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EDF sauvée par les institutionnels L'action EDF sauvée à son 1er jour de cotation par les investisseurs institutionnels PARIS (AFP) - L'action EDF restait stable lundi lors des premières heures de sa cotation à la Bourse de Paris, autour de 32 euros, sauvée de la dégringolade par les achats d'investisseurs institutionnels, venus in extremis compenser les ventes massives des particuliers.
A 14H40 (13H40 GMT), le titre du groupe d'électricité EDF cotait 32,00 euros, exactement à son niveau d'introduction, qui est aussi le prix proposé aux quelque 5 millions de petits porteurs qui ont souscrit à la plus grosse introduction de l'histoire de la Bourse de Paris.
Mais pendant la matinée, avant la cotation officielle fixée à midi, l'action s'annonçait en baisse de 20%, en raison d'un flux de ventes en provenance de particuliers qui recherchaient des gains rapides, selon les professionnels du marché.
"Environ 3 millions de Français jouent en Bourse. Donc pour EDF, quantité de particuliers qui ne connaissent pas la Bourse sont entrés dans le capital par effet de mode, dans l'espoir de faire une plus-value dès le premier jour", a noté Pierre Sabatier, stratège boursier chez JCF Facset.
Cependant, une demi-heure avant midi, le titre EDF a commencé à remonter grâce aux vagues d'achats d'investisseurs institutionnels (banques, fonds d'investissements...), selon des sources de marché, revenant à -12,5%, puis à un niveau stable à midi.
En quelques heures, 27,7 millions d'actions ont changé de mains, soit près de 14,8% des nouvelles actions émises (187,8 millions) dans le cadre de l'ouverture des 15% du capital du groupe public français.
"Les banques qui ont organisé l'opération essaient de maintenir le cours en hausse, sinon une dégringolade serait une catastrophe pour l'Etat. C'est une hausse plutôt artificielle", a commenté M. Sabatier.
"Il est impossible que l'Etat français et que les banques laissent le cours baisser en dessous du prix d'introduction car la prochaine fois où il faudra solliciter les petits épargnants pour d'autres opérations de privatisation, les gens vont se sauver !", a relevé Robert de Vogüe, président des sociétés de gestion de portefeuille Malmy Finance et Arkeon Finance.
Contrairement aux espoirs des petits porteurs, l'augmentation de capital d'EDF ne réalise pas la performance de Gaz de France (Paris: FR0010208488 - actualité) , qui dès son premier jour de cotation en juillet avait bondi de 23%.
Les institutionnels s'étaient eux montrés plus prudents, jugeant le prix d'introduction trop élevé, en raison de l'endettement du groupe, du risque de vieillissement des centrales nucléaires et de l'encadrement des tarifs de l'électricité par l'Etat, qui conserve plus de 85% du capital.
Le poids des syndicats a aussi fait hésiter les institutionnels. Dans le cadre de sa campagne contre la privatisation partielle d'EDF, la CGT avait d'ailleurs appelé à une manifestation pour ce lundi.
A moyen terme, les analystes ne se montrent guère optimistes sur les performances d'EDF, jugeant le cours survalorisé par rapport à ses concurrents européens. A 32 euros, EDF affiche une valeur d'environ 60 milliards.
"Cependant, un marché porteur, une croissance régulière des résultats, des dividendes appelés à croître demeurent des éléments attrayants pour investir dans le premier énergéticien européen", nuance Julien Picard, analyste chez Fideuram Wargny.
Par ailleurs, l'entrée de ce poids lourd dans l'indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40 (Paris: actualité) , devrait inciter les fonds qui calquent leur portefeuille sur la composition de l'indice à acheter des actions EDF.
"La question est de savoir quand EDF entrera au CAC 40: en décembre, en janvier, dans quelques mois ? Les fonds ne vont pas se presser tant qu'ils ne sauront pas", a indiqué un courtier chez Deutsche Bank (Xetra: 514000 - actualité) .
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