Pas de CR, je n'étais pas encore ici. Je vous refait un point, FLASHBACK du Jeudi. Molette si OSEF, pas de smiley car ce n'est pas drôle, et pour monsieur Gogole.
#FlashBack CR - Riz gluant
Je sors de ma rupture, j'émerge. Déjà 5-6 mois. Après avoir longuement parlé à mon frère au sujet d'Adopte, je me décide enfin à m'y inscrire. Je peine à me faire une place. Puis ça commence à venir, les 3 premières discussions. 3 semaines plus tard, je tombe sur une fille de 24 ans. Magnifique petite blonde. 2 photos seulement. Trop jeune, mais description sympa et quelque chose qui me plait. Je la charme et elle accepte. S'en suis une discussion comme j'aime, ping pong de vannes en tout genre. Elle est douée, moi aussi. On rigole énormément, il y a vraiment quelque chose. Ma première touche depuis ma rupture fin Novembre.
J'obtiens son 06, on s'écrit énormément tous les jours. Comme Cavatine avec ses 150 messages par jour. 4 jours plus tard, elle m'envoie une photo depuis la vitre d'un train en me disant "viens avec moi...". Je flippe, je lui demande où elle va. Elle repart à Grenoble pour des raisons professionnelles. J'apprendrais plus tard qu'elle le savait, mais a laissé "Toulouse" dans la description Adopte, pas très fairplay.
On continue pourtant de s'écrire. De se découvrir. Car elle me donne le sourire. Puis vienne les photos... Elle est sublime, j'aime bien comment elle s'habille. On a les mêmes références d'humour à base de Kamelott et tout ce qui va bien, c'est plutôt rare. Je lui demande quand elle rentrera... pas avant des mois. Je me pose des questions. Elle rentrera, mais pas tout de suite. Dans le même temps, toutes les autres gonz sur Adopte font les princesses, sont inintéressantes, fades.
Elle voudrait que je vienne. J'en ai envie aussi. Portée par cette personne, je pose un vendredi aprem, et je me lance dans le périple. 5h de route avec un vent pas possible, destination Grenoble.
25 mn avant mon arrivée, je la préviens par SMS. Elle me répond qu'elle est encore au travail, et que j'ai été vite. Elle sait pas si elle sera là avant moi. Je suis dégoûté car je lui avait donné le temps de trajet plus horaire de départ. Quand tu sais ce que je viens de faire, le minimum c'est de partir plus tôt du travail.
Arrivée vers chez elle, elle n'est pas foutue de me guider en voiture. Je l'ai au téléphone alors qu'elle sort juste du travail, tandis que mon GPS me fait tourner en bourique. Je lui dit ce que je vois, ça ne lui parle pas, ça me gave. 20mn après, je me gare enfin. Je la cherche, elle arrive au loin. Elle a pas mal de hanche, habillée un peu à l'arrache, son visage est maculé de boutons, un cheveux sur la langue. En 30 secondes, je me sens hyper mal en me demandant ce que je viens foutre ici. Malgré tout je prends sur moi, je la mets à l'aise, elle aussi. Les vannes reprennent, au moins sa personnalité est toujours là, ça va mieux.
Je monte chez elle, je dépose les valises. C'est petit, mais avec goût. Je la regarde, elle me dit que les courses ne sont pas faites, qu'il faut que l'on y aille. Je souris... ce n'est pas une blague. Je viens de faire 5h de voiture, j'ai failli arriver avant elle, je n'ai pas le temps de me poser 30 secondes, et on doit faire les courses. BORDEL. Ok... on file à pied faire les courses. Elle n'a pas de sous, elle est jeune et gagne peu sa vie. A la supérette du coin, elle me demande ce que je veux manger. Elle prend en même temps des lardons 1er prix, des pâtes premiers prix, etc. Moi et la bouffe, c'est sacré. Je suis prêt à faire plein d'efforts, mais là c'est chaud.
Je lui dit qu'un risotto peut-être sympa. La fille doit aller sur Internet pour voir la recette. Je comprends pas le projet ? C'est comme retourner sur Internet pour voir comment conduire une voiture. Elle cherche les ingrédients. Devant le rayon riz, je connais toutes les subtilités de chaque grain, chaque sorte. Je la regarde. Je lurk le paquet d'Arborio, quand elle prend un paquet tout en haut. Du riz...gluant. Du riz pour gâteau, semoule, dessert. Mais pas pour du putain de risotto. L'italien que je ne suis pas est quand même bien abimé, et je me dis qu'il faut que je me tire vite d'ici.
On remonte chez elle. Je me pose. Elle aussi. Je me rapproche sur le canapé. Elle prend son ordinateur et commence à le regarder. Je suis blasé. Elle me dit "attends, je regarde si j'ai pas d'email des fois que j'ai reçu une offre d'emploi". Quand tu as peur, tu fais certaines choses. Je me dis qu'elle se protège, qu'elle essaye d'être à l'aise. Malgré tout, je suis écœuré. Depuis le début, ces petits détails, qui font que j'aime une femme profondément, me manquent. Je suis encore en PLS post-rupture et je trouve que tout ça manque un peu de classe.
Au final après 10mn, je prendrai son PC pour le refermer, tout en la caressant. Elle reprend le sourire, et on le fera sur le canapé. Première fois que je saikse depuis ma rupture, je me sens sale. Ce n'est pas aussi bien qu'avant. Réaction con de ma part mais bon. Je ne laisse rien transparaître, mais j'ai envie de déguerpir au plus vite. Elle est gentille comme tout, j'ai l'impression d'être un salaud. Les images de mon ex reviennent partout. J'ai envie d'appeler mon frère, mais je le fais pas. Elle prépare à manger. Je reste devant la télé, on rigole un peu. Elle me tient le bras. Je suis surpris, elle semble déjà super proche, alors qu'il me faut du temps. Ma venue ici, c'était pour savoir si ça collerait, pas comme une avancée certaine.
La nuit passe. Je ne dors pas vraiment. Je suis mal à l'aise. Je sais que ça ne le fera pas. Je suis déçu en fait, alors qu'on s'était envoyé tellement de photo et avions rigolé. Comme quoi... et à côté de ça, tous ces détails ratés dès le départ, ça ne me donne pas envie de continuer. Elle semble dans la légerté, l’insouciance de l'âge. Pour elle, que je sois venu, c'est cool. Mais que j'ai du poser une aprem au boulot, avec le peu de congé que j'ai, d'avoir fait 5h de route et tout le tralala, ça semble anodin, presque normal. Pas de course faite, arriver presque avant elle... Moi j'aime quand l'autre est attentif, des petites attentions, même de rien du tout, qui font la différence.
Le lendemain matin, je déjeune. Elle est très proche. Plus j'attends, plus elle va espérer. Dans ma tête, je ne peux pas laisser ça. Rester jusqu'à Dimanche et ensuite dire "c'est fini", impossible. Ce serait dégueulasse et tellement faux-cul, contre mes valeurs, contre MOI. Je prends le temps. Je lui fais la vaisselle, et je vais me doucher. Je dois le faire. En sortant de la douche, je me séche. Je me rhabille, mon sac n'est presque pas débalé.
Elle est sur le canapé, avec le sourire. Je suis 6 pieds sous terre, malgré tout je m'assois, et je lui donne la sentence.
- "Je vais repartir, je suis désolé.
- ??? Haaan, t'es con, non tu vas rester !!
- Je suis vraiment sérieux en fait... je vais finir de faire mes affaires, je ne resterai pas ce week-end".
Elle est assise sur le canapé, avec un sourire figé. Ses yeux crient "pourquoi ?!", mais son sourire te rappelle sa bonne humeur. Quelque chose s'est brisée en elle, en 5 secondes. Je lui explique que j'ai besoins de choses pour que ça puisse fonctionner, et que là je sens que ça ne pourra pas fonctionner. Je prends le temps de lui expliquer que c'est "MOI" et non pas elle, que ça ne remets pas en cause sa personne. Que simplement pour imager, je souhaiterais "bleu", et qu'elle est "jaune", qu'il ne faut pas le prendre personnellement. Au fond, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, mais pas comme une couplance, nos visions et attentes sont différentes.
Elle agite son collier frénétiquement, de gauche à droite, de droite à gauche. Elle va ensuite se doucher. Lorsqu'elle ressort, mes affaires sont prêtes. Elle me raccompagne au garage, dans ma voiture. On a encore quelques échanges marrants, bizarrement. Le temps d'une marche arrière, et ma voiture est dans l'allée du garage.. elle actionne la porte automatique, et quelques brins de lumières viennent redonner un peu de vie à cette scène. Je baisse ma vitre, je lui dit merci de m'avoir invité, pour tout ce qu'elle a fait. Après tout, elle a mis du coeur dans tout, et a été réglo. Le risotto avec le riz gluant, quand j'y repense ça me donne de la peine, un air "à côté de la plaque" qui était touchant. Mais ces airs touchants, je les ai vécu 4 ans avec une autre personne, je sais où ça me mènera, la vie est ainsi faite.
Ma voiture est déjà au loin. Dans le rétro, je la vois me faire coucou et marcher vers l'escalier. J'ai les yeux qui brillent, mais je me retiens. Me voilà reparti pour 5h de route, épuisé par tout ce que je viens de remuer en moi.
La fin de l'histoire ? Elle est revenue me voir 1 mois après, car nous nous écrivions toujours. Ca m'a permis de bien confirmer que nous ne pourrions faire quelque chose de sérieux. On continue de s'écrire de temps en temps, toujours des blagues. Il y a vraiment eu une connexion forte avec cette personne, et je l'aime beaucoup. J'espère continuer de la revoir régulièrement, juste en amitié aussi.
Depuis, je n'ai plus jamais fait la route à plus de 30 mn pour voir quelqu'un.