Bien le CR, Scott
Je vais y aller du mien, il va y avoir quelques redites.
Donc trail des Glaisins, 28km pour 1600m, mais un peu plus en réalité. Triple objectif pour moi :
- Me donner un peu de fond pour le Lyon Urban Trail du 19 avril (35km 1500m ultra roulants).
- Me donner un aperçu de la Marathon Race du 31 mai.
- Voir Annecy, la Venise du 7-4, ses Maserati, sa douceur de vivre, ses panoramas enchanteurs.
Vendredi soir : Préparation mentale
Je débarque à la gare d'Annecy à 19h, attendu par Burbleee, grand barbu habillé de gris qui montre ses fesses à n'importe qui (apparemment). Autant vous dire que je n'étais pas rassuré. Burbleee, récemment débarqué à Annecy. Avant : un honnête Normand, supporteur du SM Caen, ivrogne à ses heures (à partir de 18h). Mais la montagne, ça vous détruit un homme. A présent : hygiène de vie irréprochable, court tous les jours, s'achète des paires de runnings par lots de 3, a un dossard chaque week-end, élu meilleure progression HFR par julientapiero. Va s'essayer au trail long en commençant par la XL Race, normal. Est inscrit aux Glaisins, aurait adoré le courir, mais a un autre plan sportif de dernière minute (sans doute pour choper, ne nous voilons pas la face).
Une pinte plus tard, on rejoint julientapiero et Tyler au resto. Au menu, encore de la bière, des cocktails, du velouté, des ravioles, de la panacotta et de la mousse de Toblerone, j'en oublie mais ce ne sont que des bonnes choses. On parle beaucoup de la course, du parcours, du plateau, du temps qui s'annonce affreux, plein de choses, mais on sent bien que julientapiero est surtout concentré sur son objectif de semi en 1h30, tandis que Tyler craint de se faire humilier par Vignass au marathon..
La soirée va bon train mais tout le monde se lève tôt le lendemain, chacun rentre chez soi (et moi chez Tyler qui m'accueille très aimablement). J'ai trop bu mais c'est pas grave, j'aurai bien le temps d'assimiler ça dans la nuit. A minuit, un dernier check météo pour voir si les prévisions de pluie s'améliorent, mais non, elles ne s'améliorent pas et il y a toujours plus de millimètres d'eau toute la matinée. En revanche, à partir de dimanche et pour toute la semaine prochaine, il fait grand soleil ! Youpi, la belle affaire. Je dors comme une masse, entendant à peine la grosse drache qui tombe à 5h.
Samedi : le mud day
Je reprends l'expression de Scott qui est empreinte de justesse (même si je n'ai jamais fait de mud day).
Samedi matin il fait froid, il pleuviote, et tout est détrempé de partout. Au retrait des dossards, juliantapiero et Tyler reconnaissent et saluent la moitié des gens qu'ils croisent. Petit questionnement sur l'habillement, au final on part plus ou moins en t-shirt + veste imperméable. Tyler se moque de mon énorme sac et sa poche de 3 litres d'eau, tandis que lui part juste avec une flip belt, une gourde à main et la couverture de survie dans le slip (ça grattait pas trop, d'ailleurs ?). On rentre dans le sas par devant et on se met en troisième ligne, au milieu d'une horde de furieux traileurs prêts à en découdre pour leur première course de la saison.
Le speaker décompte à partir de 10, euh finalement de 5 parce que 10 c'est trop long, et puis pan ! Ça part assez fort, je me fais déjà déborder par tout le monde. J'ai pas ma montre (la batterie s'est déchargée toute seule dans la nuit
pas de traces Strava, pas de kudos
), mais il me semble qu'on est à 15 à l'heure, ce qui me parait un peu exagéré. Je laisse Tyler prendre de l'avance, julientapiero j'en parle même pas, je ne compte pas le revoir avant l'arrivée (mais le destin peut être farceur). Je m'arrête même deux fois pour refaire mes lacets, des lacets Salomon pourtant, je ne suis vraiment pas doué de mes mains.
Et ma stratégie attentiste s'avère incroyablement payante ! En effet, au bout de 3 bornes, on arrive sur un petit passage sur route. Très bien, sauf qu'à l'embranchement, le bénévole a orienté toute la tête de course dans le mauvais sens... Il se rend compte de sa bévue juste devant moi, et je me retrouve tout d'un coup dans le top 5-10 avec d'autres mickeys ! Les premiers ont bien fait 300m de trop et sont en train de faire demi-tour, furieux. Tyler qui était pas loin devant, et du coup s'est retrouvé pas loin derrière, m'accuse tout haut "Chou Andy, tricheur !". Taratata, je suis plus malin, c'est tout
. Le nouveau premier lève les bras pour célébrer sa gloire passagère, j'hésite à accélérer un peu pour lui passer devant, mais bon, la situation est déjà suffisamment ridicule.
500 mètres plus loin, nouvel imbroglio, on se plante encore de chemin sur quelques mètres, heureusement un coureur (qui a déjà dû faire la course) a la présence d'esprit d'ouvrir l'espèce de petit portail sur notre gauche qui mène à un champ puis au sous-bois qu'on doit emprunter. Deuxième (et dernier) couac sur le balisage de cette épreuve. A présent je me fais logiquement dépasser par tout le monde, les élites revenant comme ils peuvent. Seulement le terrain est devenu un single en sous-bois, très joueur et extrêmement boueux. Pas facile de doubler proprement, et les gamelles commencent. Une seule pour ma part, où je rebondis sur les fesses avec beaucoup d'élégance sans perdre de vitesse. Julientapiero me double seulement vers le kilomètre 7-8. Ça me vexe un peu de me faire doubler par quelqu'un qui ne fait qu'1h30 au semi, mais bon, il est sur ses terres, on va dire qu'il connait bien mieux le terrain que moi.
J'essaye brièvement d'accrocher les premières féminines, et Jordan Fata la superstar locale, mais je lâche l'affaire, ils vont quand même un peu trop vite. Quand on commence la première montée, les positions se sont plus ou moins stabilisées. La première montée, c'est le Barman (prononcer comme "maman", sinon on passe pour un touriste ou un alcoolique). Elle est longue, parfois raide, et très boueuse. Très très boueuse. C'est frustrant, car la marche est terriblement peu efficace. C'est mieux de courir, mais ça flingue les mollets en quelques foulées... Tout le monde galère, on cherche appui sur les côtés, sur les mottes de boues un peu plus consistantes que le reste, sur les arbres... C'est pas super cool. J'essaye de garder un bon rythme. Il y a un peu de neige vers la fin, qui permet de trouver une meilleure accroche.
Au sommet, mes lunettes se retrouvent pleines de buée. C'est assez pénible à gérer, en fait. Je commence à les essuyer au doigt, mais je mets de la boue et la buée revient assez vite. Je les enlève pendant 10 minutes, ça marche pas si mal mais c'est relativement inconscient : je vois très mal les reliefs, je ne distingue pas les petits cailloux des gros cailloux, ceux qui bougent de ceux qui sont stables... Je fais confiance à mes chevilles pour encaisser, et ça passe. Mais ça reste un peu flippant, donc je remets les lunettes. D'ailleurs la descente s'accentue, et les cailloux disparaissent pour laisser place à de véritables torrents de boue. La descente est ingérable, il ne faut pas compter sur le moindre appui latéral. Pas moyen de changer de direction. La meilleure technique consiste à se mettre en travers et à surfer sur la vague de boue, jusqu'à atteindre un arbre, puis de repartir dans l'autre sens. Ou bien se mettre directement sur les fesses pour les passages ardus. On peut aussi trouver de l'accroche à côté du sentier, dans les feuilles mortes ou dans la neige fraîche. Je compte quatre chutes en quelques minutes, je me dis que cette course va être longue...
La descente interminable s'achève sur une portion de route, où on peut enfin courir normalement. J'accélère un peu mais sans grande conviction. La conviction m'a quitté dans la montée puis la descente du Barman, à vrai dire. Dès que la deuxième ascension commence, je lâche l'affaire mentalement, montant au train, tranquillement. Dommage parce que c'est roulant, il y a des paliers et beaucoup de passages raisonnablement "courables", mais j'ai la flemme. Et aussi mes mollets et mes fessiers me brûlent.
Peu avant le sommet, on récupère les coureurs du petit parcours (enfin c'est plutôt eux qui nous récupèrent). Je me fais doubler par la tête de course qui galope dans les montées, et je les regarde s'éloigner sans remords. Après m'être fait dépasser par les fusées du grand parcours sur les 8 premiers kilomètres, je me fais dépasser par les fusées du petit parcours sur les 8 derniers. Pas top pour le moral (même si bon, au fond, je m'en fous).
La descente du Veyrier est cool, on peut prendre de vrais appuis, elle est assez joueuse mais pas trop difficile, bref je prends un certain plaisir. Et puis il y a une jolie vue sur Annecy et le lac. Je m'embrouille un peu dans le comptage mental des kilomètres, du coup la fin me parait interminable à venir. Après la descente on se tape deux-trois petits coups de cul qui font très mal. Là c'est vraiment horrible, j'en ai marre, ça ne veut pas finir... Je marche, je me fais doubler par plein de monde, je marche encore... On passe sur route, heureusement que ça descend un peu, mais qu'est-ce que c'est long... 2km, 1km... Sur le dernier kilo je fais l'effort de courir, même si je n'ai plus de place à défendre (personne derrière moi). D'ailleurs on voit l'arche... mais il faut encore faire le tour de ce putain de parking, sur un remblais tout boueux
Je passe la ligne d'arrivée avec une joie contenue. 3h35 au chrono, ça va je m'attendais à pire (mon horloge interne disait plutôt dans les 4h). Plus tard je vois que je suis 79ème, étonnant après avoir passé toute la course à me faire doubler par des dizaines et des dizaines de coureurs. Mon horloge interne pensait que j'étais dans les limbes du classement, 200 ou 300.
Petit imbroglio post-course, et gros coup de gueule à la mamie reloue qui faisait le videur à l'entrée du bâtiment
En effet, il y avait un repas chaud à l'intérieur, que perso je n'avais pas "acheté", mais bon j'avais quand même envie de me poser dedans parce que dehors il commençait à faire froid et pluvieux. Sauf que je me fais refouler par la mamie parce que j'ai les pompes dégueu.
Pas de souci, je les enlève. Je me fais refouler de nouveau, parce que j'ai les mollets dégueu.
Effectivement, il y a une belle croûte de boue. Ok, de bonne grâce, je fais 300m pour aller trouver un robinet et me rincer abondamment les mollets et les chaussures. Je me repointe une troisième fois, très fier de mes mollets immaculés (à part deux-trois balafres attrapées pendant la course). Mais ça ne va toujours pas, cette fois-ci c'est le cuissard qui est trop crade et même que je vais salir les chaises "On peut pas vous laisser rentrer, on va se faire gronder par les organisateurs"
Je leur dis que si ils veulent je reste debout, moi je m'en fous, je veux juste être au chaud. Ils me répondent "Ah mais on peut pas savoir si vous allez vous asseoir ou pas". Elle est belle la confiance
La mamie est inflexible, pourtant d'ordinaire j'ai du charme auprès des vieilles personnes. Elle a un pote qui fait videur avec elle, et qui me dit de me changer. Sauf que j'ai pas mes affaires de rechange, je suis venu les mains dans les poches, comme un touriste. Il me dit "Ben faut prévoir, moi ça fait 40 ans que je fais des courses, je prends toujours de quoi me changer".
A ce stade-là je suis largement saoulé, je lâche l'affaire et en attendant mes deux acolytes je me venge sur le ravito à l'extérieur. J'ai dû manger l'équivalent d'une tablette de chocolat, un demi-paquet de chips, 5 tranches de saucissons, je ne sais combien de bananes et d'oranges... Scott j'espère qu'il restait de quoi manger pour la queue du peloton
Bilan :
- Pas pris énormément de plaisir, il faut bien dire.
- Le moral n'a pas spécialement gonflé : mental qui flanche à la mi-course, dépassé en continu tout au long de la course...
- 3h ça reste un peu long comme effort pour moi.
- Julientapiero a bien assuré, 3h15 c'est fort. Je pense qu'il peut carrément viser 1h28 à son semi.
- Tyler et moi avons pas trop mal limité la casse, finalement.
- Je vais m'équiper en bâtons d'ici la Maxirace, c'est vraiment trop confortable dans les montées un peu longues comme ça.
- Faut que je trouve une solution pour la buée sur les lunettes en conditions humides
- On est toujours super bien accueilli à Annecy, merci à Tyler en particulier pour le squat !
Bon désolé c'était trop long pour pas grand chose, mais je ne sais pas synthétiser !
Ah et j'y pense : depuis deux jours j'ai de sacrées courbatures aux bras (biceps, triceps, épaules surtout). Vous savez d'où ça peut venir ?
J'avais pas de bâtons... Est-ce que c'est d'agiter les bras en permanence pour l'équilibre ? La demi-douzaine de chutes ? L'accrochage désespéré aux branches d'arbres qui passent à portée ? Je m'attendais pas à avoir ce genre de séquelles ![[:transparency] [:transparency]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/transparency.gif)
---------------
J'aurais voulu être un businessman