Pour emboiter le pas à trajan, voici le CR de ma propre tentative 42k hier matin, que j'ai pas eu le courage de faire avant ce matin parce que j'étais proche de l'état larvaire hier soir.
#CR #MarathonHFR2021
Voici donc l'étape finale du défi démarré en février. Le 10k est bien passé. Le semi est fort bien passé. Il ne reste qu’à mettre à jour ma marque sur marathon et je pourrais dire que ce début d’année a été productif.
Mon unique référence sur la distance, c’est le marathon de Paris 2014. J’y ai cumulé à peu près tous les soucis d’un premier marathon: c’était trop tôt, c’était trop optimiste… Parti avec un objectif de 3h45, je bouclerai en 4h12 après explosion au 25ème km.
Cette fois, mes chronos récents sur 10k (41’36) et 21k (1h33) me laissent théoriquement espérer entre 3h20 et 3h30. Vu que ce sera une tentative en solo avec juste 5 semaines de prépa dédiée après les prépas 10k et 21k, je prends le haut de la fourchette comme référence et vais donc tenter 3h30, soit 5’00 du km (allez, 4’59 pour être précis).
Ce dimanche matin la météo est parfaite sur Toulouse, voire inespérée vu la semaine de m… qu’on a passé. 7-8°C, pas de vent, quelques nuages et beau soleil.
J'ai encore une fois dessiné un parcours entre la Garonne et le Canal Latéral au nord de Toulouse, parce que c'est proche du plat absolu. Je vais longer la Garonne par des routes sinueuses à l’aller, histoire de varier le paysage et d’avaler des km sans trop les voir passer, puis rattraper le bord du canal au bout de 25km et mettre le pilotage automatique tout droit pour les 15 dernières bornes. Madame me fait tout le ravito en vélo donc je ne porte rien. Conditions idéales je vous dis. Voilà pour la théorie, passons à la pratique…
0-10km : moyenne 4’54, tout roule
Je pars sans échauffements vu que j’ai prévu de pas trop pousser les premiers km pour me laisser le temps d’atteindre l’allure cible sans forcer. En fait je suis déjà en 5’03 au premier km, puis 4’54 au second… Pas méga progressif, mais on fera avec. La température est top, je tombe la veste dès le 3ème km, et je continue mon petit chemin. Au 10ème km, j’ai 55 secondes d’avance sur le temps de passage prévu.
10-20km : moyenne 4’57, tout roule mais… ça grince un peu
Pas de soucis au début mais, à partir du 15ème km, je me surprends de temps en temps à une allure au-dessus de la cible sans que je m’en sois rendu compte. Pas très grave pour le moment, ce ne sont que quelques secondes de trop et je relance sans soucis pour recoller à l’allure. Mais j’ai la désagréable impression que ce premier semi, qui devait passer crème à l’allure cible, est déjà en train de me couter quelques plumes. La FC notamment est bien au-dessus de tout ce que j’ai observé durant mes sorties longues. Là où je ne dépassais pas les 83% FCM sur le plat, aujourd’hui j’aligne les km entre 85 et 90% FCM, et pourtant j’ai la ceinture cardio. Mais l’allure est toujours là et je passe les 20km avec 1’18 d’avance.
20-30km : moyenne 5’00, on s’accroche
Je passe au semi en 1h43’40, donc avec 1’20 d’avance. Puis je passe la seule vraie côte du parcours sans trop de difficulté. Mais la traversée du village me séparant du canal est assez chiante, avec pas mal de circulation aux carrefours, des trottoirs défoncés et surtout un faux plat vicieux que j’avais pas repéré dans Street Map. Au 25ème km je mets enfin les pieds sur le bord du canal, et maintenant c’est tout droit jusqu’à l’arrivée. Au début ça me rafraîchit le cerveau de plus avoir le guidage à suivre mais, de plus en plus fréquemment, je constate que l’allure à la montre est entre 5’00 et 5’10, ce qui m’oblige à relancer encore et toujours. Bien sûr, je suis un coureur expérimenté et j’accuse donc la montre de mal capter le signal GPS sous les arbres en bordure de canal... Mais la réalité c’est que ça commence à tirer un peu partout (mollets, dos, épaules…) et que je suis obligé de relancer à chaque fin de km pour ramener l’allure à 5’00. Mais le cap des 30km est en ligne de mire et il est hors de question que je lâche l’allure aussi loin de l’arrivée.
30-42.2km : moyenne 5’54, mais qu’est ce que je fous là ???
Une fois passé les 30km, c’est simple y a plus de carburant. Je gère les deux premiers km autour de 5’15 en me disant qu’une fois rendu à 10km de l’arrivée le cerveau allait prendre le dessus et me trouver un second souffle. Mais à priori mon cerveau est resté en confinement et il ne me reste que le physique qui part en lambeaux. 5’30, 5’50, 6’00, 6’15, 6’30… je vous fais pas un dessin, je vis un craquage complet en temps réel. Je me visse dans les 6h de madame à vélo et je fixe un point sur son sac à dos pour laisser passer les km dans un état de vide mental.
Pour me fixer une carotte, je décide que je vais marcher pendant que je ravitaille au 40ème km. Ca me permet de survivre aux 38-39èmes où je suis au fond du seau. Il faut dire que le public sur le bord de la route n’aide pas : personne pour scander mon nom, personne pour applaudir… Je ne reviendrai pas sur cette course.
40km, je marche, c’est doux, c’est frais, je veux m’assoir et finir ma vie ici… Je parviens à repartir au bout de 100m et je me traine jusqu’au 41ème km où le cerveau me balance enfin la dopamine qui va bien pour lancer un sprint énorme de 5’50 au km, et je culmine à 5’20 sur les 200 derniers mètres.
Verdict : 3’42’23 à la montre.
Le strava : https://www.strava.com/activities/5229761710/overview
Y avait-il la distance ? Je ne le saurai jamais et, à la limite, je m’en fiche un peu vu ma prestation. Je ne suis plus à 1 minute prêt.
Allez, coté positif, j’améliore quand même de 30 minutes mon RP et ça correspond plus à mon niveau actuel. Ca me fait une expérience de plus sur la distance. Aucune crampe à déplorer donc la PPG a quand même du servir, et je suis resté hermétique pendant et après la course, ce qui est une belle victoire sur mon système digestif…
Coté négatif, j’ai encore pris le mur, même si moins violent que la première fois. Je suis encore trop tendre pour le marathon. J’ai eu beau ajouter une 4ème séance par semaine depuis début mars, faire sept SL à 20km et plus depuis début février, je n’ai pas encore la caisse pour gérer une course de plus de 30km de façon maitrisée. J’ai aussi l’impression de pas avoir été au mieux physiquement le jour J, avec une FC aux fraises et le sentiment de devoir « forcer » dès le 15ème km. Il y a certainement une part de psychologie mais il me semble que j’étais bien mieux durant ma SL de 30km avec 2x10km AS42, alors que c’était au milieu de mon pic de charge. Peut être que j’ai pas assez allégé ces 3 dernières semaines, ou peut-être que les 5km minimum en endurance au début de chaque SL font une vraie différence. Je pense qu’avec plus d’expérience j’aurai aussi levé le pied bien plus tôt pendant la course pour éviter l’agonie finale et, en définitive, assurer une meilleure moyenne. Je me suis arc-bouté sur cette allure de 5:00 jusqu'à la mort alors que je n'avais rien à y gagner à part quelques minutes sur un CR.
Mais au final je suis très heureux d’avoir bouclé le challenge de trajan avec 3 nouveaux RP en 3 mois, et je ne renie aucune de ces perfs même si la dernière m’a couté quelques larmes.