CR du WE à La Clusaz
Il ne m’aura fallu que quelques minutes pour accepter la proposition de burblee de se rendre au bélier, fin août, pour réitérer le parcours de 27km et 1000D+. Le problème est que robin, PDG des Genoux dans le Gif, m’a proposé un relais sur le marathon le lendemain, mais avec un challenge des plus sympathique : en concurrence face à la doublette santroll-tyler
Samedi 22/08 : le bélier, 27km / 1000+
Arrivé une bonne heure avant le départ, je redécouvre La Clusaz et ce centre de « village » fort agréable, déguisé pour l’occasion en centre communal intergalactique du trail … et de la marche nordique. Je récupère mon dossard, croise des élites en veux-tu en voilà
; juste hallucinant de voir autant de concurrents d’un tel niveau sur une course à saucissons. Peut-être le panier garni à gagner est-il cette année tout bonnement exceptionnel de saveurs. Je retrouve burblee, on se marre comme à chaque fois, et partons se préparer. Malgré des affaires déjà prêtes, je change de point de vue au dernier moment : je me sens ricain tout d’un coup, je me vois bien courir avec juste un bidon
… bon, j’en n’ai pas, mais juste une flask alors ! C’est ok, la plupart le font compte tenu d’une absence de matériel obligatoire. Et puis comme dit santroll, 500ml ça suffit : « si vraiment tu finis déshydraté sur les derniers km, tu auras l’arrivée pour bien boire » … il faut savoir qu’à ce moment son discours m’a conquis, donc je l’ai bêtement écouté
ERREUR !!! Mais bon, Dieu m’ayant conseillé de partir léger, et voyant le ricain burblee partir nu comme un ver, je décide de la jouer beau gosse façon coureur easy …
Après quelques échauffements sans aucune structure ; on trottine avec burblee, pas de montée, pas d’accélération, je décide de me placer sous l’arche juste derrière les quinze élites de la journée.
GGGOOOO !!!!
Ça part à bloc, je suis, mais en me faisant doubler sur ce km de faux-plat descendant avant d’attaquer les 400+ qui débutent par un large sentier où les positions s’installent. Très vite je me remets à cracher et avoir une toux un peu gênante ; ma petite princesse aimant tellement son papa, elle lui a refilé une joli rhino
Les jambes sont bien, je sais qu’il faut en garder pour les 15 km de cross qui suivront la montée, mais j’hyperventile, tousse de plus en plus, et finis même juste avant la fin de la montée par vomir à cause d’une quinte trop forte … le tout s’en m’arrêter complètement ! Je continue de trottiner, et très vite me sens mieux, comme si les sécrétions s’étaient libérées. Lors de la relance, ça galope vite, je me sens bien, par contre niveau boisson j’ai déjà pas mal bu
J’avais déjà fait le 27km l’an passé et je me souviens santroll m’avoir dit à postériori qu’il était arrivé au 21ème (Beauregard, dont le point de vue est sublime) en 2h. L’objectif du jour était d’arriver en 1h56-57 et de descendre à bloc pour accrocher les 2h15, vu que l’an passé nous avions fini ensemble en 2h21.
C’est donc confiant des séances de vitesse des précédentes semaines que j’attaque le cross de 15km où je déroule en prenant beaucoup de plaisir ; la luminosité sur Merdassier et le massif de l’Etale est superbe. Plus les km défilent, plus je sens que je suis plus rapide et constant que l’an passé. A ce moment-là je pense quasi exclusivement à ma course, à ce fichu chrono que je viens « chercher ». Arrivé au Crêt du Merle, je n’ai plus rien à boire alors que nous sommes déjà sur la moitié du parcours ; je décide donc désormais de m’arrêter à chaque ravito pour boire 2 verres de boisson énergétique. Mais le temps devient long entre 2 ravitos, je sens que je ne m’hydrate pas assez ; d’un côté ne pas trop s’arrêter aux ravitos, mais de l’autre boire un minimum … progressivement je sens que je joue avec la limite. Et s’il y a bien un truc que j’ai toujours évité jusque là depuis 3 ans, c’est manquer d’eau
Après un long faux-plat descendant où je me suis bien lâché, arrive la montée de Beauregard, 350+ avec des portions raides au début puis quelques lacets roulants sur la fin. Cette montée est un calvaire : des crampes apparaissent aux deux mollets vers le 1er quart. J’essaie de les contenir en marchant, me persuadant que je ne perdrai que peu de temps sur ces portions raides ; mais sur les faux-plats impossible de trottiner. Je commence à être dégouté, je m’en veux, une erreur de débutant cette hydratation. Je résiste jusqu’au ravito avant les lacets de Beauregard, je m’y arrête quelques secondes, bois 2 verres, m’étire et repars avec l’envie de m’arracher. Cela faisait des années que je n’avais pas eu de crampes
; je redécouvre cette douleur, cette incapacité de courir sur du plat ou en montée … malgré ma déception je me persuade de pouvoir faire au moins le même temps que l’an passé, car jusque là je pense avoir gratté qq minutes (santroll pourrais-tu comparé par rapport à ton tracé de l’an passé ?) et espère être à Beauregard en 2h … j’y arriverai en 2h01.
Je suis remonté comme une pendule
; je me suis fait chier à faire des séances de vitesses pour progresser un minimum en vue des Cathares, je veux que ça paie aujourd’hui aussi. En descente je me relâche et commence à bien accélérer, je donne tout dès le début. Je pense déjà à demain et appréhende ENORMEMENT les 21km du dimanche alors qu’aujourd’hui des crampes au 20ème me font douter … mais je ne lâcherai rien, je descends comme un âne, accélère dès que possible, prends très peu de plaisir car la souffrance est là, je compense sur tous mes appuis pour éviter de tirer sur mes mollets. Je reconnais le parcours, sais que la route est là dans qq centaines de mètres et va m’être fatale, je m’arrache, double au bluff … et relance … et crampe sur le bitume … c’est horrible, j’en peu plus
2h19, déçu.
Déçu de mon choix de départ sur l’hydratation, car avec le recul, ce n’est pas la vitesse ou l’effort qui m’a amené ces crampes, mais bel et bien le manque d’hydratation. On apprend toujours de ses erreurs, surtout quand elles sont grossières.
La leçon est retenue.
Je me donne déjà RDV l’an prochain pour m’approcher des 2h15.
Le bonheur reprend vite sa place quand je vois mes parents et ma fille à l’arrivée, sans parler du resto le midi partagé avec burblee ; on s’est bien marré mon salaud !
Dimanche 23/08 : 21km
C’est donc en relais avec robin que nous espérons croquer la team santroll-tyler, dont la préparation à coup de centaines de km et de milliers de D+ ferait pâlir un régiment
Après des semaines de messages chambreurs et plus taquins les uns que les autres sur l’équipe adverse, nous voici partis avec tyler au Crêt du Merle afin d’attendre l’arrivée de nos binômes respectifs. Avec robin l’objectif est double : finir devant les 2 biquettes, même si c’est à la photo finish, et accrocher un podium (pourquoi un podium ? euh … je ne sais pas, mais robin lui, le réclame !) Après plusieurs soirs à avoir parlé tactique, je lui ai fait comprendre que tout se jouait sur le premier relais ! Il accroche santroll le marcassin le plus longtemps possible, puis je m’occuperai du ricain tyler.
Après qq échauffements toujours sans motivation avec tyler ; on papote en trottinant … ou on trottine en papotant, je ne sais plus … Et bien voilà que l’envie de courir revient presque d’un coup, la motivation se réveille. On croise nicolaclusaz qui nous montre les photos prises vers le 13-14ème km : robin et santroll sont ensemble. Tout va se jouer entre le ricain et l’homme coloré (voir les photos sur le blog de nicolaclusaz). Je me motive, j’ai envie d’y aller, je pense même à une petite tactique si l’on part ensemble … OUI on part ensemble, les voilà qui arrivent, la foulée légère, souriants, mains dans la main. GGOOGGOOGGOO !!! Tyler part très vite.
Le profil est simple, du cross en profil descendant sur 6 km avec des passages techniques, puis 6 km de faux-plat montant puis 9 km de profil descendant avec relances / mini coups de cul. Je décide dès le premier passage technique de prendre les devants et lâcher le ricain : je préfère me faire rattraper sur le faux-plat montant qu’à devoir essayer de le suivre et de ne pas tenir musculairement, car à ce stade, avant de partir, j’ai encore une appréhension sur les crampes de la veille. Je prends donc une légère avance et essaie d’être sérieux sur chaque descentes et plats afin d’anticiper la montée. Il fait frais, et paradoxalement je suis bien, content d’être là. Le début du tracé est commun à la veille, mais aujourd’hui le plaisir est là, je profite, chose que je n’ai pas vécu la veille, trop concentré à courir. Je suis relâché … un peu trop peut-être … ??? et merde !!! Ma cheville gauche tourne, alors que nous sommes sur du plat
La même qu’à Courchevel, mais aujourd’hui c’est comme d’habitude, la douleur s’estompe en à peine 1km. Depuis qq minutes je cours avec un rouquin, sympathique, que j’avais lâché en même temps que le ricain, et qui là me reprend progressivement dans ce long faux-plat montant, j’arrive à l’accrocher jusqu’à la Croix Fry et décide alors de tout faire pour tenir jusqu’à la Croix de Colomban. Les paysages sont merveilleux ; je suis juste dingue de tout ce coin avec en ligne le col des Aravis et le massif des Aravis … sublime. Les replats me permettent de le recoller jusqu’aux Poutassets, où commence les sérieuses descentes : alternance de chemins larges en sous-bois, de sentiers étroits, de singles entre les sapins. J’adore ces conditions, on se croirait lors de sorties entre potes, sauf que là on avoine un peu plus !
Je lâche le rouquin, maintiens mon accélération, les jambes déroulent sans douleur, ce n’est que du bonheur de courir par plaisir !!!
Je ne connais pas le classement et là je m’en tape, mais qq chose de sévère … c’est juste génial.
Sauf que … Sauf que je n’avais pas bien vu le profil du parcours ! Il y a un faux-plat d’ 1.5 km avant de redescendre sur La Clusaz … et merde, je m’arrache, mais au détour d’un virage j’aperçois le rouquin qui revient.
Sauf que … Sauf que je n’ai pas de crampes !!!
Donc je sais que je resterai devant !!
1h49, à 20 secondes des 2èmes … mais je ne savais pas qu’ils étaient si près.
La suite n’est que déconne, sourires, photos à la con avec robin chez WAA, glaces pour les uns, coulant chocolat pour les autres … De sacrés moments de rigolades partagés ensemble