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Trois appareils de navigation GPS répondent actuellement aux contraintes de la conduite à moto. Ayant la chance de pouvoir les essayer tous les trois, sur un week-end ou sur deux ans, je donne mes impressions et un compte-rendu d’expérience, d’après mon utilisation personnelle et subjective, sans notion de hiérarchie ou de préférence.
Deux marques et deux produits se partagent principalement les faveurs des motards:
- TOMTOM, avec le modèle Rider ;
- GARMIN avec les Zumo 500 et 550.
Il faut toutefois souligner que plusieurs anciens modèles Garmin sont compatibles avec la pratique moto et disponibles en occasion à moins de 150 euros: le GPSMap 276C, les Street Pilot 2650, 2720 et 2820, les Quest et Quest 2, les Street Pilot III et 2610…
A l’inverse, même si les Zumo sont des GPS conçus spécifiquement pour la moto, le nouveau Nuvi 510, moins cher (300 euros en neuf à son lancement), s’avère également étanche et adapté à une utilisation en deux-roues. Il doit à terme remplacer le Zumo 500.
Le GPS devient une centrale multimédia.
Au commencement était le GPS, simple outil de navigation avec un écran monochrome et plein de boutons. Puis sont arrivés la couleur, l’écran tactile… et le son, d’abord avec des écouteurs reliés au navigateur par un fil – avec nombre de câbles arrachés par des motards distraits en descendant de bécane.
Ensuite advint la révolution « sans fil » et son prophète : le Bluetooth !
Grâce à cette norme de transmission de données sans fil à courte portée, tous les appareils modernes de communication peuvent se connecter sur votre GPS dernier modèle et "dialoguer" entre eux.
En premier lieu, bien sûr, l’oreillette (ou les écouteurs) pour suivre les instructions vocales.
Mais aussi un lecteur de musique numérique MP3 (intégré au GPS ou non), bien utile pour les longs trajets monotones.
A moins que… le doux babil de votre compagne ne vous soit plus agréable : pas de problème, les intercoms sans fil (Scala Rider, Nextel, Parrot SK-4000 et autres SuperTooth) peuvent aussi se connecter.
Envie de rester joignable ? Votre téléphone portable (si compatible Bluetooth) sera reconnu, vous signalera les appels et l’identité de l’appelant (s’il est enregistré dans votre répertoire) et pourra même afficher les SMS reçus sur l’écran du GPS.
Plus fort encore : sur le Zumo, vous pouvez appeler d’un clic les établissements recensés dans la base des POI.
Un seul souci : comment gérer cette cacophonie ?
Les GPS moto fonctionnent avec des priorités : leurs instructions vocales priment sur tout le reste, elles prévalent sur la musique ou une conversation intercom. Par contre, si vous êtes en train de parler au téléphone, plus d’instructions vocales…
Et la sécurité dans tout ça ?
Paradoxalement, elle est la grande perdante de cette course à l’armement qui submerge l’oreille et le cerveau du motard moderniste sous une multitude de sources sonores, l’empêchant de se concentrer sur sa conduite et de percevoir les sons extérieurs, notamment en ville.
Personnellement, j’utilise un intercom sans fil Cardo Scala Rider Q2 interfacé avec un Garmin Zumo 500, ce qui me permet d’une part de recevoir les instructions vocales du GPS, et d’autre part d’écouter de la musique stockée sur le Zumo. En duo, cela me permet de dialoguer avec ma passagère ou avec un(e) autre motard(e).
Mais JAMAIS pour recevoir ou émettre des appels téléphoniques !
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Essai du TomTom Rider
Le fabricant néerlandais TomTom a été le premier à lancer un navigateur GPS spécialement destiné aux deux-roues moteur, en 2005. Explicitement destiné « Rider », celui-ci a connu en 2007 une évolution, baptisée « 2nd Edition », déclinée en deux versions, France et Europe.
Le coffret inclut un kit de montage RAM Mounts adaptable à (presque) n’importe quel guidon, un adaptateur au circuit électrique de bord et une oreillette Bluetooth à monter dans le casque.
Avec la version 2 du Rider, sortie en juin 2007, l’oreillette est devenue un Scala Rider, sans augmentation de prix.
C’est la principale innovation de cette deuxième version, avec la mise à jour du logiciel TomTom, maintenant en version 6 (contre v5 auparavant, sauf que les GPS pour voitures bénéficient déjà de la v7), avec des fonctions de planification spécifiques.
Autre différence, un support plus solide que sur la première version (qui se retrouve du coup incompatible avec ce nouveau socle).
Nouveauté : à partir du mois d’avril 2008, les TomTom Rider 2nd Edition sont dotés de la dernière version du logiciel TomTom. Les nouvelles fonctionnalités incluent TomTom Map Share, des fonctions de sécurité étendues telles que le menu « Aidez-moi ! », la garantie TomTom de la carte la plus à jour et les cartes Tele Atlas pré-installées d’Europe de l’Ouest et de l’Est. Par ailleurs, les motards peuvent facilement accéder à des statistiques de voyage dédiées. Cela leur permet de voir les moyennes et les pointes de vitesses par trajets, le nombre de kilomètres parcourus ainsi que la distance nécessaire pour rentrer à la maison.
Les usagers qui ont préalablement achetés un Rider 1ère ou 2ème Edition peuvent bénéficier des dernières fonctionnalités logicielles en mettant à jour leur logiciel gratuitement via TomTom Home. Des nouvelles cartes sont disponibles depuis début mai 2008 via TomTom Home.
Dans le boîtier étanche IPX7, un récepteur 20 canaux, avec une bonne sensibilité. Le GPS met un peu de temps à se "connecter" sur les satellites, environ 40 secondes en terrain dégagé, mais une fois qu’il s’est positionné, il garde bien le signal.
Le grand écran tactile, utilisable avec les gants, renvoie une image cartographique très claire, au choix en 2D ou 3D.
Différentes couleurs sont disponibles. La carte peut être personnalisée grâce au mode nocturne optionnel et à différents réglages supplémentaires.
L’entrée des destinations se fait avec l’adresse ou directement depuis la carte, ainsi que la fonction de recherche des POI. C’est vraiment le point fort du Rider, la simplicité et la rapidité d’utilisation.
L’itinéraire à suivre est redonné sur l’écran et également par indication vocale dans l’oreillette: le module du Rider ne possède bien sûr pas de haut-parleur afin de ne pas nuire à l’étanchéité. La fonction audio n’est donc pas disponible en voiture.
Principal point négatif de cet appareil : il n’y a pas de cartographie à installer sur le PC, à l’exception d’un simple programme de sauvegarde. Impossible avec la solution d’origine de préparer un itinéraire, de le sauvegarder, d’en importer ou d’en exporter, pas plus que des points ou des routes. Les trajets avec plusieurs arrêts intermédiaires (48 waypoints au maximum) peuvent être programmés sur l’écran tactile, mais pas aussi confortablement que sur ordinateur à la maison avec un bon logiciel cartographique.
Conséquence, il est impossible de programmer plusieurs itinéraires, de définir une boucle avec des étapes, etc.
Le Rider s’avère un bon GPS pour une utilisation quotidienne, mais pas pour du grand tourisme.
Un utilisateur belge a trouvé une solution en recourant à un logiciel libre de conversion de fichiers GPS, voir les détails sur le site de Thierry Depuydt.
Par ailleurs, il est impossible de désactiver la fonction de recalcul automatique de l’itinéraire si on s’en écarte.
Le Rider va vous demander de faire demi-tour pour passer coûte que coûte par le waypoint que vous avez manqué. Là encore, il existe une solution en installant un logiciel supplémentaire (un add-on) appelé "Skip Waypoint".
Bref, tout est possible, mais pas forcément évident pour l’utilisateur novice…
Autre inconvénient, une autonomie relativement limitée de la batterie lithium-ion interne, estimée à cinq heures en fonctionnement, à moins de connecter le Rider au faisceau électrique de la moto.
Nombre d’utilisateurs dénoncent par ailleurs un produit mal fini et fragile (surtout au niveau du socle et des fixations).
Point fort du Rider, une grande fluidité d’affichage et une bonne simplicité d’utilisation.
C’est ce qui confirme Aurélien, un ami gendarme à qui j’ai confié l’essai longue durée du Tomtom Rider 2.
"Après deux mois d’utilisation intensive quasi quotidienne, je tire les constatations suivantes.
Appareil très simple d’utilisation pour tout type d’utilisateur : le Rider 2 reflète parfaitement l’utilisation et les fonctionnalités des GPS TomTom pour voiture.
Guidage complet, graphismes de bonne qualité. Utilisation accessible malgré les gants. Bonne visibilité de l’écran.
Le Rider reste autonome et fonctionnel pour la durée d’une balade (environ 6 heures).
Jamais une seule erreur de calcul d’itinéraires. Je suis toujours arrivé à destination dans les temps indiqués. Les points d’intérêt sont très pratiques sur cet appareil.
Je pense qu’il a une bonne résistance aux chocs grâce à sa bande en caoutchouc (jamais tombé, mais bon… on n’est jamais a l’abri).
Totalement étanche (utilisé 3 fois sous des trombes d’eau)
Bouton d’allumage et d’extinction pratique en raison de le pression assez forte qu’il faut exercer.
Points faibles
- programmation d’itinéraire : il faut absolument suivre l’itinéraire rentré dans l’appareil. En cas d’erreur, pas de re-calcul de la part de l’appareil, ce qui oblige un arrêt de la moto et une reprogrammation.
- obligation d’arrêt complet de la moto pour accéder à la base des menus ou a une nouvelle entrée GPS, mais bon… question de sécurité sûrement.
- patte de fixation assez faible : une fois installé, le support en métal n’est pas prévu pour un changement de moto (casse du support au bout de trois changements, sans forcer). La matière n’est pas totalement du métal, donc faiblesse au niveau de la patte de fixation.
Pour info, il existe différents produits sur eBay Allemagne à des prix relativement bas: 25 euros pour la patte de fixation et 20 euros pour l’écrou de fixation avec vis intégrée qui permet une fixation esthétique de l’appareil sans encombrement."
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Essai du Garmin Zumo 500
L’américain Garmin, un des pionniers du GPS, est arrivé plus tard que TomTom sur le marché de la moto, mais avec un produit très abouti, notamment sur le multimédia.
Lancés en 2006, les appareils de la gamme Zumo sont proposés en deux versions : le 500 pour la moto seulement et le 550 qui peut aussi être utilisé en voiture (le pack 550 comprend un support voiture avec haut-parleur et câble allume-cigare).
J’ai acheté en 2007 un Zumo 500 neuf sur eBay à 400 euros, soit une économie d’environ 100 euros sur le prix officiel de l’époque.
L’accent est là aussi mis sur la facilité d’utilisation, avec des boutons de commande à gauche et un écran tactile qui fonctionne très bien avec des gants, même épais. Toutefois, il arrive parfois qu’on mette "à côté" en appuyant sur un "bouton" virtuel au lieu d’un autre. Il suffit de revenir en arrière, ça se manipule facilement, mais c’est parfois un peu embêtant en cours de conduite.
Les menus ont été simplifiés par rapport aux GPS auto, de façon à réduire le nombre de manipulations.
Les bandes latérales, au toucher "caoutchouc", intègrent les quatre boutons de commandes manuelles : régler le zoom, le volume ou la luminosité, changer de mode (cartographie, tableau de bord, informations sur le trajet, lecteur MP3 ou téléphone) et gérer les commandes vocales.
Ces boutons de commande s’avèrent eux difficilement manipulables avec de gros gants d’hiver qui gênent la sensibilité.
Pour les fanas du téléphone, la fonction Bluetooth s’avère utile, ne serait-ce qu’en permettant d’afficher le nom de l’appelant (ou son numéro si ce dernier ne figure pas dans le répertoire), ce qui facilite la décision de décrocher ou non.
Le lecteur de carte-mémoire SD intégré permet de partager des itinéraires, mais aussi de visualiser des photos ou d’écouter de la musique (carte non fournie d’origine).
J’y ai mis une carte de 2 Go avec près de 250 chansons et quelques photos, que l’on peut importer en écran d’accueil à la place du logo Garmin.
Côté matériel, un écran large (3,5 pouces, soit 8,89 cm, en résolution 320 x 240 pixels) et lisible même au soleil, une fixation facile sur son support avec vis antivol (pour ne pas se le faire tirer au feu rouge) et code de verrouillage, une batterie autonome suffisante pour une utilisation d’une journée entière: six à sept heures d’autonomie réelle constatée en mode GPS seul, trois heures avec GPS et musique.
Et le tout bien sûr étanche : le Zumo est classé IPX7 (étanche pendant 30 minutes sous 1 mètre d’eau). Il résiste aux grosses pluies, même à haute vitesse, même pendant des heures, et aux projections de poussière, de boue…
Chaque détail a été pensé, comme le cache du contacteur principal, fait d’une seule pièce en caoutchouc et contenant un aimant afin de le fixer sur le support et éviter qu’il flotte au vent.
Une alimentation permanente peut être installée sur le support (câble fourni). Cette installation permet une autonomie infinie (tant que la moto roule) tout en conservant la possibilité d’enlever le Zumo de son support sans rien débrancher.
A noter qu’aucune oreillette Bluetooth n’est fournie d’origine (Garmin réfléchit à en intégrer une, mais ce n’est pas encore fait). Si vous en achetez une, elle peut transmettre le guidage vocal, le téléphone ou la musique.
J’ai choisi le Cardo Scala Rider Q2, facilement détecté et reconnu. Le son est bon, les instructions vocales bien audibles. Côté musique, c’est moins bon, mais je pense que c’est dû à la qualité moyenne des écouteurs du Scala Rider, et non à celle de la transmission Bluetooth.
Seul reproche à émettre sur cette association, le Scala n’est parfois pas reconnu par le Zumo, de façon aléatoire et inexplicable. De temps en temps, genre une fois par mois, il faut refaire l’appairage, ça prend trois minutes.
Il est également possible de brancher un casque filaire sur la prise mini-jack du support du Zumo, mais dans ce cas, vous ne pourrez pas utiliser de téléphone.
L’atout majeur de ce navigateur réside dans le logiciel de navigation MapSource City Navigator Europe NT qui permet de planifier un périple complet devant son PC. Il suffit ensuite de le charger directement dans le GPS via le câble USB ou au moyen d’une carte SD (4 Go maxi).
Le logiciel autorise des itinéraires sur les chemins et sentiers, voire d’ajouter certains contournements, comme les rocades récentes. Il peut être synchronisé avec les images satellites de Google Earth, moyennant un abonnement, ou avec certaines bases de données radars gratuites, disponibles en ligne.
Un outil vraiment pratique pour créer des itinéraires complexes, que l’on peut sauvegarder, partager, envoyer par email, modifier à volonté…
Le Zumo, comme les autres GPS Garmin avec leur logiciel MapSource, possède une fonction "trace", qui permet de sauvegarder en tant qu’itinéraire un trajet que vous venez d’effectuer. Avec 10.000 points de trace enregistrables (un à chaque changement de vecteur), cela permet de sauvegarder des itinéraires de plusieurs centaines de kilomètres, distance variable selon la complexité du trajet.
Parmi les défauts, une certaine lenteur d’affichage, sans doute liée au nombre et à la complexité des infos à afficher (écran couleur).
On peut espérer une amélioration dans une future mise à jour (gratuite) du firmware et du logiciel MapSource. Mais en attendant, il vaut mieux rouler lentement, surtout en ville, pour être certain de ne pas rater une bifurcation.
De l’avis général, il faut d’ailleurs procéder régulièrement aux mises à jour car les premières versions du logiciel contenaient de nombreux bogues. Depuis la version 3.0, la plupart sont résolus.
Petits raffinements, la compatibilité WAAS/EGNOS pour une précision jusqu’à 5 mètres (20 mètres pour le système GPS standard) et la compatibilité avec le système d’informations sur le trafic TMC, dit aussi GTM 12 et 21 (adaptateur en option, abonnement à vie pour 150 euros).
Concrètement, aucune de mes connaissances n’utilise ce dernier système.
Autre détail, une fonction de jauge d’essence (qui déduit votre consommation en fonction de la conso moyenne que vous paramétrez et du kilométrage parcouru), avec une certaine imprécision car la consommation moyenne varie selon le type de parcours.
De plus, une fois qu’on l’a activée (ce n’est pas obligatoire), on ne peut plus la désactiver.
Encore un défaut à régler lors d’une future mise à jour…
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Conclusion : il n’est pas honnête de comparer le TomTom Rider et le Garmin Zumo.
Le Rider est un récepteur GPS totalement autonome, point final.
Le Zumo inclut un ensemble logiciel complet qui permet de préparer ses itinéraires sur son ordinateur, avec une cartographie mise à jour chaque année (pas gratuitement toutefois), l’appareil est prévu pour être connecté aux autres systèmes de la moto (d’alimentation et de communication), les fichiers peuvent être échangés entre motards.
Les deux solutions ne répondent pas aux mêmes besoins. Pour un GPS basique, prenez un TomTom Rider (1 ou 2). Pour un système complet et polyvalent, surtout si vous roulez souvent en groupe, choisissez un Garmin Zumo.
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Essai du Tripy
Tripy (nom de la marque, le produit s’appelle RoadMaster pour le récepteur GPS et RoadTracer pour l’outil logiciel) n’est pas à proprement parler un GPS routier, mais un éditeur et dérouleur de road-books numériques avec suivi par GPS.
Mais tout le monde dit "Tripy" pour désigner lensemble de la solution, puisque les deux produits sont faits pour travailler ensemble et ne peuvent d’ailleurs fonctionner qu’ensemble.
Il n’est absolument pas polyvalent, il ne fonctionne bien que dans le cadre très précis et restrictif de cette utilisation de RB numérique, mais par contre, c’est un outil parfait pour cet usage.
J’ai eu la possibilité de tester le Tripy pendant deux jours lors du rallye Tripy des Experts, dont la première édition s’est tenue autour de Wavre (Belgique) le 14 et 15 avril 2007.
L’appareil est un peu gros, mais présente l’avantage d’un écran tout à fait lisible. La technologie particulière de cet écran sans rétroéclairage fait que son contraste s’adapte automatiquement en fonction de la luminosité ambiante, le rendant toujours lisible. En l’absence de lumière extérieure (de nuit), une petite lampe à diodes vertes (en option) vient s’adapter sur la prise du boîtier. Astuce suprême, elle ne s’allume qu’à partir de 500 mètres du prochain changement de direction, constituant ainsi une fonction d’alerte appréciable.
La particularité du Tripy, c’est son système de "boules-flèches". En gros, le terminal ne vous indique pas la route à proprement parler, mais seulement les carrefours. C’est logique puisque ce sont bien les intersections qui posent problème, là où vous pouvez vous tromper de route. En contrepartie, il est extraordinairement précis dans ses indications. Chaque carrefour est détaillé, la boule-flèche vous indique exactement où aller, ce qui se révèle d’une immense utilité dans les intersections complexes.
Il faut bien noter toutefois que la précision du guidage proposé par le terminal est étroitement fonction du soin qu’aura mis l’utilisateur à préparer le road-book sur son ordinateur. Un RB bâclé en cinq minutes donnera un guidage pourri. Le logiciel Tripy est très détaillé, il permet des raffinements suprêmes, d’ajouter ou de retirer des infos, des dessins, des caractères…
Côté fixation, le boîtier est prévu pour être monté sur un support RAM, donc vaste gamme de solutions adaptées à chaque modèle de moto et scooter.
La solution Tripy s’avère l’outil idéal pour des rallyes, des balades en groupe, des itinéraires touristiques très détailés et complexes, à condition de prendre le temps de bien les préparer.
Pour le reste, puce rapide, ergonomie bien pensée, boîtier étanche, boutons faciles à utiliser, large écran monochrome, batterie autonome de grande capacité (deux jours de fonctionnement continu sans problème), paramétrage individualisé de toutes les fonctions, une communauté d’utilisateurs très active qui partage ses road-books, des développeurs motards proches de leurs clients et passionnés de leur produit.
Inconvénients (mais ils font partie de la philosophie du produit): design simple et un peu "mastoque", écran noir et blanc, pas d’instructions vocales, impossible d’improviser un itinéraire à la volée.
Pour ma part, je le tiens pour un excellent outil, mais trop cher pour une utilisation somme toute très spécialisée.
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Des satellites contre les radars
A une époque où les radars fixes et mobiles fleurissent sur le bord de nos routes comme colchiques dans les prés, l’achat d’un GPS peut se révéler un investissement vite amorti.
Reste à choisir son camp : navigateur GPS généraliste ou simple avertisseur de radars ?
Tous les navigateurs GPS récents (moins de deux ans) proposent en effet une base de POI (« points of interest », ou point d’intérêt) qui peut intégrer les emplacements de radars, surtout fixes.
Sur le Garmin Zumo, vous serez averti de l’imminence d’un radar à la fois par un bandeau rouge sur l’écran et par une série de bips dans l’oreillette.
Avec le TomTom Rider, aucune alerte visuelle, mais des bips audio.
Sur le Tripy RoadMaster, c’est l’opposé : pas de son, mais l’écran clignote et décompte la distance vous séparant du radar.
Outil spécialisé, l’Inforad M-1 (99 euros) est le seul avertisseur radar dédié aux deux-roues : pas d’écran, pas de navigation possible, mais une diode montée au bout d’un bras articulé qui passe du vert au rouge à l’approche de la position d’un radar.
Tous ces dispositifs n’ont d’intérêt que s’ils sont régulièrement et fréquemment mis à jour pour tenir compte des nouvelles implantations de radars (500 par an au cours des cinq prochaines années). Les mises à jour sont gratuites sur le Tripy et l’Inforad. TomTom facture ce service 30 euros par an, comme Garmin si vous utilisez la base Cyclops qui se met à jour toute seule.
Sur les Zumo, vous avez également la possibilité de télécharger vous-même le fichier fourni par le site alerte-gps.com, puis de l’installer par le logiciel gratuit « POI Loader ».
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Plus jamais seul
Une partie de l’intérêt des GPS dédiés à la moto réside dans leur communauté d’utilisateurs.
Les Belges de Tripy l’ont bien compris, qui fédèrent sur leur site web des centaines de clients et leurs « road-books » (itinéraires détaillés) à télécharger gratuitement.
Les Américains de Garmin proposent eux leur service gratuit Zumo Connect, enfin disponible en français à partir d’avril 2008 pour « rechercher, préparer, partager, rouler ».
Quant aux Néerlandais de TomTom, ils ont choisi une approche différente en proposant aux propriétaires de leurs produits Rider de télécharger gratuitement une vingtaine d’itinéraires concoctés par des sociétés ou des motards semi-professionnels, comme ceux de Moto Vadrouilles, GPS Tracks ou Virées Sauvages.
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Pour plus d’informations sur les GPS, lisez le très bon site GPS Passion et ses forums, ou inscrivez-vous sur la liste de diffusion "GPS Moto" de Yahoo Groupes.
http://www.gpspassion.com/fr/default.asp
Pour en savoir plus
http://www.club-gps.com
http://www.gps-tomtom.fr
http://fr.groups.yahoo.com/group/g [...] uto-moto/: comme son nom l’indique, le groupe des utilisateurs de GPS routiers Garmin
http://fr.groups.yahoo.com/group/tomtomgps/: le groupe des propriétaires de TomTom, tous modèles confondus
http://fr.groups.yahoo.com/group/gps-gnss/: pour les spécialistes de la technologie et de la cartographie
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