Bravo maf pour ta course.
J'ai tourné toute la nuit sur la Naak mais elle bouchait mes flasques.
Au final, la boisson Maurten et son goût neutre passe quand même beaucoup mieux.
Attention, pavé de loser fait sur téléphone, ça va être indigeste.
UTDC by UTMB - Ultra Trail des Chevaliers - 172 km 6300 D+
Prépa
C'est décidé depuis plusieurs mois, le gros objectif trail de 2024 sera l'UTDC, un terrain qui me convient bien après mon expérience sur l'UTDP l'année précédente.
Entre-temps, une expérience mitigée au 110 km du Val d'Aran en juillet 2023 (trop technique, orage violent...) et un marathon sub 3 h fin novembre, malgré une prépa très mitigée à cause d'une tendinopathie au tendon d'Achille que je traîne depuis juin.
Malheureusement, la prépa pour l'UTDC sera pire, début février je me débarrasse enfin de la tendinopathie pour avoir de nouvelles douleurs dans l'autre cheville.
Fin février, je ne peux plus courir plus de quelques dizaines de minutes, premier DNS sur l'Ecotrail 80.
Début avril, le diagnostic est enfin posé: péritendinite des tissus autour du tendon sur une dizaine de cm (le tendon est sain).
Kiné 2* / semaine, renfo quotidien, j'arrive à passer de 20 km, à 50, puis à 120 km hebdo en 2 semaines sans aggraver la douleur.
Mais voilà, la course arrive déjà, je m'aligne sur mon premier 100 M avec un volume digne d'un 10 km, une sortie longue maximale de 3 h et 0 course de prépa.
Au moins, toutes les douleurs ont disparu quelques jours avant la course.
Départ
Arrivée la veille à Obernai, où il a plu sans arrêt pendant 24 h, la course sera très boueuse.
Le département est en vigilance orange, ceux autour en rouge.
Par chance, il ne pleut plus à Colmar le vendredi soir et le soleil apparaît même au loin !
Le départ est donné à 20 h, c'est un horaire qui me convient bien mieux que le matin, bien que le dernier kk remonte au déj et non pas au diner de 17 h.
Plus de 700 au départ, les dossards sont globalement par ordre de côté UTMB, j'ai le 168.
Le départ est donné, plusieurs km de plat avant la première montée, je me cale à 5:35 et me fais doubler par plein de dossards 300, 400, 500… je me demande bien quelle est la stratégie de ces personnes.
La nuit
Sotie du premier ravito à 21h20, c'est l'heure d'allumer la frontale.
Quelques instants plus tard, erreur d'orientation devant, les coureurs font demi-tour, grâce à ma montre je trouve un chemin permettant de récupérer le tracé de la course et on se retrouve alors seulement à 3-4 alors que l'on était en file indienne quelques instants auparavant.
En quelques minutes, ma cheville gauche vrille une fois, deux fois, trois fois. Première chute dans la boue, rien de grave.
Vers 2 h 20 du mat, j'arrive au ravito d'Aubure, une version miniature de Sainte-Catherine avec 2 barnums posés dans un champ de boue.
Autant dire que je ne m'y attarde pas.
C'est sympa la nuit, on a l'impression d'avancer sans effort.
La matinée
Arrivée au château du Haut Koenigsbourg peu avant le lever du soleil, je retrouve des sentiers déjà parcourus lors de l'UTDP l'an passé.
Je suis étonné comme tout se passe bien à ce moment-là malgré les 100 km dans les jambes, j'avance à bon rythme, les ravitos s'enchainent avec Chatenois et Andlau où je retrouve mon assistance.
Un petit passage au médical à signaler pour nettoyer une blessure au genou après un geste technique en fin de nuit.
L'après-midi
Ça se complique clairement sur la portion Andlau - Barr, déjà 110 km, je me demande bien comment j'avais tenu jusqu'ici avec ma prépa de merde, l'état de grâce est passé.
Je retrouve de l'énergie dans la longue descente vers Barr où je rattrape à nouveau un paquet de coureurs.
Mais voilà, dans le dernier km qui me sépare du ravito je n'avance plus du tout, impossible de m'accrocher aux coureurs qui me doublent à nouveau et j'arrive complètement déphasé au ravito.
J'y reste beaucoup trop longtemps, pourtant, je n'arrive pas à relancer sur le plat à la sortie, impossible de courir, mon corps est vide et les jambes rigides.
Je pense que j'ai eu un coup de chaud (ou plutôt un coup de Barr
).
Ça grimpe de nouveau, en forêt, les nuages font leur retour : ça va un peu mieux.
La fin
Je passe le Mont Saint-Odile tant bien que mal, petite nouveauté cette année : obligé de faire le petit parcours touristique pour admirer la vue, je m'en serais bien passé même si c'est magnifique.
A ce moment-là, je n'ai plus aucune envie, j'ai hâte que ce calvaire se termine, plus que 3 ravitos (40 km) mais les km n'avancent pas.
Les premières gouttes apparaissent avant la descente vers le ravito de Klingenthal, je sors la veste.
Je continue à passer certains coureurs, ça me paraît irréaliste tant je n'avance pas.
Je bascule dans la descente, c'est le début de l'orage.
Des trombes, le déluge, des éclairs à proximité, le tonnerre gronde en permanence, les rafales de vent font plier les sapins (je pense avoir assister à un downburst), les sentiers se transforment en rivière avec 5, 10, 20 cm d'eau…
C'est le même scénario qu'au Val d?aran qui se répète.
Je ne croise plus personne dans cette putain de forêt, je flippe.
Je passe 40 minutes dans cet enfer, avant d'arriver sous les barnums du ravito de Klingenthal.
Je demande si la course va être neutralisée, on me répond que les discussions sont en cours.
Finalement non, 30 min plus tard, le plus gros de l'orage est passé même s'il tombe toujours des seaux.
À ce moment-là, les douleurs musculaires sont gigantesques et je suis transi de froid.
Je suis mentalement complètement sorti de ma course et je rends mon dossard en 66e position, aussi étonnant que cela puisse paraître, j'ai encore repris des places sur cette dernière portion.
Post-course
A froid, je suis forcément un peu déçu, mais je n'oublie pas les 30 derniers kilomètres de souffrance, sans compter la fin sous l'orage.
Faire de la rando, dans une souffrance et un inconfort extrême, pendant plusieurs heures, n'est pas ma conception du trail.
Il ya des hauts et des bas sur longue distance, mais quand il n'y a plus que des bas, je ne vois pas l'intérêt de continuer.
Je pense à l'un des coureurs avec qui j'ai partagé un bout de chemin jusqu'à la dernière montée avant Klingenthal qui a mis 9 h à boucler les 20 derniers km alors qu'il semblait être en forme.
Je pense aussi à la 2e féminine (arrivée à Klingenthal quand j'abandonnais) qui termine la course avec sa couverture de survie sous sa veste de pluie.
Je n'oublie pas non plus que je ne pouvais plus courir il y a 5-6 semaines.
Bref, j'étais pas prêt, physiquement et mentalement.
UTMB Alsace, je reviendrai ! (C'est pas ce que je disais le soir même)
Edit : j'ai oublié de préciser que j'ai abandonné sur le ravito où j'ai rencontré la légende du topic pulpipi l'an passé
Message édité par Loreak le 23-05-2024 à 16:14:16