Bon allez, je me lance dans un CR, après lecture de celui de perrout.
Globalement lurker, je suis avec plaisir ce topic, et ayant pris le départ cette CCC 2014, et m'étant fait doublé par perrout (sans le savoir évidemment),
je tenais à faire partager cette aventure.
Pour info, il s'agit de ma 3ème participation (2007 finisher / 2009 abandon à Champex / 2014 : cf plus bas !).
Remise des dossards
Mercredi, arrivée sur Chamonix en fin d'après-midi.
Un collègue faisant l'UTMB m'indique toutefois qu'il y a beaucoup de monde. Je me pointe 15' avant la fin, et en 30 minutes c'est plié.
(attente/vérif du matériel, pas mal le concept de ne vérifier que 4 objets au hasard de la liste obligatoire).
Jeudi
Temps magnifique, tout bon pour les finishers de la TDS et ceux qui font l'OCC... les prévisions ne sont pas trop mauvaises pour la CCC, quelques averses (!)
Vendredi
Bus de 6h30 pour aller au départ à Courmayeur. L'organisation, est toujours aussi bien rôdée. Arrivée vers 7h00 de l'autre côté du Mont-Blanc.
Le retour se fera à pied, du moins je l'espère !
En attendant, je me fais la réflexion des vagues prévues au départ. Comme perrout, j'avais indiqué à l'inscription un temps cible de 19h-20h.
Compte tenu des résultats des années précédentes, je pensais être dans la 1ère vague. En fait non... Beaucoup d'optimistes dans leur temps !
Je me dis que les 10 minutes d'écart avec la première vague ne seront pas assez... à suivre
9h00 - Départ de la 1ère vague, plus que 10' d'attente.
9h10 - C'est parti, un drone nous survole et filme... Il y en aura un autre vers Bertone.
Ca part sur un rythme soutenu, mais sans excès, les 3 premiers km sont un peu raides et uniquement sur bitume.
Ensuite, le sentier grimpe de plus en plus, et il y a de plus en plus de coureurs, alors que je m'étais efforcé à rester dans les 50 premiers de la 2ème vague.
==> on rattrape déjà les + lents de la 1ère vague, et là ce sera plus ou moins bouchons jusqu'à la tête de la Tronche...
1ère alerte, cela ne me l'avait pas fait lors de mes 2 précécentes participations, je suis essouflé très vite, malgré une montée assez lente.
Je mets ça sur le compte de l'altitude (je vis en RP...).
Tete de la Tronche – 2h21 – 617eme
Descente vers Bertone, ça se décante un peu, je me laisse descendre et fait un coucou au drone.
Bertone – 2h52 - 540eme
J'avais rempli ma poche à eau avec 2L pour éviter la foule du ravito à Bertone. En fait, cela ne se bouscule pas. 3 verres de Coca (ah non, c'est du Pepsi !!) et c'est reparti.
Les sensations sont bonnes, à part cet essouflement marqué dès que ça grimpe...
Quelques gouttes s'invitent avant Bonatti, qui reprendront plus fortement 2' après avoir quitté le ravito.
Bonatti – 3h53 – 503eme
Idem, 2 verres de Pepsi, il me reste encore assez d'eau dans la poche pour aller sur Arnuva (descente).
Je redoutais un peu la descente sur Arnuva, car j'ai les quadriceps pas au niveau (vécu durement en 2007 et 2009).
Cette année, cela passe pas trop mal, pourvu que ça dure !
Arnuva – 4h40 – 483eme (7 minutes d'arrêt)
Comme il y a du solide, je prends TUC et saucisson, cela fait un grand bien. Je remplis ma poche à eau, et c'est reparti pour la 2ème grosse montée vers le Grand Col Ferret.
Dans la montée, les jambes sont bien, en revanche je souffle comme un boeuf... j'ai l'impression de ne pas avancer vite.
D'un autre côté, personne ne me double, mon rythme ne doit donc pas être encore trop à la ramasse.
Grand Col Ferret – 5h57 – 482eme
Changement de pays (ça ne se voit pas là-haut, même pas une ligne !), on arrive en Suisse, avec une looooongue descente qui se passe plutôt bien (hum, je fais l'avion devant un des photographes... j'ai honte)
Toutefois, le rythme rapide de la descente me provoque 2 points de côtés, qui me contraignent à marcher quelques minutes. Mais ça passe, ouf !
La Fouly – 7h07 – 453eme (14 min d'arrêt)
Bon gros ravito, avec de la bonne charcuterie. Je repart après un coup de fil à la famille (nickel le forfait 2€ de Free cela dit, ça passe bien !)
La descente continue, avant la terrible montée vers Champex (souvenirs de 2007 et 2009).
Cette année, je monte certes lentement en raison de mon souffle de bovin, mais je ne la trouve pas interminable.
Champex – 9h22 – 454eme (25 min d’arret)
Arrêt plus long pour faire un peu de jus, et manger des pâtes à la bolognaise. Pas trop, car j'ai toujours un peu de mal à repartir ventre plein !
J'en profite pour me changer, car la montée s'est faite sous la pluie, et je n'ai pas voulu mettre ma veste...
Je repars le long du lac, en marchant, puis cela resdescend un peu, la pluie s'invite de plus en plus. Test grandeur nature de ma Gore-Tex.
Je ne la quitterai plus...
La montée devient vraiment dure, jamais je ne me suis senti aussi essouflé en forçant si peu sur les jambes... bref j'y vais calmement, avec une impression de lenteur extrême.
Mais là encore, quasiment personne ne me rattrape, cela voudrais dire que je ne suis pas encore complètement à la ramasse.
Micro arrêt en cours de montée pour mettre la frontale (et se reposer) et je continue à mon rythme d'escargot.
En cours de montée, j'entends les cloches au loin, probablement quelques supporters à Bovine qui font mumuse comme certains croisés plus tôt...
5/10' plus tard, je me rends compte qu'il s'agit bien de vraies vaches... et pas spécialement supportrices : l'une d'elles s'installe sur le sentier et regarde vers la vallée (superbe vue nocturne vers Martigny, malgré la pluie)
Je lui dit : "Comment on fait maintenant ?". Il me semble entendre un anglais derrière moi. Et peut être un ou deux coureurs encore (perrout ??? vu le temps au passage de La Giète). La vache décide alors de partir dans le même sens que nous.
Je la contourne, mais limite rassuré, elle aussi je pense !
Passage à Bovine non signalé (en 2007 et 2009 il y avait un point de contrôle).
Le point suivant est au début de la descente :
La Giète – 12h08 – 458ème
Zéro ravito à ce point, je n'y avais prêté attention... tant pis. J'ai mes réserves dans le sac au cas où. Comme je ne sentais pas bien la descente, je laisse passer 2-3 coureurs à ce point (perrout dans le lot je suppose).
Il me faudra 1h pour descendre sur Trient, un calvaire pas possible... les cuisses n'en pouvaient plus. Je me retenais de plus en plus, pas aidé par le terrain très glissant.
Là, pas de surprise, je me mets régulièrement sur le côté pour laisser passer des fusées. Il y en a qui sont encore drôlement frais après 70km de course !
Je commence à gamberger sur un possible arrêt, car quand les quadriceps sont HS, on ne peut plus faire grand chose.
Trient – 13h16 – 498eme
Je me ravitaille, les quadriceps n'en peuvent plus, mais bon je me dis qu'en attendant un peu cela ira mieux... 45' plus tard je repars !! Ca fait mal, mais bon je tente.
50 mètres après le ravito, 5-6 marches se présentent devant moi, impossible à descendre sans me tenir fortement à la main courante...
Je viens juste de croiser le local pour les abandons... trop tentant, demi-tour et fin... il restait près de 2000m de D- à faire, impossible à passer en l'état.
Morale : bosser les descentes très techniques, pour que mes quadri souffrent moins...
Peut être à l'année prochaine à nouveau sur la CCC (quand on aime, on compte pas) !