santroll a écrit :
Bon comme promis voici mon CR du MMB d'hier : Pavé monumental Temps visé : autour de 6h Temps espéré secrètement : moins de 6h et dans les 300 premiers Contrairement au trail de Faverges je n'ai pas pris l'appareil photo donc il n'y aura pas d'illustrations, dommage car les paysages sont vraiment pas dégueux et ça aurait pu faire de belles images. Arrivée à Cham le samedi en fin d'après-midi avec mon frère sous la flotte, vous êtes vraiment sûrs qu'il va faire grand beau demain ?? On file récupérer les dossards et mauvaise surprise "On n'a plus de T-Shirt du marathon, on peut vous donner un T-Shirt du 80km, du Cross ou du KMV." Super !! Ne plus avoir la bonne taille peut se concevoir mais ne même pas avoir autant de T-Shirt que de concurrents ça fait franchement pas sérieux pour une telle organisation. On opte finalement pour un T-Shirt du Cross vu qu'on l'a fait l'an dernier, on l'a donc mérité quelque part. J'envoie un message à un pote qui a fait la course l'an dernier et il me glisse la tactique à adopter : tranquille sur les 20 premiers kms très roulants puis on accélère dans la 2ème partie pour "ramasser les morts". Réveil à 3h30 le dimanche matin, je mange un peu de pâtes puis je me rendors Reréveil à 5h30 pour finir avec le gatosport. On se dirige vers le départ en trottinant vu que la brume ne s'est pas levée et qu'il fait encore un peu frais. On pose les sacs vestiaires et on se place pas trop loin dans le sas, mauvais souvenir de l'année dernière sur le cross où on avait un peu bouchonné. 7h le départ est lancé, c'est parti Les premiers kms sont très roulants, bitumés au début puis gravillonnés ensuite. Je suis la tactique et je pars à l'allure entrainement (enfin sans doute un poil plus vite avec l'adrénaline). On se croirait un peu à la course de la kermesse du village : on voit de tout. Des mecs partis tout devant qui savent pas courir (un gars levait les genoux jusqu'aux hanches, un autre avait 2 fois ma fréquence, ...), des gars habillés comme pour aller aux champignons, des flèches qui vont deux fois plus vite que le peloton partis tout dernier, ... Tout ça s'équilibre dans les premiers kms. Pour avoir fait le cross l'an dernier je connais donc les 10 premiers kms et les 10 derniers ce qui est un vrai avantage (surtout pour les 10 derniers voir plus tard). A ma grande surprise tout le monde ou presque court dans les montées (contrairement au cross) et je me laisse donc porter en faisant de même. On arrive donc vite à Argentière au premier ravito (10km en 1h05 environ, wahou presque 10km/h de moyenne j'ai bien fait de partir doucement moi). On fait le plein d'encouragements dans la traversée du village puis on poursuit en direction du col des Montet. C'est encore assez roulant (plus que je l'imaginais) et dans les rares singles je ne suis pas bouchonné, ça monte en file indienne à un bon rythme. Par contre dans les petites descentes je suis vraiment ralenti, pas facile de doubler et les coureurs descendent prudemment. On passe très vite le col et on attaque le plat descendant en direction de Vallorcine, d'abord plus raide et technique, je double pas mal de monde qui me redouble sur la 2ème portion beaucoup plus roulante. Passage à Vallorcine (18km) en 1h45, ça fait une bonne allure jusqu'ici mais comme j'ai pas fait de plan de course je m'en rend pas compte sur le coup, un bout de banane, un verre d'eau et on enchaine. Il reste donc maintenant 3 parties et très peu de plat : la montée au Posettes (900m d+), la descente (1000md d-) et la montée (vallonée) finale (900m d+). Fini de rigoler donc. Je dégaine mon arme fatale (mes bâtons) non sans mal car comme un couillon je ne les ai pas utilisés depuis 10 mois et j'ai donc bien du mal à les bloquer à la bonne longueur. Le début de la montée est très raide en lacet, tout ce que j'aime, je commence à doubler pas mal de monde comme dans le plan. Mais rapidement on débouche sur une piste de 4x4 large et moins raide qui monte jusqu'au col des Posettes. D'un coup mes bâtons sont moins utiles, mes cuisses moins efficaces et je ne double plus personne, je commence à douter un peu (en fait c'est que j'étais déjà bien placé sans le savoir). Au col on récupère un single plus technique mais pas très raide qui mène à l'aiguillette des Posettes. Je suis un petit groupe qui a un bon rythme, on passe un contrôle du matériel obligatoire (ils ciblent les concurrents sans sacs à dos) et juste avant la descente je double le petit groupe dans un passage technique. Le temps de ranger mes bâtons pour la descente, ils me redoublent tous ... Arrive donc la descente, mon 2ème point fort qui répond présent celui-là et je commence à cavaler plutôt vite et à doubler pas mal de monde. C'est pas très évident car le chemin n'est pas très large donc je dois régulièrement demander le passage, heureusement les coureurs étant fair-play c'est fait avec le sourire. La première partie est assez technique et raide avec des gros rochers, des marches et la deuxième partie plus roulante en lacets. Dans la 2ème moitié sur un appui un peu foiré la crampe dans le mollet, et merde c'est mal barré. Je décide donc de réduire un peu le rythme, de boire très abondamment et de prier pour que ça ne revienne pas. Dans cette partie on croise pas mal de randonneurs qui ont mal choisi leur jour pour venir dans ce coin, ils s'arrêtent tous les 5m pour laisser passer les coureurs et ont du mettre 5h pour monter au Posettes. Ils ont pas trop l'air énervés car ils prennent soin de nous encourager ce qui fait toujours plaisir. On arrive au Tour et là surprise du chef il y a une petite remontée. Pas grand chose (50m d+ maxi) mais après 40min de descente et sans que ce soit marqué sur le profil je prend un coup de bambou. Si toute la fin est comme ça je vais en chier. Heureusement la descente reprend vite sur un chemin bien roulant. Je prend donc soin de bien décontracter les cuisses pour préparer la dernière montée et éloigner les crampes. Au passage à Tré-Le-Champs, on se croirait au tour de France, des spectateurs des 2 cotés de la rue qui crient à bloc pour vous encourager, vous appellent par votre prénom (marqué sur le dossard), ça file un coup de boost gigantesque. Au ravito (30km 3h30) je rempli la poche à eau, je mange plein de Tucs (pour les crampes) et je repars motivé à bloc par les encouragements. Un rapide calcul mental me dit "Si je met 2h sur les 10km restant, je finis en 5h30 et je pulvérise l'objectif !!" Un concurrent à côté me glisse alors "C'est bon on a fait le plus dur, plus que 10km et on est arrivé", je me dis "Toi tu connais pas le parcours, mon gars". Effectivement les 10 derniers km sont tout en single assez technique avec enchainement de montées et descentes pour 900md+. Le début ne monte pas trop, j'essaie de courir ou plutôt trottiner un maximum en marchant dès que c'est trop raide. Puis dès que les montées deviennent plus soutenues je ressort mes bâtons et effet magique je commence de suite à doubler pas mal de coureurs. Bien content de les avoir avec moi ceux-là. J'arrive en vue du dernier ravito, un dernier gros raidard tout sur les bras avec mon père en spectateur qui est venu m'encourager et on commence à apercevoir l'aire d'arrivée au (très) loin. La Flégère : 37km 4h30, ça commence à sentir le bon chrono tout ça. Je commence aussi à avoir le bide en vrac, je bois comme un trou depuis 1h30 pour éviter les crampes et ça ballote sec dans les descentes. Je décide donc de ne pas m'alourdir d'avantage vu que je n'ai pas faim du tout et je prend juste 2 tucs pour le sel. Dans mon souvenir la fin était en montée mais en fait il y a beaucoup de parties "plates" ou en descente et je suis surpris de courir encore sur pas mal de portions malgré les cuisses qui répondent de moins en moins bien. Cette partie se fait vraiment au mental, quand on double un coureur ça le rebooste, il s'accroche et des fois te repasse 5min plus tard Après une dernière descente sur une piste bien large arrive enfin la dernière montée : 150m d+ en lacets sur 800m avec des spectateurs de part et d'autre du chemin, ambiance Tour de France à l'Alpes d'Huez Je presse le pas en m'appuyant encore bien sur les bâtons et je double encore quelques coureurs sur ce "sprint" final, ce qui me vaudra de finir complètement explosé sur la ligne. Bilan : 5h15 et 150ème, toutes les prévisions sont pulvérisées, je suis aux anges. Après avoir récupéré mes esprits je récupère un bon petit verre de bière qui avec la fatigue me fait l'effet de 10, je titube et suis obligé de m'assoir avec la tête qui tourne En passant je tombe sur les résultats des premiers, Kilian en 3h30 normal, il est vraiment pas humain ce gars. Limite je me dis que s'il avait un adversaire pour le finir en 3h20, Kilian le ferait en 3h19. Au niveau de la météo on a eu vraiment du bol, du soleil, pas trop chaud et une belle vue dégagée sur les montagnes, le top ! Maintenant il va falloir un peu de repos car j'ai bien puisé dans les réserves.
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