darkpotpot a écrit :
La majorité sont construits sur le modéle de microcycles de 4 semaines avec 3 semaines d'entrainement/1 semaine d'assimilation, et à chaque fois la charge monte progressivement pendant les 3 semaines.
|
Je trouve que c'est plutôt intéressant comme sujet, merci
Alors déjà, pour moi, la question autour des cycles en soi est intéressante. Avant même de réfléchir sur la meilleure manière de les enchainer, on peut déjà se poser la question "qu'est ce qu'un cycle?"
On retrouve quasi systématiquement ces histoires de macro/micro-cycles qui prennent tous comme base "une semaine de 7 jours". Pour moi l'utilisation de cette base commune c'est avant tout une histoire de praticité: quasi tout le monde fonctionne sur des semaines de 7 jours, dont 5 de boulot et 2 de weekend, avec souvent un peu plus de temps libre le weekend qui permet de caller une SL.
Mais d'un point de vue sportif je pense que c'est complètement arbitraire comme choix pour un microcycle, à la limite je pense même que c'est trop court car ça ne permet pas de caser tout ce qui est "utile" (1 jour de repos complet, 1 SL, 1 sortie rapide, 1 sortie "aérobie" et des jours d'EF entre). A vue de nez je pense qu'un microcycle de 10 jours serait bien plus approprié.
A part Cottereau qui effectivement fonctionne plus sur des "microcycles" de deux semaines, le seul entraineur que j'ai connu qui s'était affranchi complètement de cette "semaine d'entrainement' c'était Didier Rousset qui avait une méthode très simple: "un jour difficile, deux jours faciles et on recommence", avec dans le facile le repos total ou l'EF et dans le difficile le reste (SL, stade, séances aérobie...).
Personnellement j'adore ce système de par sa simplicité et la facilité de le moduler à volonté. Accessoirement, jamais de "cycle de repos dédié" avec Didier, on adaptait juste les séances si on se sentait fatigué.
Ceci étant dit, la facilité d'utiliser une "semaine type" comme modèle est évidente, difficile de s'en passer (mais si votre vie perso vous permet de vous affranchir de certaines contraintes, je vous recommande d'essayer la méthode 2 jours/1 jour vous m'en direz des nouvelles).
Deuxième sujet intéressant, la semaine d'assimilation. Là encore c'est quelque chose qu'on retrouve partout. Alors autant juste avant une compétition bien entendu, l'objectif c'est d'arriver avec un maximum de fraicheur sur la ligne de départ donc normal de réduire fortement dans les jours qui précèdent... Mais le reste du temps? Pour moi ça se discute déjà beaucoup plus.
Est-ce que cette semaine d'assimilation apporte réellement quelque chose à la progression (les histoires de surcompensation etc.)? ou bien en avoir besoin est-il au contraire un signe que l'entrainement est trop difficile (on est trop proche de la 'rupture')?
Il faut aussi se poser la question de où on en est dans nos macrocycles d'entrainement: est-ce qu'on est en phase de développement général où on cherche juste à progresser sans compétition importante à venir? Dans ce cas honnêtement je ne suis pas certain du bien fondé d'un entrainement comprenant des semaines d'assimilation, je pense qu'il y a mieux à faire notamment en en profitant pour faire plus de volume globale et de la qualité plus facile.
Au contraire, si on a une compétition qui arrive rapidement, pour moi c'est déjà bien plus censé de faire plus attention à sa récupération car les séances de qualité vont normalement être difficiles à l'approche de la course, donc vigilance.
Personnellement j'ai la flemme de compter mes semaines et je suis juste flemmard en général, donc je préfère faire des semaines pas trop difficiles et jamais faire de "semaine de récupération" sauf avant une course. Je sais pas si c'est optimal mais bon...
Dernier sujet l'organisation des cycles. Là aussi je ne pense pas qu'il y ait une seule bonne réponse, ça va dépendre du coureur et d'où il se trouve dans ses cycles.
Je comprends tout à fait ses arguments et effectivement ça me parait censé, mais j'ai quand même deux remarques:
Déjà je vois un risque important à mettre la semaine la plus difficile juste après la semaine de récup justement parce qu'on sera frais et donc que le "risque" d'en faire plus que ce qui est demandé (allonger, aller plus vite, pincer les récups...) est plus élevé. Je pense qu'en plus le coureur sera naturellement "rassuré" par le fait que les deux semaines suivantes seront de plus en plus légères ("je pourrai me reposer" ). Ca peut donner un double effet kiss cool avec une semaine déjà chargée mais en plus faite à une intensité trop importante -> le coureur est claqué derrière et quasi obligé de refaire une période d'assimilation pour se refaire une santé. Je pense que c'est pas négligeable comme risque. Alors certes ce même risque d'en faire trop existe avec une première semaine plus légère, mais la sur-fatigue engendrée devrait être moins importante, surtout si le coureur garde en tête "attention la semaine prochaine ça sera plus difficile il faut que je garde des forces".
Ensuite, personnellement quand je prépare des épreuves longues (donc le moins souvent possible
) les X min/Y Km de plus chaque semaine (que ce soit sur la SL ou dans le travail d'aérobie) je les sens passer et pas qu'un peu... Je suis content que l'augmentation soit faible chaque semaine. Par contre la semaine suivante, aucun problème pour arriver jusqu'au kilométrage/durée déjà fait, c'est après que ça commence à être dur. De ce côté je suis d'ailleurs toujours étonné à quel point le corps s'adapte vite en prenant l'habitude de la durée d'effort.
Donc si on prend l'exemple de la SL (mais c'est pareil pour le kilométrage en "qualité aérobie" ), ça ferait +15min d'un coup par rapport à la dernière SL réalisée (qui est donc 14 jours avant). Personnellement je trouve que la marche est haute et j'aurai beaucoup d'appréhension sur ce dernier quart d'heure, y a moyen de bien souffrir. Mais bon encore une fois moi je suis flemmard et j'aime pas souffrir, d'autres diront qu'au contraire ça prépare bien l'élément mental nécessaire aux courses très longues!
Je pense que ça se tente en tout cas, mais à réserver aux coureurs disciplinés, qui se connaissent assez pour bien respecter leurs allures de travail et résister à la tentation de trop en faire