Bon. Un petit retour sur une saga qui n'aurait jamais dû en devenir une, et surtout pas DEUX :
The Mummy (1999) de Steven Sommers (La momie)
Je ne m'attarderai pas longtemps dessus : c'est un super divertissement. Un étendard de la série B, avec des acteurs charismatiques qui jouent des personnages attachants, de l'action extrêmement bien mise en scène, venant nous faire oublier le côté absurde de ce qu'on est en train de voir. Le film lorgne du côté du pulp, mais apporte une patte pré-Pirate des Caraïbes pas déplaisante, car les personnages font des blagues même quand leur vie est en danger. Je le précise ici car j'y reviendrai pour le 2.
Brendan Fraser et Rachel Weisz sont au top de leur game, magnifiques à voir tous les deux, et forment un couple rentrant immédiatement dans la légende du cinéma, selon moi. Tout ce qu'on aime dans le cliché de la bourgeoise et du rebelle tombant amoureux est là, sans aucune fausse note.
Les effets spéciaux numériques ont assez bien vieilli, et pourtant en 1999 on est au début de l'ère du n'importe quoi ("Regardez, on peut faire des monstres entiers en CGI ! Les gens vont adorer ! MONTRONS-LES COMPLÉTEMENT §§§").
Bref, La Momie, c'était génial, et ça aurait dû s'arrêter là.
Mais bon.
The Mummy returns (2001) de Steven Sommers (Le retour de la momie)
Nos deux héros ont maintenant un gosse. Automatiquement, leur relation s'en trouve affaiblie du point de vue cinématographique : leur duo fonctionnait bien mieux lorsqu'ils faisaient semblant de se détester pour ne pas s'avouer qu'ils tombaient amoureux. Là, l'alchimie entre les deux est encore évidente, mais sans véritable enjeu, puisqu'ils n'envisagent jamais vraiment de se séparer. Par exemple, Le diamant du Nil, la suite de A la poursuite du diamant vert, était globalement mauvais mais au moins faisait évoluer la relation entre les deux personnages, avec les tiraillements de chacun et leurs doutes.
Bon, le gosse. C'est nul, soyons clair. Evidemment, il est très mauvais en tant qu'acteur, mais son personnage possède tout ce qu'on déteste dans les gosses dans le cinéma d'action : l'intrigue tourne autour de lui, soit il sauve tout le monde, soit il se fait kidnapper, il est énervant et pas du tout adorable, il parle avec des dialogues d'adulte, il ne peut rien lui arriver de grave.
Et surtout, le principal problème : il vient fausser le ton du film.
La momie parvenait parfaitement à fournir une ambiance où l'action était crédible, tendue, risquée, mais nos personnages principaux, aventuriers dans l'âme, s'en sortaient avec une petite blague et en prenant des risques inconsidérés. Sauf que maintenant, nos héros ont un enfant, et le film ne sait pas quoi faire de cet état de faits.
Ainsi, nos héros font parfois des blagues, et en tant que spectateur il est difficile de ne pas être mal à l'aise, et de se dire que faire une blague quand ton enfant de 8 ans est menacé par une momie qui va lui trancher la tête, c'est plutôt chelou.
Les SFX sont moins bien mis en valeur dans cet opus, et le final avec un The Rock en CGI cartoon PS2, comment dire... C'est pas passé à la postérité pour rien... C'est évidemment hideux et ridicule. La scène de fin est légèrement sauvée par le destin tragique de Imhotep, cependant.
Mais la qualité a grandement baissé depuis le premier film. Les enjeux sont moins intéressants, les scènes d'action sont devenues n'importe quoi, la dynamique entre nos persos est perdue... Dommage.
The Mummy : Tomb of the Dragon Emperor (2008), de Rob Cohen (La momie : la tombe de l'empereur dragon).
Rob Cohen.
Plus de Rachel Weisz. Maria Bello fait ce qu'elle peut, mais c'est très compliqué. Et pourtant j'aime bien Maria Bello.
A un moment y a des Yetis dégueu qui apparaissent. J'étais déjà très gêné, mais j'étais loin de me douter qu'ils resteraient jusqu'au bout.
Niveau enjeux, on est vraiment proche du zéro. Je me fichais éperdument de ce qu'il adviendrait d'à peu près tout le monde, et surtout du fils O'Conell et de sa promise. Ca sent les années 2000 à plein nez, c'est donc moche et con, et surtout les personnages sont nuls et on ne s'intéresse pas à leur destin.
Jet Li a l'air de s'en foutre et on le comprend, vu son rôle.
Michelle Yeoh fait ce qu'elle peut, et c'est pour moi la seule qui a l'air un peu naturelle dans son rôle, mais on la voit trop peu. Et on s'en fout de son personnage à elle aussi.
Dommage car je trouvais l'idée de base sympa. Mais tout est globalement raté. Brendan Fraser a l'air d'en avoir marre, lui aussi, et de toute façon le film ne le met jamais vraiment en avant comme il se doit. Triste.
Tout aurait pu donc s'arrêter là.
Mais en 2002, suite à l'engouement autour du personnage du Roi Scorpion, aperçu dans Le retour de la momie, un jeune catcheur allait tenter de percer avec son propre spin-off, qui n'allait pas tarder à devenir une saga en direct-to-video bien moisie...
The Scorpion King (2002) de Chuck Russel (Le Roi Scorpion).
The Rock reprend le rôle, mais n'a pas appris à jouer entre temps. Le film essaye à peu près de coller à ce qu'on a vu dans l'introduction du Retour de la momie, les pharaons, le désert, des prêtresses sexy, une ... Meuf qui voit l'avenir et s'appelle Cassandre ? Puis The Rock baise avec elle dont elle perd le don de voyance ?
Bon. Soyons clair, la saga a décidé immédiatement de partir vers l'heroic fantasy, en plein boum du Seigneur des Anneaux. Le ton partiellement réaliste de La momie est oublié, on mentionne bien des peuples et des pays, mais ça pourrait tout aussi bien être les elfes du désert que ça ne changerait rien.
Je ne sais pas quel est le consensus autour de ce film, mais j'ai trouvé la saga nulle dès le début. The Rock ne sauve absolument pas l'ensemble, et même s'il y a quelques décors réels sympas, tout est filmé de très près pour cacher la misère, et ça se sent.
Les enjeux sont pas ouf, le film s'effaçant déjà complètement de ma mémoire. On notera la présence de Michael Clarke Duncan qui semble s'amuser un peu.
A la fin, le héros devient enfin Le Roi Scorpion.
The Scorpion King 2 : Rise of a warrior (2008) de Russell Mulcahy (Le Roi Scorpion 2 : Guerrier de légende).
Nous voici devant un prequel du précédent film.
On a donc un jeune Mathayus (oui, le héros s'appelle Mathayus), toujours dans des pays globalement fictifs avec des noms de vrais peuples piochés au hasard dans des livres d'histoire pour faire genre. La saga a déjà trouvé sa formule dans le film précédent : Mathayus est d'abord tout seul, puis il rencontre une femme, puis un ou deux autres compagnons, dont un rigolo et un costaud. Ensemble ils se trouvent une quête dont on se branle et on les suit jusqu'au bout.
Ici, c'est tout pareil : il se trouve rapidement accompagné d'une jeune femme sans qu'on sache pourquoi, puis d'un barde rigolo qui fait des blagues, et d'une bande de prisonniers qui les suivent. La saga s'enfonce dans la fantasy cheap, avec une forêt magique peuplée d'araignées, toujours plus de prêtresses magiques sexy qui cabotinent, et un combat final incroyable contre un scorpion géant invisible. Pratique.
Quand il apparaît, on dirait un gif animé. Et comme je suis sympa...
On note la présence de Randy Couture en méchant qui ne passe pas UN PLAN sans qu'on voit ses pectoraux à poil.
A la fin, le héros devient enfin le Roi Scorpion.
The Scorpion King 3 : Battle for Redemption (2012) de Roel Reiné (Le Roi Scorpion 3 : L'Œil des Dieux).
Mathayus n'est finalement pas roi scorpion parce que ça l'a saoulé. Donc il est tout seul, puis il rencontre une femme, puis un ou deux autres compagnons, dont un rigolo et un costaud. Ensemble ils se trouvent une quête dont on se branle et on les suit jusqu'au bout.
Mathayus est cette fois-ci joué par un catcheur et ça se voit pendant les combats comme pendant les scènes où il doit parler.
Fait amusant : le héros est NUL. Il passe son temps à se faire battre, et il doit être sauvé par d'autres gens. C'est incroyable ça quand même. On peut même pas avoir droit à un héros badass qui gagne ses combats ?
Autre détail : le film connaît un step-up en terme de casting, puisqu'à ce type tellement nul qu'ils auraient mieux fait de lui faire mâcher un caramel et le doubler par-dessus (comme les chiens dans les pubs) viennent s'ajouter Billy Zane qui MEGA cabotine, Ron Perlman qui s'en branle complètement d'être là, Temuera Morrison qui se demande ce qu'il fout là, et l'un des premiers rôles un peu importants de Dave Bautista. Il est d'ailleurs l'un des seuls aspects un peu marrants du film, lui et ses deux compagnons étant des guerriers légendaires invoqués par le livre des morts, au design complètement nanar mais plutôt sympa.
Cependant, le film possède le pire personnage de la saga, un gros barbu nommé Olaf, con et dégueulasse, vraiment gros (et non pas musclé) et lent, pas du tout crédible en tant que guerrier, qu'on déteste et voudrait voir mourir dès sa première apparition. Pas de bol, il sera là jusqu'au bout.
Sinon, on assiste médusé à des combats de catch entre notre héros qui perd systématiquement (notamment contre Olaf, et croyez moi que ça fait pas sérieux) et des méchants randoms, Billy Zane bourré qui cabotine, une action qui semble cette fois-ci se dérouler en Inde / Pakistan / Thaïlande, les méchants ayant carrément des éléphants, des temples, etc (et Temuera Morrison, qui est Néo-Zélandais, est donc censé être un roi Thaïlandais hein, ça passe).
Je rappelle qu'on est toujours censés être autour de -2000 avant JC, au temps des pharaons d'Egypte, de l'Empire Akkadien, etc. Ça fait une trotte.
Mais rappelez-vous : on est dans de la fantasy. Donc je dirais que ça passe.
A la fin, le héros devient enfin le Roi Scorpion.
The Scorpion King 4 : Quest for Power (2015) de Mike Elliott (Le Roi Scorpion 4 : La Quête du pouvoir).
Mathayus n'est finalement pas roi scorpion, parce que ça l'a saoulé. Il est tout seul, puis il rencontre une femme, puis un ou deux autres compagnons, dont un rigolo qui se trouve également être costaud. Ensemble ils se trouvent une quête dont on se branle et on les suit jusqu'au bout.
Le film innove enfin, puisque la femme qu'il rencontre est blonde aux yeux bleus avec une coupe et des fringues de teuffeuse (Je n'invente rien.) Dans les trois précédents films, il rencontrait toujours une asiatique.
Puisque la saga a décidé de partir dans le n'importe quoi total niveau géographie, cette fois-ci on a droit au Moyen Âge européen, avec des villages, des châteaux forts, de l'alchimie. Eh oui, nous sommes en 2015, et Game of Thrones cartonne, les gens ne veulent plus voir du vieux désert pourri. D'ailleurs, il y a même Esmé Bianco (la boss des prostitués dans GoT) portant le nom très élaboré de Feminia.
Encore une fois, les rois sont joués par des pointures venant payer leurs factures : Rutger Hauer et Michael Biehn. Je dois dire que pour ses pauvres deux apparitions, Rutger Hauer réussit à être largement plus impliqué et crédible que tous les autres acteurs. RIP
Par contre, c'est la première et dernière fois de toute la saga que le rôle de Mathayus est joué par le même acteur que dans le film précédent. A part si on compte le fait que The Rock reprenait le rôle dans le premier film, après son apparition dans Le retour de la momie. Par contre, il est toujours aussi nul. Et son personnage aussi. Notre héros est un flemmard libidineux (il passe son temps à mater le cul de la meuf) qui se fait battre par tout le monde. Déplorable.
Le film se passe clairement au Moyen Âge, on va d'étendues verdoyantes en châteaux forts, y a un espèce d'inventeur déguisé en oiseau (le père de la blonde) qui est à deux doigts de s'appeler Merlin, les personnages sont clairement des nordiques (blonds avec des noms genre Sorrell Reskov), il y a une séquence avec Esmé Bianco qui invoque une divinité, rappelant encore claaaairement Game of Thrones. C'est assez triste à voir. Et surtout, on est bien loin de The Rock dans le désert...
Je précise que pour moi, c'est le plus mauvais film de la saga, mais celui que j'ai préféré regarder. C'est TELLEMENT con de A à Z. On passe son temps à se dire "Mais pourquoi ils font ça ?", à rire devant des trucs incroyables (je vous jure qu'il y a une scène où un figurant, jouant un soldat, s'endort debout en arrière plan, mais pas du tout hors focus, on le voit très bien les yeux fermés dans un plan sur deux), et à se demander pourquoi notre héros Akkadien rencontre des chevaliers.
Heureusement, à la fin Mathayus devient le roi scorpion. Rassuré !
The Scorpion King : Book of Souls (2018) de Don Michael Paul (Le Roi Scorpion : Le Livre des Âmes).
Comme toutes les bonnes choses ont une fin, voici (actuellement) le dernier épisode de la saga.
On change encore d'acteur, cette fois-ci c'est un certain Zack MacGowan qui joue Mathayus. Mathayus qui, d'ailleurs, n'est plus roi scorpion car ça l'a saoulé. Il est maintenant forgeron tout seul, mais il va rencontrer une femme, puis...
Bon par contre, MacGowan est incroyable de manque de charisme. Avec sa barbe et son front chelou, il ressemble vraiment à un abruti, sorte de gitan alcoolo mais baraqué. Son personnage est nul et se fait tout le temps tabasser par tout le monde.
Il est accompagné par une guerrière Numide qui joue mal, par une prêtresse sexy (évidemment), et par un golem d'argile dans un costume que n'auraient pas renié les pires épisodes de Power Rangers de mon enfance. Ils sont menacés par des méchants qui veulent absolument trouver le roi scorpion pour le tuer, alors que lui veut juste se barrer, et que s'ils l'avaient laissé se barrer, les méchants seraient encore les maîtres du patelin à l'heure qu'il est.
C'est le film le plus paresseux de la saga au niveau de son histoire :
Mathayus est capturé, puis sauvé sans aucune raison par la guerrière Tala, qui lui raconte TOUTE l'exposition du film. Ensuite, ils vont d'endroit en endroit, et tombent systématiquement, globalement par hasard, sur les méchants qui essayent de les tuer.
Le film essaye cependant quelques nouveautés, avec le livre des morts cette fois-ci tatoué sur le corps de la prêtresse sexy (qui est un prétexte pour la montrer quasiment à poil pendant tout le film), et une bande de guerriers du désert avec un certain sens de l'honneur, qui sont les seuls personnages que j'ai vaguement appréciés le temps d'une scène. Mais l'ensemble est tellement cheap et con qu'il n'y a évidemment rien à sauver de tout ça.
En vrac, dans le n'imp, on note :
- La prêtresse, enfermée avec les héros dans une pièce, qui change complètement de coupe de cheveux au détour d'une scène (elle garde sa nouvelle coupe jusqu'au bout), passant de cheveux longs et raides à une frange qui est clairement une perruque
- Une blessure de Mathayus qui apparaît clairement sur un plan, AVANT d'être infligée par le méchant, puis pouf répétition du plan d'avant, et ensuite il se fait soigner par la magie et la blessure disparaît (croit-on), avant de... Réapparaître pour l'ensemble du film
- Une réplique magnifique de la prêtresse sexy à son golem : "Tu n'auras que deux ordres. Me protéger et m'obéir". Je suis quasiment certain que lui obéir va impliquer un sacré paquet d'ordres...
Pas le plus nul, le 4 étant au-dessus dans le n'imp, notamment parce que là le film essaye vaguement de raccrocher les wagons avec des histoires de pharaons et de désert, quand les deux précédents faisaient vraiment ce qu'ils voulaient. Mais sans doute le deuxième plus nul, notamment parce qu'il n'y a plus de budget du tout : la preuve, aucun ancien acteur connu ne vient cachetonner.
A la fin, Mathayus devient enfin le roi scorpion.
Fin du cauchemar pour moi. C'était un voyage dans les contrées du direct-to-video produits par Universal 1440 Entertainment, qui gère les licences dont Universal ne sait pas quoi faire telles que Coeur de dragon, Death Race, Tremors, Jarhead, Chucky, Honey, American Pie, pour les plus prolifiques, mais aussi des suites inattendues comme Hard Target 2, How High 2, Kindergarden Cop 2, Inside Man 2.
De la qualité, quoi.
Ce qu'il faut retenir, c'est que le roi scorpion porte assez mal son nom parce qu'il n'a vraiment pas l'air d'avoir envie d'être roi, scorpion, ou les deux. Par contre, j'ai noté que pour être prêtresse, il faut être sexy.
A ceux qui ont ceci lu jusqu'au bout, bravo
EDIT : Vous remarquerez que je ne parle plus des CGI au bout d'un moment. Je pense que vous savez pourquoi : c'est épouvantable.
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Ma chaîne cinéma : Sin&zy (https://www.youtube.com/@Sinzy-z9i)