Du coup, petit retour sur nos vacances en Autriche (essentiellement le Tyrol, avec une petite incursions en Allemagne pour le massif du Zugspitze)
Franchement, je vous conseille ++ : la région est magnifique, et regorge littéralement de grandes voies, de sites de couennes et de via ferrata. C’est vraiment étonnant que ça soit si peu connu en France (parce que même quand j’avais fait des recherches pour préparer le voyage, y avait pas beaucoup d’infos sur les sites français), parce que vraiment le terrain de jeu est inépuisable. Les GV sont en majorité équipées même s’il y a évidemment du terrain d’av, mais pour des voies typées montagne globalement l’équipement est plutôt bon.
Au final on a fait moins de choses que ce que j’avais prévu (mais bon j’avais mis des trucs tous les jours, je me doutais bien qu’on ferait pas tout, c’était plutôt pour avoir des idées sur le moment), en partie à cause de la météo qui a pas été extra au début du séjour, en partie à cause d’un genou un peu récalcitrant qui nous aura bloqué 2j (dont 1 de pluie au final on s’en sort pas si mal) et en partie parce que j’avais un peu sous estimé le côté « montagne » et du coup les temps de trajet (quand 50km se transforment en 2h de route…).
Pour les topos, il y a un excellent site en ligne (Bergsteigen) qui propose énormément de contenu. J’avais également acheté 3 topos papier mais c’est dur de couvrir toutes les régions. A refaire je me contenterai du site je pense.
Au programme :
En GV :
* sur l’Alpspitze (massif du Zugspitze) : « Geisterbahn », 6a+ max (https://www.bergsteigen.com/touren/klettern/geisterbahn/ )
Montée en téléphérique, marche d’approche assez réduite, jolie vue, belle paroi très impressionnante d’en bas. Rocher pas très compact par contre, on s’est retrouvé plusieurs fois avec des morceaux dans les mains. La fin de la 3ème longueur demandait une traversée d’un dièdre au rocher bien degueu, d’autant plus qu’avec la pluie de la veille il était encore bien mouillé, pas bien protégé et sans trop de possibilité de protéger correctement. On a préféré renoncer plutôt que commencer le séjour avec un pépin. Réchappe sur la via ferrata qui passait à côté.
* à Scheffauer (massif du Wilder Kaiser) : « Multerkarwand Kombination », 6a+ max (https://www.bergsteigen.com/touren/klettern/multerkarwand-kombination/)
Marche d’approche un peu plus longue (attention, je trouve qu’ils sont un peu optimistes sur les topos en général dans les durées annoncées, entre la traduction à faire, la recherche de l’itinéraire et tout, on a souvent mis plus que ça), avec un peu de dénivelé mais dans un environnement très joli. Accès à la paroi un peu cassé gueule dans un pierrier, mais très jolie paroi avec plein de GV qui se succède sur une paroi dalleuse a verticale selon les sections, dont certaines avec de très belles cannelures.
4 très jolies longueurs. La dernière aura été extrêmement teigneuse (1ere pédale, 2ème pédale, abandon, « bordel leur 6a est vraiment corsé quand même, on va peut être rester dans le 5 en fait), jusqu’à ce qu’on se souvienne qu’il fallait décaler à droite (la longueur dans l’axe étant du « 8? » UIAA, soit du bon 7a de l’avis de l’intéressé qui est parti dedans
Finalement en décalant à droite c’était beaucoup plus cohérent
* vallée de Malta, barrage Kölnbrein (parc national des Hogue Tauern) : « Biwak de Luxe », 6 longueurs en 6a+ max
Il faut monter dans la vallée de Malta (attention, route à péage) jusqu’au barrage de Kölnbrein. De la un petit chemin descend jusqu’au lac inférieur, au pied d’une très jolie dalle qui accueille 4 GV toutes dans le même style.
Les 6 longueurs s’enchaînent bien, on est vraiment sur de la très grosse dalle ou souvent on n’a même pas de main à poser, faut faire confiance à ses pieds (et se persuader que sur le granit, si si, ça tient toujours). Le relai final se fait sur la barrière de sécurité de la petite route de montagne où on sort sous les regards étonnés des promeneurs, c’est marrant.
En VF
* « Saulakopf Klettersteig » sur le sommet du Saulakopf , dans le Ratikön, difficulté D max (https://www.bergsteigen.com/touren/klettersteig/saulakopf-klettersteig/)
On était initialement partis pour grimper ce jour là, mais la pluie de la veille et la météo incertaine du jour nous font revoir nos plans. Nous voilà donc partis sur notre première VF ensemble, dans le ratikon. On monte jusqu’au lac en téléphérique, puis marche d’approche de 2h environ dans un environnement magnifique. Le temps est couvert au début puis rapidement il commence à pleuvioter. J’ai confiance, ça va s’arrêter. On arrive au pied du Saulakopf avec cette immense paroi raide et très impressionnante. Un rayon de soleil, « t’as vu j’avais raison, ça se lève », quelques photos de la vue magnifique, et en route. Rapidement la pluie se remet à tomber, et tout d’un coup « mais c’est de la neige la non? », « mais non tu délires on est en août », « ah ben non tu délires pas, c’est bien de la neige c’est vrai qu’on est quasiment à 3000m là ».
On termine la via sous la neige, la vue au sommet ne sera pas aussi sublime qu’elle est censée être, mais on se sera bien marré (et heureusement, même mouillé le rocher accrochait bien).
La via en elle même est très sympa, très grimpante avec beaucoup de parties sur le rocher seulement.
* « Donnerkogel » à Gosau dans le massif du Dachstein, difficulté D max (https://www.bergsteigen.com/touren/klettersteig/intersport-klettersteig-donnerkogel/)
Probablement LA via la plus connue d’autriche, avec son échelle suspendue de 40m de long avec vue sur le Gosausee. Accès par un téléphérique puis 20mn de marche d’approche jusqu’au départ de la via, où on a la mauvaise surprise de trouver une file de gens qui font la queue pour partir dedans. Victime de se réputation, des tas de gens plus ou moins expérimentés s’y pressent. Je vous conseille donc de partir très tôt le matin et en semaine pour en profiter pleinement. Après quelques hésitations, on décide quand même de la faire. L’expérience aura été mitigée, il y avait vraiment trop de monde et ça bouchonnait du coup sur les parties difficiles. Mais la via en elle même est très belle, avec une vue sur 2 lacs turquoises en bas, les vallées de part et d’autre. L’échelle suspendue est plus impressionnante d’en bas (quoique tout le monde ne semblait pas de cet avis). On squizzera la dernière partie en prenant l’échappatoire juste après l’échelle parce qu’avec les « bouchons », on a mis 5h à faire la première partie au lieu de 3 annonces pour la totalité et on avait peur de rater le téléphérique retour.
* « Kristall Klettersteig », dans le parc national des Hohe Tauern, au dessus du Weißsee, difficulté E (https://www.bergsteigen.com/touren/klettersteig/kristall-klettersteig-weisssee/)
On avait le choix entre une GV avec une vue moyenne ou bien cette VF avec une vue extra. Après avoir fait la plus connue d’Autriche quelques jours avant, nous voilà partis sur la plus dure. Via assez homogène dans le C/D avec un passage en E. Accès en téléphérique en 2 parties (on fera la première à pied, cause téléphérique en panne), approche pas évidente à trouver car il faut traverser le torrent qui descend du glacier et il n’y a pas de chemin identifié.
La via est encore une fois très sympa, bien plus physique que les 2 précédentes par contre. Une première partie en traversée déversante, plusieurs parties plus verticales où il faut bien poser les pieds, j’étais bien contente d’avoir ma longe fixe en plus. On posera la corde à 2 endroits, on en aura au final pas besoin mais on savait pas trop à quoi s’attendre. On sort au sommet au pied du glacier dans un environnement magnifique.
[img] https://i.imgur.com/D8amkZp.jpg[/img]
[img] https://i.imgur.com/ACkcgxQ.jpg[/img]
En couennes (Klettergarten en allemand) :
* site de couenne au barrage de Kölnbrein : plusieurs petites parois disséminés dans une petite zone herbeuse au dessus du lac inférieur (marche d’approche : 3mn)
On avait pas de topo, donc on est partis un peu à l’aveugle. On a fait essentiellement du 5 sup et du 6a sur un Rocher très très agréable à grimper. On finira juste la séance par une très jolie 6b en fissure sur conseil d’un couple d’allemands
* site d’Ewige Jagdgründe dans la vallée de Zillertal. 1er site de couennes ouvert dans la vallée, il est excrément connu et populaire, du fait de sa marche d’approche nulle, de son environnement (prairie au pied des voies, petit ruisseau turquoise qui passe). On a toujours pas de topo, on fait le tour, ça a l’air dur.
On repère une voie, demande à un type la cotation, « c’est facile, du 6a+, y a juste un crux ». Ok, mon mec se lance dedans, le crux en question à l’air bien teigneux, il finit par faire une pedale. Je pars dedans ensuite, bordel, c’est dur. Je finis en nage.
On demande encore à des gens qui nous conseillent une 6a+ sur une écaille puis une 6c+ à côté. La 6a+ est hyper physique, je suis obligée de faire des pauses dedans, j’ai plus de bras. La 6c se révèle bien teigneuse aussi, mon mec prend plusieurs vols dedans (avec les points un peu espacés en plus…)
On finira sur une 5c pas donnée non plus en dalle avant de rentrer.
On consultera le topo le lendemain à la salle d’escalade d’Innsbruck. Les voies étaient cotées respectivement 7a+ (mais je pense que c’était uniquement le crux, le reste était effectivement en 6a+), 6b+, 7a+ et c’était bien une 5c. Merci les gens pour les bons conseils :
* la salle d’escalade d’Innsbruck. On profite du passage à Innsbruck pour faire un passage dans cette salle incroyable. 200 lignes réparties entre intérieur et extérieur, des profils ultra variés, des ouvertures très sympas. Elle vaut vraiment le coup d’œil si vous passez par la. Y avait 2 membres de l’équipe nationale qui s’entraînaient (mais pas Jakob), et on a croisé Jessica Pilz avec une autre qui arrivaient au centre d’excellence adossé à la salle.
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« Moi, je suis un désespéré joyeux. J'ai cette mélancolie slave collée à l'âme. J'aime boire et pleurer. »