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Quels sont pour vous les trois livres de philo à lire pour un honnête homme ?


 
15.4 %
 273 votes
1.  "La république" de Platon
 
 
6.7 %
 119 votes
2.  "La métaphysique" d'Aristote
 
 
15.7 %
 279 votes
3.  "l'Ethique" de Spinoza
 
 
1.5 %
    27 votes
4.  "Essai de théodicée" de Leibniz
 
 
15.0 %
 266 votes
5.  "Critique de la raison pure" de Kant
 
 
17.8 %
 315 votes
6.  "Par delà le bien et le mal" de Nietzsche
 
 
5.9 %
 105 votes
7.  "L'évolution créatrice" de Bergson
 
 
6.4 %
 113 votes
8.  "Etre et temps" d'Heidegger
 
 
7.5 %
 133 votes
9.  "Qu'est-ce que la philosophie" de Gilles Deleuze
 
 
8.1 %
 144 votes
10.  "Moi, ma vie, mon oeuvre" de obiwan-kenobi
 

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Auteur Sujet :

Philo @ HFR

n°32750971
Profil sup​primé
Posté le 23-12-2012 à 01:24:35  answer
 

Reprise du message précédent :
Spinoza ?

mood
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Posté le 23-12-2012 à 01:24:35  profilanswer
 

n°32752202
rahsaan
Posté le 23-12-2012 à 12:35:57  profilanswer
 

teiris a écrit :

Je sais que ce n'est pas trop le le topic, encore que, mais je recherche quel philosophe (d'avant 1900, peut être d'avant 1800) avait posé comme principe de réduire dieu à une chose inerte et impuissante, sans toutefois nier complètement son existence ?  
 
Je n'ai pas réussi à retrouver, ce dont je me rappelle c'est que Bakounine y a fait référence en lui reprochant de ne pas avoir été au bout de sa réflexion en ne concluant pas à sa non existence.  


 
 
Vous avez cette page sur les lectures de Spinoza par les deux anarchistes Bakounine et Proudhon :  
 
http://www.plusloin.org/refraction [...] olson.html


Message édité par rahsaan le 23-12-2012 à 12:36:12

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°32755359
teiris
Delenda Carthago
Posté le 23-12-2012 à 23:04:10  profilanswer
 

C'est bien cela merci, avec un peu de lecture intéressante même !


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Those who cannot adapt become victims of Evolution
n°32755987
rahsaan
Posté le 24-12-2012 à 00:56:24  profilanswer
 

Oui il y en a une bonne quantité, sur les différentes lectures "matérialistes" de Spinoza.


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n°32860437
leoz
Posté le 05-01-2013 à 12:10:52  profilanswer
 

Auriez-vous des conseils pour entrer dans l’œuvre de M. Castoriadis?

n°32863345
rahsaan
Posté le 05-01-2013 à 18:15:51  profilanswer
 

L'institution imaginaire de la société, ça se lit bien.


Message édité par rahsaan le 05-01-2013 à 19:25:18

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n°32863669
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 05-01-2013 à 18:55:23  profilanswer
 

Je suis assez d'accord, j'aime bien aussi "ce qui fait la grèce"


Message édité par Magicpanda le 05-01-2013 à 18:55:45

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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°32891142
leoz
Posté le 08-01-2013 à 07:41:25  profilanswer
 

Merci à vous deux. Je vais aller voir de ce côté là.

n°32999259
rahsaan
Posté le 17-01-2013 à 14:53:56  profilanswer
 

En direct de la bibliothèque du Saulchoir, chez les Dominicains, en train de lire du Jean Guitton :p
C'est ici que se trouve le fonds documentaire Deleuze... Si on lui avait dit qu'un jour, il se retrouverait entre Clément d'Alexandrie et Saint-Thomas :o :D


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n°32999367
pascal75
Posté le 17-01-2013 à 15:00:48  profilanswer
 

C'est dans le 13e, non ? :o


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GAFA  We are stardust Billion year old carbon We are golden
mood
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Posté le 17-01-2013 à 15:00:48  profilanswer
 

n°32999718
rahsaan
Posté le 17-01-2013 à 15:24:10  profilanswer
 

Exactly.


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n°33242042
rahsaan
Posté le 07-02-2013 à 21:39:52  profilanswer
 

Compte-rendu d'un livre sur Hegel et l'Afrique, de Benoît Okolo Okonda, philosophe du Congo-Kinshasa :  
http://actu-philosophia.com/spip.php?article431
 
Les thèses de Hegel sur l'Afrique, les raisons de ses erreurs, les possibilités de dépassement de la vision ethnocentrique du continent noir.


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n°33284265
leoz
Posté le 12-02-2013 à 10:05:21  profilanswer
 

En suivant vos conseils j'ai acheté et terminé L'institution imaginaire de la société de Castoriadis. J'aimerais poursuivre un peu mes lectures dans un sens précis. A savoir je voudrais m'intéresser aux rapports entre individu et politique. Alors bien sûr, c'est très (trop large). Mais je lance une bouteille à la mer pour savoir ce qu'un tel "sujet" vous évoque. Je suis par exemple en train de regarder un peu du côté de Hobbes et de Rousseau, notamment concernant l’État de Nature.
 
Pour préciser tout de même un peu, je voudrais réfléchir sur la nécessité ou l'absence de nécessité (disons, les conséquences) de comprendre la politique et les "institutions" de la société, quand on les saisit en prenant pour base l'individu (ses besoins qu'on considère naturels etc.) . A l'inverse, je me demande s'il ne faudrait pas plutôt partir de la relation, non pas tant intersubjective, mais disons de la relation en tant que constituant l'individu. Comme le montre si bien Castoriadis (Foucault également), le pouvoir par exemple, besoin de pouvoir qu'on pourrait croire fondamental, "naturel", inné ou je ne sais quoi de ce genre, n'existe qu'en tant que rapport, qu'en tant que relation. Il n'y a pas plus de besoin de pouvoir comme nécessité naturelle que de pouvoir comme principe transcendant.
 
Tout ça, comme vous le voyez, ne saurait même atteindre le statut d'ébauche. Mais je voudrais poursuivre un peu sérieusement et c'est pour cela que je vous demande des conseils de lecture. Je plonge en ce moment dans l'histoire de la philosophie mais je serais aussi tout à fait preneur d'un ouvrage plu récent (je guette aussi un peu, en ce moment, du côté de Michéa). N'hésitez pas à me demander de préciser, je ferai mon possible...
 
Merci d'avance!

n°33291716
Profil sup​primé
Posté le 12-02-2013 à 18:48:58  answer
 

Leo Strauss, Hegel, Marx, Arendt, Walter Benjamin etc.
 
Après, tu prends la page "philosophie politique" de wikipedia, traduis la dans tous les sens, balade toi au gré des liens internes/sources/portails etc. :o

n°33291799
rahsaan
Posté le 12-02-2013 à 18:56:49  profilanswer
 

Je pense à des textes de Descartes et Montaigne, qui tous deux ont critiqué la conception machiavélienne de l’État, comme parfaitement amorale, pur exercice de la force et donc indifférente potentiellement au sort de l'individu. Pour Montaigne, on ne peut justifier le sacrifice de l'individu au nom de la raison d’État. C'est l'acte de naissance de l'individualisme moderne.


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n°33349569
boblion
Posté le 18-02-2013 à 01:40:16  profilanswer
 

Cross topic

rahsaan a écrit :

 

Ce qui me gêne, c'est que je ne vois pas du tout comment tu as pu voir cela dans mes messages.

 

J'ai juste voulu te dire une chose : tu as tort de supposer que Nietzsche aurait admiré le charisme de Hitler et sa capacité à électriser les foules (ou qu'il lui aurait trouvé quoi que ce soit de positif). C'est pourquoi j'ai cité quelques textes qui montrent au contraire toute la répugnance que lui aurait inspiré le personnage.

 

Quant à définir fort et faible, ce sont deux types psychologiques, disons deux types de personnalité. On peut les définir a minima en disant que le fort est celui qui est maître de sa puissance, tandis que le faible est esclave de ses pulsions. Le premier est habité du sentiment qu'il est capable d'exercer sa puissance et de l'accroître (par exemple les grands artistes comme tu l'as dit), et en cela, il inspire ceux qui sont à son contact l'envie de se dépasser ; le second vit dominé par le sentiment lancinant de la perte de maîtrise sur lui-même, et c'est pour cela qu'il est dangereux pour les autres (aujourd'hui on parlerait de manipulateur pervers). Et j'ai bien peur que Soral rentre dans cette seconde catégorie ; raison pour laquelle il est malsain de l'écouter si on ne s'est pas blindé psychologiquement (comme le disait Dworkin à propos de la lecture des auteurs antisémites).


C'est très clinique et moralisateur comme définition... pas très Nietzschéen tout ça. Tu aimes le fromage pasteurisé sinon ?

 

Et maintenant que penses tu de ça ?
C'est le commentaire que Deleuze fait sur la fameuse phrase de Nietzsche que tu n'as visiblement pas bien comprise si tu penses pouvoir l'appliquer quand on parle des rois et des tyrans.

 
Citation :


Ce problème réveille une ancienne polémique, une discussion célèbre entre Calliclès et Socrate. A quel point Nietzsche nous parait proche de Calliclès et Calliclès immédiatement complété par Nietzsche.
Calliclès s'efforce de distinguer la nature de la loi. Il appelle loi tout ce qui sépare une force de ce qu'elle peut. La loi, en ce sens, exprime le triomphe des faibles sur les forts.
Nietzsche ajoute: triomphe de la réaction sur l'action. Est réactif en effet tout ce qui sépare une force; est réactif encore l'état d'une force séparée de ce qu'elle peut. Est active, au contraire, toute force qui va au bout de son pouvoir. Qu'une force aille jusqu'au bout, cela n'est pas une loi, c'est même le contraire de la loi.

 

Socrate répond à Calliclès: il n'y a pas lieu de distinguer la nature et la loi; car si les faibles l'emportent, c'est en tant que tous réunis ils forment une force plus forte que celle du fort; la loi triomphe du point de vue de la nature elle même.

 

Calliclès ne se plaint pas de ne pas avoir été compris, il recommence: l'esclave ne cesse pas d'être un esclave en triomphant; quand les faibles triomphent ce n'est pas en formant une force plus grande, mais en séparant la force de ce qu'elle peut. On ne doit pas comparer les forces abstraitement: la force concrète, du point de vue de la nature, est celle qui va jusqu'aux conséquences dernières, jusqu'au bout de la puissance ou du désir.

 

Socrate objecte une seconde fois: Ce qui compte pour toi Calliclès c'est le plaisir... Tu définis tout bien par le plaisir...

 

On remarquera ce qui se passe entre le sophiste et le dialecticien: de quel côté est la bonne foi, et aussi la rigueur du raisonnement. Calliclès est agressif, mais n'a pas de ressentiment. Il préfère renoncer à parler, il est clair que la première fois Socrate ne comprend pas, et la seconde fois parle d'autre chose; Comment expliquer à Socrate que le "désir" n'est pas l'association d'un plaisir et d'une douleur, douleur de l'éprouver, plaisir de le satisfaire ? Que le plaisir et la douleur sont seulement des réactions, des propriétés des forces réactives, des constats d'adaptation ou d'inadaptation ? Et comment lui faire entendre que les faibles ne composent pas une force plus forte ? Pour une part Socrate n'a pas compris, pour une part il n'a pas écouté: trop animé de ressentiment dialectique et d'esprit de vengeance. Lui, si exigeant pour autrui, si pointilleux quand on lui répond...

 

Pour en revenir à Hitler en te basant sur cette définition il est "fort" car il va au "bout de la puissance" et il se réalise.
Après si tu vois toute sa vie comme la conséquence de son échec de peintre, de sa haine viscérale envers divers groupes et aux humiliations de l'Allemagne suite à la guerre il est "réactif" et donc faible. D'où le paradoxe.

 


Au passage c'est absolument génial la façon dont Deleuze conçoit le plaisir. C'est tellement visionnaire quant on voit comment la biochimie le décrit de nos jours avec les molécules/récepteurs et les stimuli. Il écrit ça en 62.


Message édité par boblion le 18-02-2013 à 01:46:02
n°33349618
rahsaan
Posté le 18-02-2013 à 02:08:38  profilanswer
 

Tu verras que tout le monde ici adore Deleuze, ce n'est pas le problème. Je le lis depuis plus de dix ans avec passion, c'est un auteur évidemment génial, dont chaque page passionne et donner à penser, même quand - et ici c'est le cas - il se trompe.  
 
Dans le passage que tu cites, Deleuze se sert du couple d'opposition forces actives / forces réactives, qu'il utilise dans tout le livre, en l'illustrant par le dialogue qui termine le Gorgias. Or, tel qu'il emploie ces notions, Deleuze tend à reformer une opposition dualiste, là où Nietzsche dénonce par avance les oppositions absolues de valeurs (vrai/faux, bien/mal notamment). Dans la logique de la volonté de puissance, il ne saurait y avoir des forces en soi de natures opposées. N. ne parle pas de forces qui seraient par nature actives, ou par nature réactives. Même une force réactive est encore active à sa façon ; même le faible, en exerçant une puissance, parvient à un certain sentiment de puissance, de volupté, même détournée.  
La logique de l'opposition actif/réactif n'est pas si différente de l'opposition bien/mal.
 
Si on reprend le passage que tu cites, Deleuze joue sur l'opposition loi/nature, avec l'équivalence nature = force, loi = mutilation de la force. Or, qu'est-ce qui peut séparer une force de sa puissance propre ? Rien d'autre qu'une autre force. Il faut donc bien que la "loi" soit elle-même une force, d'une nature en réalité semblable à ce qu'elle combat. Or, Deleuze ne précise pas comment la "loi" parviendrait à mutiler une "force". Il fait comme si les deux s'opposaient, alors que nature et loi ne sont que deux configurations de forces différentes.
 
Il découlerait de la lecture de Deleuze que les "forts" et les "faibles" seraient des hommes de nature opposées. Mais Nietzsche, après les avoir bien distingués, s'efforce aussitôt de prévenir la mise en place d'une nouvelle opposition, en montrant 1) que ces termes sont relatifs les uns aux autres, qu'ils ne désignent pas des absolus, et ceci parce que 2) les forts ont aussi leurs faiblesses propres et les faibles leurs forces à eux, de sorte que 3) un individu peut tenir des deux, et que 4) les hiérarchies de valeurs ne sont jamais stables.    
Il arrive ainsi à Nietzsche de se moquer de la balourdise des "forts", de leur stupidité de dominants installés, qui ne voient plus venir la menace, et de reconnaître en même temps la finesse d'esprit des "faibles", qui en viennent à se rendre plus forts que les forts par la ruse.  
Tu peux lire le paragraphe "Anti-Darwin" (Crépuscule des idoles, "flâneries inactuelles", 14) qui explique cela sous forme très condensée.  
 
Pour revenir à la relation Calliclès/Nietzsche, je crois qu'ils peuvent sembler proches sur un point, c'est cette conception "débordante", "exubérante" du désir, qui s'oppose au moralisme lénifiant de Socrate (toujours faire preuve de mesure etc.) Seulement, Nietzsche ne cesse de dénoncer comme une faiblesse l'incapacité à se maîtriser, la propension à agir de manière spontanée, brutale, irréfléchie. Il parle de cette lourdeur des gens qui ne peuvent pas s'empêcher d'agir, du gaspillage de ceux qui ne peuvent agir et vouloir sur le long terme etc. Or, c'est tout de même bien le genre de vie que propose Calliclès : un gaspillage en vain (il accepte la métaphore de Socrate de celui qui remplit sans arrêt des vases qui débordent).  
N. est tout de même un philosophe, pas un apologue de la tyrannie, et c'est pourquoi il défend la maîtrise de soi : la capacité à se fixer un but, une perspective, des limites, bref une discipline de vie. Il ne cesse de combattre ce laisser-aller auquel nous convie Calliclès (désirer tout le temps et le plus possible, sans aucune limite). N. défend en fait ce que Yannis Constantidinès aime appeler "la maîtrise dans l'excès". L'expression me paraît juste : elle renvoie à cet excès qu'incarne Calliclès mais elle ajoute ce qui manque au tyrannique sophiste : tout simplement la capacité à définir ce que l'on veut.


Message édité par rahsaan le 18-02-2013 à 02:27:39

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n°33354280
boblion
Posté le 18-02-2013 à 15:05:53  profilanswer
 

Citation :


Dans le passage que tu cites, Deleuze se sert du couple d'opposition forces actives / forces réactives, qu'il utilise dans tout le livre, en l'illustrant par le dialogue qui termine le Gorgias. Or, tel qu'il emploie ces notions, Deleuze tend à reformer une opposition dualiste, là où Nietzsche dénonce par avance les oppositions absolues de valeurs (vrai/faux, bien/mal notamment). Dans la logique de la volonté de puissance, il ne saurait y avoir des forces en soi de natures opposées. N. ne parle pas de forces qui seraient par nature actives, ou par nature réactives. Même une force réactive est encore active à sa façon ; même le faible, en exerçant une puissance, parvient à un certain sentiment de puissance, de volupté, même détournée.
La logique de l'opposition actif/réactif n'est pas si différente de l'opposition bien/mal.


Je ne vois pas en quoi Deleuze se méprendrait sur Nietzsche. Je ne vois pas en quoi non plus Nietzsche nierait toute forme du dualisme. Ce n'est pas parce qu'il a mis en lumière les origine du bien et du mal (et donc de la morale) qu'il en nie l'intérêt. Parce qu'en matière de penseur dualiste, Nietzsche est tout de même le champion. Fort/faible, noble/vil, homme/femme, ubermensch/dernier homme, lion/serpent etc... toute sa pensée est construite autour d'oppositions radicales. Que tu ne comprennes pas ce que Deleuze tente d'expliquer je veux bien te le pardonner, Socrate n'a après tout jamais compris ce dont lui parlaient les sophistes. Que tu cherches cependant à travestir ce que Nietzsche a pu écrire et à détourner sa pensée pour te l'approprier je trouve ça détestable.

 
Citation :


Si on reprend le passage que tu cites, Deleuze joue sur l'opposition loi/nature, avec l'équivalence nature = force, loi = mutilation de la force. Or, qu'est-ce qui peut séparer une force de sa puissance propre ? Rien d'autre qu'une autre force. Il faut donc bien que la "loi" soit elle-même une force, d'une nature en réalité semblable à ce qu'elle combat. Or, Deleuze ne précise pas comment la "loi" parviendrait à mutiler une "force". Il fait comme si les deux s'opposaient, alors que nature et loi ne sont que deux configurations de forces différentes.


C'est justement le sens de la remarque de Calliclès "l'esclave ne cesse pas d'être un esclave en triomphant". La loi qui est l'émanation des compromis juridiques de la cité a donc le potentiel de mutiler le fort et l'audacieux. Bien évidemment quand on parle de loi ici, il s'agit dans un contexte pluraliste et plus ou moins démocratique. Les lois dans une tyrannie étant elles l'incarnation de la volonté du fort et ne résultant pas d'un compromis vers le bas.

 
Citation :


Il découlerait de la lecture de Deleuze que les "forts" et les "faibles" seraient des hommes de nature opposées. Mais Nietzsche, après les avoir bien distingués, s'efforce aussitôt de prévenir la mise en place d'une nouvelle opposition, en montrant 1) que ces termes sont relatifs les uns aux autres, qu'ils ne désignent pas des absolus, et ceci parce que 2) les forts ont aussi leurs faiblesses propres et les faibles leurs forces à eux, de sorte que 3) un individu peut tenir des deux, et que 4) les hiérarchies de valeurs ne sont jamais stables.  
Il arrive ainsi à Nietzsche de se moquer de la balourdise des "forts", de leur stupidité de dominants installés, qui ne voient plus venir la menace, et de reconnaître en même temps la finesse d'esprit des "faibles", qui en viennent à se rendre plus forts que les forts par la ruse.
Tu peux lire le paragraphe "Anti-Darwin" (Crépuscule des idoles, "flâneries inactuelles", 14) qui explique cela sous forme très condensée.


Que le fort puisse s'affaiblir est une évidence que Calliclès et Deleuze n'ont jamais nié. Que faible et fort s'opposent c'est un fait mais ce n'est pas quelque chose d'immuable, la vie d'un homme n'en est elle pas la preuve ? Il nait faible et meurt faible mais entre temps il peut avoir la chance de devenir fort en se réalisant. L'homme est comme un arbre qui placé dans les bonnes conditions va grandir et atteindre sa maturité avant de dépérir irrémédiablement... malheur par contre à la graine tombée dans un coin éternellement à l'ombre et balayé par les vents. L'arbre rachitique et tordu a qui elle donnera naissance ne pourra avoir que de la jalousie ou de l'admiration vis à vis d'un beau chêne.

 
Citation :

 
Pour revenir à la relation Calliclès/Nietzsche, je crois qu'ils peuvent sembler proches sur un point, c'est cette conception "débordante", "exubérante" du désir, qui s'oppose au moralisme lénifiant de Socrate (toujours faire preuve de mesure etc.) Seulement, Nietzsche ne cesse de dénoncer comme une faiblesse l'incapacité à se maîtriser, la propension à agir de manière spontanée, brutale, irréfléchie. Il parle de cette lourdeur des gens qui ne peuvent pas s'empêcher d'agir, du gaspillage de ceux qui ne peuvent agir et vouloir sur le long terme etc. Or, c'est tout de même bien le genre de vie que propose Calliclès : un gaspillage en vain (il accepte la métaphore de Socrate de celui qui remplit sans arrêt des vases qui débordent).


Il faut faire très attention quand on cherche à démontrer d'éventuelles différences entre Calliclès et Nietzsche. D'une part Calliclès est peut être une synthèse de différents sophistes de l'époque voire même un personnage fictif, volontairement caricaturé à outrance par Socrate puis Platon. Il faut donc rendre hommage à Nietzsche et Deleuze pour avoir pris sa défense. De plus contrairement à ce que tu laisses croire je ne vois pas en quoi Calliclès est l'esclave de ses passions. Aimer les femmes et le vin par exemple ne va pas forcement empêcher d'avoir ses propres priorités. Il faudrait prendre garde à ne pas caricaturer Calliclès pour le faire passer pour plus bête qu'il n'est (et vu qui nous a transmis ces dialogues j'ai quelques soupçons). De toute façon en ultime recours la nature sera toujours là pour mettre fin aux excès. Je te laisse imaginer le destin d'un esclave de la boisson ou d'un coureur de jupons invétéré, tout "fort" qu'il soit.

 

Pour ce qui est de la métaphore des vases qui débordent ou fuient et qu'il faut remplir en permanence, Calliclès ne fait que démontrer qu'il a compris ce qu'était la vie contrairement à l'empoisonneur insidieux qu'est Socrate qui veut lui la nier. Ne passe t'on pas notre vie à remplir nos poumons et à expirer ? A nous nourrir et à boire puis à faire nos besoins ? A dormir pour ensuite nous réveiller ? Socrate lui souhaiterait une état idéal de satiété permanente où l'homme n'aurait ni fatigue, ni appétit, ni désir sexuel. Quelle tristesse, on n'est pas loin du nirvana bouddhiste que Nietzsche a critiqué si durement.
Socrate n'était qu'un lointain ancêtre des fumeurs d'opium.

 
Citation :


N. est tout de même un philosophe, pas un apologue de la tyrannie, et c'est pourquoi il défend la maîtrise de soi : la capacité à se fixer un but, une perspective, des limites, bref une discipline de vie. Il ne cesse de combattre ce laisser-aller auquel nous convie Calliclès (désirer tout le temps et le plus possible, sans aucune limite). N. défend en fait ce que Yannis Constantidinès aime appeler "la maîtrise dans l'excès". L'expression me paraît juste : elle renvoie à cet excès qu'incarne Calliclès mais elle ajoute ce qui manque au tyrannique sophiste : tout simplement la capacité à définir ce que l'on veut.


Ma remarque initiale était justement de ne pas faire de Nietzsche un vulgaire apologue de la tyrannie, attitude servile par excellence. Je faisais cependant remarquer qu'entre servir d'esclave au tyran et vouloir le faire passer pour un faible dominé par ses passions il y a une énorme différence.
Enfin pour le jugement que tu portes sur Calliclès, au delà des possibles caricatures il faut aussi comprendre que la société dans laquelle il a vécu permettait beaucoup plus et que ce que tu interprètes comme d'insupportables excès ne posait aucun problème à Calliclès lui même (On ne sait pas ce qu'il est advenu de lui d'ailleurs). Là encore la nature sait très bien nous punir dans nos excès. La loi elle vient se rajouter après.
Socrate est mort de son propre poison alors que Calliclès a peut être fini ses jours dans son lit.

Message cité 1 fois
Message édité par boblion le 18-02-2013 à 15:16:11
n°33354642
bronislas
Posté le 18-02-2013 à 15:31:08  profilanswer
 

boblion a écrit :

Je ne vois pas en quoi Deleuze se méprendrait sur Nietzsche.


Pour ma part, Rahsaan, j'ai arrêté là. Je te conseille de faire de même.


---------------
Librarything|Last.fm|RYM
n°33356889
rahsaan
Posté le 18-02-2013 à 18:38:12  profilanswer
 

bronislas a écrit :


Pour ma part, Rahsaan, j'ai arrêté là. Je te conseille de faire de même.


 
:D
 
Sinon, pour répondre à boblion :  
 
1) Socrate n'est pas si ascète que tu le dis. Dès le début du Philèbe, il reconnaît qu'une vie d'intelligence pure n'est pas désirable. Il faut aussi du plaisir. Socrate ne correspond pas à la caricature qu'en présente sciemment Nietzsche.  
 
2) Les lois dans la tyrannie ne sont pas l'émanation de la volonté d'un "fort". Un tyran - les analystes classiques de la politique l'ont toujours noté (voir par exemple La Boétie) - est le dirigeant le plus menacé, celui dont le pouvoir est paradoxalement le plus fragile, car il ne s'inscrit pas dans la durée. Il n'inspire pas de respect, il est illégitime aux yeux de tous, il ne s'exerce que par la peur et la violence. Le tyran peut donc être trahi par n'importe quel membre de son entourage qui voudra prendre sa place. Le tyran vit donc dans la peur permanente d'être trahi, car même un membre de sa garde rapprochée peut vouloir l'assassiner (il est après tout le mieux placé pour cela).  
Il n'y a donc pas de sens à dire que dans la tyrannie le pouvoir qui s'impose serait celui du fort. C'est tout le contraire. Encore une fois, fort ne désigne pas la qualité de celui qui a la capacité de tyranniser les autres.  
 
Ce n'est pas pour rien que Platon, déjà, montre que la tyrannie n'advient qu'au dernier degré de décomposition de l'ordre social, quand l'édifice est tellement menacé que seules des mesures brutales peuvent le conserver un minimum en l’état.
 
 
 
2) Il est vrai que Nietzsche emploie sans arrêt toutes sortes de couples d'opposés : bien/mal, vrai/faux, noble/ignoble, éternel/éphémère etc. Mais il ne les emploie pas sans les critiquer à chaque fois radicalement. Là où Hegel propose à chaque fois un dépassement réconciliateur, dans une synthèse supérieure qui englobe les opposés en une unité plus haute, Nietzsche conteste dès le départ le bien-fondé des oppositions systématiques. C'est pourquoi tu verras qu'à chaque fois, il commence a) par redéfinir ces couples (ex : vérité et erreur ne sont pas des valeurs en soi mais des perspectives présentant un intérêt vital), puis b) il montre pourquoi leur opposition n'est pas si tranchée (la vérité n'est qu'un genre d'erreur particulier) et enfin c) il ré-élabore la valeur de cette opposition selon la logique de la volonté de puissance (vérité et mensonges comme moyens d'intensification de la vie).  
 
Sur ce point, il faut dire que Deleuze a de mieux en mieux su tirer les leçons de Nietzsche, surtout dans Mille Plateaux, je trouve, où se déploient là aussi une quantité incroyables de couples d'opposés (État/nomades, espace lisse/espace strié, molaire/moléculaire) dont on montre très rapidement comment chaque terme peut facilement se retourner en l'autre (la ligne de fuite se mue en ligne de mort) ou passer des alliances inattendues avec lui (l’État s'accapare la machine de guerre nomade).


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°33356999
boblion
Posté le 18-02-2013 à 18:51:27  profilanswer
 

bronislas a écrit :


Pour ma part, Rahsaan, j'ai arrêté là. Je te conseille de faire de même.

 

Et toi tu as tout compris à Nietzsche et à Deleuze j'imagine. C'est bien ça ? Laisse moi rire.

 

Intéressez vous à l'histoire et à la politique pour voir comment les choses marchent en vrai dans ce bas monde au lieu de prendre vos désirs pour des réalités. Même dans nos "démocraties" il y a des plus forts, des coups tordus et des mensonges et vous aurez beau vous réfugier derrière votre servitude volontaire à la philosophie (je veux dire par là l'histoire des idées et écoles philosophiques, parce que dans le fond vous fonctionnez comme des collectionneurs) ça n'y changera rien. Au mieux ça vous fera obtenir un poste dans un beau lycée Parisien si vous êtes dociles.

 

On commence à avoir suffisamment de recul pour voir qui de Socrate ou des sophistes avait raison et c'est pas près de changer. Après libre à vous de vouloir médicaliser tous les dictateurs pour vous rassurer. C'est pas ça qui les empêche de prendre le pouvoir quand l'opportunité apparait. Moi je préfère lire Nietzsche jusqu'au bout et le prendre très au sérieux, ça me permet de faire l'économie du tube de pommade moralisante pour la vie de tous les jours.

Message cité 1 fois
Message édité par boblion le 18-02-2013 à 18:57:12
n°33357354
bronislas
Posté le 18-02-2013 à 19:29:44  profilanswer
 

boblion a écrit :


 
Et toi tu as tout compris à Nietzsche et à Deleuze j'imagine. C'est bien ça ? Laisse moi rire.
 
Intéressez vous à l'histoire et à la politique pour voir comment les choses marchent en vrai dans ce bas monde au lieu de prendre vos désirs pour des réalités. Même dans nos "démocraties" il y a des plus forts, des coups tordus et des mensonges et vous aurez beau vous réfugier derrière votre servitude volontaire à la philosophie (je veux dire par là l'histoire des idées et écoles philosophiques, parce que dans le fond vous fonctionnez comme des collectionneurs) ça n'y changera rien. Au mieux ça vous fera obtenir un poste dans un beau lycée Parisien si vous êtes dociles.
 
On commence à avoir suffisamment de recul pour voir qui de Socrate ou des sophistes avait raison et c'est pas près de changer. Après libre à vous de vouloir médicaliser tous les dictateurs pour vous rassurer. C'est pas ça qui les empêche de prendre le pouvoir quand l'opportunité apparait. Moi je préfère lire Nietzsche jusqu'au bout et le prendre très au sérieux, ça me permet de faire l'économie du tube de pommade moralisante pour la vie de tous les jours.


 
Je suis professeur d'histoire, je ne lis que de la philosophie politique et j'enseigne dans un collège de ZEP. Arrête ton bullshit et ta posture rebelle cinq minutes. Pose ton Deleuze de mauvais goût. Nietzsche ce n'est pas un philosophe du politique et passé dix-sept ans, la crise de nietzschéisme c'est comme quand on fait encore pipi au lit à huit ans, ça devient inquiétant. Attaque papa Hegel, Hobbes, Strauss, Schmitt voire dans la question qui vous intéresse, plus particulièrement Kojève. Le ton est un peu désagréable, mais te lire m'a pris deux minutes, et je sais pertinemment bien que Dieu ne me les rendra pas. Je ne répondrai pas aux fois suivantes.


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n°33359167
boblion
Posté le 18-02-2013 à 21:48:02  profilanswer
 

Un prof ? Quelle surprise ! C'est pas comme si je t'avais senti venir à trois lieues hein.
Toi l'expert tu dois surement savoir que Nietzsche a vite laissé tomber sa chaire de philologie mais bon c'était surement un ado attardé qui faisait encore dans ses couches j'imagine.
Alors oui effectivement il n'y a pas de dialogue possible avec un récitateur qui distribue les bons et les mauvais points à des penseurs qui le dépassent.

 

Tu n'as absolument rien compris à ce que je disais. Comme si s'efforcer de penser amoralement (la seule façon de comprendre vraiment le monde) était comparable avec la crise d'adolescence. En attendant je te laisse empoisonner la jeunesse, il doit t'en falloir du courage avec tes collégiens de ZEP. J'espère juste que tu n'en retrouveras pas un quelques années plus tard au volant d'une voiture volée car ça serait trop triste pour toi.

 

P-S: Quant aux suggestions du type Schmitt non merci j'ai assez donné ! Pourquoi pas Haushofer tant qu'on y est. C'est justement ce type de personnage qui a servi les nazis et qui en a été très mal remercié. Des idiots utiles et une vague caution intellectuelle en somme. C'est bien beau d'être un des penseurs officiels d'un régime mais le poste est assez précaire si tu vois ce que je veux dire... plus que dans l'Ed Nat !


Message édité par boblion le 18-02-2013 à 21:53:14
n°33364372
rahsaan
Posté le 19-02-2013 à 11:21:54  profilanswer
 

Présentation d'un commentaire récent du Sophiste de Platon :
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article428
 
L'occasion de présenter dans ses grandes lignes l'une des oeuvres les plus magistrales de Platon :o


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n°33484831
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 02-03-2013 à 05:50:52  profilanswer
 

bronislas a écrit :


 
Je suis professeur d'histoire, je ne lis que de la philosophie politique et j'enseigne dans un collège de ZEP. Arrête ton bullshit et ta posture rebelle cinq minutes. Pose ton Deleuze de mauvais goût. Nietzsche ce n'est pas un philosophe du politique et passé dix-sept ans, la crise de nietzschéisme c'est comme quand on fait encore pipi au lit à huit ans, ça devient inquiétant. Attaque papa Hegel, Hobbes, Strauss, Schmitt voire dans la question qui vous intéresse, plus particulièrement Kojève. Le ton est un peu désagréable, mais te lire m'a pris deux minutes, et je sais pertinemment bien que Dieu ne me les rendra pas. Je ne répondrai pas aux fois suivantes.


 
 
tellement previsible :D


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°33485244
rahsaan
Posté le 02-03-2013 à 10:36:05  profilanswer
 


 
 
Il faudrait que tu lises Durée et simultanéité, son dialogue avec Einstein, mais c'est un livre très difficile.
Après, je peux retrouver des notes de lecture que j'avais faites à la BNF sur Bergson, je dois avoir des choses dedans.


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n°33485687
rahsaan
Posté le 02-03-2013 à 11:55:25  profilanswer
 


 
Ok, je vais aller farfouiller dans mes notes et te faire un aperçu de cela :o


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n°33520527
rahsaan
Posté le 05-03-2013 à 20:54:58  profilanswer
 

Quelques éléments sur Bergson au regard de la science contemporaine :  
 
La mémoire. Pour B, la mémoire ne constitue pas une faculté spéciale. D'une part, le but de la mémoire n'est pas principalement de se souvenir, de faire revenir les souvenirs disparus. La mémoire n'est pas remémoration. Elle est d'abord tri, sélection. Le cerveau ne sert pas à "stocker" les souvenirs mais à leur faire barrage, et à ne laisser revenir que ceux qui sont utiles au présent. Le souvenir se crée en même temps que la perception présente, mais il n'est aperçu comme souvenir que lorsqu'il revient par après.  
La mémoire fonctionne en permanence, ce pourquoi elle n'est pas une faculté particulière. B. défend l'idée qu'il existe une mémoire pure, intensive, qualitative, uniquement virtuelle et immatérielle, en droit indépendante de tout support matériel. Le cerveau, en tant qu'organe, n'existe que pour permettre de filtrer ces souvenirs purs et les mettre en contact avec l'expérience présente. C'est l'image du cône : sa pointe touche le plan de l'expérience et plus on remonte vers sa base, plus on remonte dans des souvenirs diffus et détachés de l'action actuelle.
 
Les études neurologiques contemporaines n'acceptent pas cette idée de mémoire pure. La mémoire est localisée dans des zones du cerveau. S'il y a lésion de ces zones, certains souvenirs sont perdus pour de bon. B. n'ignorait évidemment pas ces cas de lésions cérébrales, et étudiait avec soin les cas de trouble de la mémoire (amnésie ou hypermnésie) mais il voulait seulement dire que la mémoire "fonctionne" en permanence et qu'elle n'est pas orientée vers la contemplation désintéressée des choses mais vers l'action.  
 
 
Dans d'autres domaines, B. peut interpeller les scientifiques :  
- Les théories de L'évolution créatrice face au néo-darwinisme (Stephen Jay Gould, Dawkins...). B. maintient une finalité à l'oeuvre dans le vivant qui est un élan lancé à travers la matière.  
 
- La critique bergsonienne de la conscience comme simple épiphénomène cérébral, phosphorescence périphérique. B. montre que l'idée d'un parallélisme mental/cérébral repose sur une métaphysique inaperçue, dont la formulation la plus claire se trouve chez Spinoza : l'ordre et l'enchaînement des effets sous l'attribut pensée est le même que l'ordre et l'enchaînement sous l'attribut étendue. Les théories contemporaines du mind and body diraient qu'à tout événement mental correspond un événement cérébral, sans qu'on puisse faire de lien de cause entre les deux (monisme anomal de Davidson).
B. défend l'idée qu'il y a plus dans la conscience que dans le cerveau. Même si nous pouvions observer avec précision le cerveau (recherches de Changeux sur les neurones) nous n'aurions pas idée de ce qui se passe dans la tête du sujet observé, de tout ce qu'il perçoit et ressent. Nous n'aurions au mieux qu'un théâtre d'ombres.  
 
- Sur la physique proprement dite : B. critique la compréhension du vivant à partir de l'inerte, comme simple causalité mécanique. Et par ailleurs, B. critique la non-prise en compte du facteur temps par la physique. Les lois de l'univers resteraient les mêmes si les événements se déroulaient deux fois plus vite ou plus lentement. Les sciences, selon B., ne savent pas prendre en compte la durée réelle du monde. Elles se contentent de mesurer le temps, mais elles ne rendent pas compte du fait que le temps suppose une attente, une épaisseur de durée où les choses sont en permanence en train de se faire, et qui ne se réduit pas à une quantité donnée.  
Dernier reproche sur la physique : les opérations y sont toutes données pour réversibles. Un état étant donné, on peut prévoir le suivant ou remonter au précédent (mécanisme). Or, pour B., durée signifie irreversibilité (on ne peut revenir en arrière) et nouveauté (ce qui arrive est imprévisible car original, inédit).  
Contre la science de son temps, B. défend l'idée qu'il y a une histoire de la nature (et non la sempiternelle répétition du même) et même une histoire de l'univers.  
Il faudrait voir dans quelle mesure les sciences actuelles ont intégré ces changements épistémologiques.  
Les héritiers directs ou indirects de Bergson (Bachelard, Canguilhem, critiques envers B. mais héritant de ses questions) ont sans doute oeuvré dans ce sens : sortir d'une science fixiste, faisant de l'immobile son modèle. Voir aussi les travaux de Prigogine et Stengers, qui citent favorablement Bergson.
 
Les sciences contemporaines ne retiennent pas tout l'aspect spiritualiste de Bergson (la spéculation philosophique comme absolu, l'élan vital d'origine divine etc.) mais ont retenu son "mobilisme" (le monde n'est pas tout fait, la science non plus : il n'y a pas de Système définitif du savoir, contrairement à ce que voulaient les positivistes).


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n°33525642
rahsaan
Posté le 06-03-2013 à 10:49:22  profilanswer
 


 
Parce que la mémoire est localisée dans le cerveau. Les neurologues ne pourraient rien dire d'une mémoire immatérielle, "pure".


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n°33548346
bronislas
Posté le 08-03-2013 à 06:24:02  profilanswer
 

Magicpanda a écrit :

tellement previsible :D


Ah ? Je n'ai jamais rencontré d'historien qui connaissait Kojève, même de nom. Par contre Fukuyama, c'est une autre histoire...


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Librarything|Last.fm|RYM
n°33611374
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 13-03-2013 à 17:43:23  profilanswer
 

Sur l'émergence de la figure du savant humaniste, lors de la Renaissance, un beau tableau de Jacopo Barbari, "Luca Pacioli avec un élève" (1495),  
 
http://www.apprendre-en-ligne.net/blog/images/LucaPacioli.jpg
 
avec le mathématicien italien,  
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Luca_Pacioli
 
qui étudie le livre d'Euclide, Les éléments, avec deux cristaux, l'un icosahexaèdre (ouf !),  
 
http://publimath.irem.univ-mrs.fr/glossaire/IC002.htm
 
et un dodécaèdre qui repose sur la Somme mathématique et géométrique de Pacioli, qui a été édité à Venise, en 1494. Il est considéré comme l'inventeur de la comptabilité à partie double, qui illustre les besoins qu'avaient la classe des marchands et des financiers pour contrôler leurs affaires.
Il est intéressant de noter la recherche de réalisme, très loin de la stylisation du gothique international, qui ouvre vers la sécularisation du monde.
 
A noter que 20 avant, Antonello de Messine avait aussi peint un Saint-Jérôme dans son bureau de travail, ode au travail intellectuel.
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint [...] Messine%29
 
Il est frappant de voir que l'humanisme éclate chez les peintres de la Renaissance italienne et flamande.

Message cité 1 fois
Message édité par Tietie006 le 13-03-2013 à 18:09:39

---------------
L'arrière-train sifflera trois fois.
n°33615313
rahsaan
Posté le 13-03-2013 à 22:46:05  profilanswer
 

Sympa :)  
 
Si tu connais d'autres tableaux à commenter, volontiers ;)


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n°33616845
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 14-03-2013 à 07:10:49  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Sympa :)  
 
Si tu connais d'autres tableaux à commenter, volontiers ;)


 
Je suis en plein dedans ... :D Je classe par thème, là j'en suis aux annonciations. Un portrait du christ que je trouve stupéfiant, de 1475, par Antonello de Messine, intitulé Ecce Homo :
 
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/Antonello_da_Messina_004.jpg/220px-Antonello_da_Messina_004.jpg
 


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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°33626769
gnarky
Sac à puces
Posté le 14-03-2013 à 19:38:25  profilanswer
 

Bonjour, je viens poser mon [:drapal] sur le topic :) Je ne vais surement pas participer au topic, mais j'ai pas envie de lurker caché dans le noir donc je me présente.
 
J'ai repris mes études pour faire un master en sciences sociales, et je me promène de livre en livre dans la discipline. Comme je n'ai pas trouvé de topic sociologie je viens m'installer ici (la lecture des 2 ou 3 dernières pages a attiser ma curiosité). J'ai envie depuis des années de me plonger dans la philosophie, et les sciences sociales m'ont offert quelques points d'entrée, grâce à des auteurs qui mêlent philo et sociologie. De tête, je pense Marx, Lefebvre, Adorno ou Foucault... Et puis le cinéphile que je suis a voulu gouter à Deleuze, mais j'ai attrapé froid. Comme j'ai fait mon cursus en études chinoises, j'ai tout de même lu quelques classiques (j'aime beaucoup le Zhuangzi, ne serait-ce pour sa perpétuelle incertitude) et j'ai suivi quelques excellents séminaires de "pensée chinoise".
 
Enfin bon.  
Salut tout le monde quoi!

n°33626842
rahsaan
Posté le 14-03-2013 à 19:46:23  profilanswer
 

Je suis aussi dans la socio ces derniers jours. Je lis du Bourdieu, ses livres où il présente la méthode de réflexivité : La leçon sur la leçon, Science de la science et réflexivité et Esquisse pour une auto-analyse.


Message édité par rahsaan le 14-03-2013 à 19:46:37

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n°33626855
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 14-03-2013 à 19:47:13  profilanswer
 

Tietie006 a écrit :

Sur l'émergence de la figure du savant humaniste, lors de la Renaissance, un beau tableau de Jacopo Barbari, "Luca Pacioli avec un élève" (1495),  
 
http://www.apprendre-en-ligne.net/ [...] acioli.jpg
 
avec le mathématicien italien,  
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Luca_Pacioli
 
qui étudie le livre d'Euclide, Les éléments, avec deux cristaux, l'un icosahexaèdre (ouf !),  
 
http://publimath.irem.univ-mrs.fr/glossaire/IC002.htm
 
et un dodécaèdre qui repose sur la Somme mathématique et géométrique de Pacioli, qui a été édité à Venise, en 1494. Il est considéré comme l'inventeur de la comptabilité à partie double, qui illustre les besoins qu'avaient la classe des marchands et des financiers pour contrôler leurs affaires.
Il est intéressant de noter la recherche de réalisme, très loin de la stylisation du gothique international, qui ouvre vers la sécularisation du monde.
 
A noter que 20 avant, Antonello de Messine avait aussi peint un Saint-Jérôme dans son bureau de travail, ode au travail intellectuel.
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint [...] Messine%29
 
Il est frappant de voir que l'humanisme éclate chez les peintres de la Renaissance italienne et flamande.


 
Dans la série thématique sur les "philosophes", en l'occurrence le néo-platonicien Saint-Augustin, voici le "Saint-Augustin dans son cabinet de travail" de Vittore Carpaccio, (1503-1507),  
 
http://hist-geo.ac-montpellier.fr/v1/IMG/arton416.jpg
 
avec un luxe au niveau des détails et des objets, bien analysé ici :
 
http://hist-geo.ac-montpellier.fr/ [...] eleves.pdf
 
 
 
 


---------------
L'arrière-train sifflera trois fois.
n°33627209
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 14-03-2013 à 20:23:07  profilanswer
 

Alain Chareyre-Méjean, spécialiste du monstrueux et du fantastique, qui fut mon prof de philo au lycée Zola, à Aix en Provence, en 1985, et qui nous initia à la peinture de Fusseli et au cinéma de Mario Bava,  aujourd'hui professeur des universités, va faire une conférence à la galerie de la NON-Maison, à Aix-en-Provence, sur le thème "photographier et faire l'amour",  :) dans peu de temps !
 
http://www.galerielanonmaison.com/ [...] 1/19/1264/


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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°33627222
rahsaan
Posté le 14-03-2013 à 20:24:14  profilanswer
 

Intéressant, mais je ne suis pas très bon en photographie :/


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n°33627285
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 14-03-2013 à 20:29:48  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Intéressant, mais je ne suis pas très bon en photographie :/


 
C'est un spécialiste de l'esthétique. Je me rappelle qu'en terminale, il nous faisait travailler sur des concepts, tels le cri, le monstrueux, le pittoresque ...c'était un heideggerien qui aimait beaucoup Jean Beauffret et Clément Rosset ...j'avais acheté le Traité de l'idiotie, de ce dernier, que j'ai toujours dans ma bibliothèque.


---------------
L'arrière-train sifflera trois fois.
n°33656683
rahsaan
Posté le 17-03-2013 à 19:49:04  profilanswer
 

Onfray interviewé par Dreuz.info, site israëlien "Francophone, chrétien, néo-conservateur et pro-israélien"  :lol:  
 
http://www.dreuz.info/2013/03/renc [...] el-onfray/
 
Notre Normand hédoniste, assis à une terrasse de café de Tel-Aviv, disserte sur la mort de l'Occident et le nihilisme en regardant les filles en maillot de bain. Il précise toutefois qu'il reste du côté des gens sans voix, des pauvres, des oubliés, des sans-grade. C'est son côté "de gauche", le genre BHL avec un intérêt pour la question sociale  [:prodigy]


Message édité par rahsaan le 17-03-2013 à 19:52:16

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n°33660727
boblion
Posté le 18-03-2013 à 05:50:50  profilanswer
 

Et toi que fais tu ?

 

Pas la peine de répondre. Médite.


Message édité par boblion le 18-03-2013 à 05:55:26
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