Triple entrée :
SDF et mains baladeuses / Les mythes du placard / Lits et ratures.
Aujourd’hui : Ulysse et l’Odyssée, d’après Homer Simpson.
Après la guerre de Troie, le roi Ulysse, propriétaire d’Ithaque, s’occupait dans son palais à déflorer les vierges du gynécée, au grand dam de sa charmante épouse Pénélope. Lassée de faire tapisserie, elle lui demanda de choisir entre renoncer à ses turpitudes ou se casser. Comme il ne restait plus aucune vierge dans Ithaque pour faire tac-tac en double péné, même sous des angles différents, Ulysse opta pour s’offrir une croisière en paquebot autour du Péloponnèse. Peinée, cette salope de Pénélope le traita de lopette, puis elle gueula comme une oie du capitole en constatant que le prix de la course, inclus les frais d’approche du taxi, serait entièrement à sa charge. Ulysse se contenta donc d’embarquer sur une vulgaire trirème*, emportant toutefois par prudence un stock conséquent de pastilles d’iode ; puis il bourra ses potes avant le départ, car ces derniers étaient très effrayés par l’inconnu de leur long voyage. Ainsi, en dépit des sentiments interlopes de sa reine, longtemps il pelota avec tact Pénélope, puis il quitta sa patrie d’Ithaque et sa dernière pétrie intacte. Piégés, hébétés, prostrés, ses compagnons se retrouvèrent au milieu de la mer au milieu des timbales vides éparpillées sur le pont de leur bateau, doutant subitement du réel le plus évident. L’ivresse dégage la vérité des êtres, dit le philosophe, quand Ulysse ordonna plutôt aux marins de dégager à son approche, énervé de marcher dans ce qu’ils dégageaient. Pour l’équipage, une bonne cuite s’opposait par essence à l’hédonisme autiste, le pinard s’inscrivant selon eux dans une perspective panthéiste. Tous ajoutèrent par conséquent que lorsque les chrétiens arriveront, ils feront naitre la glorieuse civilisation du gros rouge, pour la plus grande gloire de l’Occident. Alors on fit longuement tourner les amphores encore remplies, en jouant sur les assemblages pour déjouer l’uniformisation du goût, ce qui les fit ramer n’importe comment sur les vagues turquoises de la mer Egée. Vaincu par les arguments de son équipage, Ulysse lui-même avait beaucoup trop picolé car il constata avec une pointe d’amertume ses sens sursaturés : nez intense, bouche dense, en un mot il se trouva bien boisé. Si ses camarades dans leurs robes sombres n’étaient pas riches, ils étaient bien crémeux, tous noblement épicés, avec le pif complètement toasté, sans toutefois aucun respect pour l’étiquette. Ulysse travailla leur texture à coup de baffes dans le cigare, puis après quelques malaises vagaux sur la mer agitée ils parvinrent finalement en vue d’une côte où chaque homme alla choisir un olivier pour se soulager. Ulysse garda toutefois le plus jeune à bord, à cause de son fruité charnu. Remarquable de profondeur, ce mousse présenta un moelleux très présent et un toucher de bouche remarquable, avec une longue finale très pure, bien qu‘avec pour terminer quelque fraîcheur.
Il y avait là une ville nommée Cicones qu’ils durent piller pour y trouver de la bière. Comme ils n’avaient plus de mouchoir à offrir aux habitantes qu’ils avaient violés avec humour et tendresse, ils décidèrent de remettre la voile à toute vapeur. Les trottoirs et les ruelles de la bourgade gardèrent longtemps les traces malodorantes de leur rêverie poétique et désenchantée. A l’égal de tous les commandants de bord grecs, Ulysse portait un jean cintré, la grosse moustache, une casquette à visière et un blouson de cuir noir couvert de chaines. Ses camarades se contentaient d’aller cul nu, sans aucune prudence. Boyaux autour des épaules, ils affrontèrent l’inimaginable et les rames ne cachèrent pas grand chose des horreurs commises, car cette sorcière d’Ulysse était habitée par de nombreux démons. Après la signature d’un accord de paix qui mit un terme à quelques problèmes sentimentaux, ils se mirent à papoter de l’air du temps, du boulot, de la chirurgie des orteils amputés, mais surtout des mecs et de leurs fantasmes. Leur arrivée vint mouvementer la vie paisible du pays des Lotophages qui cultivaient l’opium et s’en fumaient des quantités énormes. Lorsqu’ils proposèrent quelques pipes* à Ulysse, celui-ci fut pris de léthargie à l’instar de ses hommes, sous le regard amusé des alter mondialistes. Ainsi ils expérimentèrent la pipe Lotophage avec ensuite beaucoup de douleur et d’incompréhension de part et d’autre, puis ils préfèrent perdre la mémoire. La violence des actes et des sentiments détruit tout, faute de prendre le temps de regarder en arrière. Après avoir bravé périls et humiliations, ils retrouvèrent leur destinée qui les conduisit dans l’île des cyclopes, géants d’une drôlerie déconcertante, monstres avec un seul œil en trou de pine ouvert au milieu du front et vivant enfoncés dans leurs grottes profondes. Ulysse se félicita de se poser, car les amphores étaient vidées et ils ne leur restait que six clopes d’opium Lotophage. Les cyclopes n’avaient ni loi ni sécurité sociale, c’est pourquoi les combines étaient pour eux monnaie courante. Au fond d’une caverne, Ulysse découvrit des tonneaux de pinard qui forcèrent tout le monde à développer des dialogues chaleureux, avant de tomber par hasard sur un troupeau de brebis. Mais le hasard existe-t-il, seulement ? Toujours est-il que devant cette aubaine, les grecs donnèrent des signes d’élevage. Alors se succéda quantité de bagarres, de meurtres et de sang pour s’approprier les brebis, qui en plus n’étaient pas consentantes. Ors, ce troupeau appartenait à un géant cyclope du nom de Polyphème, qui revenait tout juste d’une manif des éleveurs contre la réintroduction de l’ours en Macédoine. Il bloqua l’entrée de sa grotte avec une énorme pierre et se mis à boulotter trois compagnons d’Ulysse en guise de petit déjeuner. A ce stade du récit, l’Odyssée dégénère en kidnapping, bien que les marins soient plus happés par le cyclope que par l’histoire. Ils se savent en sursis et en profitent pour fumer une dernière cigarette d’opium Lotophage avant de finir dans le bide de Polyphème. Mais Ulysse conçut un plan : il remplaça le vin des tonneaux par un puissant laxatif pour cyclope, lequel fut atteint de chiasse carabinée. Trouvant les chiottes de sa caverne fermée, le cyclope demanda qui s’y trouvait. Ulysse lui répondit « personne », alors que, n’y tenant plus, le cyclope déchargea par le fion un puissant caca qui vint heurter le rocher obturant l’entrée de la grotte et la dégagea. La voie étant libre, Ulysse et ses copains firent un doigt au géant avant de s’échapper, non sans monter quelques moutons auparavant. Alors que Polyphème poussait dur sa fameuse gastro par le cul, il voulu leur répondre par un doigt lui aussi, mais dans son effort il se colla le doigt dans l’œil et le creva. Devenu aveugle, Polyphème, par ailleurs fils de Poséidon, s’enferma dans ses gogues pour le restant de ses jours. Pour échapper à l’odeur des lieux, Ulysse fut obligé de naviguer pendant dix ans sur les mers afin de s’en éloigner.
Manque de bol, les marins que la vie avait embarqué sur le même bateau arrivèrent ensuite chez Eole, le gardien des vents. Ils comprirent tout de suite de quels vents il s’agissait, car Eole avait enfermé dans une outre tous les pets de Polyphème. Piqués par la curiosité, Ulysse profita du fait que Eole soit rongé de remords à cause des lourdes cicatrices de son passé communiste pour détourner son attention et ouvrir le sac contenant les vents. L’odeur ignoble tua presque tous les potes d’Ulysse sur le champ, tout en propulsant la dernière galère sur l’île de la magicienne Circé. Comme le canard vibrant à pile n’avait pas encore été inventé, Circé la nympho utilisait des vrais, tout en menant la vie d‘une adolescente ordinaire. Contrairement aux filles de son âge, Circé n’avait cependant pas peur des araignées. Elle vivait au milieu des ours, des renards et des lions, qu’elle utilisait pareillement pour se donner du plaisir, n’ayant pas d’homme sous la main. Gentil et un peu idiot, Ulysse pénétra dans son palais, avec tous ses amis. Circé savait qu’en chaque homme sommeille un cochon et le prouva aussitôt en leur offrant quelques nuits torrides, où les marins se comportèrent en porcs notoires, au cours de partouzes insensées. Ayant préparé et mangé une quiche magique, Ulysse parvint à échapper aux charmes de Circé, pendant que ses compagnons continuaient d’explorer les zones les plus secrètes de la belle, constatant par les faits que les jeux d‘adolescentes sont moins innocents qu‘il n‘y parait. L’intrigue psychologique de l’Odyssée est ici empreinte de fantastique, car Circé condamne ensuite Ulysse à errer aux enfers. Là, il consulte le devin Tirésias qui lui soigne sa blennorragie dans un contexte de science-fiction, et découvre les fantômes d’Ajax-WC et d’Achille Talon, avec qui il échange quelques pipes Lotophages au milieu du cimetière. Puis ils se shootèrent à l’héroïne et prirent l’apparence du décor. Des enfers, Ulysse côtoya l’île des sirènes, femmes monstrueuses à corps de poule et à tête de stars du X. Elles chantaient comme Nolwenn Leroy et provoquaient la perte des marins bretons qui croisaient à leur portée. Tout ce que désirait Ulysse à ce moment là, c’était de boire une bière bien fraîche, mais les bras tendus de ses amis continuaient de ramer, en s‘approchant sans méfiance des sirènes. Par malheur elles hurlèrent cinq coups, ce qui ordonnait le départ de la station SNSM, le sauvetage en mer et le transfert des opérations aux bataillons des Marins Pompiers. Ulysse s’aperçut donc que son bateau était comme lui en train de couler.
La bouche de Nolwenn s’ouvrit tellement qu’Ulysse comprit qu’en lui la bête s’éveillait. Alors que ses copains se bouchaient les oreilles avec de la cire d’abeille pour éviter qu’Ulysse ne leur mette son énorme pine à l‘intérieur, lui-même s’attacha la bite avec une corde, car elle était devenu aussi grosse que le mât de son navire. S’ensuit une pluie torrentielle et les gouttes ruissellent sur le visage de la sirène Nolwenn, laquelle replonge dans l’eau devenue opaque. Puis Ulysse bouche le trou de sa coque avec son zob, sauvant de justesse son navire du naufrage. Hélas, obligé de passer entre deux monstres marins, il se fait démonter ses petites fesses par Charybe et Scylla, sa respiration augmente alors d’ailleurs jusqu’à l’insoutenable, avant de parvenir à Thrinacie, l’île du soleil. Ils tombent sur le soleil et ses amis, occupés à se cuire des steaks de bœufs en plein barbecue. Les marins décident de piquer la viande avant de se barrer, mais le soleil les aperçoit et leur flanque une volée, détruisant également le dernier bateau. Seul survivant, Ulysse enduit de Biafine rejoint à la nage l’île d’Ogygie, où mouillait la Calypso. Celle-ci le garde huit ans dans sa grotte humide et l’oblige finalement à l’épouser, puisque, jeune femme moderne, elle se trouvait enceinte d‘un autre. Ors, après l’avoir rencontré dans une fête étudiante, Ulysse lui aussi se tape Athéna, amourachée de ce beau gosse impassible, ce qui consomme sa rupture définitive avec Calypso. D’ailleurs Ulysse en avait ras la couette de cette vie simple, en harmonie avec la nature et les saisons. Pour échapper à l’obligation de payer une pension alimentaire à Calypso, il construisit un radeau avec des canettes de bière vides, ce qui l’amena au pays des Phéaciens, un lieu merveilleux où les habitantes le reçurent en grandes pompes, car il s‘agissait en fait d‘un camp de nudistes, proche du Lavandou. Au milieu de tous ces personnages qui se croisent, le roi Alcinoos, entre beuverie et réflexion, décide de renvoyer Ulysse chez lui, car sa ville est soudain envahie par les zombies. Ulysse embarque sur un bateau magique et se tire sain et sauf de cette marée de morts-vivants.
Rentré à Ithaque, Ulysse est bouleversé car son palais est transformé en bar à hôtesses, et la fourrure de Pénélope se trouvait alors très convoitée dans toute la Grèce. De joyeux drilles assaillaient en effet Pénélope, dont les badineries alternaient avec de brusques basculements, mais le temps ne semblait pas avoir eu de prise sur elle, contrairement à ses nombreux prétendants. Ulysse est bien décidé à retrouver sa femme et son fils Télémaque, délaissant toutefois le choix d’une intervention de la police, en qui il n’a pas confiance. Fauché comme les blés, Ulysse se met à vivre dans la rue et pioncer dans une voiture abandonnée, ajoutant à sa peine le lourd fardeau de l’animosité. Pénélope avait décidé d’épouser le seul homme qui banderait comme Ulysse, car elle avait enfoui au fond d’elle-même la plupart de ses fantasmes, sans jamais croire à la mort de son mari. Elle savait bien, elle, qu’Ulysse au pieu était plus proche de la bête que de l’homme. C’est pourquoi elle buvait de l’absinthe en faisant tapisserie dans la salle des banquets, indifférente aux mauvais garçons et leurs jolies pépés. Ulysse arriva devant elle en posant sa valise, tout en bandant comme un turc, et le doute ne fut plus permis. Aidé de son fils Télémaque, Ulysse flingua les prétendants, la plupart responsables de grands magasins, ce qui entraina la renaissance du petit commerce dans le centre-ville d‘Ithaque. Télémaque abandonna son idée première de filmer des femmes nues après son bac et entra comme stagiaire dans une ferme de Mykonos. Ulysse reprit sa vie d’avant, après vingt ans d’absence, toujours à l’affût de la moindre robe de vierge qui passait devant lui. Pénélope laissa tomber ses sombres idées de basse vengeance pour se consacrer aux kébabs du cœur. Banlieue d’Ithaque et fond de terroir connurent alors grâce à elle un renouveau aussi salutaire qu’opportun.
* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Les mythes du placard : Jason et la toison d’or- VOL 1)
* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Activités ludiques : la pipe - VOL 1)
Collector :
sérigraphie grand luxe et numérotée de Potka Glaisan - disponible auprès de la Direction des musées Nationaux.

Message édité par talbazar le 06-07-2013 à 11:53:16