CR Ronde Aliénor d’Aquitaine (BRM 1200)
Temps total 82h (dont 28h33 d’arrêts)
Incrits 280 – partants 246 – finishers 109
La Ronde c’est avant tout un BRM 1200 avec un délai d’homologation de 90h qui se court tous les 4 ans depuis 2014 l’année précédant PBP. Il y a une quinzaine de CP dont 90% tenus par des clubs qui proposent des vrais repas complets et souvent bien cuisinés, jour et nuit. Il est 3h30, tu veux un poulet basquaise ou une saucisse-lentilles parce que t’arrives juste, y’a. Tu prends un café/croissant parce que tu te lèves et que tu repars, y’a aussi. Royal
Je n’avais pas couru l’édition 2022, c’était bien trop tôt mais celle-ci s’inscrivait parfaitement dans ma progression globale et comme aboutissement d’une grosse saison : 1 cyclosportive 200, 2 BRM 300, 1 BRM 400, 2 ultras de 425 et 510km et 1 BRM 600. Et puis le sud-ouest c’est ma région.
Les semaines précédentes
Les semaines précédentes ont été intenses et stressantes au niveau perso et pro. J’arrive sur cette Ronde épuisé nerveusement, avec une dette de sommeil conséquente et comme tout le monde la fatigue liée aux enchaînements de fortes chaleurs. La préparation du vélo, des sacoches et des drop-bags s’est faite de façon robotisée en suivant des check-list, heureusement que tout a été soigneusement réfléchi des mois à l’avance avec l’esprit libre et clair. Pareil pour la trace découpée en 4 avec tous les POI, jamais je n’aurais eu le temps et l’énergie pour ça dans les jours précédents.
Autant dire que j’arrive sur l’épreuve avec un état d’esprit de touriste total sans même avoir eu le temps de stresser, en me disant : « on y va, on verra bien, balec’. Soit tout le merdier dans la tête va finir de me bouffer et dans 50 bornes je suis dans un TER, soit ça va s’évaporer dès les premiers tours de roue et si ça se trouve ça va au bout
»
La veille
Passage sur le lieu de départ pour récupérer la plaque, le carnet de route et déposer mes 2 drop-bags : un pour Soumoulou (Pk600) et un pour Mimizan (Pk950). On se reconnait avec Djp45, on ne se croise pas si souvent et d’habitude c’est avec casque et lunettes
Mon découpage est fait en fonction des drop-bags, ça donne un jour 3 avec 350 bornes incluant le col de Marie-Blanque et la traversée du Pays Basque : ce sera pas du gâteau
Jour 1 : La Haillan > Sarlat (300/3000)
Le départ est donné par paquets de 20 toutes les 5’ depuis la banlieue de Bordeaux. Djp45, Guez et moi sommes dans le même sas de 8h10 et Lebibi nous a rejoint pour partager les 30 premiers km, on se rencontre enfin
On papote à 4 puis Lebibi met la flèche peu avant Libourne. On s’y arrête pour un premier arrêt boulange. Ensuite Djp et Guez sont un poil au dessus des watts que je veux investir dans les bosses, je fais l'élastique quelques temps puis ils s’éloignent progressivement
On passe dans St Emilion, quelques châteaux connus (Angelus). Le vent se lève, Est à Nord-est alors qu’on file Est quasi toute la journée. Premier ravito au Pk140, c’est l’émeute évidemment vu que le peloton n’est pas encore étiré. Je mange la moitié du repas en attendant de payer, finis en express et repars avant Djp qui était arrivé bien avant moi. Quand t’es pas rapide il faut optimiser les arrêts
Il commence à faire bien chaud, la température atteindra 38 dans l’après-midi. On traverse la Charente puis la Dordogne, la journée s’étire dans une chaleur étouffante avec des arrêts-cimetière tous les 20-25km pour recharger et s’arroser. Côté abandons c’est déjà le carnage. J’y pense aussi, mais pas pour faire un ragequit ni arrêter épuisé mais plutôt en me disant très sereinement « tiens, je pourrais abandonner aussi, pourquoi pas ? » mais l’état d’esprit est tellement neutre et serein que ne pas abandonner est une option tout aussi envisageable, donc à ce compte-là autant aller plus loin. De toutes façons l’abandon c’est pas mon truc, j’abandonne pas, jamais, j’ai pas enquillé les Dodécos en plein hiver pour abandonner, j’ai pas bouffé du renfo chez le kiné pour abandonner alors que je pouvais plus marcher en février, quand je serai vieux mes gamines diront à leurs gosses que le débris dans le fauteuil roulant c’était un p*tain de badass qui n’abandonnait jamais
Après un dernier ravito nuitesque avec Guez et DJP (pâtes, oignons, hot-dog et crèpe) j’atteins mon AirBnB au Pk300 vers minuit avec 45’ de retard et un feu au pied droit insoutenable. Mon hôte m’a attendu, une vraie crème, je branche le vélo, les appareils, douche et dodo.
Jour 2 : Sarlat > Soumoulou (300/3000)
En étant arrivé en retard la veille et avec un plan de marche très serré, j’écourte la nuit et repars à 4h au lieu de 5h prévu. Lever du jour sur le Périgord, c’est joli le Périgord, c’est une sorte de Charente qui aurait réussi sa vie. On file sud-ouest en direction du Lot-et-Garonne, villages perchés, bastides, c’est sympa. Par contre dès le matin la chaleur tabasse encore plus fort que la veille, les abandons se poursuivent
On passe Villeneuve sur Lot puis Agen, ravito viteuf compote/yaourt/café. J’ai pris ma routine après chaque ravito : vérifier que j’ai bien la carte de route, la CB et le téléphone. Il y a un gars qui avait oublié sa carte de route au 1er CP, quelqu’un lui a surement apportée au CP suivant mais v’là le stress.
Le genou gauche se réveille salement, y’a zéro négociation : arrêt pharma, ibuprofène et on repart. Je retrouve certains jolis patelins traversés sur le 47 Tour. On aperçoit en fin d’après-midi les Pyrénées à l’horizon mais la fin de journée est compliquée : la chaleur ne tombe pas (38 à 40°C tout l’après-midi), c’est de plus en plus vallonné et le vent a tourné défavorable, ça en devient interminable
Je me sens abruti par la chaleur et la fatigue, j’ai la bouche crayeuse, les lentilles de contact sont desséchées, le bitume rayonne violemment dans l’infrarouge. Le feu au pied reste sous contrôle en roulant chaussure desserrée. Dernier ravito au CP du Houga, le poulet basquaise est une tuerie et la glace ensuite tombe à pic. J’arrive à la BdV de Soumoulou salement entamé et la perspective du Queen Stage du lendemain ne me rassure pas. Par contre le Pk 600 c’est le drop bag donc douche, rechange, repas et dodo et j’ai maintenant 2h d’avance et ça c'est bon pour le moral mental
Jour 3 : Soumoulou > Mimizan (350/3500)
J’avais prévu de dormir un peu plus mais je me réveille naturellement après 3h de sommeil. J’ai mis ma plus belle tenue pour cette journée : maillot blanc raide neuf, chaussettes blanches « shut up legs », gants blancs, manchettes blanches, parce qu’on va pas aller au combat en haillons ni en maillot vert pomme à bandes violettes posées aux pif sous le sponsor d’un transporteur routier. Les jambes sont pas si mal vu les circonstances
Le plan est d’être au pied de Marie-Blanque au lever du jour, sauf que je déraille de l’avant dans l’approche. Dans le noir, dans la pampa, dans une côte. Fuck. Je me gare en bord de route contre un arbre, enfile les gants, sors calmement le nécessaire mais là c’est salement coincé, la chaine est repliée sur elle-même sous le pédalier, je n’arrive à rien même en bourrinant. J’ai pas envie de bâcher là comme une merde, c’est pas la mécanique qui doit m’arrêter. En gardant mon calme et en essayant de réfléchir je finis par débloquer le merdier en le traitant comme un casse-tête mathématique. Je remballe méthodiquement pour ne rien oublier et repars avec un sourire bête : 20-25 minutes de perdues à vue de pif mais je suis tellement content d’être à nouveau en route que je m’en fous totalement. Par contre fallait que je sois en blanc ce jour-là, les mitaines et les manchettes ont perdu de leur superbe mais le maillot est sauf. Je compte par avance sur les recettes de sorcière de môman pour me sauver tout ça au retour
Par contre le grand plateau ne passe plus, a priori j'ai du le désaligner en forçant pour dégager la chaine.
Pied de Marie-Blanque, 11km, c’est le baptême du feu : j’ai jamais grimpé un col, je sais pas ce que c’est. bah c'est une enculerie en fait, il y a des gens qui disent que c'est rigolo mais il faut pas les écouter
Le jour se lève, le paysage qui se dévoile est magnifique, on entend des cloches d’animaux. Par contre dès le départ ça pique sa mère la tana, le ClimbPro est rouge au mieux, écarlate au pire, je suis en danseuse à 7km/h à sortir trop de watts juste pour rester en mouvement. J’aime moyen-pas trop. Au bout de quelques km, on atteint un plateau, c’est joli comme tout, des chevaux paissent en liberté, manque plus que Heidi et son grand-père. Répit bienvenu mais c’est pas fini, après 2km ça repart avec les mêmes pourcentages jusqu’en haut. Je ziguezague pour couper la pente histoire de laisser le moins d’énergie possible par terre parce qu’il y a encore presque 300 bornes derrière, et atteins enfin le col. Tampon des bénévoles (ils y sont restés toute la nuit, respect), photo de mon 1er vrai panneau de col. 11km et 600m de D+, sur le papier ça fera pas lever un sourcil à grand monde mais avec 600 bornes au compteur, 6h de sommeil en 2 nuits et un vélo chargé, c’est pas si simple
Je cale le vélo, sors le multitool, un coup de clé de 4 en je réaligne le dérailleur avant à l'oeil
C’est parti pour la descente que je fais intégralement sur les freins : c’est très pentu donc on prend très vite de la vitesse, en soi ça me fait pas peur d’habitude mais là j’ai strictement aucune envie de me boiter. Le profil s’adoucit ensuite et je me fais un gros petit-dèj dans une boulange à Oloron après m’être fait courser par un patou. La suite jusqu’à Sauveterre est en profil globalement plat-descendant, d’abord avec un vent plutôt favorable puis ça tourne pour finir… de face. De toutes façons je sais qu’il faut pas s’emballer : Marie-Blanque c’est l’épouvantail mais le Pays Basque, je sais d’avance que c’est un traquenard infiniment plus sournois et dangereux
Les plateaux passent nickel, réglage parfait du 1er coup
La fin de matinée est consacrée à l’approche de Saint Jean de Luz, c’est de plus en plus accidenté. On dirait les bosses de chez moi mais qui auraient bouffé des anabos et de la whey. Vers 11h35, SMS sur le GPS : « j’ai mon bac ». Entre la fatigue et tout ce qu’il y a eu ces dernières semaines, je craque, je pleure de soulagement en roulant. Je m’arrête un peu plus loin, coup de fil et félicitations.
La suite de la route est désagréable malgré le paysage magnifique et les villages pittoresques (Espelette, Cambo…) : les taquets sont de plus en plus violents, le vent de face constant et les routes bien trop fréquentées, trafic ininterrompu y compris des camions. Ravito-fontaine près d’un fronton où ça joue, plus typique tu meurs.
Arrivée à St Jean de Luz salement amoché mais avec un ciel couvert et moins de 30°C, je me fais un gros ravito soupe/pâtes/agneau/gâteau basque en me disant que le plus dur est fait. Erreur : les 60km suivants sont pires jusqu’à sortir du Pays Basque malgré un vent plus favorable. Arrivé à Saint Martin de Hinx, c’est terminé : il reste 100 bornes mais 400m de D+. Salade de riz énorme et pastèque, d’habitude je cours pas après mais là c’est juste parfait.
On rentre sur des pistes cyclables d’abord vent de face puis ça se calme au fur et à mesure que la nuit tombe. J’ai un coup de mieux sur les 50 derniers km et en profite pour visser bêtement en me disant que de toutes façons il y a la nuit pour récupérer et que le lendemain c’est facile (spoiler alert : erreur mon ami). Les PC landaises et Girondines c’est un environnement que je maîtrise, je roule torche et frontale plein pot et j’en arrive à rattraper, tracter puis larguer un groupe tellement j’envoie en évitant 3 chevreuils et un lapin.
Arrivée à Mimizan avec 3-4h d’avance et le sentiment que le boulot est fait. Re-drop bag, même schéma que la veille, on déroule la check-list préparée dans le sac pour ne rien oublier : bidons, batteries, nettoyage des lunettes, recharges diverses, douche, dodo.
Jour 4 : Mimizan > Le Haillan (250/700)
J’avais prévu une « grosse » nuit : j’ai de l’avance et besoin de récupérer, mais je me réveille une 3ème fois naturellement après 3h de sommeil. Aïe, cette fois-ci ça risque de tirer. Bon, sur le papier cette dernière étape est une rigolade, j’ai largué un maximum de matériel dans le drop-bag et en plus je connais par cœur 150 bornes sur les 250 et déjà parcouru le reste au moins une fois. Sauf que les cuisses sont dans un état lamentable, raides et douloureuses et que j’ai le cul totalement défoncé, tenir assis est compliqué mais en danseuse le feu au pied revient. Ca sent le bourbier
Ca commence à souffler dès le lever du jour, plein ouest évidemment, il ne faudrait pas que ce soit facile une fois de temps en temps, il faut que ce vent soit une arnaque jusqu’au bout. On remonte les Landes par Ychoux puis on atteint Salles et enfin le Bassin d’Arcachon. J’ai faim mais j’ai un plan : je m’arrête dans ma boulange et je saute le CP à 2km derrière. « Ma » boulange c’est juste celle qui est à 500m de la maison de vacances, celle où je prends le pain tous les matins, bonus mental +10. Je m’envoie un dwiche, un gateau, un canelé héhé, un croissant et je sais plus quoi qui me faisait envie sous les yeux médusés de la vendeuse, il est que 10h du matin et j'ai braqué la boutique
CP suivant en mode express, je tamponne et je repars direct, moins de 3' d'arrêt.
Ca souffle fort et face ou ¾, je suis rincé, j’ai mal au derche sa race et je n’avance pas. Je décide de couper les 60km jusqu’à Hourtin en 3 tronçons de 20 bornes avec 2 arrêts pour grignoter et souffler. C’est une purge mais le plan fonctionne en arrosant avec une playlist bien honteuse. Sandwich-glace à Hourtin, je sais qu’il n’y a plus grand-chose avant de tourner plein Est à travers le Médoc pour chopper l’estuaire, ça veut dire qu’à ce moment là j’aurai du vent favorable jusqu’au bout. Reste 90 bornes, mieux vaut tard que jamais. Et effectivement au bout de 4km on braque à 90° à tribord et on prend +8km/h au compteur, ça avoine à 30-35 en palier, c’est tellement bon
Dernier ravito pantagruélique à Cissac (ventrèche, frites, taboulé, melon…) et j’attaque les 50 derniers km. En s’éloignant de l’océan la température a atteint à nouveau les 35°C mais c’est plaisant : ça roule tout seul, on enchaîne les bosses dans les vignes, les appellations et les châteaux connus (Cos d’Estournel, Chasse-Spleen..), je kiffe mais j’ai envie d’en finir. Pauillac, ça se boit bien ça. Lamarque et son clocher bizarre, où on peut prendre un bac pour traverser l’estuaire. 30km, puis 20, puis 10.
Faire les 200 derniers km en terrain connu aurait pu être un problème, dans mon cas ça a été un gros boost mental. Je ralentis dans les derniers km en prenant systématiquement les aménagements cyclables, juste envie de finir tranquillement et sereinement, se dire que ça y est, ça va le faire, que c’est fini de se battre contre le chrono, le vent et les vroomers. Les vieux disent qu’il faut toujours respecter la distance, ça a été un leitmotiv toute la journée pour tenir, ne pas se raviser dès le matin et sous-estimer cette dernière étape aurait été une erreur et un coup à mal supporter la fin. Là c'est resté gérable.
J’atteins l’arrivée à 18h10 soit 82h pile, près de 4h d’avance sur le PdM. Bon, 52ème c’est nul et en plus c’est dernier du classement HFR. Par contre c’est en milieu de paquet des finishers, et des finishers il y en a moins que de pas-finishers donc en fait c’est correct. Le pointage est interminable à cause de 3 espagnols qui négocient je ne sais quoi devant moi, je m’agace un peu parce que quand c’est fini c’est fini et qu’on va pas passer la nuit à discuter paella mais enfin c’est le dernier tampon, la médaille et la photo de finisher devant une carte qui couvre un quart du pays. Ah ouais
2-3 années à y penser, des mois à se préparer, c’est fait
J’ai prévu de dormir avant de repartir vu l’état lamentable mais la chaleur est telle que je laisse tomber l’idée. Il me faudra 1h30 pour me doucher, ranger mes sacs, recharger et partir. La route se fera à allure de sénateur, clim à fond et en usant toutes les stratégies pour éviter la somnolence (j’ai chanté des trucs honteux) mais je prévois de m’arrêter si vraiment ça ne va pas, au final ça passe.
Super accueil à la maison forcément
Il va falloir quelques jours pour tout ranger et récupérer, mais pour cette année a priori on s’arrête là.
Aimé/pas aimé
J’ai pas aimé : les routes à gros trafic (200 à 300km ?), le vent de face sur 80% du parcours, l’assiette de jambon-coquillettes à 7 balles, les mamils, les transmissions qui déraillent, l’overdose de bouffe, l’overdose de caca parce que ça rentre mais il faut aussi que ça sorte, le feu au pied, se taper un col avec des jambes en mousse et un vélo chargé, les taquets de fzdp du Pays Basque, passer devant des villages pittoresques sans y rentrer (St Emilion, Brantôme, Montpazier, Espelette, Cambo…), passer à St Jean de Luz sans voir le port, passer à Hourtin sans voir l’océan, passer 18h/24 en selle. Trop de cyclo et pas assez de tourisme pour moi
J’ai aimé : faire un truc dingue, faire ce qu’on a annoncé, vider la tête, rouler avec Guez et Djp, rencontrer Lebibi, passer «par chez moi », optimiser les arrêts, gérer le transit et garder la capacité à continuer à bouffer en variant et en équilibrant, les SMS d’encouragement de mes enfants qui popent sur le compteur, appliquer un plan soigneusement préparé des mois à l’avance, régler les problèmes les uns après les autres calmement (chaleur, pied droit, genou gauche, méca..), garder une humeur égale, sereine et toujours légèrement positive malgré les difficultés ou les quelques imprévus, déglinguer les ravitos de malade, les bénévoles dispos H24 et adorables.
En 2027 c’est Paris-Brest-Paris, ça se réfléchit ![[:g4gprom1se:4] [:g4gprom1se:4]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/4/g4gprom1se.gif)
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This isn't a hobby, this consumes my entire life. A hobby is something you do on the side. This is not a side project.