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Proximité
Pour commencer, faites le tour des écoles susceptibles de vous intéresser de par leur emplacement géographique.
Cela peut être juste à la sortie de votre lieu de scolarité ou de travail, ou bien à deux pas de chez vous. Sauf si vous tenez absolument à vous inscrire dans une école bien précise, n’allez pas au bout du monde pour vous former.
Surtout si vous devez repasser l’épreuve de code de la route (en jargon professionnel : l’ETG, pour « épreuve théorique générale ») dans le cas où votre dernier permis date de plus de cinq ans : il va falloir travailler dur, aller à l’auto-école plusieurs fois par semaine et ce n’est pas très motivant d’avoir 50 bornes à se taper pour aller réviser son code…
Certaines auto-écoles travaillent en collaboration avec des moto-écoles : les élèves travaillent le code dans l’auto-école de leur quartier, et puis les leçons de conduite plateau et circulation à la moto-école plus éloignée.
Parenthèse : l’avantage « nous vous prenons à domicile » mis en avant par certaines écoles peut amener à effectuer toujours le même trajet au détriment du travail par objectif.
Attention, ce n’est pas la même chose si une école vous propose un service de navette pour vous emmener sur le lieu de formation, ce qui est un gros avantage quand on en possède pas déjà un véhicule particulier, que personne ne peut vous déposer ou que le réseau de transports en commun ne correspond pas.
La proximité, c’est aussi une bonne communication entre l’école et ses élèves. Un bon établissement veille à établir une relation pédagogique et non commerciale. Vous êtes un élève, un candidat à l’examen du permis, pas un client. Dans ce domaine, le personnel de l’accueil, la secrétaire, le patron sont tout aussi importants que les enseignants.
Un test pour reconnaître une « usine » qui ne fait pas attention aux élèves : la personne au bureau connait-elle ses élèves ou doit-elle en permanence demander des noms de famille de tous les gens qui s’adressent à elle ? Combien de temps devez-vous attendre pour être reçu et avoir des renseignements? Combien de personnes attendent avec vous pour être renseignées ? Vous a-t-on fait attendre au téléphone ?
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Réputation
Demandez à votre entourage s’il connaît une école à vous conseiller : le bouche-à-oreille est la meilleure pub !
Rares sont les mauvaises écoles bénéficiant d’une aura positive.
Plus osé, vous pouvez accoster les élèves à la sortie des cours de conduite : ils sauront vous donner leurs impressions à chaud. Interrogez des motards autour de vous, le moto-club local, demandez sur des forums web. Ne vous fiez pas à une seule source et essayez de recouper les infos.
En revanche, se fier à la beauté de la vitrine et à la taille de l’école pour en déduire sa qualité est une démarche hasardeuse.
A retenir pour se faire une idée : une moto-école saine n’affiche pas des tarifs alléchants en caractères immenses dans une vitrine surchargée.
Une grosse auto-école peut être un commerce pratiquant une politique de prix agressive donc attractive, ou bien un établissement de renom surfant sur son succès mérité, dû à la qualité de ses formations. A contrario, une petite école peut être une entreprise familiale privilégiant l’aspect relationnel et la dimension humaine, ou bien une boîte en perdition… C’est un des paradoxes du monde des auto-écoles.
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Tarifs
L’affichage des prix est obligatoire, transparence oblige.
Vous pourrez donc comparer les prix facilement, mais faites très attention au contenu de la formation : code, conduite, présentation.
Regardez tout aussi attentivement les prix à l’unité : une heure de conduite, les frais de (re)présentation aux examens en cas d’échec, etc.
Vous devez vous méfier d’un prix de forfait trop bas, véritable prix d’appel, car les prix à l’unité sont souvent alors prohibitifs, et le risque grand de voir le patron partir avec la caisse. En dessous de 600 €, c’est limite rentabilité ; en dessous de 450 €, fuyez !!!
A l’inverse, un prix élevé ne vous assure en rien d’une bonne qualité de formation. Encore un paradoxe…
Si l’école vend un forfait (20 heures, code illimité, deux présentations) à bas prix mais fixe un prix exorbitant à l’unité (leçon de conduite, frais de présentation à l’examen), cela signifie que sa rémunération est basée sur vos échecs, elle aura tout intérêt à vous voir prendre des heures supplémentaires.
A vous de sentir le juste milieu en fonction de vos moyens.
Pour garder une marge de manoeuvre, basez vos calculs sur 30 heures de leçons. Si vous en faites moins au final, tant mieux, c’est ça de gagné pour l’équipement ! Si vous les effectuez, vous ne serez pas surpris et ne serez pas contraint d’arrêter votre formation faute d’argent.
Comme dans tous les commerces, les prix affichés peuvent se négocier. En théorie.
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Matériel
Observez la qualité (état, niveau, entretien, type) du matériel pédagogique: véhicules, mobilier, supports de code, locaux, piste, etc.
Le bureau d’accueil ne doit pas ressembler à un vidéo-club en folie et doit être séparé de la salle de cours pour une meilleure concentration des élèves.
Les supports pédagogiques doivent être récents : boîtier de code conforme à ceux utilisés en examen, séries de diapos récentes, ou si possible CD ou DVD.
Côté véhicules, il doit y avoir au moins une moto 125 cm3 pour les évaluations et les débutants.
Un véhicule endommagé, sale et dépassé peut laisser présager un manque de respect du moniteur envers ses élèves, voire une situation financière critique. Bien sûr, des machines soignées inspirent plus confiance que des poubelles roulantes. Mais regardez d’abord si les machines sont équipées de la signalisation réglementaire (deux rétros, quatre clignotants, éclairage et optique en bon état, plaque d’immatriculation). Des motos négligées trahissent un laisser-aller de mauvais augure, mais surtout ne permettront pas un apprentissage dans des conditions normales, si la moto cale sans arrêt et qu’il faut la bricoler sur le bord de la route ou de la piste…
Allez inspecter la piste privée (s’il y en a une) ou le lieu des entraînements.
Déterminez avant tout si elle est bien semblable à celle utilisée pour les examens. Si ce n’est pas le cas, en quoi diffère-t-elle ?
Est-elle partagée avec d’autres écoles, au risque d’embouteillages entre les cônes ?
Est-elle éloignée des locaux de l’école, au risque de payer le trajet sur le temps de conduite ? En région parisienne, les pistes d’entraînement sont fréquemment à plus de 30 minutes de route. Si elle est située à plus d’une heure de route, laissez tomber…
Allez sur place pendant que d’autres élèves travaillent pour observer les conditions et l’état de la piste (revêtement lisse et en bon état, marquages bien visibles, abords dégagés, sans obstacles). Evitez les pistes improvisées sur des parkings de supermarchés et tous lieux trop proches de la circulation.
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Transparence
L’école ne doit rien vous cacher.
Elle doit être en mesure de vous informer de ses taux de réussite en vous présentant les bordereaux d’examen (mais ce n’est pas une information fiable), les prix doivent être affichés sur la vitrine, un contrat-type doit obligatoirement être signé en cas d’inscription.
Les gens honnêtes ne craignent pas la transparence. Ils ont même tout à y gagner pour se démarquer de leurs confrères véreux. Avant de s’inscrire, obtenir le taux de réussite de son auto-école à la première présentation du permis peut être utile…
Dans chaque département, deux services au moins détiennent les résultats par établissements :
– le bureau de répartition des auto-écoles (à la préfecture),
– le bureau de formation des conducteurs (selon les départements à la préfecture, à la direction départementale de l’équipement ou au centre d’examen du code).
Avant de les contacter, sélectionnez d’abord quelques écoles. Ensuite, muni d’un numéro d’agrément de chacun de ces établissements, interrogez l’un des services administratifs précités pour vérifier la fiabilité de l’information qui vous a été donnée.
Pour info, sachez que moins de 10 % des élèves obtiennent en effet leur permis après seulement vingt heures.
Dans le même registre, vous devez bénéficier d’une évaluation préalable, appelée « pronostic de formation », telle que prévue par le plan national de formation et non comprise dans le forfait.
Dans l’idéal, un novice complet en matière de conduite deux-roues devrait normalement se voir proposer une évaluation d’au moins trois heures sur 125 cm3 en plateau et circulation, qui débouchera sur une proposition de formation avec devis précis. Une heure constitue le minimum des minimums.
Le moniteur, à l’issue de votre formation, doit être capable de vous annoncer une date d’examen sans traîner les pieds.
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Formation
Toute formation doit être effectuée par un moniteur diplômé du Bepecaser (brevet d’Etat pour l’enseignement de la conduite).
Fuyez les faux cours de code qui consistent à vous laisser vous débrouiller avec le matériel et à vous auto-corriger. Les cours de code doivent être encadrés par un moniteur, au moins une ou deux fois par semaine, si possible une fois par jour.
Fuyez également les moniteurs qui lisent le journal pendant les heures de conduite, ainsi que ceux qui vont boire le café en vous laissant manœuvrer tout seul, ceux qui roulent avec la musique à fond en discutant de tout sauf de formation, ceux qui se désaltèrent trop souvent à la bière, ceux qui croient que taper verbalement ou physiquement sur leurs élèves est une méthode pédagogique, ceux qui vous font rouler en moto avec trois autres comparses et sans radioguidage, ceux qui vous font payer l’écoute « pédagogique » (deux heures de conduite à trois élèves payant chacun une heure = gros bénéfice).
Rappel: en cas de cours de conduite collectif, seul le temps au guidon doit être décompté comme heure de conduite.
Un bon moniteur s’occupe de tous ses élèves, pas juste des jolies filles, et ne passe pas son temps à discuter avec ses collègues. Il ne vous met pas la pression avec le chronomètre dès le début de la formation, mais seulement à la fin.
Il est indispensable de signaler ces comportements indignes de la profession auprès du délégué à la formation du conducteur de votre département (renseignez-vous en préfecture au service des permis de conduire pour avoir ses coordonnées). Pensez à ceux qui vous suivent afin d’éviter que perdurent ces déviances.
Toujours au chapitre « Formation », prenez vos renseignements sur le livret de suivi, l’enseignement théorique et la formation pratique.
Chaque élève doit obligatoirement disposer d’une fiche et/ou d’un livret de suivi de formation, remis par l’école lors de l’inscription.
Ce livret doit être complété leçon après leçon conjointement par le moniteur et l’élève, et non se trouver relégué au rôle d’agenda pour y noter les rendez-vous et le planning, et être rempli à la va-vite la veille de l’examen. Dans la mesure du possible, demandez à un des élèves déjà inscrits quel est le sort réservé au livret, voire demandez-lui si vous pouvez jeter un oeil sur le sien.
Le volet théorique de la formation, que ce soit pour le code ou pour les fiches d’interrogation orale, s’avère trop souvent réduit à un bachotage plus ou moins forcené.
Refusez les établissements qui entassent des élèves dans une salle avec un projecteur de diapos pour tout interlocuteur. Un moniteur doit être présent pour répondre à vos questions. Certaines écoles dispensent de vrais cours de théorie moto, animés par un moniteur, qui vous aideront lors de l’interrogation orale (qui fait partie intégrante de l’épreuve du plateau et ne doit pas être prise à la légère).
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De façon générale, sept points cruciaux sont à vérifier avant inscription.
1-Numéro d’agrément
Délivré par la préfecture, il est obligatoire. Ce numéro doit figurer sur tous les documents de l’auto-école.
2-Santé financière
Consultez le registre du commerce (au tribunal de commerce) pour vérifier si l’établissement n’est pas en redressement judiciaire.
Les fermetures brutales, pas si rares, cachent parfois de vraies escroqueries. La tactique ? L’indélicat ouvre une auto-école à grand renfort de publicités en proposant des prix cassés. Une fois les premiers acomptes encaissés, il ferme boutique et s’enfuit avec la caisse. Cela se fait rare, mais ça existe encore.
3-Conditions matérielles
Inspectez les locaux et les véhicules.
4-Taux de réussite
Interrogez l’auto-école sur son taux de réussite au permis et les délais de présentation à l’examen.
Un bon établissement a généralement moins de difficultés pour obtenir des places à l’examen : plus l’attente est courte, plus il est en principe performant.
5-Conditions de paiement
Ne versez pas le prix de la formation en une fois. Privilégiez les écoles qui permettent de payer en deux ou trois fois. En cas de fermeture soudaine, cela limitera la casse.
6-Heure d’évaluation
Avant toute inscription, l’heure d’évaluation, formalité obligatoire facturée, doit permettre à l’école de fixer approximativement le nombre d’heures de conduite (en plus des 20 obligatoires) que l’élève devra éventuellement suivre. En cas d’inscription dans l’établissement qui vous l’a dispensée, cette heure d’évaluation ne doit pas être déduite du volume d’heures du forfait.
7-Contrat
Un contrat de formation écrit entre l’auto-école et le client est obligatoire et vous facilitera la tâche en cas de litige. Veillez à ce qu’il soit le plus complet possible (prix, possibilité d’annulation des heures et du contrat…) et faites-y porter des clauses que vous jugez essentielles. Par exemple, possibilité d’annuler le contrat et de restituer une partie des sommes versées d’avance en cas de changement d’université, de mutation professionnelle… Sinon vous seriez obligé de rechercher un accord amiable avec l’école pour être remboursé.
Bon à savoir !
En général, un élève doit payer sa leçon s’il se désiste moins de 48 h avant. Si c’est l’école qui annule, elle doit proposer une autre heure à la convenance du client.
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