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Auteur Sujet :

Stop à la dépression [ Les anti-dépresseurs ]

n°60252576
minipoussi​n
Posté le 15-07-2020 à 22:07:20  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Je pense que pour beaucoup, arriver à pousser la porte d'un professionnel de la santé pour oser dire "ça va pas" ...c'est un truc énorme.  
Et la base, c'est déjà reconnaitre qu'on ne va pas bien, qu'on aurait besoin d'aide et qu'on est prêt à accepter cette aide.  
 
Y'a tellement de gens qui étouffent leur mal être dans le silence, la solitude , les drogues et/ou l'alcool et qui usent leur force à essayer de s'en sortir seuls...je me demande quel est le pourcentage de gens "qui s'en sortent" parmi ceux qui n'ont pas fait ce pas là. Combien souffrent de dépression non déclarée et disparaissent relativement jeunes parce qu'ils se sont détruits à petit feux ou défoncés dans des conduites à risque ?  
 
Déjà, venir ici dire qu'on se sent mal c'est pas rien. Agir à l'extérieur, dans le concret, en allant voir un toubib...accepter de prendre un traitement, accepter de voir un psy ... c'est une énorme démarche à saluer en soi. Surtout quand on est à bout et que mettre le pied dehors peut être une épreuve.  
 
Perso, je trouve quand même plus rassurant de me sentir soutenue, avec un suivi humain et médical, que si j'étais complétement livrée à moi même. Parce qu'il y a des moments où on en peut simplement plus et c'est pas vivable. Les médocs ça aide, l'écoute ça aide aussi.

mood
Publicité
Posté le 15-07-2020 à 22:07:20  profilanswer
 

n°60252657
poutrella
Contributeur net
Posté le 15-07-2020 à 22:19:04  profilanswer
 

Personne ne dit le contraire


---------------
pédagogie 2.0 : https://www.youtube.com/watch?v=Sxq [...] l=GrantLee
n°60252689
boumbo
3xpl0its
Posté le 15-07-2020 à 22:23:20  profilanswer
 

minipoussin a écrit :

Je pense que pour beaucoup, arriver à pousser la porte d'un professionnel de la santé pour oser dire "ça va pas" ...c'est un truc énorme.  
Et la base, c'est déjà reconnaitre qu'on ne va pas bien, qu'on aurait besoin d'aide et qu'on est prêt à accepter cette aide.  
 
Y'a tellement de gens qui étouffent leur mal être dans le silence, la solitude , les drogues et/ou l'alcool et qui usent leur force à essayer de s'en sortir seuls...je me demande quel est le pourcentage de gens "qui s'en sortent" parmi ceux qui n'ont pas fait ce pas là. Combien souffrent de dépression non déclarée et disparaissent relativement jeunes parce qu'ils se sont détruits à petit feux ou défoncés dans des conduites à risque ?  
 
Déjà, venir ici dire qu'on se sent mal c'est pas rien. Agir à l'extérieur, dans le concret, en allant voir un toubib...accepter de prendre un traitement, accepter de voir un psy ... c'est une énorme démarche à saluer en soi. Surtout quand on est à bout et que mettre le pied dehors peut être une épreuve.  
 
Perso, je trouve quand même plus rassurant de me sentir soutenue, avec un suivi humain et médical, que si j'étais complétement livrée à moi même. Parce qu'il y a des moments où on en peut simplement plus et c'est pas vivable. Les médocs ça aide, l'écoute ça aide aussi.


 
 :jap:

n°60254242
cyclette
Posté le 16-07-2020 à 09:44:06  profilanswer
 

zuf a écrit :

Si on regarde par exemple du côté de l'INSERM, on voit que les traitements sont efficaces à 70%
https://www.inserm.fr/information-e [...] depression
On est donc assez loin d'une majorité d'échec dans la rémission.


Dire que ce sont les traitements qui amènent la rémission, c'est déjà un peu de la désinformation : au bout de plusieurs mois, avec ou sans traitement, la dépression aigüe passe...
Les médicaments, ça peut rendre moins pénible le mauvais moment à passer.  
Désolée si la comparaison heurte, mais c'est un peu comme la blague sur le rhume : un rhume non traité dure quinze jours, et deux semaines avec médicaments.
 
Le problème du "premier pas qui est le plus difficile", c'est que certains ont commencé avec un "premier pas" et dix ou vingt ans après ils prennent encore leur antidépresseur.
Il y a plusieurs études qui soulèvent ce problème : le taux de rechute est plus important quand on prend un antidépresseur, parce que le médicament instaure un nouvel équilibre, qui est rompu quand on arrête l'antidépresseur.
 
 
Les antidépresseurs ont tendance à anesthésier les émotions. Sur du court terme, ça aide, mais sur du long terme, ce n'est pas une solution.
Après, pas mal de gens ont le même problème sans prendre d'antidépresseurs : ils se blindent naturellement pour ne pas souffrir, leurs émotions sont naturellement anesthésiées.  
C'est un mécanisme de défense qui est utile à un moment donné et qui peut devenir gênant quand on se retrouve à ne plus rien ressentir.

Znom a écrit :

Vu que ça parle bouquin, mon psychologue m'avait recommandé "Faire face à la souffrance" de Benjamin Schoendorff.
Le titre semble assez dramatique, mais pour avoir une première approche de la TCC, ça fait le job et plutôt bien dans mon cas.


C'est pas tout à fait de la TCC, c'est une de ses variantes,  l'ACT (Thérapie d'Acceptation et d'Engagement).  
 
Le dernier bouquin du psychologue qui a mis au point cette technique est intéressant. C'est exposé assez clairement, et il explique comment il en est venu à concevoir cette technique : il traitait ses patients avec la TCC, mais en même temps, les crises de panique lui pourrissaient sa propre vie et les techniques de TCC ne l'aidaient pas suffisamment. Un jour il a touché le fond avec ses crises d'angoisse, il a eu un déclic et a compris deux trois trucs. C'est devenu le fondement de cette technique qu'il a développée avec ses collaborateurs.
En gros, il s'agit d'accepter la souffrance au lieu de passer son temps à l'éviter - la souffrance finit toujours par nous rattraper, autant ne pas lutter en vain et abréger la fuite.
Il s'agit d'accepter ses émotions pénibles comme des symptômes utiles, au lieu de mettre un couvercle dessus, et de retrouver une flexibilité psychologique, au lieu d'utiliser les mêmes mécanismes rigides pour se protéger.

n°60254803
zuf
Merci Moudenc
Posté le 16-07-2020 à 10:34:48  profilanswer
 

cyclette a écrit :


Dire que ce sont les traitements qui amènent la rémission, c'est déjà un peu de la désinformation : au bout de plusieurs mois, avec ou sans traitement, la dépression aigüe passe...
Les médicaments, ça peut rendre moins pénible le mauvais moment à passer.  
Désolée si la comparaison heurte, mais c'est un peu comme la blague sur le rhume : un rhume non traité dure quinze jours, et deux semaines avec médicaments.
 
Le problème du "premier pas qui est le plus difficile", c'est que certains ont commencé avec un "premier pas" et dix ou vingt ans après ils prennent encore leur antidépresseur.
Il y a plusieurs études qui soulèvent ce problème : le taux de rechute est plus important quand on prend un antidépresseur, parce que le médicament instaure un nouvel équilibre, qui est rompu quand on arrête l'antidépresseur.
 


 
Je suis en total désaccord avec ça.  
Déjà, je doute très fortement que ça passe vraiment tout seul en se contentant d'attendre pour de la vraie dépression (pas de la déprime). Je sais bien que ça n'est que mon cas perso, mais pour ma première dépression j'ai voulu attendre, ça a duré 10 ans et c'est jamais passé tout seul, au contraire.
Ensuite, à supposer que tu puisses guérir tout seul en plusieurs mois, la différence avec le traitement c'est que ça va beaucoup plus vite.  
Sérieux ça n'a rien à voir avec un rhume. C'est pas que la comparaison heurte, c'est surtout qu'elle n'a aucun sens.
 
50% de récidive c'est vrai, mais pas uniquement parce qu'on s'est habitué au traitement (c'est vrai ça arrive, et ça pourrait être dû à un problème neurologique qu'il faudra compenser à vie). Il y a aussi le fait que beaucoup comptent uniquement sur le traitement, ne font pas de thérapie en parallèle et ne changent rien à leur façon de penser ou d'agir donc oui, forcément quand on arrête le traitement on va rechuter. Pour beaucoup de gens qui combinent traitement et thérapie, ça fonctionne assez bien.

n°60255089
zuf
Merci Moudenc
Posté le 16-07-2020 à 10:56:08  profilanswer
 

cyclette a écrit :


Dire que ce sont les traitements qui amènent la rémission, c'est déjà un peu de la désinformation : au bout de plusieurs mois, avec ou sans traitement, la dépression aigüe passe...
Les médicaments, ça peut rendre moins pénible le mauvais moment à passer.  
Désolée si la comparaison heurte, mais c'est un peu comme la blague sur le rhume : un rhume non traité dure quinze jours, et deux semaines avec médicaments.
 


 
Complément avec les informations du ministère de la santé :  
 
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide-8.pdf
 

Citation :

Rien n’est plus faux. Contre la dépression, il est trop difficile dese battre tout seul: la lutte est trop inégale. Au contraire, se fairesoigner, suivre une psychothérapie, un traitement médicamenteux,c’est  en  réalité  redevenir  acteur,  retrouver  le  choix,  reprendre  enmain son destin


 
 
Attention donc à ne pas, justement, faire de la désinformation sur ce topic. C'est très dangereux de propager ce genre d'idées et de faire la comparaison avec le rhume

n°60255267
cyclette
Posté le 16-07-2020 à 11:09:14  profilanswer
 

La rémission spontanée, c'est une chose à laquelle la plupart des psychiatres croyaient avant l'avènement des antidépresseurs, mais ça va finir par devenir tabou après toutes ces années d'endoctrinement sur la dépression biologique, le déséquilibre chimique, la dépression qui est une maladie "comme le diabète", etc.
Je pense que ça deviendra définitivement tabou quand les gens qui ont connu les années 60 et la conception qu'on avait de la dépression à l'époque seront tous morts.
 
Je cite le premier article sur lequel je viens de tomber en cherchant au hasard :
l'article cite un autre article de Nathan Kline en 1964 (Kline est un des psychiatres qui a découvert les premiers antidépresseurs) :
 

Citation :

Dans le traitement de la dépression, on a toujours un allié dans le fait que la plupart des dépressions se terminent par des rémissions spontanées.


zuf a écrit :

Déjà, je doute très fortement que ça passe vraiment tout seul en se contentant d'attendre pour de la vraie dépression (pas de la déprime).


 
Quand je parle de dépression aiguë, je parle de dépression majeure, celle qui te cloue au fond du lit.  
Et c'est aussi de celle-ci que parle Kline, j'imagine.  
Ce qu'on appelait autrefois neurasthénie, tempérament dépressif, personnalité dépressive, ce qu'on appelle maintenant dysthymie, c'est de la dépression chronique, c'est moins intense mais plus durable et ça ne passe pas tout seul parce que ça finit par faire partie de ta personnalité.

Message cité 1 fois
Message édité par cyclette le 16-07-2020 à 11:10:30
n°60255497
zuf
Merci Moudenc
Posté le 16-07-2020 à 11:26:57  profilanswer
 

Le problème c'est de savoir de quel type de dépression on parle. Et oui, ça peut passer tout seul dans certains cas, mais ça n'est pas du tout systématique.

n°60263197
cacatomiqu​e
Posté le 17-07-2020 à 09:55:53  profilanswer
 

simius_computus a écrit :


 
Ben passer ses soirées seul à se palucher sur du porn par exemple, ça doit aller de pair avec un certain background dépressif.
Pour ma part j'ai pas ce genre de problèmes, par contre dans mon panel de pensées obsessionnelles il y a des trucs sessuels  [:poutrella]
Avoir lu l'intro du bouquin m'a permis d'en prendre conscience et de foutre ces pensées perturbantes à la poubelle sans hésitation.


 :jap: ça se tient

n°60264073
Amenorrhee​ suspecte
Gauchiste
Posté le 17-07-2020 à 11:10:21  profilanswer
 

cyclette a écrit :


Dire que ce sont les traitements qui amènent la rémission, c'est déjà un peu de la désinformation : au bout de plusieurs mois, avec ou sans traitement, la dépression aigüe passe..
 

Il y a plusieurs études qui soulèvent ce problème : le taux de rechute est plus important quand on prend un antidépresseur, parce que le médicament instaure un nouvel équilibre, qui est rompu quand on arrête l'antidépresseur.

 


Il faut juste éviter de se pendre pendant cette période  :o  
En gras : je suis preneur des études détaillées.
 
Edit : je suis aussi preneur de l'article de Kline :o

Message cité 1 fois
Message édité par Amenorrhee suspecte le 17-07-2020 à 11:14:06
mood
Publicité
Posté le 17-07-2020 à 11:10:21  profilanswer
 

n°60265403
lxl ihsahn​ lxl
●⌠ Antaigris ⌡●
Posté le 17-07-2020 à 13:10:43  profilanswer
 

cyclette a écrit :

La rémission spontanée, c'est une chose à laquelle la plupart des psychiatres croyaient avant l'avènement des antidépresseurs, mais ça va finir par devenir tabou après toutes ces années d'endoctrinement sur la dépression biologique, le déséquilibre chimique, la dépression qui est une maladie "comme le diabète", etc.

 

Ça, c'est un préjugé totalement infondé. Il n'y a aujourd'hui plus personne pour défendre l'hypothèse monoaminergique de la dépression. On n'est plus en 1990.

 

Je n'ai jamais entendu un psychiatre réduire la dépression à un facteur biologique, et moins encore en faire une fatalité.

 

De plus, on ne pourra jamais juger de l'utilité des traitements disponibles en comparant la société de l'avant-guerre et celle d'aujourd'hui.

 

C'est déjà assez difficile de le faire "toute chose égale par ailleurs", et s'éloigner de ce principe biaise la démarche scientifique.

 

Si on compare la prévalence de la dépression dans les pays du monde aujourd'hui, on remarque que la prévalence de la disthymie ou des troubles bipolaires sont relativement homogènes dans le monde.

 

Concernant les épisodes dépressifs majeurs, c'est beaucoup plus hétérogène. Les pays les plus défavorisés semblent beaucoup moins touchés, de même que les pays d'Asie du sud-est.

 

Pour les seconds, l'aspect culturel (influence bouddhiste) doit certainement jouer un rôle prépondérant, l'acceptation et la conscience de soi étant très prégnants dans l'éducation.

 

Pour les premiers, on peut poser comme hypothèse qu'un environnement simple, où la survie est une préoccupation première, augmente largement la résilience des personnes... Et on peut transposer cette contexte aux occidentaux avant les 30 glorieuses.

 

Les épisodes dépressifs majeurs dans ces contextes surviennent suite à des évènements marquants (perte d'un proche) bien plus que pour des crises existentielles, les questionnements qui sont induit par la possibilité de faire des choix de vie (reconversion, divorce, expatriation) et peuvent être source de mal-être.

 

Jadis, on tapait dans la veine de charbon à en mourir parce que c'était la seule option possible pour donner à manger à sa famille, et c'était donc plus facile à accepter. La mère n'avait pas à gérer la dissonance cognitive entre son instinct maternel et sa volonté d'épanouissement professionnelle, puisque sa place était au foyer.


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[YouTube] Le Cerveau Lent : vulgarisation sciences cognitives ◦ [url=https://forum.hardware.fr/hfr/AchatsVentes/Photo-Audio-Video/vds-pentax-samyang-sujet_644991_1.htm]Vente Penta
n°60265674
lxl ihsahn​ lxl
●⌠ Antaigris ⌡●
Posté le 17-07-2020 à 13:37:43  profilanswer
 

Concernant l'usage des antidépresseurs, il y a un double problème.

 

Le premier est la pertinence de leur usage dans le cadre des dépressions légères à modérées, qui est largement mis en doute quand on met dans la balance l'effet rebond de fin de traitement.

 

Les méta-analyses récentes sur les études portant sur l'évolution des épisodes dépressifs majeurs arrivent à la conclusion qu'il est préférable de ne pas instaurer de traitement durant les premières semaines de l'épisode, dans les cas non sévères.

 

Mais le hic réside dans la seconde propriété thérapeutique des antidépresseurs : celui de traitement au long cours de l'anxiété, qui est une comorbidité fréquente de la dépression et pour lequel les ISRS sont une option thérapeutique largement préférable à l'usage d'anxiolytiques, qui en dehors de leur terrible pouvoir addictif sont plutôt de nature à amplifier la dépression.

 

La tendance actuelle est clairement d'éviter de plus en plus le recours à la médication, mais les leviers thérapeutiques non médicamenteux (psychothérapie, mesure hygieno-dietetiques) sont à la fois moins accessibles et plus difficile à faire accepter au patient... Puisqu'il est déprimé et donc par nature peu motivé.

 

C'est un serpent qui se mort la queue, mais dans ce cercle vicieux le traitement disponible n'est pas le coupable, simplement une solution trop imparfaite.


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[YouTube] Le Cerveau Lent : vulgarisation sciences cognitives ◦ [url=https://forum.hardware.fr/hfr/AchatsVentes/Photo-Audio-Video/vds-pentax-samyang-sujet_644991_1.htm]Vente Penta
n°60266200
zuf
Merci Moudenc
Posté le 17-07-2020 à 14:20:04  profilanswer
 

Oui, tu as tout à fait raison.
Et on devrait d'ailleurs rectifier "le taux de rechute est plus important quand on prend des antidépresseurs" par "le taux de rechute est plus important quand on prend uniquement des antidépresseurs".

n°60268589
cyclette
Posté le 17-07-2020 à 18:12:24  profilanswer
 

Amenorrhee suspecte a écrit :

cyclette a écrit :

Il y a plusieurs études qui soulèvent ce problème : le taux de rechute est plus important quand on prend un antidépresseur, parce que le médicament instaure un nouvel équilibre, qui est rompu quand on arrête l'antidépresseur.


je suis preneur des études détaillées.


Sur le déséquilibre induit par l'arrêt de l'antidépresseur, c'est abordé dans celle-là, par exemple :  
 
"Blue again: perturbational effects of antidepressants suggest monoaminergic homeostasis in major depression" (2011)
 
Au paragraphe "Maintenance therapy", l'article dit :  
 

Citation :

"Dans les études naturalistes, les patients sans traitement médicamenteux ont des épisodes beaucoup plus courts, et de meilleures perspectives sur le long terme que les patients qui prennent des médicaments.  
Plusieurs de ces études ont trouvé que la durée moyenne d'un épisode non traité de dépression majeure est de 12-13 semaines."


Il y a un bref compte-rendu de cet article sur Doctissimo aussi :  
"Les patients qui recourent aux antidépresseurs ont plus de risque de rechute."
 
Il y a aussi pas mal d'articles du psychiatre Giovanni Fava qui parlent de ce genre de choses, ça doit bien faire trente ans qu'il s'intéresse au sujet.
Par exemple : "Can long-term treatment with antidepressant drugs worsen the course of depression?"(2003)


Message édité par cyclette le 17-07-2020 à 19:10:24
n°60273491
bibiwood
In Google We Trust
Posté le 18-07-2020 à 15:55:29  profilanswer
 


Le blog "The fugitive psychiatrist" semble avoir disparu  :sweat:

n°60274462
cyclette
Posté le 18-07-2020 à 19:00:14  profilanswer
 

Oui, c'est vraiment dommage, il y avait des articles très intéressants.  :(  
Le Fugitive Psychiatrist avait de l'humour, et un point de vue bien à lui sur tous ces sujets.  
Il savait décortiquer les essais cliniques, et il avait un regard critique dessus...
 
Il semble avoir supprimé son site et ses comptes Twitter et Reddit il y a quelques mois, sans explications.  
Peut-être que cette activité n'était pas compatible avec sa fonction, j'avais cru comprendre qu'il était psychiatre hospitalier.  
Je ne pense pas qu'ils apprécient tellement l'esprit critique dans le domaine de la médecine : c'est plutôt conservateur, tous les médecins ont tendance à réciter le même catéchisme. L'esprit critique n'est toléré que tant que ça reste dans le tiède.  
Et puis, dés que quelqu'un ose remettre un peu en question un traitement, il faut accompagner cela d'un tas de précautions oratoires, ou on va l'accuser de "semer le doute dans l'esprit des patients", de les décourager de prendre leurs médicaments etc.  
Faut pas casser la foi que les patients ont dans le traitement et la confiance qu'ils ont dans leur médecin, on perdrait les bénéfices additionnels de l'effet placebo.  
Personnellement je pense que l'effet placebo est assez fort pour survivre au scepticisme et à l'esprit critique, mais bon...

n°60274856
cacatomiqu​e
Posté le 18-07-2020 à 20:18:37  profilanswer
 

zut je connaissais pas, reste t il des archives?

n°60277643
Amenorrhee​ suspecte
Gauchiste
Posté le 19-07-2020 à 11:58:49  profilanswer
 

cyclette a écrit :


Je ne pense pas qu'ils apprécient tellement l'esprit critique dans le domaine de la médecine : c'est plutôt conservateur, tous les médecins ont tendance à réciter le même catéchisme. L'esprit critique n'est toléré que tant que ça reste dans le tiède.  
Et puis, dés que quelqu'un ose remettre un peu en question un traitement, il faut accompagner cela d'un tas de précautions oratoires, ou on va l'accuser de "semer le doute dans l'esprit des patients", de les décourager de prendre leurs médicaments etc.  


Au contraire, j'ai l'impression que l'Evidence Based Medecine gagne du terrain (déremboursement de l’homéopathie, prise de distance avec l’ostéopathie / l'acupuncture / autre). Nous (patients et contribuables) ne pouvons que nous en réjouir !
 
PS : je lis tes articles dès que j'ai le temps.

n°60277713
zuf
Merci Moudenc
Posté le 19-07-2020 à 12:08:12  profilanswer
 

Attention quand même, surtout en médecine, il faut vraiment regarder le consensus.
Vous allez toujours trouver des articles pour conclure tout et n'importe quoi (je ne dis pas ça péjorative, juste qu'on trouve de tout).
Si 1 article sort et conclue quelque chose, c'est beaucoup trop peu pour titrer les conclusions sur un site plus généraliste.
Y'a qu'à voir l'histoire récente avec les traitements contre covid pour s'en persuader.

 

Prudence donc. Regarder les synthèses, les meta analyses...

n°60278079
ula
GT : Douglas Riper
Posté le 19-07-2020 à 13:10:12  profilanswer
 

Surtout que la reproductibilité de certaine analyse dans les différents aspects psycho semble assez faible :/

 

Pour la solution médicamenteuse j'ai l'impression que ce n'est vraiment plus recommandée seule. Non?

 

Votre avis :
Le centre où est suivi une amie change de psy tous les ans en gros, elle en a mare de tous recommencer à chaque fois. Du coup elle n'y va plus.
Et le centre étant débordé ils ne font pas d'effort pour essayer de joindre ceux qui abandonnent.

 

Je lui ai dit de trouver un psychiatre conventionné mais j'ai l'impression qu'après des années elle abandonne tout espoir et ne compte que sur ses cachet. :/

 

Demander a un dépressif de comprend le fonctionnement de la sécu n'aide sûrement pas.

 

J'aimerai bien aider mais j'ai l'impression que c'est le maximum sans m'imposer dans sa vie…

n°60280166
simius_com​putus
oh Gary boy
Posté le 19-07-2020 à 17:17:02  profilanswer
 

J'ai tellement l'impression de voir ma vie défiler sans bouger le ptit doigt...
Dès qu'un projet qui impliquerait un peu de nouveauté / d'inconnu me vient en tête j'ai un espèce de découragement intégral qui vient et ça part à la poubelle direct. Je procrastine ma vie. Et je me tape dessus pour ça, car je sais que la vie est courte.
Par exemple je prends pas de vacances et j'ai pas envie d'en prendre, faute d'impulsion pour planifier quoi que ce soit - et si je planifie rien ça sera juste 2 semaines à rien foutre et reprendre le taf encore plus mal qu'avant  [:poutrella]
 
Et pourtant ces temps-ci je suis pas au plus mal, ça va à peu près, toujours angoissé mais ça reste dans la moyenne.
Juste désespérant dès que je regarde ma vie d'un oeil un peu critique, et que je pense au futur.


---------------
IWH  ---  Le forum de toute une génération : http://losersiv.1fr1.net (losers, sans-ami, dépressifs, allez on va faire cette merde)
n°60280700
bibiwood
In Google We Trust
Posté le 19-07-2020 à 18:36:11  profilanswer
 

zuf a écrit :

Attention quand même, surtout en médecine, il faut vraiment regarder le consensus.
Vous allez toujours trouver des articles pour conclure tout et n'importe quoi (je ne dis pas ça péjorative, juste qu'on trouve de tout).
Si 1 article sort et conclue quelque chose, c'est beaucoup trop peu pour titrer les conclusions sur un site plus généraliste.
Y'a qu'à voir l'histoire récente avec les traitements contre covid pour s'en persuader.

 

Prudence donc. Regarder les synthèses, les meta analyses...

 

La plupart de ses articles étaient sur les résultats des études et méta analyse, et comment les interpréter.

n°60280751
poutrella
Contributeur net
Posté le 19-07-2020 à 18:42:47  profilanswer
 

je connaissais pas


---------------
pédagogie 2.0 : https://www.youtube.com/watch?v=Sxq [...] l=GrantLee
n°60281036
zuf
Merci Moudenc
Posté le 19-07-2020 à 19:23:08  profilanswer
 

ula a écrit :


Pour la solution médicamenteuse j'ai l'impression que ce n'est vraiment plus recommandée seule. Non?


 
Ce que j'ai retenu de mes lectures sur les traitements par AD (je ne me suis pas intéressé aux cocktails) :  

  • Il est préférable de combiner des thérapies avec des traitements, si on se contente d'un traitement sans rien changer à sa vie ou à ses habitudes, le risque de rechute est plus important.
  • Il faut éviter les traitements trop longs  (se limiter à 6 mois semble être un bon compromis).


Après c'est très compliqué, parce qu'il faut différencier un traitement administré par un généraliste d'un spécialiste (c'est d'ailleurs discuté dans l'article de 2011 cité plus haut); et le diagnostic n'est pas forcément toujours fiable (quelle frontière entre les différents types de dépression ?).
Je sais aussi que le dérèglement biologique est très discuté. Certains pensent que si tes récepteurs sont défectueux alors fatalement dès que tu vas arrêter le traitement tu vas retomber très facilement, quoi que tu fasses. Il me semble qu'on en avait parlé par ici sources à l'appui ... désolé je ne retrouve pas tout ça (c'était peut-être ailleurs). D'autres chercheurs semblent dirent que ça n'existe pas ou bien à la marge (perso ça ne me choque pas comme concept)

n°60281160
zuf
Merci Moudenc
Posté le 19-07-2020 à 19:42:18  profilanswer
 

D'ailleurs, je conseille la lecture d'un article plus récent et plus large
 
https://journals.sagepub.com/doi/fu [...] 5320921694
 
Mai 2020.
 

Citation :

How effective are antidepressants for depression over the long term? A critical review of relapse prevention trials and the issue of withdrawal confounding


 
 
Le rebond dont on parlait plus tôt (article de 2011), arrive en général assez vite après l'arrêt du traitement mais se résout aussi assez rapidement.
 

Citation :

Withdrawal reactions can be so severe that they classify as a depression relapse in up to 27% of users within 5–8 days of double-blind placebo-controlled treatment interruption.53 That is, abrupt discontinuation of antidepressants relates to significantly higher rate of new depression episodes.53,54 This increased risk is not necessarily due to misclassification of acute withdrawal symptoms, yet is likely caused by withdrawal reactions, for example, neurochemical adaptations suddenly unopposed.55,56 These types of withdrawal reactions are commonly defined as rebound disorders (rapid return of original symptoms at greater intensity) and persistent (protracted) post-acute withdrawal disorders (return of persistent original symptoms at greater intensity and/or symptoms related to new emerging disorders).50 While rebound disorders usually occur within a few days after drug discontinuation, and resolve spontaneously within up to 6 weeks, persistent post-acute withdrawal disorders may also have a delayed onset and last for several months or, occasionally, even years


 
 
Du coup je suis assez perplexe. Bien sûr que si on arrête abruptement on peut avoir un rebond qui ne sera pas présent dans un groupe placebo. Il faudrait surtout regarder à 1 an (ou plus) après l'arrêt.  
Ou alors j'ai raté quelque chose ?
 
 
Conclusion :  
 
Attention aux traitements au long cours.

Citation :

This article concurs with a growing number of physicians and researchers who caution against indiscriminate long-term antidepressant treatment. Currently, there is no reliable evidence that long-term antidepressant treatment is beneficial and there are legitimate concerns that it may be largely ineffective or even harmful in a substantial portion of users.


 
Néanmoins :

Citation :

However, in keeping with the logical principle of ‘absence of evidence is not evidence of absence’ we must remain mindful that long-term antidepressant use may be useful to some patients


 
Il semblerait que l'on manque d'études à long terme à vrai dire
 

Citation :

It is particularly problematic that we have almost no data on antidepressants’ long-term effects on objective measures of social functioning (e.g. employment and disability rates) and patient-oriented outcomes such as quality of life. A critical reappraisal of current treatment guidelines along these lines is required. However, in keeping with the logical principle of ‘absence of evidence is not evidence of absence’ we must remain mindful that long-term antidepressant use may be useful to some patients.97 It is therefore important to conduct large real-world effectiveness trials that can adequately evaluate antidepressants’ long-term effects on depression symptoms, social functioning and quality of life. Classic long-term parallel-arm placebo-controlled trials are the preferred methodology. Discontinuation trials should be avoided unless they apply very slow and individually tailored tapers and carefully discriminate withdrawal reactions from genuine depression relapses


 
Pour revenir sur le problème du diagnostic, je pense que c'est aussi en très grande partie responsable de ces difficultés. Quelle est l'origine de la dépression ? Dérèglement du microbiote ? Problème neuro ? Inflammation ? Si on traite indistinctement toutes les dépressions, forcément on va avoir une grande variabilité des résultats.
 
 
 
 
 

n°60281482
XaTriX
Posté le 19-07-2020 à 20:36:31  profilanswer
 

En non bzd y'a quoi à part attarax ?


---------------
[:dawa]
n°60281630
cyclette
Posté le 19-07-2020 à 20:57:18  profilanswer
 

Le contenu de ce message a été effacé par son auteur


Message édité par cyclette le 03-10-2024 à 19:48:32
n°60281728
zuf
Merci Moudenc
Posté le 19-07-2020 à 21:11:18  profilanswer
 

Oui tout à fait.
Tiens d'ailleurs sur ton tout dernier point, si ça t'intéresse, le dernier article que j'ai donné plus haut (de 2020) en parle dans sa conclusion avec des références.
 
En tout cas, perso, je n'ai pas l'impression d'avoir cet effet adverse des AD, mon dernier traitement remontait à 27 mois environ. Et même là, je ne compte pas le prolonger plus de quelques mois.

n°60281765
XaTriX
Posté le 19-07-2020 à 21:15:19  profilanswer
 

Mini 6 mois quand même :o


---------------
[:dawa]
n°60282024
cacatomiqu​e
Posté le 19-07-2020 à 21:49:22  profilanswer
 

est ce que la pratique du sport améliore t il votre humeur?  
j'ai beau faire beaucoup de vélo mais je ressens pas plus de joie de vivre pour autant (peut etre que ça aide à ne pas empirer)  
 

n°60282033
XaTriX
Posté le 19-07-2020 à 21:50:20  profilanswer
 

cacatomique a écrit :

est ce que la pratique du sport améliore t il votre humeur?
j'ai beau faire beaucoup de vélo mais je ressens pas plus de joie de vivre pour autant (peut etre que ça aide à ne pas empirer)

 



Oui :o

 

Putain d'ailleurs j'en fais plus :(


---------------
[:dawa]
n°60282044
poutrella
Contributeur net
Posté le 19-07-2020 à 21:52:10  profilanswer
 

cacatomique a écrit :

est ce que la pratique du sport améliore t il votre humeur?  
j'ai beau faire beaucoup de vélo mais je ressens pas plus de joie de vivre pour autant (peut etre que ça aide à ne pas empirer)  
 


 
ça m'aide mais vraiment ponctuellement, cad quand j'en fais et quelques heures après ...


---------------
pédagogie 2.0 : https://www.youtube.com/watch?v=Sxq [...] l=GrantLee
n°60282052
cacatomiqu​e
Posté le 19-07-2020 à 21:53:47  profilanswer
 

poutrella a écrit :


 
ça m'aide mais vraiment ponctuellement, cad quand j'en fais et quelques heures après ...


hum pareil [:cacatomique:1]  

n°60282079
simius_com​putus
oh Gary boy
Posté le 19-07-2020 à 21:58:20  profilanswer
 

ça améliore, comme n'importe-quelle activité, pendant que t'y es tu ressasses pas trop, et après t'es plutôt content de t'être bougé.


---------------
IWH  ---  Le forum de toute une génération : http://losersiv.1fr1.net (losers, sans-ami, dépressifs, allez on va faire cette merde)
n°60282100
cacatomiqu​e
Posté le 19-07-2020 à 22:01:40  profilanswer
 

simius_computus a écrit :

ça améliore, comme n'importe-quelle activité, pendant que t'y es tu ressasses pas trop, et après t'es plutôt content de t'être bougé.


donc on peut pas guérir de la dépression à travers le sport...

n°60282106
XaTriX
Posté le 19-07-2020 à 22:02:17  profilanswer
 

Natation mini 2 fois par semaine, ça aide bien pour moi.
 
Meilleur sommeil, moins de stress, etc. Et ça donne aussi l'envie d'avoir une meilleure hygiène de vie notamment sur la bouffe (bon bien sur je fais pas ça hein :o)


---------------
[:dawa]
n°60282281
simius_com​putus
oh Gary boy
Posté le 19-07-2020 à 22:28:15  profilanswer
 

cacatomique a écrit :


donc on peut pas guérir de la dépression à travers le sport...


 
évidemment ça soignera pas des pb psy sous-jacents...


---------------
IWH  ---  Le forum de toute une génération : http://losersiv.1fr1.net (losers, sans-ami, dépressifs, allez on va faire cette merde)
n°60282330
simius_com​putus
oh Gary boy
Posté le 19-07-2020 à 22:35:43  profilanswer
 

Là j'ai repris petit à petit toutes mes activités sportives, mais ça ne résoud pas mes gros soucis d'angoisses, de solitude (incapable de nouer des liens), qui sont le terreau de mon fond dépressif   [:obdal:1]


---------------
IWH  ---  Le forum de toute une génération : http://losersiv.1fr1.net (losers, sans-ami, dépressifs, allez on va faire cette merde)
n°60282367
poutrella
Contributeur net
Posté le 19-07-2020 à 22:43:03  profilanswer
 

là où le sport peut vraiment aider c'est dans les dépressions dites légères, des déprimes quoi


---------------
pédagogie 2.0 : https://www.youtube.com/watch?v=Sxq [...] l=GrantLee
n°60282419
simius_com​putus
oh Gary boy
Posté le 19-07-2020 à 22:53:57  profilanswer
 

ça peut aussi faire la différence entre basculer ou pas dans un bel épisode de merde, à un instant T.


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n°60283113
lxl ihsahn​ lxl
●⌠ Antaigris ⌡●
Posté le 20-07-2020 à 07:45:52  profilanswer
 

XaTriX a écrit :

En non bzd y'a quoi à part attarax ?

 

Etifoxine (stresam), assez efficace sur les effets somatiques de l'anxiété, mais très peu sur l'anxiété cognitive.

 

Sinon y'a l'alcool et les barbituriques [:prodigy]


---------------
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