accueil. Ce sont ses amies du foyer qui la poussent à se prostituer et elle se laisse embarquer. Puis elle se rend compte que l’une d’elles la force, la frappe, la menace. Alors elle se révolte et porte plainte contre un de ses clients... un homme de 50 ans, qui dirigeait une organisation humanitaire pour les demandeurs d’asile. Auprès d’elle, il se faisait passer pour un médecin et la payait en cocaïne. C.A. Lors du procès, le client niait en bloc les rapports sexuels et la minorité de Clara. Alors le procureur a montré une photo d’elle en petite robe à fleurs ; il était impossible de penser qu’elle était majeure, on aurait dit qu’elle sortait de l’école primaire. Au final, le client n’a écopé que de dix-huit mois de prison avec sursis, dont six mois de sursis probatoire. Les peines sont toujours particulièrement faibles, alors que l’on devrait parler de viol, les victimes n’ayant pas 15 ans. Or, les clients, qui viennent de tous milieux, ont la même défense : ils disent ne pas savoir que la prostituée était mineure. N.H. Clara a eu le courage de témoigner à son procès ; c’est très rare, car les mots dits au tribunal sont terribles à entendre pour les victimes. On est face à un tsunami, et rien ne change, alors que ce phénomène est en train de profondément marquer une génération. Il y a des #MeToo pour plein de choses. Sur ce sujet aussi, il y a matière à s’exprimer, dénoncer et parler.
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Citation :
Comment les proxénètes font-ils pour mettre la main sur ces adolescentes et les embrigader dans ces réseaux de prostitution ? N.H. C’est une longue et douce manipulation. Au départ, ils sont gentils, doux, les valorisent. Puis deviennent insultants, méchants. Ce sont des pervers manipulateurs. C.A. On parle de gamines cabossées, frappées, maltraitées durant leur enfance. Le fait de se retrouver entre copines, elles créent un groupe, une identité, même si ça passe par la prostitution. Certaines ont le sentiment d’être des battantes, de prendre leur revanche sur la vie. L’argent, aussi, les valorise. Sur le moment, elles pensent pouvoir tout se permettre car elles peuvent s’acheter ce qu’elles veulent. Certains clans se donnent des noms, on dirait presque de petites sectes. Les proxénètes, eux, ont des téléphones intraçables, changent de lieu pour les passes tous les trois jours. Il y a une mécanique mafieuse chez eux, ils sont bien organisés. De leur côté, ces jeunes prostituées revendiquent leur fierté d’exister, même si elles sont victimes. N.H. Pour elles, l’acte sexuel est devenu un automatisme. Ce sont des viols, il y a une dissociation entre le corps et l’esprit. Certaines disent même ne plus ressentir le chaud et le froid, se sentent comme anesthésiées.
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Citation :
Qu’est-ce qui crée chez elles ce déclic, celui qui leur permet de quitter cet environnement destructeur ? N.H. Quand elles y parviennent, le déclic, c’est la fois de trop. Elles sont frappées, battues, séquestrées, violées, esquintées quotidiennement, que ce soit par leur proxénète ou les clients. Mais quand elles frôlent la mort, il y a une prise de conscience. C.A. Sortir de ce système n’est pas facile, car elles multiplient les addictions : l’alcool, le shit, la cocaïne et le protoxyde d’azote. Certaines vont acheter des bonbonnes de chantilly à l’épicerie du coin qu’elles vident puis remplissent de ce gaz qui a des répercussions terribles sur le système nerveux. Clara, la jeune fille qui s’est prostituée dès 13 ans et demi, a réussi à se reconstruire lentement après son procès. Mais elle est encore addict au crack.
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Citation :
Ces adolescentes ont-elles les moyens de vivre une vie normale ? C.A. C’est très compliqué pour elles de se réinsérer, surtout dans les milieux pauvres. Quand elles sortent du système, elles sont fracassées psychologiquement, font des séjours en hôpital psychiatrique, des burn-out. La rescolarisation est difficile, car elles ont parfois un, deux ou trois ans de retard. Trouver du boulot n’est pas facile non plus et quand elles tentent d’avoir une vie normale, elles craignent toujours que leur passé leur explose au visage.
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Citation :
Cette descente aux enfers résulte-t-elle systématiquement d’un cadre familial dysfonctionnel ? C.A. Pas forcément. On a eu le cas d’une collégienne, harcelée au collège. Elle envoie des photos dénudées à son copain, qui fait tourner les clichés à ses camarades. En résulte du harcèlement, un mal-être, et la petite décide de fuguer. Les parents vont au commissariat pour signaler les faits, les services sociaux s’en mêlent et l’ado est placée. Dans cette famille, il y avait des problèmes, mais au foyer, la situation a été pire car là-bas, les règles sont différentes, les jeunes sont laissés sans surveillance, le rapport au corps n’est pas le même. En revanche, il y a beaucoup de familles monoparentales. Des mères, dans les cités comme à Félix-Pyat à Marseille, ont 4 ou 5 enfants, et font un travail difficile comme aide-soignante, infirmière, femme de ménage. Elles ne peuvent pas s’occuper suffisamment de leurs enfants. Et souvent, un des garçons verse dans les stups et une des filles dans le trafic d’êtres humains. Mais il ne faut pas tomber dans la caricature. La prostitution, qui plus est des mineures, n’est pas uniquement liée à une précarité financière.
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Citation :
Les sites internet comme Coco, qui a fermé en 2024 regorgent de prostituées mineures... C.A. Oui, et les proxénètes les maîtrisent parfaitement. Chaque fille dispose d’une fiche avec ses mensurations, les prestations qu’elle propose. Plus c’est sordide, plus c’est cher. Dès que la photo est postée, des centaines de clients affluent pour passer commande. On est dans l’horreur, car il n’est pas rare que la fille ait moins de 18 ans. Le site le plus populaire dispose même d’un espace commentaire où les clients donnent une note et leur avis. C’est le Tripadvisor de la prostitution des mineures. Fermer toutes ces plateformes pourrait-il aider à résoudre le problème ? N.H. Il a fallu des années pour faire fermer Coco, car ces sociétés ont des sièges dans d’autres pays. Quand on sait qu’une grande partie des utilisateurs se sont ensuite déplacés sur un autre site désormais leader, on peut s’interroger sur l’utilité de cette mesure. Et s’il ferme demain, les clients iront ailleurs, puis sur le dark web. À cœurs perdus : enquête sur la prostitution des mineures (éditions Mareuil, 2025), 21€.
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C'est connu depuis des decennies, et ils ne font rien. Rien. Et on en parle des fonctionnaires de l'ASE qui, en connaissance de cause, placent des enfants dans des situations pires que celles qu'ils connaissaient à présent ? |