CR - Marathon de Lyon
CR rapidos, j'ai plus de choses à dire sur l'avant course que la course en elle même
Je l'ai abordée dans des conditions très compliquées avec seulement 3 semaines de prépa spécifique + 2 semaines de taper après une traversée du désert en août et septembre : comme un âne, j'ai pas coupé après mon gros trail à Megève parce que je voulais profiter des montagnes au maximum, du coup j'ai continué à engranger du D+ sans vraiment me reposer (4 jours de coupure seulement après 7h d'effort à la montagne et une découverte de ce qu'était l'échec musculaire, le vrai). J'aurais dû me rendre compte qu'un truc tournait pas rond quand j'ai développé un acouphène énorme qui m'a fait faire 3 nuits quasi blanches de suite et a mis ma santé mentale à rude épreuve mais j'ai continué à borner comme un idiot. Bilan : quand j'arrive à Lyon, j'explose en vol avec la chaleur et j'arrive plus à rien. Le point d'orgue de ma souffrance étant une séance à allure EF à 180bpm
Je mettrai plusieurs semaines à m'en remettre et je rajoute une course nature (19k/900D+) par dessus dans une grosse chaleur qui m'a empêché de continuer ma récup' tranquillement. Et en plus j'y ai fait de la merde, j'aurais dû la faire sauter. Mais je suis un idiot 
Quand la forme commence enfin à revenir tout doucement, on passe à 5 séances par semaine et là paf je contracte une douleur au mollet droit. Je pars sur une séance d'EF avec la douleur qui ne me quittera pas pendant 1h10... et ça va empirer au fil des jours. Au début la kiné pense à un blocage du canal tarsien mais au final c'est une tendinite d'Achille. Super. J'arrive quand même à courir dessus et je fais une séance de 30 bornes en ayant mal à chaque pas, c'est pas l'idéal mais ça empire pas. Et la clinique du coureur ils ont dit que c'est ok si la douleur elle empire pas, alors je continue
En parallèle je fais du stanish à balle, ça réduit la douleur petit à petit et la kiné me montre comment faire un tape pour la course. Je cours avec pendant la dernière semaine sans aucune douleur, c'est parfait. Enfin presque, à côté de ça j'ai une douleur à l'aine qui revient, je sais pas trop ce que c'est mais je sais que je surfe avec mes limites physiques depuis août. J'ai hâte de pouvoir prendre au moins une bonne semaine de repos !
Au vu des séances d'allures spé, je me vois pas partir à plus de 4'50/km. Et vu le peu de bornes, je me dis que même ça, ça va être compliqué. J'hésite un temps à partir avec pandarooxe qui vise 5'10/km mais finalement non, je vise 4'55/km en me disant que je vais me laisser porter par la flamme 3h30. J'aurais dû courir avec elle
Je sais que je vais pas PR mais j'y vais pas pour ça, mon vrai objectif de fin de saison c'est la Saintélyon, le marathon il est là pour faire du volume. Et puis le parcours est traître par endroit, il est globalement très plat mais y a quelques passages avec des ponts ou des faux plats montants qui peuvent surprendre et mettre dedans. Je pense notamment à une bonne "côte" vers le 7ème qui m'a fracassé à mon premier semi et que je crains depuis
Matin de la course je me lève à 6h après une nuit moyenne donc normale pour une course
La météo du jour est parfaite : entre 10 et 16°C et du soleil, on a vraiment de la chance. Je me prépare peinard et à 7h45 je retrouve pandarooxe près de chez moi. On va faire les 3km qui nous séparent du départ tranquillement en papotant. Je me sens super bien. Petite pause lacet durant le trajet parce que bon, hein, faut pas perdre les mauvaises habitudes. On retrouve jeanb au départ en fond de sas, on est pile sous les haut parleurs qui balancent de la musique à fond : c'est l'enfer. On papote un peu, c'est long. Et surtout je me rends compte que j'ai absolument aucune envie de faire cette course. Mais vraiment. J'ai hâte d'en finir et prendre une bonne semaine de repos pour soigner les bobos. Heureusement que c'est payé par la COGIP, chaque année je trouve que la course ne respecte pas le standing d'un dossard aussi cher.
0-10km : il est cassé mon Stryd ?
Enfin on part. Et mon plan de course tombe déjà à l'eau : y a pas de flamme dans le sas. Super.
Bref, tant pis, je me cale rapidement à 4'55/km et me laisse porter. Je suis facile et la montre me le confirme avec un "performance condition +6"
. Je check le cardio (première course où je l'affiche à nouveau maintenant que j'ai de la bouteille et que je stresse plus là dessus) : 158bpm soit sous les 80% FCM. Parfait. On passe le panneau 5KM : j'ai déjà 100m de plus à la montre. Hum. Peut être une erreur sur le placement du panneau me dis-je. On continue notre bonhomme de chemin et le constat est clair : je m'ennuie. C'est monotone, y a pas d'ambiance. Mais je le savais. Je prends prudemment les petites bosses et vérifie que le cardio redescend après court : yep, toujours sous les 160 pulses. Tout va bien. Au panneau 10KM, j'ai désormais +200m sur ma montre. Merde. Mon stryd aurait-il pris la tasse jeudi pendant la sortie sous le déluge ? Ou pire, est-ce que je m'entraîne à des allures inférieures à la réalité depuis quelques temps parce qu'il est pas bien calibré ? Ca me fane un peu et je me dis que si je veux tenter d'être proche des 3h30, va falloir viser du 4'50/km histoire d'être dans les clous. Je me cale donc à cette allure.
10-20km : on va à la maison
On continue notre bonhomme de chemin le long des quais de Saône après avoir fait demi tour au 9ème et c'est toujours aussi morne. Je suis toujours frais, le cardio a pris 2/3 pulses mais c'est normal vu que j'ai un poil accéléré. Je profite des ravitos pour boire des gorgées d'eau supplémentaires histoire de complémenter mes gourdes de boisson Naak saveur pastèque. On passe la place des Terreaux vers le 15ème kilo, y a un peu plus d'ambiance, enfin ! Mais j'ai toujours pas envie d'être là
Je choppe une bouteille de flotte et je commence à remplir ma 3ème gourde pleine de poudre, le plan étant de le faire sur les 3 ravitos à venir vu que les bouteilles font 33cl et qu'en courant, j'en fous la moitié à côté. En faisant ainsi, j'aurai une gourde pleine quand la 2nde sera vide.
Au 19ème km on lâche les coureurs du semi qui étaient avec nous depuis le début, maintenant y a que du marathonien. On approche de la "maison" : le parc de la tête d'Or. C'est un passage que je vais faire avec plaisir.
20-30km : l'endormissement
Je passe un bon moment dans ce parc où je fais pas mal de mes entraînements. Je passe le semi en 1h45 tout rond. Je suis facile au niveau respiratoire, le cardio dérive légèrement de 1/2 pulses mais tout est toujours au vert, je suis dans les clous. Au 24ème on sort du parc et là je maudis l'organisation : ils nous font passer le long d'une route hyper fréquentée au lieu de nous faire tranquillement finir le tour du parc. Ce passage, c'est de la merde en barre. Sans m'en rendre compte, je suis repassé à 4'55/km. Mais la foulée est tranquille et souple, j'ai pas envie d'aller chercher les quelques secondes supplémentaires. On nous fait faire un demi tour à un rond point avant les quais de Rhône, j'avais repéré ce passage lui aussi tout pourri sur le plan. Je suis content d'en être débarassé. Et c'est parti pour une nouvelle portion morne de 8km tout droit le long des quais. Avec des portions traitres en gravillon qui demandent d'appuyer un poil plus pour avancer. Je me fie aux sensations plus qu'à l'allure et garde ma foulée. On verra au 32ème si j'ai du jus pour accélérer. A partir de là je décide aussi d'arrêter de checker le cardio car il y aura forcément une dérive et ça sert plus à rien de se baser dessus. Les cuisses commencent à durcir un poil mais rien d'insupportable, mon tendon d'Achille jusque là sage commence à se réveiller. Les seules douleurs que j'ai, c'est quand j'avale ma boisson un peu de travers et que je tousse, ça me foudroie l'aine, c'est très désagréable. Mais en buvant correctement, je tousse pas donc pas de douleur
30-40km : on se laisse porter
Au 30ème c'est le drame : on fait la jonction avec le semi et le 10km et c'est un joyeux bordel. Y a pas la place pour tout le monde et ils sont plus lents que les marathoniens qui passent à ce moment là. On doit zigzaguer dans ce merdier en passant sur des pavés et ça me casse royalement les couilles. Je ne fais même pas l'effort et je me cale derrière des gens le temps que ça s'élargisse et je perds quelques secondes. Je cherche ma famille dans la foule qui est peut être venue me voir mais y a personne. Vers le 32ème je fais un calcul rapide et je fais le constat que 3h30 ça va être compliqué si je me sors pas les doigts. Le PR est clairement hors de portée et je vois pas l'intérêt de me faire mal sur les 10 bornes qui restent. Et ça me gave vraiment d'avoir autant de mètres en plus ça aide pas à calculer
Du coup je me laisse porter vers les 5'15/km. J'ai l'impression d'être en EF. Au 33ème la flamme 3h30 me dépasse, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. Je trouve le temps long. Mon tendon d'Achille commence à bien me faire mal et les cuisses durcissent petits à petits, normal à ce stade de la course. Au 35ème, on fait une boucle dégueulasse pour faire 100m dans le stade de Rugby (censé être un point culminant de la course
). Quand je fais le demi tour, je vois pandarooxe qui arrive pas loin derrière à vive allure. Je l'encourage et m'attends à la voir me dépasser à tout moment. J'ai de vagues envies de marcher mais je me dis que c'est très con, de toute façon je vais aller au bout donc ça sert à rien. Je ferai quand même quelques pas sur le pont Raymond Barr mais je me reprends vite, faut pas déconner. Finalement elle me rattrapera lorsqu'on fait un demi tour sur une barrière pour aller chopper les quais de Saône en direction de l'arrivée. Elle a l'air franchement bien, je lui dis d'aller chercher son PR et de surtout pas m'attendre. Pendant 200m je me demande si je vais pas m'accrocher pour la suivre, puis en fait non, j'ai toujours pas envie de me faire mal. Je me dis d'ailleurs que pour une fois, je m'emmerderai même pas à faire un sprint en voyant la ligne, ça sert à rien.
40-fin : l'arrivée, enfin
Ce dernier tronçon est lui aussi monotone (y a un thème si vous avez suivi). Quand il reste un kilo, finalement je me décide d'accélérer. Je ferai le 42ème en 4'38/km et un sprint final (j'ai pas pu résister
) de 150m en 3'40/km : j'ai vraiment rien foutu ces 10 derniers bornes. Hop, je passe la ligne sans émotion particulière, je récupère ma médaille en bois toute moche et mon T-Shirt finisher ma foi pas trop mal. On débriefe avec pandarooxe, je dévalise le ravito parce que j'ai la dalle et on rentre en métro tranquillement.
Donc voilà, vous l'aurez compris, j'avais pas vraiment envie de la faire cette course
Ca fait du volume pour la Saintélyon.
Au bilan des satisfactions :
- je fais un 3h34 "tranquille" après une toute petite prépa de rien du tout et je finis absolument pas cramé. J'ai le tendon d'Achille qui hurle présentement et les cuisses raides mais normal après 42 bornes. Comparé à l'enfer que j'avais vécu sur la fin d'Annecy, je pense qu'avec une bonne prépa je pourrai aller chercher un temps sympa à Berlin.
- j'ai dépassé les 10000 bornes sur Strava 
- aucune ampoule 
Le strava : https://www.strava.com/activities/10082894674/overview