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| Auteur | Sujet : La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar. |
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Publicité | Posté le 26-08-2013 à 13:15:47 ![]() ![]() |
talbazar morte la bête, mort le venin | SEXE Le texte ci-dessous est un extrait de 1,227 Quite Interesting Facts (« 1227 vérités plutôt intéressantes »), deW.W. Norton, une collection de miscellanées en tous genres difficiles à croire mais totalement vraies, rassemblées par les créateurs de l'émission britannique "QI." 1. Un bébé européen sur dix est conçu dans un lit Ikea. 2. Alfred Kinsey, auteur du livre Le comportement sexuel de l'homme (1948), avait une collection de 5 millions de guêpes et pouvait insérer une brosse à dents dans son pénis, en commençant par le côté poilu. 3. Des espions britanniques ont arrêté d'utiliser le sperme comme d'une encre invisible parce que celui-ci commençait à sentir quand il n'était plus frais. 4. Un spermatozoïde contient 37.5 Mb (mégabits) d'informations relatives à l'ADN. Une éjaculation représente un transfert de données de 15,875 Gb, équivalent à la capacité totale de 62 ordinateurs MacBook Pro . 5. Les drosophiles mâles rejetés par une femelle boivent beaucoup plus d'alcool que ceux ayant été accueillis favorablement par la gent féminine. 6. Une femelle furet meurt si elle n'a aucun rapport sexuel pendant un an. 7. Sept tablettes de Viagra sont vendues chaque seconde. 8. En allemand, "moyen de contraception" se dit "Schwangerschaftsverhütungsmittel". Quand vous avez fini de le prononcer, il est déjà trop tard. 9. L'Association américaine de psychiatrie rangeait l'homosexualité dans la liste des maladies mentales jusqu'en 1973. 10. L’œuvre de fiction la plus vendue du XVe siècle était L'histoire de deux amants, roman érotique écrit par l'homme qui est devenu plus tard le pape Pie II. 11. Un homme produit assez de sperme en deux semaines pour féconder toutes les femmes fertiles de la planète. 12. En 2008, des archéologues ont trouvé, à Chypre, une malédiction du VIIè siècle inscrite sur une tablette. Elle disait ceci : "Que votre pénis soit douloureux quand vous faites l'amour." Personne ne sait qui est l'auteur de la malédiction, ni ses motivations. 13. La copine du fondateur du site Match.com, Gary Kremen, l'a quitté pour un homme qu'elle avait rencontré sur Match.com. 14. Le terme « gymnophoria » désigne l'impression d'être déshabillé mentalement par quelqu'un. 15. Dans un élan de passion, un chimpanzé femelle a la force de six hommes. 16. En 2012, aux Jeux olympiques de Londres, qui ont duré 17 jours, les athlètes se sont vu offrir 150 000 préservatifs – environ 15 par personne. 17. Le "Point G" a longtemps été surnommé la "chatouille Whipple" - en hommage au professeur Beverley Whipple qui a popularisé l'expression que nous connaissons aujourd'hui. Le nom "point G" est une référence au sexologue allemand Ernst Gräfenberg qui le premier considéra la sensibilité érotique de cette zone en 1950. http://www.youtube.com/watch?v=QEdEpWOQT0k Message édité par talbazar le 24-10-2013 à 11:49:14 |
talbazar morte la bête, mort le venin | Cours universel de zoophilie appliquée. Aujourd'hui : De la bonne manière de niquer un chat. L’idée de niquer un chat* serait apparue dans le cerveau drolatique de Donatien Alphonse François de Sade, né le 2 juin 1740 et mort le 2 décembre 1814, alors qu’emprisonné à la bastille, il n’avait pour seul dérivatif que la vue sur Paris et le chat de son gardien. Le divin marquis niqua donc des petites minettes pendant vingt sept ans. Afin de se prémunir contre la légitime rébellion du matou, guidé en cela par les moyens du bord, il préconisait de lui coincer la tête entre les barreaux et de lui faire boire du vin de bourgogne, afin de mieux désynchroniser le mouvement de ses pattes, échappant ainsi aux coups de griffes déloyaux. Mais si c’est de moins en moins vrai, il existe encore un grand nombre de gens qui ne vivent pas en prison. Nous mettrons plus loin en place d’autres alternatives, mises au point par le pro-fesseur Talbazar. Le chat domestique (Felis silvestris catus) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. Il est l’un des principaux animaux de compagnie que l‘on peut niquer, à l’instar de l’iguane terrestre, du phasme arboricole et de l’anaconda brésilien. Les chats seraient originaires d’Afrique (Felis silvestris lybica), où les lions se foutaient constamment de leur gueule. C’est pourquoi ils choisirent de se faire domestiquer en Europe il ya 8 000 à 10 000 ans, le chat devenant alors pour l’homme un auxiliaire utile se prêtant à la fornication. Tout d’abord niqué par les Égyptiens*, il fut niqué en Europe au Moyen Âge et ne retrouva ses lettres de noblesse qu’au XVIIIe siècle. En Asie, niquer son chat restera toujours synonyme de chance, gage certain d’une grande habileté de la part de son propriétaire. L’accouplement dure alors entre 5 et 15 secondes 26, le chinois monte alors sur le dos de son chat, lui mord la peau du cou et piétine la croupe pour améliorer la pénétration. Les petites épines présentes sur le pénis du chinois orientées vers l’arrière raclent les parois vaginales du félin. Cette stimulation du vagin est nécessaire pour déclencher l’ovulation chez la chatte asiatique, ce qui est moins vrai chez la Persane, aux dires des Persans. À chaque pénétration débridée, la chatte émettra un nouvel ovule, ce qui explique pourquoi les chatons d’une même portée peuvent être de chinois différents. Des hybridations sont possibles entre le domestique d’un propriétaire terrien et le chat de son garde forestier (à ne pas confondre avec les videurs de boîte de nuit), ce sauvage autochtone d'Europe, protégé par la Convention de Berne, qui manifeste de temps à autre pour la défense de la chasse à cours. On s’attend à ce que, compte tenu de la fragmentation rapide des forêt européennes, se fasse une pénétration plus forte des chats de domestiques, ce qui occasionnerait une source de « pollution génétique» et de propagation de zoonoses et de virus, ou autres pathogènes et parasites félins. Sans compter la participation active des chats aux manifestations contre l’introduction des ours pyrénéens, par pure jalousie. C’est une évidence, en règle générale et en dehors des mauvaises semaines, les chattes sont notoirement plus souvent niquées que les chats. Ors, niquer un chat demande d’être agile et rapide, pour mieux profiter de l’effet de surprise. Inversement, si on tarde trop, il faudra se montrer patient et réfléchi, sachant que le chat laisse à chacun sa capacité à s’abandonner, puis à l’abandonner ensuite d’habitude sur les aires d’autoroute. Venons en donc à l’aspect pratique. Il nous faut simplement : Un chat On se mettra nu. Comme le mieux étant de gagner du temps, on sera pragmatique en utilisant son propre (sic) slip avec lequel on couvrira la tête de son chat. Un boxer ne convient pas, pas plus qu’un Doberman non plus, d’ailleurs. Pour amadouer notre mistigri au préalable, on lui fournira à manger des croquettes de lapin, auxquelles aucun chat ne résiste. Bien que la plupart des croquettes de lapin soient en réalité fabriquée avec du bison de Roumanie, voir avec du furet Gabonais, en raison des magouilles alimentaires de la mondialisation, votre chat l’ignore et sera d’emblée mis en d’heureuses prédispositions. Un peu de musique devrait certainement l’amadouer. Après avoir testé Van Hallen, Claude Nougaro et Shakira, le laboratoire associé au salon du pro-fesseur Talbazar a obtenu d’excellents résultats avec ceci : http://www.youtube.com/watch?v=_x6VLwu85yM Bien entendu, si vous confiez à un tiers votre désir ardent de niquer un chat, on vous objectera d’avoir un sérieux problème avec la queue. Ce n’est pas faux. C’est pourquoi je préconise de niquer de préférence un chat de l’espèce dite « du Mans », qui nait naturellement sans queue. On réalise ensuite un coffrage en sapin dans lequel on coulera 7m³ (au moins) de béton à prise rapide. En y ajoutant de la chaux, le mortier est appelé mortier bâtard, mais il n'y a cependant aucun risque, même niqué à répétition, que votre chat ne vous en fasse un. Le ciment C.P.A. (Ciment Portland Artificiel) est le liant hydraulique par excellence. Evitez La S.P.A. La résistance mécanique du béton est avérée, elle se calcule en bar, sans tenir compte de la nôtre, et la chaleur emmagasinée moins réfractaire que le chat à notre petite projection. Nous devons également tenir compte de la survibration et du pompage. Voici les règles de base pour faire du béton : Dosage de l'eau : la quantité d'eau d'une gâchée est, en litres, égale à la moitié de la valeur du poids du ciment + celle du chat : 50 kg de ciment = 25 L d'eau. Voici un tableau guide : Volume de béton désiré en m3 7 Ciment en kg 2450 Important : toutes ces proportions sont indicatives et ne sauraient engager la responsabilité de la Moyenne Encyclopédie. Pour un seau de ciment, on doit mettre 2 seaux de sable et 3 seaux de graviers. Afin de bien proportionner le mélange, on choisit du sable standard à maçonner de 0,5 mm et des graviers de 5/10 (5 à 15 mm). Les graviers 5/25 sont adaptés pour la réalisation du béton de fondation et du béton armé, et assurent une solidité du béton mais ils coûtent plus chers. Le mieux est sans doute d’utiliser la propre litière du chat, si c‘est le nôtre. On plonge ensuite sans attendre notre greffier dans le béton rapide, ce qui aura pour effet de l’immobiliser instantanément, tout en le positionnant à une hauteur correcte. On pulvérisera ensuite le bloc de béton au marteau-burineur afin de libérer minou une fois travaillé. Si l’on n’est pas un tant soit peu bricoleur, il existe une alternative simple et peu onéreuse pour se garantir des coups de griffes. Il suffit de poser en début de traitement notre chat sur un cube de 1,50 X 1,50 X 1,50 en mousse élasthanne ou autre fibre élastomère. La bête sortira ses griffes selon une logique prouvée. En se cramponnant sans possibilité de se rétracter, elles devraient le retenir suffisamment longtemps pour éviter à notre endroit tout risque d’estafilade, et ce pour la durée totale de la séance. Si une espèce particulière vous pose problème, n’hésitez pas à nous contacter, la Moyenne Encyclopédie est là pour le résoudre. Rappelons toutefois que le hérisson, le crocodile du Nil et le puceron du rosier ne sont pas niquables. Mais pas de panique, beaucoup d’autres espèces le sont ! *( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Leçons de choses contre-naturelles : la chatte - VOL 1) *( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Codes labiaux : Les hiéroglyphes - VOL 1) Message édité par talbazar le 08-11-2013 à 11:48:31 |
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Publicité | Posté le 24-11-2013 à 15:50:08 ![]() ![]() |
talbazar morte la bête, mort le venin | Salon des inventions : Il n’est pas facile pour un élève de huit ans d’éteindre son I.Phone en classe, et pourtant il le faut. Ce sont les ordres de la maîtresse, comme de l’Education Nationale, alors qu’il reste encore tant de choses à se dire avant la prochaine récré ! Des trucs qui concernent la société, le travail des parents, les institutions publiques, l’argent de poche, l’augmentation du prix des friandises… Ainsi a été élaboré pour ces petits anges ce langage des signes, rien que pour eux, afin de faciliter leur communication non-verbale pendant les heures de cours. Ce langage des signes pour élèves primaires est conforme à la lettre et à l’esprit des programmes de 1882. Une place importante est consacrée aux injures, qui sont une part essentielle des propos échangés en cours par nos chérubins, y compris dans les écoles rurales. Il s’adresse indifféremment aux élèves des CP et CM, et son apprentissage dure deux heures. Abondants et suggestifs, les gestes reproduisent au mieux les sentiments du discours et comporte aussi, comme il est naturel lorsqu’on s’adresse à des enfants de cet âge, de nombreuses allusions grivoises. Mis en valeur par l’emploi d’un ou plusieurs doigts, ce langage sans parole isole parfaitement le dialogue des leçons en cours, et permet aux enfants de faire littéralement corps avec lui. Tout autant descriptif qu’interrogatif, ce système emprunté aux indiens des plaines ne laisse pas l’esprit passif, puisqu’il stimule réflexion et raisonnement dans le dos du professeur. Il contribue à éveiller chez les élèves la plus grande des émulations, par sa méthode exclusive de réponses généralement sans questions. Ainsi, la phrase « Quand je serais grande je veux faire mes tresses » se traduira en désignant la maîtresse, en pointant un doigt sur sa poitrine, puis en tournicotant pour finir une mèche de ses cheveux. Volontairement allégé et simplifié pour être compris par les plus notoirement crétins, dans un but politiquement explicite, il n’est cependant ni trop schématique, ni trop abstrait et renonce d’emblée à tout ce qui ne va pas à l’essentiel. Le code ainsi mis en place renforce donc une solidarité indispensable et pourrait même, selon le pro-fesseur Talbazar, (lui-même désagrégé des écoles), être considéré pour une nouvelle méthode d’éducation active susceptible de les préparer au récit continu. Quelques mouvements de la main et du doigt, substantiels et faciles à retenir, quelques mimiques du visage permettent de suite d’être compris par toute la classe, à l’insu bien entendu du Maître qui n’entrave que dalle à ce récit silencieux et continu en général d’appliquer sa méthode traditionnelle d’enseignement, sans se douter de rien. La Moyenne Encyclopédie remercie vivement tous ceux, progéniture des collègues et gamins des amis, qui ont bien voulu l’aider de leurs suggestions silencieuses et de leur conseils muets. Le pro-fesseur Talbazar
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller ! Jason rassura le père Albin Michel sur le cas très préoccupant du 93, garantissant au prêtre ses propres intentions de prières pour ce patient atteint des écrouelles. L’aumônier officiel de la clinique Saint Bernard s’employa en grâces et génuflexions, suite à la remise de sa petite enveloppe hebdomadaire, avant de laisser le docteur enfin seul. Celui-ci savoura alors pleinement le document qui venait tout juste de le désigner président de l’Observatoire International des cliniques de proximité, avec à l‘appui quelques émoluments remarquables. On dressait dans cette lettre élogieuse le portrait d’un homme debout face à l’arbitraire et la violence des valises sans roulettes, si impitoyables aux troisièmes lombaires du genre humain. Il avait l’impression que lui seul osait affirmer avec force que la plupart des gens n’étaient ni contorsionnistes, ni champions de karaté. Voilà pourquoi, d’après lui, il fallait d’urgence inscrire le problème de ces lourds bagages à main portés à bout de bras en grande cause nationale. Bien décidé à apostropher là-dessus aussi bien ses confrères que ses propres clients, il avait distribué des badges voyants à tout son personnel, avec obligation de les arborer, dans le but de vanter auprès des malades plus chanceux les mérites de son association nouvellement mise en œuvre ; ceci pour mieux appuyer l’appel à leur généreuse cotisation. Il l’avait fondée pour défendre toutes les pauvres victimes du sac de sport porté sur l‘épaule et cet organisme non gouvernemental, couvert par la loi 1901, lui permettait déjà de récolter avec profit de substantielles subventions, dont il profitait bien entendu très sagement. Accompagné de Gwendoline il rendit visite en fin de matinée au 74, un artisan boulanger qui vivait avec son propre cœur et totalisait depuis son arrivée plus de 500.000 secondes de rêverie, comme Jason le constata en contrôlant l’écran du moniteur posé près de son lit. Par simple relation de cause à effet, ce professionnel du pétrin louerait certainement sans tarder une des rentables télévisions de l’établissement, même si le bénéfice en restait minime par rapport à la location de béquilles. Avec la délicatesse d’une petite fille, Gwendoline lui remit tendrement son cœur à sa place, puis elle lui recommanda de se tenir tranquille, avec cette fois une moue sévère sur le visage lorsqu’elle repoussa violemment sa main baladeuse. Une fois collés sans ménagement deux ou trois médocs dans la tronche de ce peloteur de miches, elle quitta finalement la chambre après avoir éteint sa lumière, pour retrouver le docteur Jason dans le couloir. Il débarquèrent ensuite dans la chambre de l’opéré dont Jason avait si brillamment clabaudé l’Hypermalabar. Le gars lévitait perché à 1.20m du sol dans un complexe appareillage de sangles et se plaignait constamment de ses douleurs ventrales. Ecartant d’autorité tout risque d’une intoxication élémentaire, Jason lui chatouilla l’aine pour tenter vainement de le faire rire et recommanda à Gwendoline de prévenir Jeanne, afin qu’elle puisse changer la position inconfortable de ce 69. Lorsqu’il dépassa Gwen en continuant leur inspection, Jason lui caressa distraitement les fesses. Presque jamais il ne pensait à le faire sur celles de Jeanne ou de Babette. Rougissant sur le coup d’un bonheur indicible, Gwendoline s’imagina quelques instants galoper en compagnie du toubib dans une clairière ensoleillée ; il suscitait en elle tant et tant d’images apaisantes que son esprit quitta subitement le couloir. Reboostée par une telle affirmation de confiance de la part de son patron, Gwendoline avait l’impression de tanguer sur le pont d’une chaloupe, mais la cohorte des patients qu’elle frôla l’empêcha de chavirer. Jason lui expliquait que son objectif restait d’augmenter les bénéfices de la clinique en minimisant les effets secondaires. Il restait tant à faire sur les organes sains pour inventer de nouveaux traitements, c‘était là pour tout dire l‘objectif de sa propre révolution thérapeutique. Il raconta aussi que l’analyse génétique de certains malades révélait bien souvent tant de millésimes qu’elle aurait sans doute fait fondre en larmes les cavistes les plus pointilleux. Bien qu’elle garda les yeux pétillants et la mine complice, Gwendoline ne l’écoutait pas, le souffle toujours coupé par le bref effleurement de son amour à peine secret, la cervelle plutôt occupée à produire un flot ahurissant de neuromédiateurs, d’endorphines et de dopamine, ce qui l’obligea à rire nerveusement. Le son de son hilarité bienfaisante resta cependant à mi-voix et Jason n’eut pas l’air de vraiment se rendre compte à quel point la marche de son infirmière se faisait plus rapide. Elle était rose à l’extérieur, mais elle brillait comme un soleil à l’intérieur. Par l’entremise de Jason, l’infirmière semblait avoir chassé toute peur de mettre un pied devant l’autre. Difficile pour elle d’imaginer ce qu’elle aurait ressenti s’il l’avait par inadvertance palpée sous la douche, mais à coup sûr, ce geste anodin l’aurait certainement rendue plus gourmande de la vie. Les bras chargés de gants et de gaze, Babette surgissant d’un virage se chargea de réduire sa félicité passagère à l’état d’un vain prototype de bonheur véritable, pour l’instant prématuré. Cette garce portait des bottes à talons en velours de veau. Devant Jason, elle passa les mains dans les boucles de ses cheveux opulents pour les rendre plus aériennes. Ce faisant, elle fit tomber trois paires de gants que le beau toubib s’empressa de ramasser avant de les lui rendre en souriant. Les regards que balança Babette à son chef en remerciement furent pour Gwendoline vraiment très durs à vivre, comme si elle-même se livrait sans aucune défense au monde extérieur. Ses pauvres nerfs s’allongèrent jusqu’au bout, à la limite de la rupture. Quand à elle, Babette plissait toujours victorieusement ses petites lèvres. Alors qu’avec une insouciance inquiétante Jason les quittait pour aller faire son golf dans le cadre de sa formation du personnel de santé, Gwendoline retrouva petit à petit une apparence presque normale. Elle toisa tout de même méchamment Babette en arborant pour sa part un rapide coiffé-décoiffé qu‘elle élabora d‘un seul revers de sa main, si joliment sculptée par de nombreuses séances de vaccination. Message édité par talbazar le 01-12-2013 à 16:55:24 |
talbazar morte la bête, mort le venin | Salon littéraire : On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller ! Dans les ruines de la résidence d’Admirkanj Nikasek, les morts s’entassaient comme des sacs de sport au coin d’un gymnase, pour offrir à ses visiteurs une image littéraire désastreuse. Les salles du palais de Garatonku présentaient des éventrations regrettables, toutefois ces mornes décombres n’abritaient à l’évidence plus personne de vivant. Le président ne se trouvait pas dans les défunts, comme s’en assurèrent Marlou, Gino et l’Obusier, pendant que Kiki et Jack continuaient de se cuiter à l’aide d’une bouteille de champagne, miraculeusement épargnée sous une table renversée. – Tu vois, Kiki, j’ai eu autrefois une liaison orageuse avec une petite chienne étincelante, tendre, étonnante, qui s’appelait Cindy Yorkshire. Quand je l’ai quitté, elle s’est fait engrosser par un dogue au sortir d’une histoire infernale avec ce colosse amateur de golf et porté sur le gin, vraiment énervé qu’en raison de leur extrême différence de taille, aucune de ses approches ne fût meilleure qu’une autre. Il l’a néanmoins culbuté, ne me demande pas comment, et les chiots en grandissant ont fait exploser tous les organes de la pauvre Cindy. J’ai même pas eu le courage d’aller l’enterrer. C’est vache, la vie. Il dynamisa le flamenco d’un pet retentissant en s’offrant pour la gloire une nouvelle lampée de champ. – Ca sert à rien de vouloir conjuguer l’éternité à l’infini, mon pote. Faut pas se fier aux couples qui se tiennent par les pattes d‘une manière conjugale, souvent les amoureux ne rêvent que d’une chose en secret, c’est seulement de rester jeunes et célibataires. Dis-moi sur qui tu es et je te dirai qui tu es. – Ouais enfin pour nous pauvres toutous, l’amour c’est rien du tout. Ce que demandent les filles, finalement, c’est de collectionner sur leur niche les posters des héros de la brigade canine. – On n’est pas mieux qu’elles, va. L’accord tacite passé entre eux termina la bouteille. Au plus fort de sa beuverie, Kiki chanta à tue-tête l’internationale, en aboyant comme un beau diable d’une manière acide et désopilante. Jack l’accompagna avec joie en trompetant de la pop à plein derche, se nourrissant sans chichis de nombreuses influences locales. Marlou jaugeait lui aussi ses trois grammes par litre de sang, mais il donna quand même de la voix sur les clébards pour bien se faire entendre : – Vous allez la fermer, les clebs ? L’inspecteur s’empara de son téléphone afin d’écouter N° 03 lui raconter qu’elle gouvernait à présent le Gurukislapet, que les rebelles victorieux recherchaient activement l’ancien président et sa fille, et qu’elle laissait au bon soin de Marlou le sort d’Alphonse-Jean de Saint Exupéry. – Je veux la princesse vivante, enfin si possible, mais par-dessus tout je tiens à récupérer la rondelle sacrée de cette petite salope, bijou ancestral sans lequel mon pays est quasiment orphelin, une entité neutre et sans contenu. On s’est déjà mis d’accord sur le flouze. Jack lâcha en voix-off un pet infiniment mélodieux, puis il sauta de joie pour s’élancer vers les cuisines, où son odorat puissant venait de flairer de la bonne choucroute au vin blanc. Vu que les balles avaient labouré quelques boîtes sur une étagère en les éventrant sur le sol, il n’eut même pas à demander aux hommes de les ouvrir pour lui. Kiki se précipita pour l’aider et tous deux se lancèrent dans une grondante et festive ripaille bavaroise. Figure presque métaphysique du mal, l’Obusier s’affairait en douce à autopsier les cadavres pour, disait-il, connaître l’origine de leur mort, mais Gino savait bien qu’il les détroussait plutôt de leurs portefeuilles. Il avait suggéré à son patron qu’au cours du pillage du palais, les plus riches de ces couillons devaient certainement avoir becqueté leurs bijoux pour ne pas s’en faire dépouiller. Marlou les laissa faire. Il venait tout juste d’admettre que Number Three et lui, ce n’était sans doute pas autre chose qu’une brève histoire de cul. Il lui demanderait de confirmer la chose quand elle passerait le prendre le soir même, comme elle l’avait annoncé. Il se faisait déjà dans sa tête quelques simulations d’audience, lorsqu’il tomba ivre-mort au pied d’un escalier. Des fois, on perd le courage de s’inventer. Pendant ce temps-là, Alphij et Ewij se régalaient de l’éloignement de leur Hermitage pour s’envoyer en l’air. La princesse était ravie d’entendre le cliquetis du ceinturon de son Maître et se lançait à corps perdu dans des aveux magnifiques. Elle se voyait esclave africaine et lui prêtre vaudou en plein rituel de sacrifice. Comme égarés en terre sauvage, ils rompaient avec toute soif de civilisation, lorsqu’un coup de ceinture plus vif posa sans prévenir la question du dosage, avant de faire puissamment râler Ewij. Vaincue, elle tomba en pâmoison dans les bras de son époux illicite. Lequel se rhabilla après les roucoulades, en prenant un air soucieux. – Il te manque sans doute un peu de chair, mais tas de beaux yeux, chérie. – Et maintenant, on fait quoi ? – Le plus simple est de se rendre au Brésil, où mon église est de loin la plus puissante. – De loin, mon minou, ça c’est le cas de le dire ! Message édité par talbazar le 06-12-2013 à 16:53:50 |
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Message édité par talbazar le 09-12-2013 à 19:57:21 |
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talbazar morte la bête, mort le venin | Salon des inventions : On observera sans l’occulter que le pro-fesseur Talbazar ne donne jamais rien au denier du culte, malgré son enthousiasme pour la moitié du mot. Toutefois, on ne pourra nier son sens de l’observation. Ceci étant dit, nous avons donc fait ce curieux constat qu’un chien mâle mis en présence d’une chienne en chaleur ne peut s’empêcher de battre constamment sa queue, puisque nos fidèles compagnons nous imitent en tout. Voilà l’origine de cette astucieuse centrale électrique canine, qui profite du phénomène inépuisable et de cette manifestation de joie pour produire l’électricité dont nous avons tant besoin. On fera marcher la chienne incommodée en avant, sur le principe des chiens de traineau, en lui faisant porter sur le dos la batterie de 6 V. Nous brancarderons à son tour le mâle, qui suit derrière à courte distance, toujours actif et jamais paresseux. L’oscillation incessante de sa queue, (pas sa bite, l’autre !) actionnera la dynamo couplée au Conjoncteur/disjoncteur et reliée par un câble à la batterie. On comprend qu’il sera toutefois nécessaire d’accompagner notre précieux tandem. Inutile aussi d’aller en courant, la production ne serait pas augmentée pour autant. Il est aussi nécessaire de prendre garde aux élans ravageur du mâle survolté qui sera impérativement tenu à 30 cm de la femelle, sans jamais la rejoindre. Quel plaisir de profiter de chaque promenade des toutous pour veiller à nos besoins, en bon père de famille, pour produire nos ampères ! L’opération rentabilise avec beaucoup de grâce et d’efficacité l’achat de nos chiens de race, puisqu’ils ne servent qu’à notre élevage clandestin, et qu’on se fait déjà un fric fou avec les chiots. Nous serons donc satisfaits de rentabiliser nos chiens en dehors des périodes de reproduction, lesquels nous seront très utiles pour éclairer le garage où on les entrepose habituellement. Ouah ! Merci, pro-fesseur Talbazar !
Activités ludiques. Aujourd'hui : Le jeu des grosses tronches démo-cartes. Lorsque le gouvernement prendra la décision inévitable de supprimer les congés payés, notre excellente artillerie jouera probablement un rôle décisif. Sans doute l’ennemi en grande détresse financière l’amènera à traiter, non sans de passagères difficultés pour nos parlementaires. Une fois payé l’indemnité de guerre civile sous forme d’une taxe qui devrait s’ajouter au droit d’accès à la mer, au ramassage du bois mort, nous liquiderons sans doute tous ensemble le passé. Les recettes fiscales sous forme d’or, d’épices et de fourrures qu’on se passe de père député en fils célèbre fructifieront, et les citoyens se donneront le droit de naître, mais rien de plus. La politique, c’est compliqué. En général, nos élus qui doivent leur talent à leur réputation font rarement appel à nous, sauf pour nous demander de l’argent. Ils veillent bien entendu à ce que l’on ne se faufile pas parmi eux à la faveur d’une fenêtre ouverte. Ils auraient alors la brutalité des timides. C’est décourageant, et risque de nous faire oublier que le principale devoir de l’Etat est de nous faire rire, avec des larmes dans nos yeux, sur fond de gloire, de puissance et de richesse. Voici un jeu de physionomies qui devrait nous aider à poser la couronne républicaine sur notre président(e) idéal(e). Lorsque nous aurons avalé notre poignée de blé bouilli, nous ferons éventuellement notre prière ; puis, un jour de chômage, nous laisserons les enfants de nos familles décomposées découper dans les magazines de mode la tronche de nos personnalités audacieuses. Autant que l’on en veut, qu‘on leur en veuille ou non. On tracera le plan d’un cube, sur chaque face duquel on collera un élément de ces visages marqués par une incessante propagande. On multipliera de cette façon autant de cubes que l’on peut ranger dans leur chambre, ce qui offre des milliers de combinaisons à notre jeu de démo cartomancie. Une fois empilés nos cubes, une tronche se dessine peu à peu et on tire enfin un profit hilarant des figures aléatoires de nos indigènes, en les exploitant selon notre exercice de démocratie astucieusement indirecte.
Salon littéraire : On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller ! Toujours sous le coup de sa mise en boite, piétinant avec rage les tiges de maïs, le géant était vert. Avec ses trois mirettes qui lui donnaient une vision 3D, sa vue était mauvaise, mais il ne mit cependant guère longtemps à s’apercevoir que, même évanouie, dame Helga n’était pas libérée d’une dramatique relation eodipienne avec son père. Mirait-elle comment en la voyant son gros kiki bougeait, atteignait déjà une demie-lieue, et continuait même de grandir ? Savait-elle le mal qu’il avait pour quérir des poulaines à ses pieds, du 282, et le martyr qu’il endurait pour se déchausser, incapable de se pencher suffisamment ? C’est pour ça qu’il cocottait des arpions, ce qui l’obligeait à vivre solitaire au milieu des boisailles, sans jamais faire braguette dans ce maudit pays de Lilliput, nom de la Kounass dans sa langue de géant. Ce qui le rendait fort contrit. Les chevaliers continuaient quand à eux de harceler sans relâche ce géant infernal, en moulinant bravement de leurs épées, mais ils n’entamaient guère sa peau aussi coriace que les tartes aux pommes de la bio nutrition. Mirlen le tchatteur alchimiait le monstre, pour en conclure après mûres réflexions une tumeur de l’hypophyse, puis reconnaitre chez lui une acromégalie-gigantisme, avec un pénis à l’avenant. La terre se lézarde, les arbres se fendillent et tous les effets spéciaux sont de grande qualité. Aussi vert que musclé, libérant sans compter de nombreuses endorphines secrétées par ses efforts, ponctués de puissants Hulk ! Hulk ! le géant Bing Bong, car c’était son blaze, jouait sur plusieurs niveaux en tâchant d’harmoniser son corps et son esprit pour balancer ses coups. Sa vanité le porta à croire que la chose fut facile. Erald plaça avec habileté son épée entre les courroies qui tenaient ses bottines et les coupa d’un coup. Bing Bong considéra les débris avec étonnement, puis il fut soulagé de se retrouver pieds nus, après tant d’années à supporter leur fumet. Sous cette impression, il demeura soudain immobile, cessant toute attaque. Peu convaincus, les autres serraient les coudes dans l‘atmosphère sombre, pesante, gothique, vénéneuse et chargée de secrets de la forêt de la Kounass. Ainsi par l’effet d’un simple remugle de rat crevé, s’effaçait toute trace de magie dans ce monde fantastique. Bing Bong pissa tranquillement l’équivalent du débit de la Dordogne en une matinée et se pencha du mieux qu’il pu sans puer, pour haranguer la troupe : – Holà, messires, cessons nos fariboles et prenons un chemin de sagesse et de lumière. Ce disant il plissait deux de ses yeux et gardait l’autre ouvert. – Hélas ! Lui répondit Mirlen, il est bien regrettable que ma science ne puisse soigner l’acromégalie-gigantisme qui te frappe, pas plus que ton pénis à l’avenant. Mais j’ai ici bonne gnôle qui encensera tes oinces. Aussitôt Mirlen alla quérir un tonneau de gnôle qu’il versa sur les pieds noirs de crasse de Bing Bong, afin de désinfecter cette horrible mycose chronique, bien que le géant ne portât que des chausses en coton. Tout en versant, le mage marmonna quelque mystérieuse formule : – Quodamm ubique, quodamm semper, quodamm ab omnibus creditum est. Agricola Crédit. Comme par enchantement, les petits oiseaux revinrent piailler partout dans la Kounass et les bons champignons se remirent à pousser. Réveillée par cette bonne senteur, Helga s’étira, en s’imaginant avoir dormi un siècle, comme l’autre blondasse du bois dormant. Elle gratifia Erald sans attendre d’un baiser d’amour vrai. Du coup, Bing Bong enracina son truc poilu dans le champs d’à côté jusqu‘aux entrailles de la terre, défonçant le croupion du dieu Silvester Faunum Stallone qui passait là par hasard. Le géant affrontait pour sa part seul sa propre destinée, toujours éloigné des lumières mystérieuses de l’amour. Belbit trouvait que ce grand sire avait bien mauvais genre, mais il se tint coi en comparant l’immensité de ce braquemart gigantesque au sien, ce qui le forçait de fait à un certain respect. La glorieuse vision étranglait ses vilains sarcasmes au fond de sa petite gorge de nabot. – Donc, mes beaux sires, babilla Bing Bong, vous dites êtes missionnés pour réveiller la nature de la reine Amanda qui trône sur le Fion. Soit, vous m’avez libéré d’un horrible malheur, par guérison miraculeuse, et j’invite vous autres à venir goiser près de mon âtre, en mon castel de l’Empire State Building, bâti au sommet du doigt des derniers hommes. – Bien dit, ajouta Hivalanoué, mais nous, de la communauté, n’avançons point sans faire couler bonne gnôle en nos biefs. Voyons ce qu’il reste du tonneau de votre délivrance. Ils ne mirent point longtemps à vider la barrique, ensuite Erald invita Helga à danser dessus. Elle déhancha si bien en découvrant ses cuisses que les poils de Bing Bong s’en dressèrent, aussi noirs que plumes de corbeau. Hanté par une telle vision, Belbit s’éloigna un quart d’heure pour aller se taper un tilleul. Les autres picolèrent jusqu’à l’ivresse en se frottant l’épaule. Bing Bong n’était plus cette brute qu’ils avaient tant craint, parce que les chevaliers avaient chassé la peste qu’il répandait malgré lui dans la contrée. Incontestablement, Mirlen pouvait s’enorgueillir de détenir de grands secrets qui pouvaient lui fournir un ascendant incontestable sur le monde vivant. Bing Bong savait certes courir à la vitesse du vent, mais il calma son pas pour que les petits hommes puissent le suivre. Par déférence et galanterie, il posa Helga dans gros poing velu, dans lequel elle se lova avec délice, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’Empire State Building, nom géant qui pouvait se traduire dans le langage humain par celui de Châteauneuf Du Pape. Attentif à ne pas se faire voir, William de Bochibre avançait derrière eux en se coulant silencieusement dans les broussailles, sans perdre une seule miette de leurs faits et gestes.
– Je vais creuser un tunnel ! – Jusqu’à Rio, non mais t’es pas dingue ? Alphonse-Jean-Justin fit en marmonnant les cent pas dans le vestibule de la sacristie, jubilant de voir Ewij se frotter la joue pour apaiser la douleur de la baffe qu’elle venait de se prendre. La princesse occulta pour un temps son désir de petite vie rangée en bonne mère de famille. Son air se fit sur le champ plus sombre que son mascara. Elle adorait les coups, mais seulement lorsqu’elle les réclamait. – Je vais contacter La Hyène, asséna le guru en partie pour lui-même, c’est mon meilleur missionnaire ; à lui seul il vaut cent fois mieux que ces minables de Test, Tost et Ron. Aussitôt dit, aussitôt fait, Alphij s’isola dans un confessionnal pour transmettre par télépathie un S.O.S mental à son inquiétant acolyte. Il fit projection spirite de boussoles et de carte marines, établissant un voyage de partage muet avec la Hyène. Cette méchante baderne barbue macérait gentiment par + 40° à l’ombre derrière un comptoir pourri, au fin fond d’une jungle épaisse de Macao. La Hyène était justement las d’arpenter expositions et rencontres littéraires, c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’il quitta sa rhumerie pouilleuse pour rendre service à son guru, moyennant le pactole négocié. Empochant son Browning afin de satisfaire un ordre chronologique rigoureux, il abandonna son omelette sur la table sans nappe, malgré sa réputation de gros mangeur, puis il passa chez le tailleur pour faire son chemin dans le monde. Rassuré de savoir la Hyène en route, Alphij s’échappa du rideau de velours cramoisi et retrouva Ewij en grande conversation avec un curé, celui qui gérait précisément cette petite wayside chapel. – Alphonse, je te présente le père Colateur, qui vit sa foi à la fois du reste des banquets des autres et de leur mépris ; parce qu‘il est humble, contre la pénicilline et pour les mariages arrangés. – Je suis bien désolé des rejets de ta communauté et tu vas me dire, mon père, où t’as caché ce coffre où tu amasses avec soin tous tes beaux billets, dans le simple service de ton pieux ministère. Alerté, le curé esquissa en se retournant promptement le geste de quitter les lieux. Alphonse lui balança un prie-Dieu sur la tête et lui régla son compte. Ewij se tenait les genoux en tâchant d’hurler, mais Alphonse la rassura d’une voix douce : – Ma fille, ce saint bonhomme n’est pas mort, même si en matière religieuse il est d’assez bonne guerre de défendre violemment ses idées modérées. Ma secte personnelle, par exemple, est si désintéressée qu’elle parle toujours plus de son Guru que de ceux qui le font vivre. Et puis arrête de crier, pour une fois qu’un prêtre s’offre des vacances ! La princesse s’assura qu’il disait juste et que le bon père était seulement comateux. Comme elle s’était penchée, Alphonse avait vu sur sa petite culotte blanche et cette fois la gamine fut vraiment excitée de prendre sa branlée. Toute cette agitation lui rendait les ovaires frénétiques. Elle s’offusqua sciemment : – T’es complètement con, il voulait seulement nous inviter à partager son dîner. La réponse d’Alphonse-Jean-Justin fut à la hauteur de ses espérances. Il la poussa violemment contre les chaises qu’ils firent voler en éclat. Avant de lui planter sa banane, il joua de la cornemuse avec son petit nombril comme un écossais impudique, en la mordant là d’une manière indélicatement moqueuse. Nimbée de sueur, Ewij coula de bonheur et de souffrance au milieu des halos d’encens. Paresseuse, humide et couverte de bleus, elle aida ensuite son guru à planquer le curé dans le confessionnal en prenant son pied. L’idée qu’un prêtre puisse faire son métier en se gavant des indiscrétions du petit peuple au détriment des psys lui semblait totalement folle. Alphonse c’était autre chose, il lui avait ouvert les yeux et le reste sur la réalité de sa vie. Promis, elle taperait désormais toutes ses missives sans oublier de les timbrer, en bonne esclave lettrée. N’était-ce-pas une chance inouïe que ce rupin à bonne mine se radine, rapine et la pine en la fouettant de sa fine badine pour jouir de sa bobine ? Il multipliait ses points de vue sur le monde en la tenant divinement prisonnière. C’était presque trop de sensations fortes pour la jeune fille, qui en oubliait jusqu’à son père et sa patrie. Avant de fermer respectueusement la porte sur sa victime de curé, Alphonse lui piqua son Smartphone et reluqua les murs à la recherche de son trésor. L’inspecteur Marlou se vautrait bienheureux dans le lit de N°03, Kiki Yorkshire et Jack Russel couchés sur la contre-pointe. La miss était maintenant Madame la nouvelle Présidente à vie du Gurukislapet et pour cette nuit de la victoire, elle avait simplement décidé de flemmarder. Gino La Soudure et l’Obusier couchaient en faction dans le couloir, allongés sur des chaises. Marlou jouait au cow-boy sentimental, en tripotant les cheveux blonds de sa patronne. Elle lui parlait d’aider les victimes de l’agrobusiness, de protéger les électrosensibles, de détaxer les patinoires et d’augmenter le nombre d’urinoirs dans son pays. Les chiens ne dormaient que d’un œil, Kiki ouvrait le gauche et Jack le droit, ce qui leur donnait une excellente vue stéréoscopique sur les nibards splendides de la Présidente. Malgré l’envie pressante qu’il en avait, Jack se retenait pour une fois de trompéter du cul. – Je me demande si une chanson de rap peut influencer ma prochaine élection ? – Tu te poses trop de questions, chérie. – Chérie Madame La Présidente. – Tu me fais chier, Number Three. T’as grimpé par la force les marches du forum jusqu’au consulat, tu fais peut-être la loi sur le bitume, mais tu vas pas la faire dans mon pieu. – Hey, mais je te rappelle que c’est le mien d’abord, et soit bien heureux d‘y être, sans oublier tes foutus clébards. Incapable de tenir plus longtemps, Jack diffusa en flux continu, d’une manière tout à fait silencieuse, imitant par le fait un MP3 sans casque, mais il ne garantissait pas l’odeur. Kiki lui ordonna de se calmer et de ranger son instrument. Ce roi des poubelles pétomane était par moment d’un commerce difficile. Le téléphone de N° 03 sonna, elle fit hum… hum… sans quitter les beaux yeux interrogateurs de Marlou : – C’était un appel des services de sécurité, ils ont trouvés où se planquent Alphonse-Jean et notre inestimable branleuse. Marlou lui sauta dessus pour lui peloter les seins avec une énergie surprenante : – Avant d’y aller, permet moi de te gratifier d’une heure de bonus. Il joua cette fois de sa langue avec rythme, d’une manière profondément attachante. Elle ploya l’échine et plissa les yeux derrière sa monture. Sur fond de chasse au guru, les chiens avaient bondi du lit et grattaient déjà devant la porte, peu soucieux quand à eux du plaisir de Marlou. Message édité par talbazar le 28-12-2013 à 10:32:55 |
talbazar morte la bête, mort le venin |
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talbazar morte la bête, mort le venin | Salon littéraire :
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talbazar morte la bête, mort le venin | Salon littéraire : On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu mais faut fouiller ! Trop occupée par la refonte de sa précieuse nation, la Présidente Number Three, de son vrai nom Géraldine Kidor, n’avait pas jugé bon d’envoyer un corps d’armée pour coincer Alphonse-Jean-Justin de Saint Exupéry, mais plutôt cinq agents envoyés en faction pour surveiller la chapelle en attendant Marlou. Le résultat obtenu était leur corps qui gisaient désormais sans vie au bord de la route. Les hommes des services secrets du Gurukislapet se trouvaient lestés d’un bon nombre des pruneaux lâchés par le Browning de la Hyène, lequel n’avait de son côté aucune égratignure. Il leur avait avec brio rejoué rien que pour eux « Rio Lobo », son film préféré, peut-être parce qu’il avait une gueule semblable à celle d’un Jhon Wayne barbu, surtout vue de profil dans « Les diables de Guadalcanal ». Grâce aux préceptes déclinés dans la bible d’Alphij pour vieillir en bonne santé, son fameux « healthyaging », dont le premier verset consistait à savoir tirer le premier, cela faisait déjà un bail que le nouveau bras droit du Guru se voyait en route pour l’immortalité, lui pour qui flinguer le monde faisait partie intégrante de son ADN. Un industriel de la castagne, un hymne à la mort des autres, un pointilleux des finitions soignées, pour peu qu’elles fussent définitives. Mais toujours dans le respect scrupuleux des contrats suivis des chèques de sa Glorieuse Sainteté. Il jeta un œil torve aux cadavres des malchanceux fonctionnaires, coquille vides qui perdaient à présent tout leur sang dans le fossé, jusqu’à la dernière goutte. Maintenant, jugea-t-il, les eaux étaient calmes et le mouillage tranquille. Une petite jeune fille passa prudemment la tête par la porte de la chapelle. La Hyène rempocha son flingue encore chaud : – C’est bon mademoiselle, lui dit-il en se penchant vers elle avec un sourire, les environs sont nettoyés. Alphonse tomba dans les bras du tueur avec de chaleureux remerciements, mais il se passa visiblement des interrogations futiles. Quelques belles liasses de billets passèrent de main en main. A voir ces deux potes ainsi, Ewij se disait qu’on aurait pu les croire de la même famille. Le gorille les conduisis vers un arrêt de bus municipal, où les attendait un car de transport scolaire réquisitionné sans doute par la Hyène, mais parfaitement vide. Ewij se demanda ce qu’il avait fait du chauffeur et des gosses, puis préférant oublier sur le champ son questionnement, elle monta lestement à l’avant. La Hyène prit le volant et démarra rapidement. Il avait accroché au rétroviseur un talisman protecteur qui figurait le logo de la secte d’Alphonse-Jean, les éblouissantes évangiles secrètes de Saint Jean l’Apostiche de la Jésuralem Céleste, ce dont le félicita chaudement le guru fondateur. Ils passèrent en trombe au pied d’une colline à la beauté désolée, encore truffée des antennes mobiles mises en place par les cinq défunts. Ewij ajusta son justaucorps, bichant d’être la seule fille au milieu des garçons. Elle se mis à rêver de gestes inacceptables, en se frottant les seins dans une dynamique de communication aussi bizarre qu‘inattendue. Alphonse, tout d’un coup tendu comme l’ambiance, l’entraina de force à l’arrière du bus pour lui fouetter les fesses. Chaque coup d’œil dans le rétro fragilisait les décisions de la Hyène quant à sa conduite, et contraignait le bus à faire quelques embardées sur la route, vite maîtrisées : – Hé los dos, no estan solos ! Tremblotante et son petit cul sévèrement tanné, Ewij était déjà en transe. Elle matait la braguette d’Alphonse, bouche ouverte, vive et parfaitement décidée. Incapable de résister au déterminisme biologique d’une bonne fellation, brutalement mise en face du pénis fièrement érigé de son idole. Le bus frôla par la droite les barrières de sécurité et envoya valser ceux d’une certaine censure. Baissant complètement son froc, Alphonse chercha avec son zob, à la turgescence si bellement ornée de circonvolutions veineuses, la percée décisive ; puis il lança une charge applicative au fond du délicieux gosier de la princesse pour l’aider à se charger du reste. – L’amour, sentenciait la princesse à chaque aller, c’est comme la dope. L’amour c’est s’injecter sans retenue de la vie en plein dans les veines. On devient accroc, impossible de se contenter de petites doses, on glisse vers la spirale mortelle de la dépendance, c’est moralement épuisant. Le manque de lui, ou d’elle, enfin de tous ces charmants poseurs de garrots couchés par privilège sur nos plumards, nous dégoûte tout à coup des choses les plus simples, on se met mine de rien à faire la gueule aux autres, du matin jusqu‘au soir. On s’immerge de pensées vénéneuses, l’autre ne peut être nous. Il n’y a pas de recette pour enfin le reconnaître. Ce n’est même plus une question de sexe. Impossible à satisfaire, l’amour véritable est un heureux suicide, que l‘on trahis sans le vouloir dans les rides matinales du faux lifting de la félicité. Trompés déjà par ces bougres de flux hormonaux charriés par nos artères en direction de nos cerveaux. Alors que l’abstinence, c’est bien connu, ça lisse les traits ! A chaque retour, elle savourait plutôt le plaisir de l’avoir dans la bouche, avec une onctuosité bien soutenue. – Mais ferme ta gueule et suce, bon dieu ! Hurla Alphij en lui tirant les cheveux sans ménagement, parce qu’il se doutait que c’était précisément ce qu’elle cherchait en lui prenant le bocal, à cet instant précis. – Heureusement que le bus est assuré pour tout type de transport, ajouta la Hyène, dans un style joliment raffiné. Il aurait bien trouver son bonheur en participant activement à ce moment de dégustation, mais le traffic routier devint soudain plus dense, alors il se vengea méchamment sur l‘accélérateur. Enervé par le spectacle de son chef qui faisait toujours face à son petit démon, fallait rapidos pour sa part qu’il trouve de quoi becqueter pour rassasier son ventre toujours affamé. Chacun son truc. – Voilà qui prouve que mon sabre aura toujours plus de poids que son goupillon ! L’homme de Gino balança sa phrase en éclatant d’un rire franc, mais franchement malsain. L’inspecteur Marlou commençait sérieusement à être échauffé par ce mec, continuellement atteint de constipation intellectuelle. Il s’en ouvrit en douce auprès de Gino La Soudure, mais ce dernier haussa les épaules en invoquant mollement une sorte de principe de sécurité destiné à leur éviter toute complication : même les bons vins donnent parfois du vinaigre et certaines personnes ne cesseront jamais d‘être violentes, même gratuitement. Marlou savait juste qu’il serait extrêmement dangereux d’affronter de face ce gros taré. A la pensée de cette espèce d’ordure psychopathe qui lui servait d‘associé, lui qui pourtant ne rechignait jamais à bazooquer son monde et plonger dans les coups les plus tordus, il avait juste la sale impression d’être engoncé dans un costard trop grand pour lui. Message édité par talbazar le 19-01-2014 à 17:58:35 |
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talbazar morte la bête, mort le venin | Salon littéraire : Les salles du castel de Bing Bong étaient tellement vastes qu’elles forçaient les humains à monter leurs chevaux pour aller aux latrines. C’est là qu’ils rendirent tout l’excès de gnôle du banquet qui fêta leur arrivée. Il ripaillèrent fort tard en la nuitée de tétines de paons au miel de lavandin, de queues de gerboises en terrine, de platées de chien sauce barbecue, et de pleins d’autres plats merveilleux. Quand à lui, Bing Bong engloutissait des bœufs entiers et buvait des ruisseaux de son vin personnel. Joyeux et pris de fol amour pour sa drue, Erald tripotait les seins de moineau d’Helga et ses fesses d’ablette, tout en trifouillant son succulent lapin en croûte. La belle s’excitait par grande débauche et tous, véritablement esbaudis, acclamèrent son ballet en admirant la profondeur de son nombril. Debout sur la table, Hivalanoué leur chanta en piétinant comme un dervé « Kramouille que ma joie demeure », chanson admirable sur laquelle Belbit joua de la vielle à roue pour l’accompagner, et ainsi tous bellement les desporter. – Quand même, jugea Bing Bong en se séchant la lippe, c’est grande vilenie que la reine Amanda souffre à présent d’une si navrante morosité du côté de son pertuis d’amour, à cause de cet emballeur ! – Empâleur, rectifia Erald. – Oui bon, c’est pareil. Ceci baillé, comme vous m’avez sauvé de puire de mes pieds comme merdasse, je vous suis redevable. Si je vous accompagne, vous aurez certainement plus de chance de quérir la fleur de pinette qui pousse, comme chacun le sait, uniquement sur le fameux volcan de Guilidoris. Vous n’aurez qu’à tous grimper sur mon large dos et je franchirais pour vous le Marais-Jean, comme de rien. Mirlen jura de réfléchir, puis leurs caboches enivrées ne connurent point male faim pendant trois jours. Même le magicien charroya dans ses tripes plus de vingt litres de gnôle, pour aiguiser son jugement. Au bout de ce temps de liesse innocente, la ripaille leur fit trop grande pesance et ils résolurent de se dégourdir aux abords du château, où poussait grande verdure de bois mêlée de beaux taillis feuillés. Ils galopèrent en forçant leurs chevaux à grande tressuée, tout en gabant à force blagues sur les bites de géants. Seul Belbit affichait pitoyable allure, car bien qu’il fût charmé de grimper quelque chose, l’idée de grimper le géant ne lui disait rien qui vaille. Boudeur, il s’absorba dans le panorama des paysages parsemés d‘ajoncs pleins d‘épines, éludant pour une fois l’idée bonasse de tarauder quelque tronc. Torturé, rebelle et nain, il se déboussolait d’une jeunesse indocile en regrettant d’avoir quitté sa belle contrée de la Godée, pour suivre cette communauté ivre des sottes vanités humaines. Surtout cette Helga, qui ne semblait rien d’autre à ses yeux qu’une garce machiavélique à la pompe décadente, avec son teint nacré et son regard sorcier, lequel l‘enfonçait dans les ombres de l‘envie, en le faisant fondre comme fromage de raclette sur le feu du désir. Elle ne lui faisait sans doute pas monter que les larmes. Malgré tout, il savait ne pouvoir seul revenir en arrière, car les noirs mystères de la Kounass lui foutaient une trouille bleue. Il voulait par-dessus tout être certain de dormir à nouveau dans son lit, pour y choyer en grande courtoisie sa petite femme Belbet. Il chassa de ses pensées la farce grinçante que devenait sa quête, ses déboires amoureux, pour se concentrer sur la nature initiale de leur projet, dans lequel il s‘agissait finalement de bricoler à plusieurs, au sein d‘une communauté de picolos chevaleresques à la légitimité autarcique. Pendant ces gambades champêtres, William de Bochibre avait tout entendu des propositions du géant, au milieu des rumeurs tournoyantes mêlées d’éructations, ce qui ne faisait point ses affaires. Si Bing Bong à la haute structure emmenait son monde au-delà du Marais-Jean, il ne saurait les suivre et risquait de perdre leurs traces à jamais. C’est ainsi qu’il décida de tuer ce grand con de géant bouffi d‘affects, par une obligation de faire court entremêlée d‘un trait de génie. Insouciant, le proprio baguenaudait justement son reste de cuite sur les remparts, en brayant des paillardes qui s’entendaient fort loin dans toute la contrée. Opiniâtre et culotté, William s’occupa dès lors à tendre une corde en travers de l’escalier en colimaçon qui desservait le chemin de ronde. Lorsque Bing Bong voulu retourner en son logis, il en était aux filles de Camaret qui sont toutes vierges, lorsque William lui fit coucou pour distraire son attention ; aussi le géant chuta-t-il lourdement de toute sa masse immense, se prit les pieds dans le câble et le cou dans la chaîne de sa médaille de Kramouille, dévala les marches sur le dos et mourût sur le coup, la nuque brisée. Satisfait par la réussite de sa félonie meurtrière, William se frotta les mains et retourna se planquer dans un coin aussi discret qu’obscur du château, en s‘interrogeant sur ce qui reste de l‘homme quand il n‘est plus. Sanctifier les vivants n’apaise en tout cas pas les morts, se disait-il en se grattant le cul, tout barbouillé par les restes du banquet qu‘il avait larciné. Son anus venait tout juste de lui en donner une posthume reconnaissance. . Message édité par talbazar le 08-02-2014 à 11:07:21 |
In Ze Navy II Obsédée textuelle |
talbazar morte la bête, mort le venin |
In Ze Navy II Obsédée textuelle |
talbazar morte la bête, mort le venin | Salon littéraire : Jeanne Hachette vocalisa les premières notes de « La mort d’Hildegarde » et fendilla d’un contre-ut les vitres de sa modeste cuisine. Les phalanges blanchies sur la cafetière, hiératique au milieu des éclats de verre, elle se perdit trente secondes dans une vision intense et habitée de son opéra personnel. Un truc à poser sur la table la zone la plus sombre de son humanité. Une mélancolie bouleversante fusait par sa bouche grande ouverte, une stridence exultée des profondeurs de ses obsessions les plus pathologiques. Un trémolo d’amour, en fait, néanmoins propre à fusiller n’importe quel pauvre petit serin coincé dans sa cage. Jhonny Alité ne la sentait pas encore joyeuse, seulement moins réservée, mais il n’était pas peu fier du résultat. Depuis qu’il avait poussé Jeanne sur le plumard, les pieds de l’aide-soignante n’avaient guère touché terre. Pour tout dire, il avait entrepris de lui faire l’amour d’une manière industrielle, ce qui n’avait pas l’air de déplaire à sa miss. Une fois bu son café, Jeanne retourna sous la douche pour y chanter un nouvel acte, puis elle plongea en revenant sur le lit jamais fait, histoire d’incarner pour son petit Jhonny une sorte de rêve mouillé. Comme elle était super mal dans sa peau, elle pensait sans doute pouvoir se soulager dans celle d’un autre. Mais il y avait autre chose. Pour la première fois de sa vie, elle s’abreuvait sérieusement avec ce mec aux bons sentiments. Dès le début de leur relation, dans la chambre 203 de la clinique, il avait râclé au fond de son âme humaine, transformant une simple coucherie en une passionnante découverte du mystère amoureux. Avec son amnésique, Jeanne s’était alors trouvée séduite autant qu’elle avait séduit, sur le fond d’une bande-son évidemment pornographique. Un tricotage malin qui triomphait de la désillusion et des tristes compromis, bien éloigné des apothéoses à deux balles de son adolescence douloureuse. Pour l’heure, sa messagerie pouvait bien déborder et son téléphone sonner continuellement depuis la veille, visiblement, Jeanne avait l’air de s’en branler copieusement. Elle qui n’avait jamais joué la carte de la chienne aguicheuse avec ses amants, elle était finalement ravie de s’être vue catapultée sauvagement par son chéri contre le lavabo, travaillée pendant de longues minutes par une métronomie insatiable, aussi dilatée qu’un œil de junkie, tournant le dos avec confiance aux improvisations libres, pleine de compassion pour ces doigts virils qui fouillaient son nez. Ses petits pieds batifolaient en balancier, pendant que Jhonny collait ses bijoux dans son écrin sombre et soyeux. Humble et surexcitée, elle implorait son barbu salace de la déglinguer en y mettant le sens du détail, et acclamait les entrelacs rythmiques par de somptueux murmures, braillements libérateurs qui firent hurler de rage le voisin du dessus. Collé au plus près de Jeanne, Jhonny récolta finalement le fruit de son labeur, au milieu des rugissements réciproques et des feulements bienheureux, puis elle l’invita à fumer une cigarette en sa compagnie, sur le vieux canapé confortable du salon ; où tous deux lâchèrent avec plaisir de luxuriants nuages sur leur propre renaissance. Jhonny pilota sa virilité enfin repue au fond de son jean, et Jeanne chercha le réconfort de ses épaules, en lui mordillant gentiment l’oreille : — Big shoot, mon gars ! — Je remet le titre en jeu, quand tu voudras. — Je suis éblouie, adorable robot. — Ouais, notre histoire conjointe ne manque pas de puissance. Le lendemain, délaissant la piscine de porphyre au dallage de marbre décorant sa luxueuse résidence, le docteur Jason Halrequin rejoignis en hélicoptère la clinique Saint Bernard, où il démarra sa journée par une visite rapide au 85 : — D’après le thermomètre, cher invité, vous souffrez au niveau du cerveau d’une dépression passagère de l’hémisphère sud, ce qui vous rend maussade et zéronégatif. Mais rassurez-vous, j’ai connu un pilote de ligne qui en plus d’une dépression comme la vôtre, s’était payé ensuite le luxe d’une dépressurisation mortelle ! Puis il quitta la chambre et fit silence, se contentant de fixer lourdement Gwendoline, car elle l‘accompagnait toujours comme son ombre, subjuguante de fraîcheur. Il était visiblement furieux. Sur la base de l’article 3 du code de déontologie médicale stipulant que : " le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l'exercice de la médecine ", et le 31, disant que : " tout médecin doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci ", il venait d’être condamné à deux minutes d'interdiction d'exercer la médecine, dont une heure avec sursis. Jason avait été auditionné un quart d’heure par une chambre disciplinaire de première instance, composée d'un magistrat et de médecins élus, tout ça parce qu’il venait de produire une série divertissante d’émissions de télé-réalité dans son unité de soins palliatifs pour malades incurables. Fan de la mode, il avait lancé à l’occasion sa propre ligne de linceuls. Sans doute aussi parce qu’il avait caché au gouvernement Suisse avoir planqué l’intégralité du pognon de l’énorme recette en France. Tout ça pour un petit jeu sans conséquence. Il renonçait jusqu’à nouvel ordre à son idée d’élire une miss clinique au milieu de ses patientes, en tout cas pour cette année. A cause de toutes ces vilaines chicaneries administratives, disait-il à Gwendo, les gens se baladerons bientôt avec des armes dans les rues. Comme les spectateurs de stade, elle répondit par des applaudissement, des sifflets et des cris de ferveur : — Non docteur, ne laissez surtout pas tomber votre étude en cours visant à mesurer en simulateur l’orgasme féminin par pression rectale, pour évaluer avec exactitude le degré de simulation. Vous avez déjà reçu pour cette recherche, de par le monde, tellement de donations financières ! — Soyez sans crainte, Gwendoline, ce sera mon chef-d’œuvre, dont personne ne pourra en déplorer la patine commerciale ; je suis confiant, mon labo tourne à fond et le casting est blindé. Par une réaction simpliste devenue classique, la belle infirmière fouilla machinalement le fond de sa poche, puisque son désir impétueux pour Jason l’amenait à tendre vers des normes étonnantes. Alors que le beau docteur lui exposait l’histoire de la prospection pétrolière à travers les ages, elle s’exila un instant dans ses pensées en affichant un sourire ravi, bravant le barrage de la décence pour se trifouiller discrètement, intrusive, un quart de seconde spasmodique, sans toutefois dépasser le check-point d’un plaisir irréversible. De nombreuses morts naturelles bourrées de références bibliques vinrent ensuite assombrir le reste de leur visite, jusqu‘à l‘heure du déjeuner. — Bordel, s’inquiéta Jason au moment du dessert, mais qu’est-ce qu’elle peut bien foutre, notre Jeanne ?
Dans l’article de la Moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar tel que précisé : Les grand barbus / Michel Ange. Telle cette vieille folle prénommée Pierre que l’on sait que Michel Ange tailla. Se la fait totalement minable et devrait plutôt s’écrire : Telle cette vieille folle prénommée Pierre dont on sait que Michel Ange la tailla. Nous, Royaume du Boukistan, exigeons que si le pro-fesseur Talbazar compte foutre les pieds chez nous, nous lui collerons trois ans de prison ferme, où il passera son temps à sucer des olives pourries, à se coller des dattes dans son cul mécréant et le condamnerons à une amende de cinq millions de Mollards, mais également que la femme de sa vie sera niquée par trois boucs de nos amis. Inch Allah. Médecine et barres parallèles Aujourd'hui : L'ingestion d'enclume. Radiographie d'un enclumé. Ingérer une enclume n’offrira jamais une solution aux bricoleurs pour gagner de la place dans leur atelier. Qu’ils soient maréchaux-ferrants ou pas. Il est cependant fréquent d’en avaler une ou plusieurs par inadvertance, voir même au cours d‘un pari, dans le cadre d‘un jeu de bistrot. Souvent on ignore l’audace dont on est capable, alors qu’il suffit d’oser. Par prévention des risques, on agira avec prudence au cours d’une manifestation folklorique de fauchage à l’ancienne, ou le risque s’avère notoirement accru. En tout cas, après c’est la galère. Si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, ingurgiter son enclume sera toujours le meilleur moyen de changer de métier. Même si cet accident prouve un signe d’appartenance à un groupe social villageois, il n’est cependant pas conseillé d’en avaler beaucoup, car le surdosage intervient très vite. L’enclume est cet instrument indispensable au travail des métaux, sur lequel on bat le fer quand il est chaud, mais en ville il est habituellement niché dans les sacs de blondes, afin de leur donner poids et volume*. Véritable trésor de l’Arménie ancienne, cette rosse et pesant outil métallique, très courant avant l’arrivée du pétrole et de l’électricité, existe en un nombre incalculable de variétés. Il faudra peut-être se lancer dans une recherche historique approfondie pour déterminer le type exact de l‘enclume avalée. Les femmes atteintes éviteront dans un premier temps les bustiers sexys, mais opteront pour un jogging coulissé en laine, tissé par un artisan du Liban. Il faut également éviter de porter une ceinture à boucle de laiton, laquelle risque de produire, en présence du fer de l’enclume noyée dans l’acidité des sucs gastriques, un désagréable phénomène d’électrolyse. Cette redoutable affection gâche les sorties en mer, car c’est prendre le risque de couler le bateau. Elle condamne les voyages en avion, interdit naturellement le parachutisme, et les randonnées « outdoor » deviennent impossibles, car cette affection plombe le patient en l’empêchant de marcher, ce qui limite drastiquement les longs trajets à pied. Tout comme on ne peut plus danser, d’ailleurs, ce qui condamne d’une façon navrante les sorties nocturnes en boites de night des bohémiennes urbaines en ribaude, bien qu’elle leur offre pour une fois des fesses d‘acier. Fini l’apesanteur, escalade et accrobranche ! On ne peut plus travailler, sauf si l’on est scaphandrier professionnel : avaler une enclume est un truc de paresseux. Si l’on ne peut plus monter les escaliers, on peut tout de même encore se brosser les dents, répondre au téléphone et ouvrir son courrier. Il faut garder confiance qu’un jour, après l’opération, on pourra refaire du vélo et rejouer à la marelle. Pour le moment il faudra apprendre à circuler avec son enclume. Pour les premiers soins, on allongera le malade sur une petite coiffeuse Portugaise installée sous un abat-jour en opaline rose. Ensuite, on masse le ventre sur la partie bombée avec le majeur et l’index, en faisant de doux mouvements rectangulaires, en insistant toujours sur les pointes de l‘enclume. Pas de panique si ça pique un peu, en général ça soulage. Voilà des gestes qui montreront au malade notre volonté d’établir une relation directe, fondée sur le respect et la confiance. Pour l’alimenter, préférer les sucres lents et bannir les fibres, sans oublier de lui faire consommer à profusion des pruneaux d‘Agen. Afin de gagner un peu de souplesse, on le gavera d’actifs nourrissants, tels l’avoine, le blé, l’orge et la noisette. On lui fera boire des milliers de litres d’eau. Concentrer ses efforts pour l’amuser et le distraire en lui conseillant quelques mouvements libérateurs : pieds à plat et parallèles, montez lui les genoux à hauteur de poitrine, levez ses talons vers les fesses en tirant les coudes vers l’arrière, le faire inspirer puis expirer, en élevant ses bras de chaque côté. Chaque nouvelle tentative pour déloger soi-même l’enclume par les voies naturelles sera le gage d’un grand moment de cinéma familial. A l’exception du malade, ce sera pour tout les autres l’assurance d’un bonheur du soir et l‘occasion de faire crépiter les flashs dans une ambiance nerveuse. Il y a de l’éclat dans l’air. Le patient devient alors une machinerie larmoyante, comme s’il était posé sur une chaise électrique, saupoudré de sonorités caverneuses, douces et rauques à la fois. Il y a donc urgence, en présence d‘un cas avéré, de composer immédiatement le 20154, le Samdade (Service d’accueil médical des avaleurs d’enclume), même en dehors des heures d’ouverture des cabinets de ces centres de soins avec hébergement. Les moins chanceux s’y rendront en métro. Surtout, évitez de marcher trop près des voitures dans la rue, sous peine d’érafler les carrosseries. On traite alors rapidement avec application de crèmes, exercices de reptation et vodkanesthésie. Prévoyez plusieurs séances espacées de deux ou trois mois pour respecter le nouveau cycle de digestion. Il faut toujours un travail sur soi pour que la chose se débloque, même si jeter est toujours une rupture. Toutefois, pour une guérison complète, se faire hypnotiser ne servira à rien, il faut enlever notre enclume mécaniquement. La chirurgie restera donc le seul moyen de s’attaquer à cette indisposition terriblement technique. Grâce à la haute expertise du pro-fesseur Talbazar, une méthode a été mise au point, appelée le « stomacal dejunking ». Après incision des viscères pollués, on introduit autour du corps étranger des aiguilles Gabonaises entourées d’une gaine isolante en Téflon. Visuellement, les boyaux sont énormément dilatés, pleins d’un liquide brun couleur de rouille, une odeur âcre agresse les narines, et la pression exercée par l’enclume sur l’estomac est énorme : 85 kilos par mètre carré d’intestins. L’extraction de l’enclume nécessite bien entendu d’équiper le bloc opératoire d’un palan trois poulies. Une fois enlevée et le patient recousu, l’enclume sera normalement recyclée, puisqu’elle est naturellement riche en cuivre, nickel et autres métaux aciérés. Inutile de vouloir dangereusement la refourguer à un ami ou quelqu’un d’autre, à la limite aux Polonais. Ensuite, allégé de ce superflu, on quitte avec plaisir l’hôpital pour redevenir bête de mode et, contents, les aviateurs peuvent enfin redécoller. *La Moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Rapports humains et fesses de société : interview d’une blonde. - VOL 1
Message édité par talbazar le 17-02-2014 à 07:55:14 |
talbazar morte la bête, mort le venin |
– Faut que je mange. – Roule – Marlou, j’ai les crocs ! – Roule, je te dis ! Je suis sûr qu’ils sont devant nous. – On aurait dû prendre la bagnole du curé, rajouta l’Obusier d‘un air maussade, ses grosses paluches agrippées sur le volant : ce pick-up se traine ! Marlou repoussa durement Kiki, parce qu’il se prélassait sans vergogne sur ses genoux : – Non, elle était certainement piégée. Et je te rappelle qu’on sert de corbillard officiel. De fait, lorsque Michael Jackson Five (005), agent des services secrets du Gurukislapet, arriva dans la chapelle pour enquêter sur la mort brutale de ses collègues et du père Colateur, il ne se méfia pas et tourna la clé de contact de l’Aston Martin. L’explosion instantanée de la voiture envoya aussitôt valser les génitales de l’espion sur Arago, cratère d’impact Martien de 154 km. La découverte fortuite d’un de ces deux testicules gélatineux par une sonde robot fit déclarer à la Nasa qu’elle tenait enfin la preuve formelle d’une vie martienne ; mais elle provoqua aussi ultérieurement le suicide du chef de ladite mission, lorsqu’il fut établi qu‘il ne s‘agissait, trois fois hélas, que d‘une pauvre petite couille humaine en partie cramée. – Bon sang ! Maugréa l’Obusier en se retournant brièvement pour désigner Jack Russel d‘un air rageur, ce clébard pue les enfers ! Avec son fabuleux trombone organique, Jack infectait en effet sévèrement l’habitacle par un bombardement digne des meilleures programmations culturelles. Il se tourna jovialement pour assurer une diffusion plus adéquate de sa musique traditionnelle. – Je fais seulement mes gammes, c’est tout. Le chien feula de mépris à l‘intention du tueur, comme s’il avait un os coincé au fond de la gorge. Sans l’exprimer tout haut, il devinait que l’Obusier était comme tous ces pauvres types qui pensent que toucher l’acier d’une arme fait d’eux des hommes, tout en baladant un bagage intellectuel absolument moins lourd que leur gun. – Et moi je te dis que si tu n’arrêtes pas tout de suite, je trace ton destin par une pression à froid sur ta truffe de minable. L’homme de Gino fit à son encontre le geste que l’on pratique pour tourner un robinet de baignoire. Et puis je te balance par la portière, ça sera ma solution gain de place ! Les études de l’Obusier se bornaient à un C.A.P de peintre en bâtiment parce que, dans la naïveté de sa jeunesse, il avait voulu apprendre à peindre au pistolet. S’il participait depuis, à sa manière, à la vie des banques en les braquant avec une certaine constance, en tout cas il ne se montrait pas pour l’instant un branché du solfège. – Ok, ok, c’est bon, gros con, j’ai compris. Jack se colla un vieux chewing-gum dans sa satanée boîte à frissons dans le but de l‘obturer. Le petit défricheur de sensation promettait quand même de se lâcher plus fort en soirée, pour compenser sa frustration d‘artiste. Après ça, l’atmosphère redevint honnêtement respirable, sinon nettement chaleureuse. – Et si on oubliait le guru et qu’on rentrait chez nous ? Kiki Yorkshire avait pointé sa gueule de dessous la banquette trois places, lâchant sa phrase comme s‘il prenait l‘univers à témoin, ses petits yeux fermés sur une nostalgique vision de sa Babe. Marlou le fusilla du regard, imitant un animateur de quartier plongé au sein d’une émeute urbaine. Après quelques kilomètres avalés dans un profond silence, ils dépassèrent ensuite un lac pollué sur lequel dormait une flottille de petits bateaux à moteur. Près des rives aux dunes ambrées, des vaches et des moutons coulaient peu à peu, objets d‘une vive courante, sacrifiant d’une façon déplorable à l‘authenticité des lieux. L’étendue d’eau saumâtre était plus calme que leur chauffeur, lequel roulait maintenant avec un engagement nerveux de tous les instants, parce qu‘il avait vraiment très faim. Entre les pieds de Marlou, Kiki remuait son petit cul comme un beau diable : – J’ai envie de faire popo. – Ils sont vraiment chiants ces deux-là, asséna Gino La Soudure, comme si parler des chiens le faisait émerger d’une profonde torpeur. Les Napolitains ont couramment ce genre d’absence. Il venait de démonter trois fois son flingue, un Luger P06 de calibre 7,65 Parabellum, arme ancienne de l’armée Suisse. Bien que le patron du Lagon Bleu bredouilla à l’adresse de Marlou qu’il se trouvait charmé par l’aspect bucolique de la promenade, néanmoins il n’avait pas prononcé un seul mot depuis leur départ. Lorsqu’ils parvinrent à hauteur d’une station-service que la guerre avait épargné, l’Obusier supplia de faire halte. Il se garèrent en parallèle d’un bus de transport scolaire vide. Non loin de là, se déroulait une cacophonique foire aux chameaux, traversée par quelques cerbères en armes de la nouvelle révolution. Ces bidasses patrouillaient nonchalamment par deux au milieu des bestiaux, en arborant dans leurs beaux uniformes de l’armée à présent régulière, l’air débonnaire des vainqueurs. Une odeur de brouillade de truffes s’échappait d’un camion de restauration rapide, vers lequel se précipita l’Obusier pour y commander à la serveuse un sourire d’une immense gentillesse, une potée de pâtes et un pichet de vin local. Il se goinfra en un temps record puis, satisfait, il fit quelques pas afin de se dégourdir les jambes, pendant que les autres préféraient s’envoyer un Campari en terrasse. Alors que l’Obusier replaçait le bras d’un des morts qui dépassait vilainement à l’arrière du pick-up, il reconnu de loin Alphonse Jean Justin de St Exupéry. La cible se trouvait en train de négocier férocement avec un marchand de chameaux. Insouciante, la princesse Ewij était perchée sur l’une des bêtes que la Hyène tenait fermement par la bride. Bon. Cette fois, l’Obusier n’allait pas s’emmerder à prévenir les autres. Il dégagea le colt de son veston et vira la sécurité. Toute son énergie mentale se concentrait à présent dans le métal du canon, pour lequel venait de sonner l’heure du réveil. Il s’approcha tranquillement. Le marchand bassinait Alphonse et leur conversation devenait compréhensible : – La nouvelle administration des contributions vient de faire passer la T.V.A sur les chameaux à 20% sur le prix de vente public, ça entraine une répercussion considérable de mes frais de transport. Moi je me résigne, mais les clients subissent… La balle manqua le Guru de trois centimètres, parce que les gesticulations du vendeur venaient de faire tordre de rire son acheteur potentiel. La Hyène riposta comme l’éclair d’une bastos de Browning. En plein dans le bide. L’Obusier tomba à genoux et tira trois fois vers le ciel, le regard soudain voilé par un halo de mystère. Il bredouilla quelques malfaisantes infamies ensanglantées. La Hyène rajouta aussitôt dans sa viande pleine de nouilles le reste de son chargeur. Alertés, les soldats se précipitaient vers le lieu de la fusillade, tout comme Marlou, suivi de Gino et des chiens. Comme par enchantement, Alphonse s’était évaporé, avec Ewij et la Hyène galopant à reculons pour couvrir leurs arrières. Le bordel ambiant devint phénoménal, parsemé de gens affolés qui couraient dans tous les sens. Pour l’Obusier, l’esprit à présent libre de toute contrainte physique, c’était adieu la vie, bon pour l'arrière de ce pick-up que Marlou serait maintenant forcé de conduire. Message édité par talbazar le 23-02-2014 à 17:38:11 |
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