Dora Doralina a écrit :
Terminé hier soir. Diables blancs de James Robert Baker (1946-1997) est un roman noir écrit entre 1993 et 1994 qui n'a jamais été publié en VO dans son pays d'origine. Cette traduction française de Yoko Lacour pour Monsieur Toussaint Louverture — à qui l'on doit déjà les romans de McDowell — est une première mondiale. Mis au ban après la publication de son roman controversé Tim and Pete en 1993, Baker fut rejeté par l’ensemble des éditeurs et sombra dans la dépression jusqu'à son suicide en 1997. Son roman Boy Wonder, énorme succès critique, connaîtra probablement une traduction française chez MTL.
La structure de ce texte amoral est originale : Baker se fait le destinataire de sept cassettes audio enregistrées par Tom Dunbar. Ce dernier y relate son succès fulgurant avec un premier true crime et sa relation tumultueuse avec son épouse Beth, fille d'un auteur de romans de gare. L'écriture est vive, incisive, traversée d'humour noir et très cinématographique. On plonge dans le Los Angeles huppé du début des années 90 avec un couple, sorte de "Bonnie and Clyde" sous amphétamines, dans une spirale infernale mêlant sang et larmes. Certaines pages sont d'une cruauté implacable, à en donner le vertige.
J'ai toutefois relevé deux gros défauts qui m'ont fait perdre l'équilibre, au point d'envisager l'abandon vers la fin de la première cassette. Il y a beaucoup trop de descriptions du quotidien et de références — façon Manchette. En veux-tu en voilà des titres de musique, des noms de stars, des marques... cela devient indigeste, à la limite du placement de produit.
L'autre problème (et j'espère que Parappa et Bouing Bouing verront ce message) : le syndrome du personnage trop chanceux. Nous en avions évoqué le cas il y a quelques mois. Toujours au bon endroit, au bon moment, avec le bon timing. Une fois, passe encore, mais vingt fois en 288 pages ?
J'en ressors frustré. Est-ce que je le recommande ? Si ces défauts ne vous rebutent pas, alors oui, car littérairement, c'est un "putain de bon polar". Quel dommage.
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