In Ze Navy II Obsédée textuelle | 19 074 Alors je n'ai pas tout écrit, on m'a prêté main-forte
Vous saurez bien reconnaître les deux aimables plumes en question, qui ont depuis longtemps terminé leur nouvelle, pas comme moi, voilà, enfin j'offre un café à qui me trie ça sans encombre
Et je relirai demain matin, édifiée
Spoiler :
Elle sennuyait, à crier. Elle haletait presque. Elle frissonnait. Cette pitoyable de partie de Scrabble nen finissait pas. Comme la pluie sur le toit de la villa, leau ruisselant le long des vitres blêmes, derrière les rideaux gris, amidonnés de désolation.
Serrée dans sa petite jupe noire, elle sentait sa culotte, noire, agrémentée de dentelle rose, lui rentrer légèrement dans les fesses. Cétait presque aussi désagréable que de faire semblant de sintéresser à ces lettres ridicules, que les deux autres imbéciles sévertuaient à placer le plus judicieusement possible, sur les cases colorées, « Mot compte triple ». Elle pensait à lui. Il allait revenir. Elle tendait loreille. Les talons aiguilles de ses sandales dorées saccrochaient dans les poils synthétiques de la carpette orange. Voilà ce que cétait que davoir une sur abusivement sentimentale. Enfin, tomber amoureuse dun ostréiculteur, soit. Se laisser conter fleurette les pieds dans un parc à huîtres, passe encore. A force de volonté, on peut toujours trouver du chic à une belle paire de bottes en caoutchouc. Mais que Rita, la chérie de la famille, ait définitivement jeté son dévolu sur Steve Pélussin, un trublion nostalgique qui collectionnait les tabourets de vinyle orange et les tasses Mobil en Arcopal à fleurs, ça lui fichait un coup. Elle avala sa salive. Battit des paupières, se força à regarder le chevalet. U, U, U, E, E, S, B. Elle se surprit à chercher ce quelle pourrait bien composer avec ces pauvres lettres. Cinq voyelles, deux consonnes, elle ne laurait pas écrit ainsi. Elle jeta un coup doeil à Pirate. Lové sur son foulard de velours rouge, le bel angora observait la scène de son oeil unique, vert profond. Sa pupille hermétique était fendue, filtrant la lumière crue qui émanait de la lampe halogène. Lautre paupière avait été cousue. Il était altier, fier, et borgne. Abîmé, voilà, comme sa vie à elle. U, U, U, E, E, S, B. Les lettres dansaient dans son esprit, comme pour loccuper à penser à autre chose quà lui. Foutue moquette. SUEE. BUEE. Evidemment, cétait nul. Ce jeu était nul. Ce jeu est nul. Les deux autres la regardèrent. Elle frissonna à nouveau. Lavait-elle dit à voix haute ? Oui, sans doute. Elle se sentit obligée de dire autre chose, comme pour atténuer la portée de sa phrase incongrue : Jai soif. Mon royaume pour un Subway ! sexclama-t-elle. Peine perdue. Ici, on buvait de la gentiane. Les bons jours, avec un doigt de cassis et deux glaçons. Ça lui rappelait sa tante Berthe, ça lui rappelait les jours étranges de son enfance avec Rita, quand leurs parents les laissaient toutes les deux dans le Loiret, aux grandes vacances, et que Berthe les traînait, sauterelles boudeuses exaspérées de déplaisir, à ses tournois de pétanque quotidiens devant la grande salle des fêtes de Pithiviers. Les pépés en short blanc, lodeur des gitanes maïs, les leçons de politique internationale, servies à grands renforts de « Ça ne mange pas de pain ! » des virtuoses du cochonnet, latroce lenteur des après-midi, le temps qui sarrêtait, là, sur le boulodrome écrasé de poussière jaune. Un truc à rendre gérontophobe la plus naïve des Agnès. Le petit chat mourait chaque jour à cinq heures, quand tout ce monde caquetant sagglomérait au comptoir en noyer du Tohu-Bohu. Là, il y avait la patronne, Marcelle, drapée fermement dans sa dignité et son tailleur marron, qui vous mesurait lAvèze en essuyant la dernière goutte avec le petit doigt, son chihuahua poitrinaire coincé sous laisselle gauche. Elle régnait, véloce et impitoyable, sur ses fidèles paroissiens chancelants, rajustait son indéfrisable dun doigt dodu, et se remettait quatre fois par heure du Rouge Baiser fraise avancée en minaudant devant la pompe à bière.
Sacrées façons de grande dame, oui : Rita et Rose, le soir, dans leur chambre derrière la cuisine, passaient des heures à imiter Marcelle, son chien, son maquillage et le fameux coup de la petite goutte. Elles riaient aux larmes : il faut bien ça, quand on semmerde ; cétait sensationnel. Et puis, sagement, parce quelles étaient gentilles, au fond, elles allaient faire la vaisselle et puis descendre la poubelle. Après tout, elles étaient bien mieux là, au bon air, quà Paris 11e, rue des Boulets. Surtout que, de Notre-Dame à Saint-Eustache, de Saint-Julien-le-Pauvre à Saint-Germain-des-Prés, elles avaient arpenté, chaque dimanche, les travées de tout ce que la capitale comptait dédifices gothiques, sous la houlette opiniâtre de leur mère, qui, quand elle ne tenait pas la caisse du commerce familial, se muait en inflexible égérie de Viollet-le-Duc : chapelle, cloître, église, cathédrale, tout était bon pour lélévation de lâme pieuse de sa progéniture. Au moins, à la campagne, on leur foutait presque la paix. Rose repensait à ce dernier été à Pithiviers, celui de leurs 15 ans. Prise dune de ces inexplicables passions juvéniles, elle sétait offert tous les disques des Aphrodites Child et apprenait fiévreusement le grec ancien ; sa sur avait embrassé la cause végétarienne avec un enthousiasme inusité dans cette famille de bouchers-charcutiers de père en fils depuis quatre générations.
Il fallait la voir, Rita, pinailler dans sa salade Stromboli, écartant du bout de la fourchette, loeil abattu, les petits dés de jambon cru comme autant de mines anti-personnel. Alors elle la harcelait, pour jouer : « Allez, je te le mange, ton jambon, mais file-moi donc les bouts davocat, aussi. Et puis la tomate, là. Et puis le maïs, tiens ! Allez, Rita, donne-moi ton coeur de palmier ! Elle lavait même torturée, ce jour dannée bissextile où la famille pouvait fêter lanniversaire du père, le premier 29 février de leur adolescence, elle avait proposé de préparer le repas dominical avec sa sur. Pendant que Rita lavait la salade, épluchait les navets et furetait dans le buffet aux battants en Formica à la recherche du paprika, elle avait couru à la chambre froide de lofficine familiale, et emporté la pièce sombre qui se cachait dans un tiroir tubulaire. Les couteaux et la ficelle à sa droite, elle avait posé le râble de lièvre sur la toile cirée puis lavait fouillé, désossé et habillé en noircissant ses mains dune chair luisante de la chaleur retrouvée. Elle changeait dinstrument plus que nécessaire, et multipliait les bruits de mort assourdie en portant le fer dans la venaison. Rita sefforçait, autant que faire se peut, de paraître hermétique à cette fureur destoc et de taille, mais Rose avait aperçu ces larmes qui roulèrent et arrosèrent avec lhuile les pommes rissolant dans la friteuse. Au dehors, la langueur sèche de ce début dannée 1976 avait chassé le ciel humide de son enfance, et emporterait, quelques mois plus tard, les iris et renoncules qui saluaient au garde-à-vous les grands-parents remontant chaque dimanche lallée à pas lents. Plus tard dans la soirée, il avait fallu consoler le terrible chagrin de la tante Berthe. La vielle dame, en effet, sétait toquée, depuis son veuvage, de cuniculture duveteuse en même temps que de tricot. Chaque printemps, elle tondait tendrement ses pensionnaires aux longues oreilles soyeuses. Sur son rocking-chair, dans la véranda, sous la treille, elle filait avec agilité la laine admirablement poilue, quelle allait teindre, à la veillée, de couleurs acidulées qui ravissaient ses yeux fatigués. Et, tout au long de ses soirées solitaires, elle singéniait à confectionner aux deux surs dadorables petits paletots, des écharpes frangées, de délicats bonnets, de coquettes mitaines. Aussi, quand, à lissue dune carrière lainière bien remplie, lun des rongeurs molletonnés passait larme à gauche, de lassitude, dépuisement ou dembolie pulmonaire, cétait justice dornementer son trépas dune marinade respectueuse des us, aux petits oignons.
Pourtant, le soir du civet et de lacharnement aiguisé et dans doute héréditaire de Rose, Rita, prise dune colère justicière et rendue ivre par la soudaine tempête de neige qui pulvérisait la nuit glaciale, avait ouvert les portes des clapiers, derrière la grange, et rendu leur liberté à tous les petits lapins angora amoureusement élevés par Berthe. Grand bien leur fasse, elles navaient plus jamais remis les pieds à Pithiviers. Elles avaient fini de grandir rive droite, au lycée Hélène-Boucher et puis entre Jussieu et la Sorbonne, commentant, le soir, fort sérieusement, les cours quon leur dispensait, les films quelles avaient vus, recroquevillées sur les sièges défoncés de lAction Christine, puis, à voix plus basse, les empressements furtifs de leurs soupirants qui certes bandaient réglementairement, oui, comme des pendus quoique plus gaiement, mais parvenaient rarement à leurs fins, avec lune comme avec lautre. Il faut dire que les étreintes clandestines sous les portes cochères, le long des quais pas si déserts que ça de la Seine, dans lombre des mâchicoulis de Saint-Médard ou même, comme il arrivait souvent à Rita, qui fréquentait beaucoup lirascible ligne 10, à la faveur dune station prolongée dune rame bondée plongée dans lobscurité dun tunnel entre Cluny et Odéon, étaient peu propices à léclosion une vie sexuelle épanouie. La location dune chambre de bonne commune dotée dun lit deux places mit un terme définitif à leurs soupçons. Non, la turgescence estudiantine ne souffrait nullement de malfaçon, elle avait simplement besoin, comme toutes les autres, dun peu dabandon voire de tranquillité pour sépanouir gracieusement. Et cétait si doux, finalement, de tout partager. Une giclée frappa les portes-fenêtres. Les branches dun rhododendron fouettèrent la vitre. Le vent douest se levait et détacha Rose des péripéties familiales.
Je nai pas de vodka pour le Subway, mais jai du xérès, sourit Rita.
Sur le plateau, on lisait :
D
A
R U T D C A S T O R E S S O R
A
C Ce faisant elle glissa deux E et un S, accompagnés dune lettre blanche, vers la queue du CASTOR.
Pour le X, jutilise un joker, précisa-t-elle.
Steve faisait la moue.
Moi, jdis ça, jdis rien, mais si tu places tes lettres différemment, tu doubles tes points, dit-il en essayant de prendre un ton mi-gouailleur mi-évasif qui lui allait mal.
Elle ladmirait, interrogative. Il composa un SEXE multiplié par sa rencontre avec le CASTOR et doublé par la case adéquate :
S
D E
A X
R U T E
D C A S T O R E S S O R
A
C Steve ! sexclama Rita, qui avait déjà pouffé lorsquil avait débuté la partie en RUT, suivi par le DARD de Rose qui avait fait un effort pour son premier tour, amusée par celui de Steve pour séloigner des habituelles constructions bourgeoises en six lettres.
Ce jeu était toujours aussi nul, mais la partie prenait vraiment une tournure moins monotone quà lhabitude. Elle regarda ses lettres et chercha comment les placer : CUBES. SUEES. BRUES. BUEES. BUSES. BOUSE. Non. Elle avait tort de semballer et elle enviait le pacha fourré qui avait quitté le foulard pour sétirer sur le canapé de velours brun, une patte griffant un coussin replet comme une mimolette.
Steve, triomphant, posa sur le rebord supérieur du jeu deux U qui encadraient un E, le tout précédé dun joker. Cest un Q, les informa-t-il.
Il poussa sa QUEU amputée jusquau RUT : S
D E
A Q U E U X
R U T E
D C A S T O R E S S O R
A
C « QU », cest avec une apostrophe, et cest admis, se justifia Steve demblée.
La QUEU était bien placée, mais peu rémunératrice. Elle fit semblant de sy intéresser : Pourquoi utiliser des jokers qui ne rapportent pas de points pour créer des lettres comme Q et X ?
Rita parut surprise. Voyons, Rose, cest le Scrabble donné par tante Alice !
Non, elle ne connaissait pas le Scrabble de Tante Alice, ou lavait oublié, comme elle avait presque effacé tante Alice de sa mémoire, la pauvre, qui devait leur offrir bon an mal an une dizaine de sacs de fraises Tagada, lorsquelle venait déjeuner le samedi. Enfin, elle avait aussi fait cadeau dun jeu de Scrabble, et pas nimporte quel Scrabble
Oh mais oui, le Scrabble en espéranto ?
oui, Rose, en espéranto, sans Q ni X donc, appuya Rita. Tante Alice et son Scrabble victorien sans Q ni X, ces lettres qui la scrutaient depuis le chevalet, U, U, U, E, E, S, B, la fourrure qui gémissait maintenant en se frottant contre les pieds de Steve, ce jeu qui sentait la lavande poussiéreuse, cette bruine qui nen finissait plus, cette attente, tout ceci était absurde. Insupportable et absurde. Elle approcha la main de son chevalet pour poser une lettre et en finir, elle, la reine de la proscratination, puis sortir fumer une cigarette dans le crachin et ly attendre, lui, quil la retrouve pleine de reproches mouillés et la sèche de sa voix et de ses bras. Absurde.
Un éclair. Elle vida le porte-lettres. Seul rescapé, un U contemplait le jeu depuis le bord de la table :
U
B
U
E S
D S E
A Q U E U X
R U T E
D E C A S T O R E S S O R
A
C DS, on peut, ce ne sont ni des initiales, ni un nom propre, ni un nom commun, cest la DS, prévint-elle. Steve ne disait rien. Il se pencha, laissant glisser vers le tapis sa manche en popeline potiron, fermée par un bouton trapézoïdal en bakélite havane sur lequel, sil eût oublié sappeler Steve Pélussin, il pouvait lire S.P. en lettres mordorées.
Le traître angora quitta les mollets, sauta sur la table et entreprit de mordiller lextrémité de la chemise. Steve lécarta maladroitement, la manchette souvrit et la fermeture brune et or roula sur les sandales de Rose, suivie dune dizaine de petits carrés blancs. Des jokers de Scrabble.
Rita rougit et Steve pâlit. A peine. Elle les revit le jour de leur mariage, à la sortie de léglise, et les coquilles dhuîtres décochées aux mariés par les ostréiculteurs aux cris de : « Pélussin !
Tes oursins !
Ton bernique ! Qui rebique !
Et ton flion !
Ta Madelon !
Doit les voir !
Ce soir ! »
Le grand parapluie noir déployé par Steve avait protégé Rita du traditionnel lancer de bivalves, mais pas Rose, dont le chapeau au décor rose froufrouteux sétait paré de quelques coques grises et nacrées, comme des chaloupes émergeants dun feu de Bengale.
Cétait un symbole important pour Steve et ses collègues, cette pluie et ce riflard, celui de la mer qui apporte richesse et danger, et dont il devait la protéger.
La famille avait trouvé formidable la joyeuse sarabande des collègues de Steve, et son père avait promis à Rose que, le jour de son mariage, il veillerait à la couvrir pareillement dos à moelle. La scène avait même déridé son grand père maternel, dont la face glacée par une récente congestion cérébrale avait été prise brusquement dune hilarité gazeuse, comme une sublimation. Sa vieille bruyère de Saint-Claude, cadeau de ses camarades de régiment, lui en avait même échappé des mains pour rouler au pied des marches, où elle sétait indubitablement brisée en mille éclats désolés. Si Rose y avait vu un signe funeste, le reste de la famille avait feint courtoisement dignorer les conséquences fâcheuses dun cassage de pipe inopiné un jour de noces.
Elle se remémorait maintenant Tante Alice, qui avait tant aimé la harangue de monsieur le curé. La vieille dame sétait empressée, alors quil évoluait au milieu des enfants dhonneur au sortir de la messe, de lui faire remarquer son « regard si bon au porteur de la traîne », un freluquet aux boucles noirs et à lair renfrogné. Peut-être lair quarborait Rose elle-même lorsque, avec ce même curé plus jeune de nombreux printemps, elle apprenait le catéchisme, et quil lui avait fait mimer lentrée de Jésus dans Jérusalem, elle à califourchon sur sa cuisse gauche quil agitait rythmiquement pour figurer le dandinement de lâne divin.
Steve se racla violemment la gorge, enchaîna sur une longue éructation, puis un gargouillis siphonnant. Ces borborygmes incongrus tirèrent Rose de sa torpeur. Mais le ronflement persistait. Non, ce nétait pas Steve, il était occupé à ranger les lettres du Scrabble sous les yeux gentiment réprobateurs de son épouse, et le bruit provenait de lextérieur dailleurs la respiration sifflante et sourde que lon percevait maintenant était bien trop puissante pour provenir des bronches corrodées par liode de ce pauvre Pélussin. Cétait lui. Lui, avec elle. A travers les arabesques dessinées par les gouttes, elle distingua enfin les contours de la Corvette et la silhouette qui sen extrayait, dans le silence minéral revenu.
Elle fila, sans rien dire. Elle attrapa son sac et puis sa cape, dans lentrée, sen drapa. Cétait tout ce qui lui restait de tante Berthe, cet envol fuchsia et poilu, au point de riz, trois longs mois dété et autant dautomne pour offrir à ses épaules encore fières cette chatterie moelleuse qui finissait toujours par venir chatouiller le nez de quelquun. Elle était pieds nus dans ses sandales, il pleuvait toujours, elle referma la porte de derrière, silencieusement. Quand on écrit des romans roses, comme Rose, on redoute toujours la fin des soirées, la fin de la nuit, quand laube marmonne encore, quand lhéroïne enfin sent son cur battre contre la poitrine aimée. La fin des histoires.
Rose ne trébuchait pas, sur les pierres disjointes de lallée. La Corvette luisait, aimable et silencieuse, enfin, comme un dauphin féroce caréné pour tourner dans Mad Max à Tahiti. Il fumait, il la regardait arriver, il souriait. Il tenait sa lettre à la main, celle qui disait : « Jai envie de rouler en bagnole avec toi, fumer des clopes, chanter des trucs, toucher ta bite pendant que tu conduis, rire, te sucer un peu, juste un peu, sourire, me branler, te fourrer les doigts dans la bouche, te regarder conduire, caresser tes poignets, te montrer mes seins, trois secondes, sarrêter dans un routier, faire des clins doeil à la patronne, manger des andouillettes grillées en souriant, les yeux plissés, finir le quincy, et monter à létage, te laisser me trousser, me bouffer le cul, me faire chanter la raie avec ta langue, et menculer, soyeusement, les hanches souples, huilées, comme un beau V8, sur un édredon à fleurs. »
Il caressa sa joue, tout doucement. Elle murmura, dans son cou, quelle aimait lattendre, mais peut-être pas à ce point. Il dit : « Encore le Scrabble, cest ça ? » Elle baissa la tête, juste assez pour la poser sur son épaule. Pour regarder en douce la carrosserie argentée. Un caprice, une coquetterie. Il restait quelques heures avant le matin, la route qui les attendait, le café au comptoir, les cigarettes allumées de tout près, les yeux cernés, les lèvres gonflées, les joues râpeuses, et lédredon du Gai Logis. Elle navait même pas froid, elle ouvrait sa chemise, il respirait fort, le nez dans ses cheveux, avec ses doigts qui la conduisaient là où elle aimait, sans rien dire, en glissant beaucoup parce quon nattendait queux.
Juste avant de sallonger sur le capot, elle vit Rita et Steve, leurs yeux écarquillés derrière les vitres du salon. Loin, tellement. Elle tourna la tête, laccueillit entre ses bras, referma sur eux la cape veloutée, et ses dents sur son épaule.
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Message édité par In Ze Navy II le 26-12-2006 à 02:31:57 ---------------
n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
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