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Quels sont pour vous les trois livres de philo à lire pour un honnête homme ?


 
15.4 %
 273 votes
1.  "La république" de Platon
 
 
6.7 %
 119 votes
2.  "La métaphysique" d'Aristote
 
 
15.7 %
 279 votes
3.  "l'Ethique" de Spinoza
 
 
1.5 %
    27 votes
4.  "Essai de théodicée" de Leibniz
 
 
15.0 %
 266 votes
5.  "Critique de la raison pure" de Kant
 
 
17.8 %
 315 votes
6.  "Par delà le bien et le mal" de Nietzsche
 
 
5.9 %
 105 votes
7.  "L'évolution créatrice" de Bergson
 
 
6.4 %
 113 votes
8.  "Etre et temps" d'Heidegger
 
 
7.5 %
 133 votes
9.  "Qu'est-ce que la philosophie" de Gilles Deleuze
 
 
8.1 %
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10.  "Moi, ma vie, mon oeuvre" de obiwan-kenobi
 

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Auteur Sujet :

Philo @ HFR

n°14527274
rahsaan
Posté le 06-04-2008 à 10:33:47  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

l'Antichrist a écrit :


 
Chez Husserl oui... D'où le problème (mais que vous ne comprenez manifestement pas) ! Ah, la philosophie n'est pas un jeu logique ! Ou alors, on ne peut que se contredire, dès qu'on ouvre la bouche...


 
Ah mais oui, mais ça, ce n'est pas redhibitoire, si la contradiction est la vie-même de la pensée. Peut-être que ce qu'il faut, c'est affronter ses contradictions, les résoudre, les surmonter.
Je suis sûr que Hegel pourrait dire quelque chose comme ça : "dès qu'on ouvre la bouche, on se contredit", non ?
D'ailleurs, il est certain qu'on se contredit, puisque dès qu'on parle on attribue une essence à la chose dont on parle, par la prédication ("cette chose est ainsi" ) alors même qu'on use de la voix et que le sens disparaît avec le son de notre voix.

Message cité 1 fois
Message édité par rahsaan le 06-04-2008 à 10:34:23

---------------
Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
mood
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Posté le 06-04-2008 à 10:33:47  profilanswer
 

n°14527295
l'Antichri​st
Posté le 06-04-2008 à 10:41:53  profilanswer
 

rahsaan a écrit :


 
Ah mais oui, mais ça, ce n'est pas redhibitoire, si la contradiction est la vie-même de la pensée. Peut-être que ce qu'il faut, c'est affronter ses contradictions, les résoudre, les surmonter.
Je suis sûr que Hegel pourrait dire quelque chose comme ça : "dès qu'on ouvre la bouche, on se contredit", non ?
D'ailleurs, il est certain qu'on se contredit, puisque dès qu'on parle on attribue une essence à la chose dont on parle, par la prédication ("cette chose est ainsi" ) alors même qu'on use de la voix et que le sens disparaît avec le son de notre voix.


 
Voila, vos propos illustrent très bien La méthode transcendantale en question ! Que veux dire penser (union du psychologique et de l'ontologique), c'est toute la question ? Je vous laisse réfléchir un peu...
 
Je vous met sur la voie quand même : comme méthode, la connaissance repose sur le principe qui consiste à prendre l’objet (le "phénomène" ) pour guide et remonter à son apparaître, qui n’est donc pas l’être mais un mode de manifestation, un mode de la subjectivité, un simple "vécu", ce qui revient à poser la cause de façon a-posteriori (à partir de l’effet), c’est-à-dire à produire la cause par la méthode même. Cette manière de ramener le monde à la signification qu’il a pour nous est certes la source de son intelligibilité, y compris dans la claire compréhension de nous-mêmes comme subjectivité transcendantale légiférante, mais elle nous empêche en même temps un accès direct aux phénomènes en ne nous livrant que du constitué ! La méthode à beau décrire ce qui se tient en personne devant les yeux de l’esprit, décrire ce qui se fait voir tel qu’il se donne dans ce "faire voir", cette monstration reste toujours a posteriori, "ad hominem" comme déjà dit : le fondement de la subjectivité par lui-même ne se manifeste jamais, sa révélation dépend de la méthode qui le donne à voir. Bref, le fondement n'est pas un fondement. Dit encore autrement, d'un côté, on détermine à l'avance ce que l'on va découvrir ("la philosophie ne se joue pas sur ce terrain" ) et, de l'autre, on le pose a posteriori (vos "slogans" ).
 
Mais que reste t-il lorsque la phénoménologie à réduit tout voir, lorsque le phénoménologue cesse d’être spectateur pour retrouver l’épreuve pudique de soi comme pathos, comme un "se sentir soi-même", avant que le sentiment de sa propre existence ne se perde en devenant le thème d’un discours, l’objet hypothétique d’un "savoir", y compris en "isme" ? Il faut un saut qualitatif !

Message cité 1 fois
Message édité par l'Antichrist le 06-04-2008 à 20:09:00
n°14527305
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 10:43:59  profilanswer
 

ça vous dit un petit truc sur Lévi strauss par rapport au racisme de tonton Kant ?

n°14527414
rahsaan
Posté le 06-04-2008 à 11:16:39  profilanswer
 

l'Antichrist a écrit :


Je vous laisse réflechir un peu...


 
Hé bien écoutez, volontiers, ma foi ! :lol: (NB : j'ai écrit ce message avant de voir votre message édité)
 
Mais déjà, je trouve étrange de dire que le développement de l'auto-contradiction de la pensée puisse être une méthode. Il me semble qu'avec sa dialectique, Hegel voulait justement que la méthode ne fût plus extérieure au déploiement du système lui-même.  
Alors si je vous suis, la méthode est le parcours lui-même. Plus de méthode a priori, valable pour tout objet, indifféremment à lui, mais le concept comme instrument pour nous emparer de l'absolu (d'après l'intro de la Phéno).  
C'est vrai que concept, c'est ce qui réunit, qui prend (d'après l'étymologie latine : con-, de "cum" --> avec et -cept, de "capere" --> prendre, capturer). La prise de l'absolu devient l'absolu lui-même, au sens où le moment de s'emparer du concept devient partie intégrante du développement du concept.  
 
Voilà pour la méthode, qui ne peut plus être un ensemble de règles établies a priori pour bien diriger l'esprit. Ce qui ne laisse pas de poser problème, car l'esprit qui avance méthodiquement sait déjà d'avance à quoi il aura affaire, ou dans quel ordre il traitera ce qu'il va rencontrer. L'homme méthodique est attentif, circonspect, mais en un sens, il est difficile de le surprendre. Bien sûr, il est inquiet, à l'affût. Mais en même temps, il est assez paisible et rassuré, puisqu'il a une bonne méthode.
Si je sais par avance que je vais rencontrer la contradiction, c'est déjà une manière de la désamorcer, et c'est justement alors se contredire, que de croire qu'on peut pré-voir la contradiction. Or, la contradiction nous met dans la position du chaton qui joue avec une pelote de laine : empêtrés, ligotés et tourneboulés par notre propre jeu, qui a fini par se retourner contre nous.
 
Si bien qu'on ne peut pas savoir quand on va se prendre à ses propres contradictions : lorsqu'on s'en aperçoit, il est déjà trop tard et il n'est que temps d'essayer d'en sortir. Et on ne peut pas savoir ce qu'il va ressortir de la levée d'une contradiction. Puisque cela ne peut pas être un simple retour aux certitudes antérieures.  
 
Je serais donc quand même porté à dire que la philosophie est bel et bien un jeu logique. Même si l'expression se prête aux pires malentendus. D'abord, parce que "jeu" a des connotations d'infantilisme, de gratuité... Et un "jeu logique" : comme si ce n'était que de la virtuosité verbale et de la manipulation de concepts abstraits d'après des règles intangibles d'articulations des termes entre eux.  
Mais ce n'est pas cela, Hegel ayant justement critiqué le formalisme de la logique, régime de discours dans lequel le discours se structure à partir de catégories logiques antérieures à tout énoncé, valables universellement. En sorte que le mouvement même du discours se trouve gêné par ce carcan qui "bloque" le déploiement du sens et l'empêtre dans des contradictions insurmontables. Réintégrer le mouvement de la logique dans le discours, c'est bien réconcilier le logos avec lui-même, puisque logos veut dire à la fois logique et discours.
 
Pour le dernier point soulevé, la pensée comme union du psychologique et de l'ontologique, je dirais juste ceci : c'est qu'il faut cesser de savoir par avance, clairement et distinctement, où passe la limite entre les deux. Il est en effet facile de concevoir que l'ontologique est au-delà du psychologique, parce que le domaine de l'ontologie est celui des choses substantielles, éternelles, alors que le psychologique est mouvant, changeant, incertain, plus ou moins conscient et relatif à l'homme.  
Cependant, puisque le psychologie est la réalité même de notre esprit, il n'est pas difficile d'en mesurer la persistance, même sous une forme conflictuelle (je ne suis jamais réconcilié entièrement avec moi-même, si bien que ces conflits incessants sont ce qu'il y a de plus durable en moi) tandis que l'ontologique, censé être a-psychologique (l'univers, la nature n'ont pas d'esprit), peut bien passer pour un domaine de choses floues, incertaines, inertes, vouées à disparaître.  
 
Dès lors que le psychologique apparaît, soudain, comme plus "solide", plus assuré que l'ontologique, on peut suivre le conseil de Saint-Augustin, cité d'ailleurs par Husserl à la fin des Méditations cartésiennes : en revenir au coeur, à l'intériorité (je ne retrouve plus la citation exacte, en latin).
S'ouvre alors le vaste domaine de l'intériorité, qui, si elle nous est bien intérieure au point de se différencier de notre apparence extérieure, nous est alors aussi bien complètement extérieur, en sorte qu'il faut s'intéresser à ce Dieu qui est, en nous, plus que nous. C'est la subjectivité qui finit par faire voler en éclats, depuis l'intérieur, le Sujet bien constitué. C'est l'éclair de la subjectivité, la pensée elle-même, si je puis dire, en chair et en acte.

Message cité 1 fois
Message édité par rahsaan le 06-04-2008 à 11:19:12

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°14527583
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 11:56:47  profilanswer
 

le vicaire a écrit :

ça vous dit un petit truc sur Lévi strauss par rapport au racisme de tonton Kant ?


mais avec plaisir, j'adore les anthropologues :jap:


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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14528349
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 13:44:47  profilanswer
 

Sur le racisme d'après "Claude Lévi-Strauss, une introduction" de Frédéric Keck (Pocket)
 
Les trois grandes nations qui ont produit des écoles anthropologiques (France, Angleterre et États-Unis) sont trois puissances coloniales. Hasard ? Pour Lévi-Strauss se pose un problème moral, celui de la colonisation : “Si l’Occident a produit des ethnographes, c’est bien qu’un puissant remords devait le tourmenter” (Tristes tropiques - ed. Pocket p. 466). L’anthropologie de Lévi-Strauss est construite sur une dette à régler. Mais le dépassement de cette dette revient à construire cette science de l’homme comme une “Renaissance” étendue à l’ensemble des peuples qui habitent la terre. L’anthropologie est alors considérée comme un humanisme. Lévi Strauss ne nie pas les différences, il nie qu’elles soient fondées sur la biologie entre les races. L’anthropologie raciste notamment celle de Gobineau donne des mauvaises solutions à un vrai problème. Comment expliquer les différences entre les sociétés si l’homme est partout le même ?
 
Les théories racistes ont consisté à nier l’histoire et la culture en naturalisant ces différences. “On préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme dans laquelle on vit” (Anthropologie structurale II p. 383 - ed. La découverte). Ceci posé la question demeure de savoir pourquoi avec du même on produit du différent. Pourquoi si les hommes sont les mêmes partout, ils sont aussi différents les uns des autres ? Lévi-Strauss place ici son hypothèse structuraliste : les différentes cultures se construisent sur un fonds commun de possibilités logiques à travers lesquelles les hommes se pensent et agissent sur leur milieu de vie. C’est ainsi que chaque culture n’agit qu’en fonction d’un choix logique déterminé. En occident par exemple on parie sur le rendement mécanique, le capitalisme, la consommation... D’autres cultures prennent d’autres chemin. A chaque fois, ce que l’on gagne d’un côté, on le perd de l’autre. Par exemple, les sociétés spirituelles n’ont pas ou différemment cette idée du confort matériel et inversement ; les pratiques sociales sont mieux établies dans d’autres cultures (Islam) etc. C’est vers une sorte de relativisme culturel qui relativise aussi la notion de progrès que s’achemine la pensée de l’anthropologue. Ce relativisme s’articule autour de la notion de “jeu” entre les cultures. A partir de cela on aperçoit qu’il n’est plus possible de penser une seule culture, ou une seule civilisation, mais une relation entre les cultures qui permet que chacune d’entre elle peut exister. “La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l’échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité” (ibid, Race et histoire p. 417).
 
Cet optimisme qui repose sur la possibilité de l’échange entre les cultures et une certaine harmonisation où l’idée de civilisation mondiale deviendrait une réalité est cependant très fragile. Déjà pointe un autre problème. Il y a une contradiction fondamentale dans la civilisation. Elle produit  incessamment deux processus contradictoires dont l’un vise à l’uniformisation et l’autre à la particularité. La civilisation mondiale est donc en perpétuel déséquilibre qui la pousse à la fois à  entreprendre des collaborations entre les cultures et à la fois à produire des différences pour pouvoir continuer à collaborer. C’est dans “Race et culture”, vingt ans après “Race et histoire”, que Lévi-Strauss poursuivra sa réflexion avec une tonalité nettement plus pessimiste. Suivant les travaux de la génétique (notamment le rôle des gênes régulateurs découvert par Jacob et Monod en 1965), Lévi-Strauss reprend son questionnement du même et de la diversité mais cette fois ci en le fondant sur un travail de structuration de la nature. Ce n’est plus l’histoire qui doit expliquer la différence, ni la culture mais l’idée que la nature est déjà en elle même historique. Du coup, les différences continuent de s’affirmer de façon quasi naturelle. Que la diversité humaine soit déjà biologique ne signifie pas non plus qu’il n’est pas possible d’établir des collaborations, ni que l’histoire ne puisse s’affirmer contre la race. Cependant Lévi-Strauss pose cette conclusion comme une limite au discours antiraciste. Là où l’anthropologie peut lutter contre le racisme, c’est en affirmant le degré de compatibilité entre les cultures sous la forme d’une écologie des différences culturelles. Il ne s’agit plus d’abolir les différences mais bien de les accepter comme étant ce qui conditionne l’avenir de la planète. Il faut aménager la nature de façon à rendre vivable la plus grande diversité humaine.
 
Elle (l'humanité) devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l'appel d'autres valeurs, pouvant aller jusqu'à leur refus, sinon même à leur négation", conclut Lévi-Strauss dans “Le regard éloigné” (Plon p.47). Le combat contre le racisme se démarque de l’égalitarisme et se situe d’abord sur les conditions réelles, naturelles et historiques, dans lesquelles les différences humaines se produisent. Cette conclusion a été mal perçue lors de sa présentation à l’Unesco. Lévi-Strauss semblait aller contre les principes énoncés vingt ans plus tôt. La combinaison de la violence et de la création et de la nécessité de l’une par rapport à l’autre implique un changement de paradigme. C’est de l’équilibre de l’une et de l’autre que dépend la préservation d’une diversité capable de coexister pacifiquement. Le pessimisme de Lévi-Strauss se déploiera un  peu plus lorsqu’il reprendra l’idée d’entropie et d’“écologie négative” sur fond de bouddhisme et de rousseauisme : nous ne pouvons connaître que ce qui est en train de se défaire.

Message cité 2 fois
Message édité par le vicaire le 06-04-2008 à 17:14:19
n°14528596
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 14:13:09  profilanswer
 

très beau.
ce terrible remords qui naît sur le terrain de l'anthropologie lorsque monte la question : "serais-je là si...?" devait être un abîme.

 

Mais si nous ne pouvons connaître que ce qui est en train de se défaire, alors, pour l'homme comme pour les civilisations, ce qui se fait, ce qui s'agit, c'est l'inconnu, ce présent vivant qui manque à la saisie consciente.

 

rené daumal expliquait que la différence entre temps et espace ne résidait pas seulement dans l'irréversibilité de l'un : nous parcourons l'espace en regardant où nous allons, alors que nous parcourons le temps comme si nous allions le dos tourné, aveugle à ce qui vient, à ce qui se fait, ne regardant que là où tout est déjà passé.

 

ainsi n'avançons nous qu'en aveugles

 

merci

  

mais au fait, et "tonton kant" dans tout ça ?

Message cité 1 fois
Message édité par foutre de le 06-04-2008 à 14:44:43

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14529594
rahsaan
Posté le 06-04-2008 à 16:02:02  profilanswer
 

le vicaire a écrit :


Les théories racistes ont consisté à nier l’histoire et la culture en naturalisant ces différences. “On préfère rejeter hors de la nature, dans la culture, tout ce qui ne se conforme pas à la norme dans laquelle on vit” (Anthropologie structurale II p. 383 - ed. La découverte).


 
C'est le contraire, non ? On rejette dans la nature, hors de la culture, tout ce qui ne se conforme pas à la norme dans laquelle on vit ?


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°14529741
l'Antichri​st
Posté le 06-04-2008 à 16:25:11  profilanswer
 

rahsaan a écrit :


 
Hé bien écoutez, volontiers, ma foi ! :lol: (NB : j'ai écrit ce message avant de voir votre message édité)
 
Mais déjà, je trouve étrange de dire que le développement de l'auto-contradiction de la pensée puisse être une méthode. Il me semble qu'avec sa dialectique, Hegel voulait justement que la méthode ne fût plus extérieure au déploiement du système lui-même.  
Alors si je vous suis, la méthode est le parcours lui-même. Plus de méthode a priori, valable pour tout objet, indifféremment à lui, mais le concept comme instrument pour nous emparer de l'absolu (d'après l'intro de la Phéno).  
C'est vrai que concept, c'est ce qui réunit, qui prend (d'après l'étymologie latine : con-, de "cum" --> avec et -cept, de "capere" --> prendre, capturer). La prise de l'absolu devient l'absolu lui-même, au sens où le moment de s'emparer du concept devient partie intégrante du développement du concept.  
 
Voilà pour la méthode, qui ne peut plus être un ensemble de règles établies a priori pour bien diriger l'esprit. Ce qui ne laisse pas de poser problème, car l'esprit qui avance méthodiquement sait déjà d'avance à quoi il aura affaire, ou dans quel ordre il traitera ce qu'il va rencontrer. L'homme méthodique est attentif, circonspect, mais en un sens, il est difficile de le surprendre. Bien sûr, il est inquiet, à l'affût. Mais en même temps, il est assez paisible et rassuré, puisqu'il a une bonne méthode.
Si je sais par avance que je vais rencontrer la contradiction, c'est déjà une manière de la désamorcer, et c'est justement alors se contredire, que de croire qu'on peut pré-voir la contradiction. Or, la contradiction nous met dans la position du chaton qui joue avec une pelote de laine : empêtrés, ligotés et tourneboulés par notre propre jeu, qui a fini par se retourner contre nous.
 
Si bien qu'on ne peut pas savoir quand on va se prendre à ses propres contradictions : lorsqu'on s'en aperçoit, il est déjà trop tard et il n'est que temps d'essayer d'en sortir. Et on ne peut pas savoir ce qu'il va ressortir de la levée d'une contradiction. Puisque cela ne peut pas être un simple retour aux certitudes antérieures.  
 
Je serais donc quand même porté à dire que la philosophie est bel et bien un jeu logique. Même si l'expression se prête aux pires malentendus. D'abord, parce que "jeu" a des connotations d'infantilisme, de gratuité... Et un "jeu logique" : comme si ce n'était que de la virtuosité verbale et de la manipulation de concepts abstraits d'après des règles intangibles d'articulations des termes entre eux.  
Mais ce n'est pas cela, Hegel ayant justement critiqué le formalisme de la logique, régime de discours dans lequel le discours se structure à partir de catégories logiques antérieures à tout énoncé, valables universellement. En sorte que le mouvement même du discours se trouve gêné par ce carcan qui "bloque" le déploiement du sens et l'empêtre dans des contradictions insurmontables. Réintégrer le mouvement de la logique dans le discours, c'est bien réconcilier le logos avec lui-même, puisque logos veut dire à la fois logique et discours.
 
Pour le dernier point soulevé, la pensée comme union du psychologique et de l'ontologique, je dirais juste ceci : c'est qu'il faut cesser de savoir par avance, clairement et distinctement, où passe la limite entre les deux. Il est en effet facile de concevoir que l'ontologique est au-delà du psychologique, parce que le domaine de l'ontologie est celui des choses substantielles, éternelles, alors que le psychologique est mouvant, changeant, incertain, plus ou moins conscient et relatif à l'homme.  
Cependant, puisque le psychologie est la réalité même de notre esprit, il n'est pas difficile d'en mesurer la persistance, même sous une forme conflictuelle (je ne suis jamais réconcilié entièrement avec moi-même, si bien que ces conflits incessants sont ce qu'il y a de plus durable en moi) tandis que l'ontologique, censé être a-psychologique (l'univers, la nature n'ont pas d'esprit), peut bien passer pour un domaine de choses floues, incertaines, inertes, vouées à disparaître.  
 
Dès lors que le psychologique apparaît, soudain, comme plus "solide", plus assuré que l'ontologique, on peut suivre le conseil de Saint-Augustin, cité d'ailleurs par Husserl à la fin des Méditations cartésiennes : en revenir au coeur, à l'intériorité (je ne retrouve plus la citation exacte, en latin).
S'ouvre alors le vaste domaine de l'intériorité, qui, si elle nous est bien intérieure au point de se différencier de notre apparence extérieure, nous est alors aussi bien complètement extérieur, en sorte qu'il faut s'intéresser à ce Dieu qui est, en nous, plus que nous. C'est la subjectivité qui finit par faire voler en éclats, depuis l'intérieur, le Sujet bien constitué. C'est l'éclair de la subjectivité, la pensée elle-même, si je puis dire, en chair et en acte.


 
Bon, en premier lieu le procès du transcendantal ne concerne pas Hegel mais Kant : comprendre l'immanence comme auto-affectivité et donc comme "auto-contradiction" assumée (dans une perspective hégélienne, je veux bien), c'est d'abord faire le procés de la subjectivité transcendantale, c'est-à-dire d'une méthode reposant entièrement sur le règne de la médiation (rien de plus qu'un mode de manifestation). Il s'agit de réduire de façon radicale toute initiative de la part du philosophe, de rompre avec toute philosophie exclusivement conditionnée par les préoccupations d'une problématique de l'objet, celles qui, inspirées de la méthode kantienne, consistent à remonter vers le fondement à partir du phénomène (cf. Husserl, Heidegger...). Pour faire de la contradiction une dimension de la vie plutôt qu'un artifice de la raison, pour articuler véritablement connaissances conditionnelles, perspectivistes, conditions vitales falsificatrices et expérience d'un donné de vie, flux formant le tout du réel, pour donner sens à la lutte entre erreurs vitales conservatrices et passion de la connaissance qui exprime une puissance pulsionnelle de vie, il convient de se détourner de tout "voir", de toute lumière de la connaissance, du discours argumentatif, pour nous reconduire à l'épreuve du sentiment de l'existence avant que celui-ci ne se perde en devenant le thème d'un discours sur, d'un savoir et, plus radicalement, d'un voir. Il s'agit d'échapper à la connaissance du second genre incapable de nous donner "l'essence de la manifestation". Ce qui est originaire se révèle exclusivement par soi, sans aucun intermédiaire, sans aucune médiation, et donc sans les efforts du philosophe.
 
La méthode transcendantale qui consiste à chercher l'originaire en pratiquant une réduction a posteriori n'atteint qu'une phénoménalité qui en quelque façon dépend de la subjectivité transcendantale. On n'a affaire qu'à une monstration a posteriori incomplète ou inadéquate : la structure du dualisme et de toutes les formes de parallélisme peut se réduire ici à l'opposition entre la transcendance (le processus d'extériorisation par lequel un phénomène objectif - le corps, le moi, ou tout autre chose - apparaît sur le mode de la distance, c'est-à-dire de l'abstraction) et l'immanence (l'effet est intérieur à sa cause comme épreuve de vie). Mais procéder ainsi, par exemple à propos de l'opposition entre matérialisme et idéalisme (autre forme de parallélisme), c'est en quelque sorte inventer l'un en s'appuyant sur l'exclusion de l'autre, en le concevant comme son contraire. Cela ne peut être le travail de la philosophie, mais bien celui de la science, d'une étude des faits. La méthode qui donne phénoménologiquement l'immanence ne saurait consister à inventer l'immanence, à la faire sortir du néant en la construisant avec les concepts inversés de la transcendance. C'est contradictoire !
 
Il faut partir de l'exclusion de la transcendance pour saisir immédiatement la structure de l'immanence dans l'épreuve de la vie. Toute autre méthode ne sert qu'à satisfaire les exigences de la pensée et se donne comme métaphysique. La réduction a priori au contraire consiste à réduire toute méthode pour partir du Commencement lui-même, c'est-à-dire de se qui se manifeste par soi : une "connaissance" absolue est possible qui est en réalité une épreuve absolue ne dépendant d'aucune démarche, ni d'aucune culture, particulière.
 
Mais comment l'être qui ouvre et reçoit l'horizon qu'il crée, comment cet être se manifeste t-il lui-même ? Car il faut bien qu'il se manifeste pour exister réellement et permettre l'effectivité de la réception de l'horizon, de sa manifestation, ainsi que celle de l'étant que cette dernière rend possible. Que reste t-il lorsque l'on a réduit tout voir, lorsque le philosophe cesse d'être ce spectateur qui se tiendrait, grâce à son effort répété, à distance de la subjectivité transcendantale et prétendrait la voir de face ? Car c'est bien l'un des problèmes que pose la phénoménalité comme épreuve (pudique), comme pathos, comme un "se sentir soi-même", un "être présent à soi" : une réduction radicale ne laisse rien subsister ou, du moins laisse quelque chose qui subsiste seul, sans dépendre de rien. Mais ce dénuement ressemble trop à un jeu intellectuel, et suicidaire, qui engage l'existence vers l'inconnu. Contrairement à ce que vous pensez, une réduction a priori nous laisse dans l'incapacité d'anticiper ou d'imaginer ce qui se donnera à nous en dehors de toute transcendance puisque, par définition, ce que nous imaginons, ce que d'une manière ou d'une autre nous anticipons, dépend encore de cette transcendance. Or, ce que nous ne pouvons en aucun cas anticiper est, au regard de notre désir de maîtrise et de sécurité, nécessairement source d'angoisse : impossible de s'y préparer. Faute de "voir venir", nous tenons alors à l'ordre rassurant du (pré-)visible de la transcendance.
 
Une manifestation immédiate n'est pas ce qu'il faut bien penser, ce qui s'impose à la raison, ne peut se comprendre à partir d'une nécessité d'ordre intellectuelle ou comme une simple exigence logique, comme vous vous êtes amusé à le faire (je n'ai pas ri !). Si l'être est logos (pensée et discours), il ne faut pourtant pas le réduire aux seules lois de la pensée (dans le langage) : la méthode transcendantale est un espace de lumière, celui de la pensée qui réduit l'être au voir de la pensée, le concoit au fond à partir d'elle, un être pour la pensée, pour être pensé, c'est-à-dire vu. Ainsi, puisque toute pensée de quelque chose est en même temps pensée de la pensée, donc conscience de soi, il est possible de concevoir une Pensée originaire qui, dèslors n'est pas un mode de ma propre pensée, l'expérience d'une Conscience originaire telle qu'elle se donne, c'est-a-dire telle que je le suis, mais une pensée visée de l'extérieur, c'est-à-dire un objet de la réflexion philosophique, une "pensée de ma pensée", "un je sais originaire-que-je-sais". Encore une fois, il s'agit là d'une contradiction dans les termes ! Exclure la vision pure ou l'intuition de la manifestation du fondement, c'est donc abandonner toute démonstration, voire tout raisonnement qui voudrait montrer la nécessité de ce qui doit être pensé, comme vous tentiez de le dire dans le premier message qui a lancé ce débat. Mais que cherchez-vous ? Le fondement lui-même ou le résultat d'une régression vers ses conditions, c'est-à-dire en définitive la conformité de votre pensée à elle-même, c'est-à-dire à son propre mouvement ? Reconnaître a posteriori le fondement est décidement contradictoire et finalement absurde !
 
Pour le dernier point (union du psychologique et de l'ontologique) je ferais un développement à part...


Message édité par l'Antichrist le 07-04-2008 à 18:18:06
n°14530020
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 17:11:55  profilanswer
 

rahsaan a écrit :


 
C'est le contraire, non ? On rejette dans la nature, hors de la culture, tout ce qui ne se conforme pas à la norme dans laquelle on vit ?


 
Exact ! la citation est pourtant formulée ainsi dans le livre de Keck  :??: , je viens de vérifier dans l'original, on rejette bien dans la nature... Sur le moment je m'étais demandé aussi. Corrigé. :hello:

Message cité 1 fois
Message édité par le vicaire le 06-04-2008 à 17:16:43
mood
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Posté le 06-04-2008 à 17:11:55  profilanswer
 

n°14530077
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 17:20:56  profilanswer
 

foutre de a écrit :

très beau.
ce terrible remords qui naît sur le terrain de l'anthropologie lorsque monte la question : "serais-je là si...?" devait être un abîme.
 
Mais si nous ne pouvons connaître que ce qui est en train de se défaire, alors, pour l'homme comme pour les civilisations, ce qui se fait, ce qui s'agit, c'est l'inconnu, ce présent vivant qui manque à la saisie consciente.
 
rené daumal expliquait que la différence entre temps et espace ne résidait pas seulement dans l'irréversibilité de l'un : nous parcourons l'espace en regardant où nous allons, alors que nous parcourons le temps comme si nous allions le dos tourné, aveugle à ce qui vient, à ce qui se fait, ne regardant que là où tout est déjà passé.
 
ainsi n'avançons nous qu'en aveugles
 
merci
 
 
 
mais au fait, et "tonton kant" dans tout ça ?


 
Ben Tonton, il a dit aussi quelques conneries visiblement  :D  

n°14530520
rahsaan
Posté le 06-04-2008 à 18:22:32  profilanswer
 

le vicaire a écrit :


 
Exact ! la citation est pourtant formulée ainsi dans le livre de Keck


 
Une erreur de frappe...
 
Frédéric Keck est quelqu'un de très intéressant. J'ai lu plusieurs de ses articles sur le Net.  
Un article intitulé "La vie quotidienne, entre divertissement en travail", qui commentait la phrase de Pascal : "Grandeur de l'homme, d'avoir tiré de la concupiscence un si bel ordre" http://stl.recherche.univ-lille3.f [...] ienne.html
 
Et un autre, sur les rapports entre le mystique et le primitif, chez Levy-Bruhl, Bergson et Bataille : http://stl.recherche.univ-lille3.f [...] mitif.html
 


---------------
Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°14530679
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 18:45:24  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Et un autre, sur les rapports entre le mystique et le primitif, chez Levy-Bruhl, Bergson et Bataille : http://stl.recherche.univ-lille3.f [...] mitif.html
 


ah oui, pas mal en effet, beau parcours historique


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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14530870
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 19:08:23  profilanswer
 

Dans ce même livre Frédéric Keck fait un point sur les querelles philosophiques entre structuralisme versus phénoménologie (Lefort), existentialisme (Sartre), herméneutique (Ricoeur) et déconstruction (Derrida). ça va me faire une petite intro à tout ce beau monde :)

n°14531123
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 19:41:22  profilanswer
 

oui, lefort est l'éditeur du Posthume de Merleau-Ponty, le V et l'I, mais c'est aussi un grand machiavéliste, proche de castoriadis et de lyotard aussi... Des querelles entre tous ces gens de gauche... quoique pour ricoeur je ne sache pas trop... quelqu'un peut renseigner ?

 

d'ailleurs tout bein réfléchi, ricoeur est lui aussi phénoménologue (son travail sur la volonté prolonge celui de Merleau-Ponty sur la perception et le corps propre), Sartre se veut husserlien et a pas mal bouffer du Heidegger, quant à Derrida, difficile de ne pas le considérer comme un phénoménologue intermédiaire entre le logos heideggerien et l'Altérité lévinassienne...
Donc non seulement c'est probablement une querelle entre gens de gauche, mais en plus une querelle intestine à la phéno.... le monde est petit

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Message édité par foutre de le 06-04-2008 à 19:46:21

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14531245
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 19:58:54  profilanswer
 

foutre de a écrit :

oui, lefort est l'éditeur du Posthume de Merleau-Ponty, le V et l'I, mais c'est aussi un grand machiavéliste, proche de castoriadis et de lyotard aussi... Des querelles entre tous ces gens de gauche... quoique pour ricoeur je ne sache pas trop... quelqu'un peut renseigner ?  
 
d'ailleurs tout bein réfléchi, ricoeur est lui aussi phénoménologue (son travail sur la volonté prolonge celui de Merleau-Ponty sur la perception et le corps propre), Sartre se veut husserlien et a pas mal bouffer du Heidegger, quant à Derrida, difficile de ne pas le considérer comme un phénoménologue intermédiaire entre le logos heideggerien et l'Altérité lévinassienne...
Donc non seulement c'est probablement une querelle entre gens de gauche, mais en plus une querelle intestine à la phéno.... le monde est petit


parce que y'a des philosophes de droite (à part Luc Ferry)  ? :D

n°14531416
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 20:18:57  profilanswer
 

je ne crois pas que Nietzsche puisse être tenu pour un philosophe de gauche... mais bon est-il pour autant de droite, ça reste à voir. voyons, nous avons au moins l'antifoucaldisme libéral de Manent. il doit bien y avoir deux ou trois autres figures de la revue Esprit : donc Emmanuel Mounier, Jean Bazaine, Maurice de gandillac... On retiendra le catholique Jean-Luc Marion, Le néothomiste Mercier. on peut ajouter Maurice Balnchot, Royaliste jusque dans les années trentes avant de virer d'extrême gauche
Jacques Maritain, denis de Rougemont aussi peut-être... bon il faut avouer que c'est difficile de vérifier le pédigré politique de tous ces gens là... je peux me tromper
De toute façon tous les penseurs de la liberté et de la responsabilité individuelle... parce que le déterminisme, c'est une idée de gauche quand même, faudrait pas l'oublier.... :D

 

on peut même penser à ajouter alain finkiekraut, non ?

Message cité 1 fois
Message édité par foutre de le 06-04-2008 à 20:20:58

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14531504
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 20:34:22  profilanswer
 

et ils se controversent pas entre eux ? Finkielkraut il est dans le vent.

n°14531571
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 20:45:51  profilanswer
 

il est dans le vent pourquoi, parce qu'il donne pas directement dans la métaphysique et l'ontologie ? à voir... mais bon admettons... il sera peut-être difficile de faire une thèse sur son oeuvre...
 
quant à savoir s'il y a des querelles à droite, certainement... même si de ce côté là du champ politique on est pas du côté du saccage de l'autorité et qu'on a souvent le sens de la cheferie... Donc peut-être moins d'individualisme anti-autoritaire, non ?


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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14531693
le vicaire
Posté le 06-04-2008 à 21:03:10  profilanswer
 

Dans le vent de l'époque, ça fait vingt cinq ans que le mur est tombé et autant que le libéralisme est l'idéologie dominante. Finkielkraut il est poussé par ça, sinon on le verrait pas à la télé. A présent dire que l'autorité c'est un truc de droite et que la gauche s'occupe à la saccager, je crois bien que c'est plus flou que ça. Mais cette question de l'autorité est peut être centrale finalement. Les lignes ont bougé, un mec comme Kohn Bendit je le trouve plus libéral que de gauche, les Verts vont vers la démocratie chrétienne, c'est quand même étrange...

n°14531786
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 21:12:33  profilanswer
 

bien sûr, les gauchistes façon hippies deviennent directeurs de virgin ou de canal plus, les verts s'occupent de l'Oikos qui est aussi le souci oecuménique de certains chrétiens... ce qui bouge, ce ne sont pas forcément les lignes, ce sont les âges...

 

s'approcher de la mort en vieillissant, c'est souvent aller de "tous ensemble, tous ensemble" à "chacun pour soi et dieu reconnaitra les siens"... alors ceux qui donnaient des leçons d'interdit d'interdire en 68 pourraient bien avoir changé de ton pour se payer leur lifting ou leur chimio, du moins pour se faire croire dans l'angoisse la plus sourde que ça bougera encore un peu avant le déclin, quitte à faire moins de place au reste de l'humanité que quand ils avaient 20 ans et à penser plus à la transmission de patrimoine à leurs petits-enfants (parce que la communication avec leur enfants est plus difficile, s'est faite pendant trente ans par psychanalyste interposé...)
il faut relire Lafontaine sur les vieux, il les peint impitoyables, de vrais survivants


Message édité par foutre de le 06-04-2008 à 21:13:06

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14531800
pascal75
Posté le 06-04-2008 à 21:14:05  profilanswer
 

C'est remboursé par la sécu, la chimio :o


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GAFA  We are stardust Billion year old carbon We are golden
n°14532943
foutre de
Posté le 06-04-2008 à 22:25:39  profilanswer
 

ben oui mais bizarrement on fait de longs voyages pas remboursés pour aller en cancérologie à reims par exemple plutôt qu'ailleurs parce que le bon spécialiste serait là bas, etc... Qui plus est, il n'y a pas que le système de sécu français dont il faille tenir compte... Tous ceux qui étaient à woodstock n'ont pas fini en descente à goa...


Message édité par foutre de le 06-04-2008 à 23:51:10

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14534723
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 00:49:00  profilanswer
 

le vicaire a écrit :

Dans ce même livre Frédéric Keck fait un point sur les querelles philosophiques entre structuralisme versus phénoménologie (Lefort), existentialisme (Sartre), herméneutique (Ricoeur) et déconstruction (Derrida). ça va me faire une petite intro à tout ce beau monde :)


 
Bah, les querelles entre écoles... Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure introduction à la philosophie. :/ Chamailleries, incompréhensions mutuelles, affrontements doctrinaires...


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°14536487
le vicaire
Posté le 07-04-2008 à 10:09:59  profilanswer
 

foutre de a écrit :


De toute façon tous les penseurs de la liberté et de la responsabilité individuelle... parce que le déterminisme, c'est une idée de gauche quand même, faudrait pas l'oublier.... :D


Déterminisme social ? Un mec de gauche aura plutôt tendance à penser qu'on peut échapper au déterminisme social et créant les conditions égalitaires d'accès au savoir, à la santé, à la sécurité... J'ai l'impression que c'est le contraire la pensée de droite est déterminée par le péché originel : t'es pauvre c'est parce que tu l'as fait exprès, t'es con parce que ton père est con etc. Pire relire les propos de Sarkozy pour faire passer l'idée que c'est dans les gènes la criminalité, la pédophilie...
 
Extrait :
"Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense."

n°14536599
le vicaire
Posté le 07-04-2008 à 10:24:45  profilanswer
 

rahsaan a écrit :


 
Bah, les querelles entre écoles... Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure introduction à la philosophie. :/ Chamailleries, incompréhensions mutuelles, affrontements doctrinaires...


Sans doute... mais Keck remet bien tout cela en perspective, il dégage un discours à partir de la confrontation.

n°14537668
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 12:57:55  profilanswer
 

L'autre jour, j'ai eu une journée de formation sur le thème de la Nation.  
Une prof d'histoire nous a d'abord fait une présentation de l'idée de Nation en France au 19e. Puis deux intervenants ont évoqué la Nation chez différents auteurs : Rousseau, Renan, Rawls et Habermas.  
A l'occasion, je vous en parlerai. Je voulais en taper un compte-rendu car il y a eu pas mal de questions importantes soulevées, autour de l'Europe et du modèle de l'Etat-Nation.


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n°14537884
foutre de
Posté le 07-04-2008 à 13:18:04  profilanswer
 

le vicaire a écrit :


Déterminisme social ? Un mec de gauche aura plutôt tendance à penser qu'on peut échapper au déterminisme social et créant les conditions égalitaires d'accès au savoir, à la santé, à la sécurité...


 
voilà, c'est exactement ça : impossible pour la gauche qu'un individu s'en sorte par sa seule liberté, il faut une structure sociale qui détermine sa situation. Changer la société ça ne signifie pas qu'on échappe au déterminisme social, ça signifie que rien ne peut changer individuellement tant l'individu est déterminé socialement.
marx ne parle que de déterminisme de classe, bourdieux de déterminisme social. S'ajoute le déterminisme pulsionnel psychanalytique, c'est-à-dire le plus souvent le déterminisme familial sexuel.
 
ça reste un déterminisme politique, macropolitique ou micropolitique ; autrement dit la politique va changer les choses.
 
ça coincide avec une déresponsabilisation individuelle : "c'est pas ma faute, c'est la société, c'est oedipe, c'est l'école, c'est les instituions etc."
 
La droite tient aujourd'hui le discours inverse : la politique ne changera rien car tout dépend de la force individuelle, de la génétique propre à chacun, rien ne se passe dans les relations, tout se joue (est déjà joué) dans l'individu. La logique sarko consiste à déresponsabiliser la sphère politique - pour que les institutions ne soient plus que gestionnaires et qu'on arrête de croire à l'état providence...
 
Et d'une certaine façon le président de la république française se contente de trouver le langage scientifique qui entérine une impuissance de fait : les états sont dépassés par la puissance économique des groupes internationaux, il ne peuvent plus rien faire, parce que la notion de nation est dépassée de fait en terme politique (du moins pour la vieille europe qui n'a pour l'instant engager comme processus de reformation collective (la CEE) que l'éloignement des individus des structures de pouvoirs (aucune médiatisation des débats parlementaires européens, faible visibilité des acteurs et légisalteurs : il se passe la même chose qu'avec la noblesse aux 17eme 18eme : peoplisation des dirigeants qui ont cédé leurs capacités d'intervention, transfert de pouvoirs vers d'autres éléments non identifiés par la population... quand la communauté comprendra qu'elle paye des institutions impuissantes, ça risque de gicler sec... mais tant qu'il n'y a pas de famines...))
 
et puis, sincèrement, pour la plus grande part, sarko transmet le discours physiologico-mécaniste qui est relayé dans les universités par la science, en particulier médicale, tout autre approche n'étant qu'élucubration.
 
 
 
rappelons-nous simplement que 61% des médecins ont adhérer activement au nazisme en 33 ; ce fut un des corps professionnel des plus coopératifs (voir procès de nuremberg et la défense par corps médical du dépassement du serment d'hippocrate)


Message édité par foutre de le 07-04-2008 à 13:25:28

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14538127
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 13:41:50  profilanswer
 

Le Président n'a pas trouvé de langage scientifique pour entériner une impuissance de fait.  
D'ailleurs, en quoi la science devrait-elle entériner quelque fait que ce soit ? Ce serait à la limite le rôle des lois, mais les lois n'ont pas non plus, en droit, à enregistrer les faits et à en faire la norme.  
Non, le Président a utilisé ce langage abject pour lecteur moyen du Parisien, qui flatte un besoin de sécurité et qui désigne à la vindicte collective quelques criminels irrécupérables pour la société.
Après, je ne dis pas que non plus que la science, et en particulier la médecine, soit neutre, dans la mesure où les scientifiques sont aussi membres de la société et qu'ils y occupent donc une place, qu'ils exercent donc un pouvoir.  
 
Mais après Marx, après Foucault, après Bourdieu, après Deleuze, et bien d'autres, on devrait ne plus croire à l'opposition toute faite individu / société ou déterminisme/liberté.  
Il y a des agents, il y a des normes, il y a des structures, il y a des groupes, il y a des lignes de fuite, il y a des sujets collectifs, il y a des déterminismes...

Message cité 3 fois
Message édité par rahsaan le 07-04-2008 à 13:45:53

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n°14538128
le vicaire
Posté le 07-04-2008 à 13:41:50  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

L'autre jour, j'ai eu une journée de formation sur le thème de la Nation.  
Une prof d'histoire nous a d'abord fait une présentation de l'idée de Nation en France au 19e. Puis deux intervenants ont évoqué la Nation chez différents auteurs : Rousseau, Renan, Rawls et Habermas.  
A l'occasion, je vous en parlerai. Je voulais en taper un compte-rendu car il y a eu pas mal de questions importantes soulevées, autour de l'Europe et du modèle de l'Etat-Nation.


Avec plaisir et impatience :)

n°14538143
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 13:43:05  profilanswer
 

le vicaire a écrit :


Avec plaisir et impatience :)


 
D'autant que Rousseau a été pas mal évoqué. ;)
 
Bon, faut que je trouve le courage de m'y mettre.


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n°14538247
le vicaire
Posté le 07-04-2008 à 13:51:54  profilanswer
 

C'est comme Finkielkraut et ses "barbares" de banlieue... Y'a moins de bagnoles qui crament à Neuilly, ça doit tenir du climat...

n°14538656
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 14:17:28  profilanswer
 

le vicaire a écrit :

C'est comme Finkielkraut et ses "barbares" de banlieue... Y'a moins de bagnoles qui crament à Neuilly, ça doit tenir du climat...


 
 
Il y a plusieurs articles sur le site d'ACRIMED, qui décortiquent la rhétorique de Finkielkraut et ses dessous haineux. Comment il ressasse à longueur d'émissions, sur France Culture, les mêmes thèmes sur l'autorité, la morale et l'école qui part à vau-l'eau.
Et d'autres articles sur le traitement de la banlieue par les médias, qui en caricaturent volontiers la jeunesse, ne la montrant que par ses délinquants.


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n°14541238
foutre de
Posté le 07-04-2008 à 18:10:40  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Le Président n'a pas trouvé de langage scientifique pour entériner une impuissance de fait.
D'ailleurs, en quoi la science devrait-elle entériner quelque fait que ce soit ? Ce serait à la limite le rôle des lois, mais les lois n'ont pas non plus, en droit, à enregistrer les faits et à en faire la norme.
Non, le Président a utilisé ce langage abject pour lecteur moyen du Parisien, qui flatte un besoin de sécurité et qui désigne à la vindicte collective quelques criminels irrécupérables pour la société.
Après, je ne dis pas que non plus que la science, et en particulier la médecine, soit neutre, dans la mesure où les scientifiques sont aussi membres de la société et qu'ils y occupent donc une place, qu'ils exercent donc un pouvoir.

 

Mais après Marx, après Foucault, après Bourdieu, après Deleuze, et bien d'autres, on devrait ne plus croire à l'opposition toute faite individu / société ou déterminisme/liberté.
Il y a des agents, il y a des normes, il y a des structures, il y a des groupes, il y a des lignes de fuite, il y a des sujets collectifs, il y a des déterminismes...


je crois qu'on se méprend sur le sens de mes propos. je ne parle pas politique pour la poignée de lecteurs qu'ont en France les auteurs que tu cites. Le lecteur moyen du parisien il vote et son éducation est à la hauteur du système éducatif en cours.

 

"Après Marx foucault etc.", il y a juste une oligarchie intellectuelle qui croit détenir la vérité parce qu'elle a fait des études. Vous ne pouvez pas placer le niveau à cette hauteur, redescendez deux minutes sur terre. Voyez Jospin qui a quand même épousé une ex de derrida, et arrêtez de croire que le niveau est susceptible d'atteindre celui de l'intelligence de vos auteurs préférés. regardez les étudiants autour de vous : vous croyez vraiment qu'il suffit d'avoir lu kant, rousseau ou deleuze, pour cesser d'être bête, limité, sans perspective sur les évènements ; au contraire, pas plus dangereux que le sot cultivé et diplômé...

 

La science produit un discours qui fait valeur, autorité et donc idéologie. Sarkosy y a trouvé de quoi soutenir sa politique, parce que cette autorité fonctionne partout, du choix des budgets qui dans les universités vont depuis dix ans massivement vers les généticiens (après dix ans de linguistique), jusqu'à e=M6. ça parle, ça fait mouche. Pas la peine d'idéaliser le rôle de la science ou de la loi ; je n'ai pas employé le terme "devrait", j'ai décrit, voilà tout. la science de chaque époque a toujours été un vivier à arguments où chacun va faire son marché.

 

Après vous pouvez donner dans la critique de "bouc émissaire" de banlieue, de l'imagerie des médias ou de finkielkraut, mais il y a sévèrement anguille sous roche, ils ne se contentent pas de délirer ceux qui se plaignent de ne pas pouvoir mettre un pied en banlieue à l'heure qu'ils veulent s'il n'y sont pas reconnu pour être du cru depuis des lustres : la banlieue aussi est une zone de non insertion, de codes mal transmis qu'il faut posséder pour survivre ; simplement on ne vous élimine pas par voie scolaire ou professionnelle, mais on a mille autres façon de vous empêcher de vivre.
D'ailleurs l'incivilité règne dans bien des endroits où l'on ne croit pas la dépister. je vous invite à lire ce PDF d'une sociologue qui se délecte de l'incivilité cognitive de certains pontes de l'université.

Message cité 1 fois
Message édité par foutre de le 07-04-2008 à 18:20:08

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14541602
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 18:46:26  profilanswer
 

Je persiste à penser que ce n'est pas dans la science seule que Sarkozy a trouvé ses inepties sur le gène, mais dans une sorte de fond de marmite du sens commun contemporain, qui parle de gène à tout crin, sans savoir de quoi il s'agit. Mais des tartes à la crème, il y en a à toutes époques, des systèmes d'explications universels et auto-suffisants.
Le Président s'est autorisé, face à Onfray, un avis personnel sur la question du déterminisme, alors que la science n'est pas une question de point de vue personnel, surtout de la part d'un non-spécialiste complet.  
Comme si demain j'allais dire : "A mon avis, Dawkins a tort : il n'est pas si égoïste, au bout du compte, le gène..."
 
Par contre, je me rappelle que Deleuze dit qu'un des motifs puissants de la philosophie, c'est la honte d'être un homme. La petite honte qu'on ressent quand quelqu'un, près de vous, sort une petite phrase lâche, sale, basse, vilaine, et qu'on se sent coupable d'avoir été en quelque sorte complice de cela, parce qu'on n'allait pas intervenir, en faire toute une histoire. Mais quand même...
 
Alors la philo nuit à la bêtise, dit encore Deleuze, mais, ces temps-ci, j'ai personnellement quelques doutes sur la capacité la philosophie à maintenir son pouvoir de nuisance (surtout si, comme le montre le PDF que tu cites, l'université devient elle-même un lieu de violence verbale...)
 
Les discours dominants de notre époque si droitisée sont profondément rétrogrades. Bien sûr, rien n'est plus bête que de croire que si les gens lisaient plus de philosophie, ils seraient moins bêtes. Oui, il y a des sots diplômés, encore plus dangereux du fait de leur aisance oratoire et de leur savoir, et qui peuvent se montrer plus subtilement obscènes.
 
Et je suis aussi d'accord avec toi sur le rôle idéologique de la science. J'y pensais, justement, en voyant le dernier livre d'Axel Kahn dont le titre est plus que suffisamment éloquent : L'homme, le Bien et le Mal : une morale sans transcendance.
C'est à dire que normalement, pour environ 20€ et 400 pages, vous avez dans ce livre les réponses à toutes les questions de la philosophie éternelle, de tous temps et tous lieux. De quoi remiser au placard le reste de sa bibliothèque. Car que demander de plus, quand on sait ce que sont le bien et le mal, et qu'en sus, on n'a pas besoin de l'apprendre de Dieu ?
De quoi vivre heureux jusqu'à la fin de ses jours, non ?...
 
C'est une manie de certains experts, qui passent très bien à la télévision, de se croire autorisés à disserter sur les Grands Thèmes Eternels, en proposant un pot-pourri des savoirs universitaires et scientifiques de ces trente dernières années, pour aboutir à l'inévitable éthique pour le 21e siècle.
Non que la question du Bien et du Mal devrait être réservée aux professeurs de philosophie. Mais plutôt, si on y réfléchit bien, on verra qu'il n'y a aucun grand livre de philosophie, ou de pensée au sens plus large, qui traite vraiment de l'homme, du bien et du mal.  
Oui, je tiens le pari, et je le répète : l'Homme, le Bien, le Mal, ce ne sont pas des questions si importantes qu'on croit. Ce sont de grands thèmes suffisamment creux pour que l'imagination de n'importe qui y trouve son compte. D'où leur succès.  
Et c'est l'illusion de ce genre d'essai de croire que ce sont des questions urgentes.  
 
Donc si on pouvait démystifier un tout petit peu le Gène et autres grands lieux communs actuels, ça dégonflerait de grosses baudruches. Parce qu'il y a quand même une différence entre étudier le gène et proposer des hypothèses sur son rôle d'une part et, d'autre part, revendiquer une autorité morale de par sa position d'expert en génétique.  
 
Et j'ajoute que c'est bien tout le drame de la politique (comme la philosophie) qu'elle n'a aucun langage propre qui lui appartienne pour de bon, contrairement aux disciplines spécialisés, et c'est pourquoi un homme politique habile rhétoriquement peut faire feu de tout bois et s'approprier n'importe quel discours compétent pour appuyer ses idées. Autrement dit : tout jeu de langage peut se mettre à fonctionner pour l'Etat, lorsque l'Etat s'en empare.  
Donc la philosophie peut au moins contribuer à dénoncer ces abus de (jeux de) langages...


Message édité par rahsaan le 07-04-2008 à 19:06:24

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°14541854
crackingod​01
Posté le 07-04-2008 à 19:14:51  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

L'autre jour, j'ai eu une journée de formation sur le thème de la Nation.  
Une prof d'histoire nous a d'abord fait une présentation de l'idée de Nation en France au 19e. Puis deux intervenants ont évoqué la Nation chez différents auteurs : Rousseau, Renan, Rawls et Habermas.  
A l'occasion, je vous en parlerai. Je voulais en taper un compte-rendu car il y a eu pas mal de questions importantes soulevées, autour de l'Europe et du modèle de l'Etat-Nation.


Ah ca m'interesse ca  :jap:

n°14541982
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 19:25:05  profilanswer
 

crackingod01 a écrit :


Ah ca m'interesse ca  :jap:


 
Ah, donc je vais vraiment être obligé de taper ce compte-rendu.  [:raggarod]


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n°14542002
wips
Posté le 07-04-2008 à 19:27:13  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Ah, donc je vais vraiment être obligé de taper ce compte-rendu.  [:raggarod]


Oui :D

n°14542035
foutre de
Posté le 07-04-2008 à 19:30:18  profilanswer
 

sur le gène on sait peu, d'autant peu que ce n'est pas un gène pour un caractère codé mais des collaborations.

 

90% du génome humain sont fonctionnellement mal connus, sinon par leurs briquettes de bases (purines : adénine et guanine ; pyrimidines : thymine et cytosine + l'accessoire uracile pour les ribonucléotides de transcription). en plus il y a encore tout un pan fonctionnel ignoré : les introns qui alternent avec les exons, parfois 10 à 100 fois plus longs, sont non codants quoique copiés par les polymérases, pour être ensuite éliminés par épissage, sans qu'on connaisse très bien leur fonction, dans la production des protéines.

 

et en tout pour un être humain, c'est 120 000 milliard de mètres d'adn dans tout le corps humain à raison de 3 milliard de paires constituantes ranger sur deux mètres dans chaque cellules, 3 milliard à décoder. Donc la seule chose qu'on sache, c'est qu'il y a encore du boulot avant qu'on sache.


Message édité par foutre de le 07-04-2008 à 19:38:18

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« Une force presque nulle est une force presque infinie dès lors qu'elle est rigoureusement étrangère au système qu'elle met en mouvement »
n°14542159
rahsaan
Posté le 07-04-2008 à 19:45:44  profilanswer
 

Bah voilà, je ne comprends pas un 1/5e de ces termes techniques, mais ça prouve bien que c'est pas demain qu'on trouvera le gène de la pédophilie ou de la violence.


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n°14542245
le vicaire
Posté le 07-04-2008 à 19:55:42  profilanswer
 

foutre de a écrit :

Après vous pouvez donner dans la critique de "bouc émissaire" de banlieue, de l'imagerie des médias ou de finkielkraut, mais il y a sévèrement anguille sous roche, ils ne se contentent pas de délirer ceux qui se plaignent de ne pas pouvoir mettre un pied en banlieue à l'heure qu'ils veulent s'il n'y sont pas reconnu pour être du cru depuis des lustres : la banlieue aussi est une zone de non insertion, de codes mal transmis qu'il faut posséder pour survivre ; simplement on ne vous élimine pas par voie scolaire ou professionnelle, mais on a mille autres façon de vous empêcher de vivre.
D'ailleurs l'incivilité règne dans bien des endroits où l'on ne croit pas la dépister. je vous invite à lire ce PDF d'une sociologue qui se délecte de l'incivilité cognitive de certains pontes de l'université.


Il doit souvent y aller Finkielkraut en banlieue... Dans une zone pavillonnaire ou à la campagne si t'es pas du coin, on te regarde de travers aussi... Y'a guère que dans les grandes villes qu'on est invisible et encore si les quartiers sont vivants, ils se détestent les uns les autres. Derrière la banlieue, y'a la colonisation, les discriminations, le "j'te mets les pauvres avec les pauvres" etc. On l'entend pas beaucoup ça. J'ai grandi dans une cité (mais on est loin des Grecs) et j'ai vu comment tout ça est parti en vrille de l'intérieur. La gauche n'a rien capté là-dessus avec son discours victimaire ni la droite avec son discours sécuritaire. Je ne supporte pas l'incivilité, non plus mais quand on a 50 % de jeunes au chômage dans les quartiers, peu d'écoute, peu de représentation et peu de perspective, alors oui il faudrait être génétiquement modifié pour s'en sortir. Le problème est loin d'être simple et des fois je peux comprendre que la philosophie ne soit qu'une préoccupation de petit bourgeois.

mood
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