CR Trail Raid Imperial 2021 (version super longue, y’a un tl;dr en bas
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Faut savoir que j’ai plus touché à ma KTM depuis plus de 8 mois, donc déjà niveau skill j’ai pas confiance
mais alors niveau musculaire, je crains le pire
Cette moto est une torture permanente pour les bras. Les connaisseurs savent de quoi je parle. En plus j’ai eu des putains de problèmes au biceps gauche et à l’épaule gauche encore très récemment, qui ont été 100% immobilisés pendant des semaines...
Pour couronner le tout, depuis quelques jours j’ai le coude gauche qui fait super mal et qui a triplé de volume
Pas grave, je me bourrerai de médocs, j’attends lundi pour aller à l’hosto, hors de question que je rate le TRI alors que j’ai déjà raté le TRB en juin
Bon, déjà en la préparant (j’installe un phare pour pas mourir en rentrant de nuit à l’hotel), je constate que ma moto démarre plus
Enfin, au kick apparemment ça marche, mais le démarreur il se passe rien, pourtant la batterie est chargée à fond. Pas grave, vive le kick, avec une 525 ça me fera du cardio, YOLO. J’ai déjà plus de béquille, elle perd de l’essence quand le moteur tourne pas, ma moto c’est l’équivalent du punk à chien chez les motos enduro
Vendredi fin d’aprem je fous ma meule sur la remorque, je vais chercher mon pote A. et sa grosse GS. C’est le bordel pour foutre les deux motos, ma remorque est faite pour deux petites enduros légères, pas pour un gros monstre hyper lourd avec des cylindres gigantesques qui dépassent. On y arrive tant bien que mal, les deux motos reposent un petit peu l’une sur l’autre vers le centre, la remorque souffre en silence.
On démarre, première étape pompe à essence à 3 km de chez lui, comme ça il fait le plein de sa GS avec la carte essence de son boss. J’arrive à la pompe, je regarde dans mon rétro, je vois ma moto complètement couchée vers l’extérieur...
Bilan, n’acheter pas vos sangles chez Norauto/Auto 5, ou en tout cas ne prenez pas les moins chères. Coupée net en plein milieu. Il appelle sa femme (une bombe intersidérale
elle était dans ma classe à l’école), qui débarque à moitié à poil avec d’autres sangles, on réattache ma meule et, c’est parti.
Arrivés à Valenciennes une heure plus tard, gros resto dans une vieille baraque du XVI ème siècle, armures médiévales et grosses pierres, entrées et plats au maroilles, grosse bière, bon vin, gros irish coffee, encore une abricotine
je gratte une clope au serveur, puis go à l’hotel. Mon pote se rend compte qu’il a oublié ses boules quiès, LOL
Bonne nuit à l’hôtel, petit dej sur place pour moi, où je suis tout content de voir qu’il y a des oeufs brouillés
et du bacon
je m’en sers une mega assiette, et une fois à table je constate que les oeufs et le bacon sont froids, mais vraiment température frigo, on est pas loin du surgelé
Some men just want to watch the world burn
3 cafés, baguette Nutella, croissant, un jus d’orange, go to the depart. On sort les motos de la remorque, je regarde ma moto, je prends le kick en main, il se détache de la moto et me reste dans la main... Sans démarreur ET sans kick, ça va commencer à être compliqué, c’t’affaire lô
Heureusement le boss du garage KTM est à dix mètres, je lui demande s’il peut faire quelque chose, il arrive avec plein de vis, rondelles, frein filet, et en quelques minutes mon kick est refixé, et le mec refuse que le paye. Premier coup de kick elle démarre. Vends de la drogue avec ça !
On s’est inscrit, on a reçu nos badges, nos numéros, nos coupons bouffe et boisson, les premiers participants sont déjà partis. Y’a une 80aine de motos au depart à peu près. Y’a 8 Ténéré 700 , 6 grosses GS, et puis des trucs variés dont tout plein de petits trails et enduros légers.
J’ai formé mon groupe de 5, coq est chaud comme un petit four. Le projet c’est donc 256 bornes de offroad sur la journée (avec évidemment quelques portions route), un arrêt à midi au food truck, et arrivée le soir au camping de Pierrefonds
On démarre. Premier feu rouge après 200 mètres. Le feu dure, dure, dure, dure... Je sens que ma KTM chauffe, j’ai pas de ventilo, si je l’éteins je suis pas sûr de redémarrer, donc on brule vu que y’a pas de bagnole ni de tram et qu’on voit à 1km à gauche et à droite...
Je crois qu’à ce feu rouge on a déjà perdu coq
Un rond point plus tard on était plus que 3
4 minutes après il me semble que mon pote A. et moi on était déjà plus que 2
Le différentiel niveau/vitesse entre les participants était vraiment trop grand pour en faire un groupe, ce sont des choses qui arrivent
Evidemment A. et moi on est des gros enculés de connards sauvages, on a l’habitude de rouler ensemble, et on est (je pense) les plus rapides de tous les participants. Donc on enchaine les dépassements en insultant les gens et en leur donnant des coups de pieds
(là j’exagère un peu, en vrai on les dépasse juste)
La trace est super bonne, la météo aussi, j’ai viré toutes les doublures de mon froc et de ma veste, je prends confiance au fur et à mesure qu’on avance. Je transpire comme un boeuf mais j’ai l’habitude. Physiquement ça va, en gros j’ai mal nulle part, mon épaule tient le coup, ma moto arrache bien.
On avance, puis comme souvent mon pote A. veut faire le malin, il essaye de couper comme un connard à un angle droit, et cette fois se prend une méchante taule parce que sous le revetement visible à cet endroit là, qui était sec et poussiéreux, y’avait une grosse couche de boue/terre/merde bien planquée
Je vois sa buche impressionnante, puis je le vois à moitié sous sa moto, je coupe mon moteur, il se dépètre et se relève, il s’est fait bien mal à la hanche (il roule en jeans, avec des genouillères au-dessus) mais c’est un putain de bucheron donc il relève sa moto, il arrive à la sortir tout seul du bourbier, puis vient se foutre à coté de moi deux minutes pour respirer.
Prêts à repartir, j’essaye de kicker, rien. Je réessaye, rien...
Tout le monde nous dépasse, on me dit “ah ouais, à chaud c’est normal c’est une KTM, attends 10 minutes et à froid ça va le faire !” OK... Comme j’ai pas de béquille, je pousse ma moto au point mort jusqu’à un piquet pour la poser, et là BRAAAAP elle démarre toute seule
J’ai touché à rien. Ni au kick, ni au bouton de démarreur. Cette KTM is fucking alive, et apparemment elle en veut encore, la bitch
On est repartis, on trace super bien, plus d’accident, on arrive au food truck.
Faut savoir que 120 bornes de offroad à bon rythme, c’est déjà bien crevant...
On se fait un mega burger (au maroilles pour A., au reblochon pour moi), A. boit son coca et moi ma bière, on discute un peu avec d’autres participants, j’en vois déjà un qui boite... Au moment où on allait repartir on voit coq arriver. Je lui présente mes excuses pour la dissolution quasi instantanée du groupe, mais il est toujours aussi charmant, poli, bien élevé, souriant et adorable (j’exagère même pas, ce type est une crème), il comprend bien, il ne nous ne veut pas ou pas trop, il s’est trouvé deux autres camarades de ride et apparemment il apprécie l’expérience.
C’est reparti pour la deuxième partie du premier jour. Même si la trace change un peu chaque année, je sais qu’on entame le meilleur moment de tout le raid. Et effectivement, y’a des passages épiques, des machins en forêt où ça monte ça descend, ça tourne tout le temps, que du virage relevé, des petits obstacles, des jumps...
Le terrain de jeu ULTIME
Plein de bons passages comme ça, on s’éclate, mais au fur et à mesure des kilomètres je commence à avoir de plus en plus mal au bras gauche. A cause de l’effort musculaire mon avant bras a doublé de volume, et ça frotte non stop contre la veste, sans doublure, mon bras me brule, et même si je m’éclate vraiment, chaque bosse, chaque trou me défonce le bras gauche et vraiment je serre les dents et j’en chie...
On arrive enfin sur la place à Pierrefonds, on se pose, ambiance soleil terrasse
j’ai un coup de soleil MASSIF sur ma grosse tête de touriste belge obese, chauve, et alcoolique
Vu qu’à la pause midi il faisait grand soleil, et que génétiquement ma peau est à mi chemin entre celle d’un roux albinos homosexuel et celle d’un profond dans la mythe de cthulu. Y’a de l’ambiance, plein de motards, à 100m on entend de la musique traditionnelle et des danseurs folkloriques. Mon premier demi litre de blanche aura survécu à peu près 2 secondes dans son verre.
On voit des potes arriver, dont Arnaud, avec qui j'avais déjà roulé et qui était dans notre groupe le matin. On cause un peu, on se rafraichit et on souffle...
Go au camping (à 1km de là), A. et moi on récupère nos sacs (transportés par les organisateurs), et on part à notre hôtel à 15 bornes de là pour prendre une douche, se changer, et pour ma part surtout me bourrer de médocs Mon état physique me fait très peur. À ce moment là je pense vraiment que je ne pourrai pas rouler le lendemain à cause de mon bras, ou en tout cas pas longtemps. On retourne au camping, et là super ambiance avec tout le monde, anecdotes, chutes, blessés, morts (mais non
), on se boit quelques Leffe avec coq qui a fièrement terminé sa première journée, on se bouffe un couscous assez bon préparé par le même food truck. On ouvre même une bonne bouteille de vin que j’avais apporté, on se partage ça, petite clope, dessert, tout le monde est mort, on rentre à l’hotel, où je m’endors en à peu près 4 secondes. Ce fzdp d’A. me filme alors que je suis à moitié à poil et entrain de ronfler et de m’étouffer comme un grizzly, et il envoie ça à coq, à Arnaud, et à sa femme. Je lui en veux encore (srsly) Sale connard.
Suite plus tard si j’ai le courage, là j’ai plein de boulot
(et surtout mes yeux se ferment tout seuls
)
Tl;dr : c’était bien, part. 1/2
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et voilà