J'avais pas vu ça le coup des ravitos hors zone...c'est vraiment n'importe quoi...Les mecs ils partent à poil mais ont besoin de se faire ravitailler? C'est anormal. D'autant que les ravitos étaient vraiment bien fournis et à l'abris (au moins sur ma course aux Templiers)...bref.
Le coup de couper à travers les chemins, y'a kiki qui s'est fait sanctionner sur une course aux US l'an dernier je crois car il avait coupé, donc hop pénalités
Après, je ne sais pas dans quel esprit c'est fait: est-ce vraiment pour la gagne, ou juste parce que les mecs, rompus aux courses et sentiers de montagne, coupent "naturellement" en oubliant être en course?
Bon sinon, petit CR de ma course du week-end, L'intégrale des Causses (60km, 2700m D+ annoncés)
Nous sommes 5 à faire la course ensemble: 2 gars hors de forme (dont un qui avait pas passé la barrière au Vignemale): C et P mais avec de l'expérience en trail, un qui s'est entrainé pour la course (mais qui court depuis peu, et qui avait aussi sauté au Vignemale), appelons le B, un qui ne devait pas la faire car en prépa pour le semi de Paris dans 3 semaines (le susnommé G) et moi qui ne devait pas la faire non plus, car ça me semblait lourd en pleine prepa STL..une belle équipe quoi
L'idée pour les 2 plus en forme (G et moi) était d'accompagner les autres pour que tout le monde arrive au bout, en essayant de nous fatiguer le moins possible.
La course est une nouveauté cette année sur le festival des Templiers. Plus courte que les grande course des Templiers, il y a aussi beaucoup moins de places (entre 250 et 300), ce qui était son principal intérêt pour nous. Le parcours commence à Mostuéjouls pour finir à Millau comme toutes les courses du week-end. Des détails ici.
G, B et moi partons de Paris jeudi matin pour faire la route jusqu'à Millau, la course étant le vendredi.
Vendredi, levé à 5h, on s'envoie la crème sport dej maison sur du pain, khakha rituel, départ pour la course. 6h55,deuxième envie de popo, on arrive dans le sas pendant le décompte des 30 dernières secondes
Départ à 7h donc, tranquille, très tranquille. Le leitmotiv du jour sera économie, et surtout on garde en tête que tout le monde doit arriver. On sort rapidement du village, de nuit, pour attaquer la première grimpette, en faisant du tête à cul malgré le peu de participants. Ca grimpe tranquillement, on papote on papote, on arrive en haut sans trop avoir vu passer la côte.
Sur le plat, C et P ont déjà un peu plus de mal bien que G B et moi courrions vraiment à l'économie. Une scission se fait naturellement, mais ce n'est pas grave, ils nos retrouverons au ravito qui est assez proche. Première partie de course tranquille donc, B G et moi doublerons du monde et attendrons finalement nos 2 compères 10 min au ravito (où les personnes doublées nous repasserons devant
). On mange bien (genre bien et beaucoup
), on boit, et on repart.
On repart à 5, toujours tranquillement, mais rapidement, P et C nous disent d'aller à notre rythme, que ça va aller pour eux, rdv au prochain ravito.
B. G. et moi avançons donc à notre rythme, toujours "en dedans", car mine de rien il y a quand même du kilomètre à avaler! Le parcours, ma foi relativement roulant et offrant des vues sympathiques est plutôt plaisant, et nous commençons à voir des gens partis sur le 105km (les parcours sont communs sur 90% de notre course). Les mecs envoient quand même sévère avec 40km de plus que nous dans les pattes et pour cause: ceux que l'on voit seront les finishers du 105km en 14 ou 15h, donc plutôt le haut du panier. Nous nous ferons doubler par la future 1ere féminine...ça rigole pas
On remonte pas mal de monde sur cette partie là. Nous croiserons aussi un mec qui avance bien, mais le coude en sang (nous le retrouverons en totale perdition au prochain ravito...ça change vite...).
Autour du 22ème km, sur une portion bien plate et roulante (vraiment hein, genre sentier bien large, légèrement terreurs pour amortir, par ou peu de caillasses), notre ami B. nous fait une frayeur, il se prend un gros coup de bambou: obligé de marcher sur le plat, le coeur en vrac. On reste bien sur avec lui, on lui dit de bien manger, boire, ne pas paniquer, et de ne pas hésiter à s'économiser car il DOIT aller au bout
On continue donc trèèèès tranquillement jusqu'au ravitaillement, où nous pourrons bien prendre notre temps: C. et P. arriverons 15 min plus tard, toujours plutôt bien. Grosse pause au ravitaillement (je me goinfrerai de pates d'amandes et petits pains aux fruits secs, une soupe...etc), les gens doublés pendant la portion nous repassent devant avec nos pauses, mais RAF, et direction le prochain ravitaillement, dans 10km
On repart encore une fois tous les 5, conformément au plan de course
B s'est bien remis de son coup de moins bien, et sur les conseils avisés de C., il décide de ne plus trottiner avec G et moi, mais de rester avec C et P pour voir le bout de la course.
Comme les autres fois, on trottine les premiers hectomètres ensemble, et dans la première côte, G et moi partons un peu devant, mais toujours sans forcer. Le prochain ravitaillement n'est pas trop loin, on pense que l'on aura assez peu à les y attendre. G commence vraiment à gérer son effort car ses jambes commencent quand même à se durcir un peu. De mon côté, petit check up complet, pas de bobos, pas de fatigue, pas de mise dans le rouge, jusqu'ici tout va bien.
G et moi ferons une bonne partie de cette portion avec la 2eme féminine du 104km, et ça rigole pas! A chaque petit côte elle passe en marche rapide (mais vraiment rapide, impressionnant pour quelqu'un qui doit mesurer à peine 1m60) et dès que c'est plus ou moins plat, paf elle cavale en donnant une impression de gestion exemplaire de son effort, genre foulée dynamique, rapide mais pas trop parce que y'a encore de quoi faire (et elle a quand même 70kms dans les jambes!). Nous remontons un paquet de coureur encore une fois (dont ceux déjà doublés 2 fois sur les portions précédentes), en sachant qu'il nous repasserons lors du ravitaillement. Si certains des coureurs étaient physionomistes, ils ont du se poser des questions sur notre gestion de course
Dans la dernière partie en descente, je sens G un peu moins à l'aise, le ravito est à 2km à peine, on décide donc de nous y retrouver. ET moi je m'amuse comme un fou dans la descente, j'essaie de m'appliquer à les faire le plus relâché et fluide possible, c'est pas parce qu'on s'économise qu'il ne faut pas profiter du terrain pour travailler un peu
J'arrive donc au ravitaillement suivi 2min plus tard de G, et 25 grosses minutes plus tard de C, P et B, qui commencent à devoir s'accrocher un peu. Mais personne n'a de bobo, le mental est là, on sent que ça va passer.
La portion qui nous attend maintenant est le gros morceau de la course, avec près de 20 bornes avant le prochain ravitaillement et surtout des sentiers beaucoup moins roulants.
G commence à franchement sentir ses jambes et se dit que ça va être un peu longuet
- Rav3(km35) - Rav4(
toyota km55) Comme d'habitude, départ à 5, et scission dans la première côte. G et moi devant, nos 3 compères derrière qui commencent dès maintenant à gérer leur effort pour cette portion.
Arrivé en haut de la côte, je reprend à trottiner tranquillement, et vois G. un peu moins volontaire. Il me dit d'avancer si je suis bien, on se retrouvera au ravitaillement. En effet je suis bien, les jambes sont là, je décide donc de trottiner à mon rythme sans forcer.
Et là je passe dans un état de douce euphorie, où j'ai l'impression de flotter au dessus du sol. J'avale les descentes comme un porc, sur les portions plates les jambes moulinent toutes seules passant les caillasses, racines et autres comme d'un rien. Je cours le sourire au lèvres, le m oral est au top!
J'aurai doublé un paquet de gens, d'autant que j'ai l'impression d'être un peu plus à l'aise sur les sentiers remplis de cailloux, chemins en devers..etc que la course nous propose là. Je m'amuse comme un petit fou, en me dit que la ravito, que je voyais en bas de la dernière côte va arriver vite.
Du coup j'en oublie un peu de manger/boire régulièrement, mais bon, c'est pas grave, "c'est plat jusqu'au ravitaillement" me dis-je.
Et là, double-combo headshot, arrivé dans le village au bord de la rivière que je longeais depuis quelques kms, on m'annonce "ravito dans 2km, aller plus qu'une côte".
Ah merde, il est pas en bas le ravito?
500m plus loin, un autre badaud me lance "aller vas-y, plus que 3kms le ravito est en haut de la côte".
Bon OK, je me suis déchiré le ravito est en haut de la dernière côte, que j'avais par contre bien identifiée comme la plus violente (500m de D+ en 2,5km). Petit coup au moral donc, d'autant qu'arrivé dans la côte, je n'ai plus de jus! ET le premier gars qui me double me lance "accroche toi, c'est la côte la plus dure, y'a 5km avant le ravito, là on monte tout en haut, on descend, on remonte, y'a du plat et on sera au ravitaillement".
Toi si j'avais du jus je remonterai te poser un tacle mon salaud.
Bon tant pis, ça permet d'apprendre à mieux lire les parcours, et à penser à manger dans les moments où l'on est bien
La montée sera pas évidente, et au milieu, profitant d'un beau caillou bien plat et d'une magnifique vue, ainsi que du coup de fil de madame qui me demande des nouvelles parce qu'elle en a pas eu depuis le 25ème kms ("ah mais tu marches là? Tu souffles? t'es fatigué?" ) je décide de me poser 5 min pour manger ma barre tranquillement plutôt que de l'ingurgiter en avançant. Après tout, je suis pas là pour faire une perf, donc autant se raisonner.
Une fois la barre ingurgitée, je repars, récupère un des gars m'ayant doublé qui s'est arrêté net, en appui sur ses bâtons, à bout de souffle.
La deuxème partie de l'ascension se passera bien, je sens les forces revenir, et termine en trottinant jusqu'au dernier ravitaillement. Je bois, rempli les gourdes (un peu trop puisqu'il ne reste que 5 kms), me goinfre vraiment comme un cochon de ce que je trouve (soupe, eau gazeuse, pains aux fruits secs, pain d'épices...etc) histoire d'être prêt quand les autres arriverons. Je me pose dans un coin, les bénévoles me demandent si ça va parce que je ne repars pas. Je leur explique que j'attends des potes...G arrive 30 min plus tard (entre temps les bénévoles ont voulu m'embaucher avec eux comme je trainais là, et m'ont redemandé 3 fois si je repartais ou pas
), et nos 3 autres compères se pointeront enfin 1h15 après mon arrivée (j'ai même eu le temps d'aller au popo). P est au fond du seau, il a envie de dormir
C est bien car il sait que c'est gagné, tout comme B.
Ce sera finalement leur plus courte pause aux ravitaillements, il commence à nous tarder d'arriver, d'autant que l'on voudrait bien ne pas arriver de nuit.
On fera toute cette dernière partie ensemble, puisqu'on a dit que l'on arriverait à 5. En repartant, je commence à avoir un point de côté. Forcément, j'ai trop mangé
.
Heureusement le rythme est très calme, donc ça passe.
On profite d'un joli point de vue sur Millau et le viaduc au loin, au soleil presque couchant:
Cette dernière descente est de loin la plus technique du parcours, avec de grosses marches, grosses racines...etc
On arrivera finalement tous les 5 en 11h46..bref, pas une perf, mais c'était pas l'idée.
Surtout nous arrivons à 5 ce qui était le but de la course, tous contents de notre course. On va profiter du repas offert, et retournons au gite nous pieuter. Le lendemain il y a de la route à faire, il faut rentrer
Course sympa, peu de participants, le fait d'être en commun avec ceux du 105km est marrant. Le balisage était impeccable, avec même certains cailloux ou racine peints en fluo.
Les ravito étaient gargantuesques (je pense que je pesais plus lourd à l'arrivée qu'au départ
), avec aussi de la boisson énergétiques en plus de la bouffe, les bénévoles sympas...
Niveau paysage, ça changeait des courses alpines ou pyrénéennes, c'est "un peu moins la montagne" quoi. Mais passer devant de vieux châteaux délabrés ou autre a son charme
Le parcours est globalement plutôt roulant, pas mal de cailloux par endroits mais ça passe bien.
Surtout, faire une course avec peu de partants est plutôt agréable, c'est pas l'émeute au départ, et on a souvent le champ libre devant soi passé les premiers kms.
Perso, je suis content de ma gestion de course, j'ai terminé en bonne forme, réussi à pas me mettre dans le rouge, et ait finalement apprécié le rappel à l'ordre dans la dernière montée. Je ne pensais pas terminer aussi bien car j'ai repris les sorties longues il y a peu, mais finalement ça a bien marché. Donc objectif rempli, finir la course avec peu de traces (verdict ce midi avec la reprise course à pied après la piscine hier midi).
Je pense que le fait d'avoir un peu envoyé dans les descentes m'a permis de progresser sur cet aspect là en plus de servir de renforcement musculaire, ce qui sera surement bien pour la STL.
Après, les pauses à chaque ravito (2 bonnes heures en cumulé) m'ont aussi permis de bien encaisser l'effort.
Le matos ben...ça marche bien quoi
Les chaussures (Sense Mantra) me satisfont toujours autant. C'est la distance la plus longue parcourue avec, et elles me conviennent parfaitement. Je me sens à la fois souple, agile et protégé avec. Pas une fois elles ne m'ont piégées. L'accroche pourrait être un chouille mieux mais les autres en cascadia ou speedcross glissaient au moins autant que moi, ce qui me fait penser que l'accroche est aussi due en grande partie au coureur. Le sac salomon avec les flask est génial.
Je suis parti en short (avec cuissard intégré) un maillot manche courte, des manchons (meilleur achat de l'année), le sac, et la veste ultra légère Salomon par dessus le sac, car je me doutais que je risquais de passer mon temps à l'enlever et la remettre, ce que j'ai effectivement fait. Alors cette veste + les manchons, pour réguler la température en course, c'est génial. J'avais pris la veste imperméable (Salomon Bonatti..ouais j'aime bien Salomon...) dans le sac au cas où, l'autre étant quand même légère en cas de grosse pluie.
J'enfilais la veste quand il y avait du vent ou un peu de bruine ou au ravito pendant l'attente, sinon dans le sac. Les manchons ont été descendus/remontés une bonne dizaine de fois au gré de la t° ressentie.
Niveau bouffe, que des barres maisons, efficaces quand on pense à les manger...Et la goinfrerie aux ravitos. Tout est bien passé, si ce n'est la quantité un peu exagérée au dernier ravito qui a mis un peu de temps à descendre
J'avais une flasque d'eau et une de boisson et alternait entre les deux, ce qui est vraiment pas mal en fait.
Bref, c'était bien quoi 