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Auteur Sujet :

La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar.

n°35406350
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 26-08-2013 à 13:15:47  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Dégoût et des couleurs.

 

Aujourd’hui : Le rose.

  

Dieu*, dans son immense bonté, avait premièrement opté pour nous faire des sexes d’une couleur vert-épinard. Mais depuis toute petite, Eve haïssait les épinards, surtout ceux en boite. l‘Archange Gabriel avait par conséquent donné des ordres aux cuisines du paradis pour qu‘elle n‘en mange jamais. A la place, comme disait le serpent, il lui mettait des pommes. Pratiquement tous les jours. Pareillement, Adam trouvait que la minette de sa copine ressemblait atrocement au cul des vaches de son étable, animal nouvellement créé. Tout ça fleurait bon la dispute, et risquait de compromettre sérieusement le peuplement de la terre, le mariage et la vie de famille bonbon rose pour les autres. Trop d’indépendance sexuelle allait finir par pulvériser la capacité financière du paradis, lequel escomptait d’Adam et Eve un retour rapide sur investissement. Nous étions donc un peu comme la situation littéraire Française actuellement, quand bien même les romans les plus vendus seraient notoirement à l‘eau de rose. Dieu commença à fouiller ce qui n’allait pas dans sa création. Pris de divagation burlesque, il attribua tout d’abord la misère sexuelle de ses deux nigauds à l’omniprésence angélique de Gabriel*, qui poussait sa mission de surveillance jusqu’à coucher avec ses protégés. Bien que l’ange ne fut qu’un blanc fantôme esthétique, Adam lui jeta plus d’une fois à la face sa vieille babouche pour préserver son intimité, alors qu’il taquinait amoureusement sa moitié. Ebréchant sa logique totalitaire, Dieu donna congé à Gabriel, en l’envoyant pour un mois surveiller les enfers, sur le modèle de la BAC de Marseille.

 

 Hélas, plongés dans leur diorama de l’âge d’or, nos ancêtres restèrent aussi chastes qu’un défilé de 14 juillet. Alors, Eve réclama à Dieu de la peinture rose, en affirmant qu’elle désirait  apprendre l’aquarelle. En catimini, elle badigeonna de rose le pénis d’Adam et sur fond de mélopée techno, elle donna à son couple un bienheureux électrochoc. Une fois découvert le pot-au-rose vide qui trainait dans les bananiers, Dieu devina sa méprise, mais également l‘ampleur de son échec, aussi cuisant qu’un coup de soleil et ses rougeurs rosâtres. Le grand architecte nous fit illico des zizis complètement roses, car il n’existe pas de rose kaki, sur le modèle du maquillage permanent. Comme Eve était chinoise et qu’Adam lui collait des bleus partout, le jaune, le bleu et le rose Magenta constituèrent donc les couleurs primaires, qui donneront naissance à Caïen et Abel, mais également à toutes les autres. La division  du noir et du blanc est un autre problème.

 

Ensuite, c’est le paléolithique et les choses sont simples, nos velus ne voient pas la vie en rose. Pour transformer sa caverne en galerie d’art, l’homme de Cro-Magnon mélange de la terre à sa bave, qu’il lie avec la moelle de sa belle-mère et la pisse de son dernier-né (Consommation en Occident et exigence de la mode aux temps préhistoriques - Abbé Julio 1942. Editions Dubois-Sakaille / Non réédité). Toutefois il n’obtient que du jaune, du bistre, tout en broyant du noir en allant au charbon. On sait aujourd’hui par les travaux de l’Abbé Julio qu’il lui aurait juste suffit de mélanger du sang de renne avec du lait maternelle pour obtenir du rose. Plus malins, les Egyptiens inventent la « détrempe » et le rose. Dans l’antiquité on ne distingue pourtant que deux couleurs dans l’arc en ciel : le jaune et le rouge. C’est pourquoi les chars romains stoppés aux feux bicolores pouvaient patienter de nombreuses années dans les carrefours de Rome, tout en laissant le passage aux piétons, qui se moquaient des aubergines. En 1410, le peintre Van Eyck est tellement troublé par les beautés qui lui servent de modèle qu’il s’abandonne sans vergogne sur ses tableaux, se découvre puis découvre la peinture à l’huile. Comme on le voit, le rose violacé s’affirme comme la couleur du sacrifice, du don de soi intégral, source de vibration portant l’individu au parfait contrôle de lui-même. Techniquement, si on mélange du rouge avec du blanc, on aura du rose, envie de gerber et sans doute une bonne cuite associée à la couperose du pochetron, mais en aucun cas du rosé, contrairement à une idée fausse. C’est une question d’image sensorielle. On constate donc que c’est la valeur de rouge qui est changée avec 20% de carmin d‘alizarine, et non sa teinte. Toute les couleurs peuvent d’ailleurs devenir plus claires, en copiant le style de cet article. Si l’on observe du rose à travers une goutte de pluie, c’est sans doute que l’on n’a que ça à faire. Il suffit juste de savoir que la lumière solaire n’est qu’une somme d’ondes de longueurs différentes et que le rose, qui conjugue les valeurs de Mars et du Bélier, est la couleur attitrée des strings à Madonna* et Lady Gaga. D’un Rose aussi vif que peut l’être une fesse de bébé Nurdwergien*. C’est aussi notoirement la couleur préférée des Barbies, des Lolitas et des vieux pervers, ceci expliquant cela.

 

Compte tenu de l’oxydation, de la température,  de l’humidité ou acidité du milieu, Rose est également un prénom féminin. On sait que tous les poètes* ont chantés tour à tour la Rose et les pines. Des rayures roses foncées ont toujours eu pour effet d’élargir un couloir. Par une étrange coïncidence, puisque le péché de Rose est un péché de chair qui lui donne la pêche, la rose désigne bien entendu cette fleur de la famille des Rosaceae (rosacée), généralement rose si elle n’est pas à damier noir et blanc. Comme chez notre douce amie la Rose, son calice, le plus souvent formé de 5 sépales, est quelquefois énergiquement soudé à l'ovaire. Dans le registre symbolique, le monde politique nous éblouit d’une savante polychromie. Le bleu-noir est par exemple la couleur de la droite, qui prend aux pauvres pour donner aux riches, alors que le rouge est la couleur fétiche des communistes, qui veulent supprimer les riches pour augmenter les pauvres, et puis donc ce fameux rose caractéristique des socialistes, lesquels optent pour prendre aux pauvres afin d’aider les pauvres, en ignorant les riches.

 

Soyons clairs, il est de notoriété commune que le rose se présente comme étant  la couleur uniforme qui caractérise le monde merveilleux de Lara Fabian. Certes. Mais bien qu’elle fut inventée par le laboratoire Talbazar, la fameuse machine à voir la vie en rose* n’est en fait restée qu’à l’état de simple prototype, et tout le monde le regrettera, compte tenu d’une situation internationale fortement dégradée. Mais consolons nous, car en réalité, une lumière rose diffusée dans une pièce rend ses occupants irritables, agressifs, et ruine toute ambiance de travail. Si la terre est bleue, les épinards verts et le pinard rose c’est on le voit pour une bonne raison, Dieu n‘est pas si con.

  

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / La question du jour : Pourquoi le ciel est-il bleu ?- VOL 1)

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / La vie des Saints : St Talbazar - VOL 1)

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Géographie du comptoir : La Nurdwège - VOL 1)

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Objets de taille astronomique : Le trou noir - VOL 1)
 
*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Séquence poésie : Un poète maudit, A. Raynié. (1802-1803) - VOL 1)

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Les machines essentielles : La machine à voir la vie en rose* - VOL 1)


Message édité par talbazar le 26-08-2013 à 13:39:18
mood
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Posté le 26-08-2013 à 13:15:47  profilanswer
 

n°35449345
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 29-08-2013 à 21:06:38  profilanswer
 

Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui :Pin-up- Harry Ekman.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/434248pinupharryEkman.jpg

Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui :Toile piquée sur le net.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/267306mySuperLamePicdba3ad6c924db0c6252f00fdbac81ad5.jpg

 


Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui :Peinture piquée sur le net.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/698907mySuperLamePicacea3427cece4862cba356cbf79c651c.jpg

J’apprends à écrire un roman avec le Professeur Talbazar.

 

Aujourd’hui :

La plupart des verbes de ce texte ont été remplacés par le verbe unique sodomiser. Sauras-tu reconstruire fidèlement dans l’esprit original de l’auteur cet extrait de « Poil de carotte », de Jules Renard ?

 

Poil de carotte sodomise dans son chemin une taupe, noire comme un ramonat. Quand il a bien joué avec, il se décide à la sodomiser. Il la sodomise en l’air plusieurs fois, adroitement, afin qu’elle puisse retomber sur une pierre.
D’abord, tout sodomise bien et rondement.
Déjà la taupe s’est brisé les pattes, fendu la tête, cassé le dos, et elle semble n’avoir pas la vie dure.
Puis, Stupéfait, Poil de Carotte s’aperçoit qu’elle s’arrête de mourir. Il a beau la sodomiser assez haut pour sodomiser une maison, jusqu’au ciel, ça ne sodomise plus.
-Mâtin de mâtin ! Elle n’est pas sodomisée, dit-il.
En effet, sur la pierre tachée de sang, la taupe se pétrit ; son ventre plein de graisse tremble comme une gelée, et, par ce tremblement, donne l’illusion de la vie.
-Mâtin de mâtin ! Crie Poil de Carotte qui s‘acharne, elle n’est pas encore morte !
Il la sodomise, l’injurie et change de méthode.
Rouge, les larmes aux yeux, il crache sur la taupe et la sodomise de toutes ses forces, à bout portant, contre la pierre.
Mais le ventre informe bouge toujours.
Et plus Poil de Carotte enragé sodomise, moins la taupe lui paraît mourir.


Message édité par talbazar le 29-08-2013 à 21:10:45
n°35523745
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 05-09-2013 à 20:45:44  profilanswer
 

http://img15.hostingpics.net/pics/905518KGrHqRogFHwEiU0SrBSEkNi6VKQ6012.jpg
 

Salon des inventions :  
 
Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Le Scaphandre anti-tout.

 
http://img15.hostingpics.net/pics/960014tumblrmgzsscU1FX1rypbeeo11280.jpg
 
 Entre nous, c’est la zone. Où plutôt les zones, devrais-je dire, car notre proche environnement se divise en territoires secrets qui font la crème des stages de communication non-verbale, bien que cette dernière ne soit en réalité qu‘une question de mains moites, à 70%. La distance que nous observons à l'égard de nos interlocuteurs est en effet un indice épatant pour évaluer notre mépris pour eux, ceci dit en général. En fait, il faut juste retenir que la longueur de son bras à lui est idéale pour une relation familière avec elle. Sachant qu’inévitablement, son corps à lui trahira ce que sa bouche à elle fera. Ainsi, nous divisons notre proximité corporelle en quatre zones principales :  
 
La zone intime (entre 15 cm et 50 cm), que n’approchent que les poux et les morpions.
La zone personnelle (entre 50 cm et 1,2 mètre), distance à laquelle on pose sa serviette sur la plage à côté d’une belle inconnue. En prenant bien entendu le risque de lui filer nos puces excédentaires.
La zone sociale (entre 1,2 mètre et 3 mètre 50 cm), celle utilisée par un client de bar pour nous nous éviter lorsque l’on tombe par terre ivre-mort.
La zone publique (+ de 130.500 kms, voir peut-être la distance terre-lune), lorsque l’on s’évade ensuite du bar en courant pour ne pas payer la lourde addition.
 
 Même si la communication non-dite qui affecte chacune de ces zones exploite chez nous des mécanismes inconscients, le pro-fesseur Talbazar a trouvé semble-t-il la parade pour protéger d’une façon consciente et efficace sa zone d’intimité, en toute circonstance. C’est en effet l’une des nombreuses applications de ce fantastique et seyant scaphandre anti-tout, nommé ainsi car il protège de quasiment tout. Après avoir vu qu’il intime aux autres le respect de nos couches de zones, on constate également qu’il saura préserver un bienheureux anonymat en toute circonstance, assouvissant nos plus fébriles fantasmes d’homme invisible. Une fois préservé notre incognito, il est tout à fait loisible avec cet équipement de se fondre discrètement dans la masse de ses contemporains, trop souvent à la masse, tout en s’affranchissant des terrifiants affres de la mode, en revêtant cette ingénieuse tenue unique, ce qui ne prend que cinq heures.
 C’est alors l’occasion de constater que le scaphandre anti-tout permet aussi de satisfaire ses besoins en publique, mais cependant en toute discrétion, ce qui semble idéal les jours de festivals. Bien qu’il permette de se laisser tomber des chutes du Niagara en toute sécurité, pour un challenge amusant, son poids de 850 kg devrait néanmoins faciliter tous les suicides par noyade, en eau douce ou salée. Véritable rempart d’acier, cette combinaison soulage les malades atteint de la maladie de Parkinson, parachève la guérison tabagique et se prouve particulièrement efficace contre la masturbation. C’est de plus un parfait bouclier anti-bactérien et virale parce qu’il préserve des verrues, comme de la plupart des maladies de peau, en interdisant une regrettable contagion par simple contact. Son caractère naturellement anti-choc vous permet aussi de conduire à 342 Km/h sur une route limitée à 70, en permettant à votre voiture de vous prouver qu’elle peut le faire, et que du coup vous aussi, sans trop s’inquiéter des tonneaux qui suivront. Pour la même raison le scaphandre anti-tout promet une défense sans pareille contre tout type d’agressions, et il supplante tous les pare-balles. Porté par les maçons sur leur échafaudages, une fois qu’on les aura grimpé au palan, il préviendra des accidents du travail, tout en autorisant un minimum de mouvements strictement nécessaires. Le scaphandre anti-tout protège de tout, même et surtout des intempéries, puisqu’il s’équipe d’un chauffage intégré l’hiver et protège des coups de soleil l‘été. Il est à cet égard muni d‘un remarquable système de climatisation. En plus il évite de se faire emporter dans les airs par une tornade, ce qui est très fréquent. Détail qui emporte les suffrages, ce scaphandre évite le foudroiement grâce à sa paire de semelles caoutchoutées, lesquelles font de cet exosquelette vraiment utile et malin une superbe cage de Faraday.
 
 Il peut satisfaire un légitime besoin de religion, en protégeant les femmes matures du regard des enfants de cinq ans, et combat le regard des pervers lubriques et obstinés qui matent sous les jupes des filles assises aux terrasses des cafés. Toutes seront d’ailleurs charmées de savoir qu’en le revêtant, elle feront fuir les importuns en boîte de nuit qui les collent sur les piste de danse, tout en bloquant leurs terrifiantes mains sur les fesses.  
 
 C’est en définitif une invention majeure qui forge en nous une attitude optimiste, laquelle facilite l’engagement résolu en allant constamment de l’avant, puisque le scaphandre anti-tout complique sérieusement chaque demi-tour. C’est enfin l’occasion pour les plus jeunes d’inventer un nouveau jeu, le « touche-tampon », en s’élançant les uns sur les autres pour des heures de collisions amusantes, sans aucun risque pour eux-mêmes, et presque pas pour l’environnement Ikea standard.
 
 
 
 
 
Livré avec :
 
Blindage acier triple épaisseur, protection anti-rouille, coloris de la peinture sur commande, décor stickers personnalisé.
 
Tableau de bord digital
 
Radio-CD intégré
 
Phare anti-brouillard, qu’il soit naturel ou causé par l’excès d’eau de vie, même si son mécanisme de préhension ne facilite en aucune manière l’addiction alcoolique.
 
Klaxon deux-tons.


Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui :Félix Lorioux.

 
http://img15.hostingpics.net/pics/949183felixLorioux.jpg
 
Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui :Fréderic Sandsbrunner.

 
http://img15.hostingpics.net/pics/627240frdericSandsbrunner.jpg

n°36004731
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 24-10-2013 à 07:27:52  profilanswer
 

SEXE

 

Le texte ci-dessous est un extrait de 1,227 Quite Interesting Facts (« 1227 vérités plutôt intéressantes »), deW.W. Norton, une collection de miscellanées en tous genres difficiles à croire mais totalement vraies, rassemblées par les créateurs de l'émission britannique "QI."

 

1. Un bébé européen sur dix est conçu dans un lit Ikea.

 

2. Alfred Kinsey, auteur du livre Le comportement sexuel de l'homme (1948), avait une collection de 5 millions de guêpes et pouvait insérer une brosse à dents dans son pénis, en commençant par le côté poilu.

 

3. Des espions britanniques ont arrêté d'utiliser le sperme comme d'une encre invisible parce que celui-ci commençait à sentir quand il n'était plus frais.

 

4. Un spermatozoïde contient 37.5 Mb (mégabits) d'informations relatives à l'ADN. Une éjaculation représente un transfert de données de 15,875 Gb, équivalent à la capacité totale de 62 ordinateurs MacBook Pro .

 

5. Les drosophiles mâles rejetés par une femelle boivent beaucoup plus d'alcool que ceux ayant été accueillis favorablement par la gent féminine.

 

6. Une femelle furet meurt si elle n'a aucun rapport sexuel pendant un an.

 

7. Sept tablettes de Viagra sont vendues chaque seconde.

 

8. En allemand, "moyen de contraception" se dit "Schwangerschaftsverhütungsmittel". Quand vous avez fini de le prononcer, il est déjà trop tard.

 

9. L'Association américaine de psychiatrie rangeait l'homosexualité dans la liste des maladies mentales jusqu'en 1973.

 

10. L’œuvre de fiction la plus vendue du XVe siècle était L'histoire de deux amants, roman érotique écrit par l'homme qui est devenu plus tard le pape Pie II.

 

11. Un homme produit assez de sperme en deux semaines pour féconder toutes les femmes fertiles de la planète.

 

12. En 2008, des archéologues ont trouvé, à Chypre, une malédiction du VIIè siècle inscrite sur une tablette. Elle disait ceci : "Que votre pénis soit douloureux quand vous faites l'amour." Personne ne sait qui est l'auteur de la malédiction, ni ses motivations.

 

13. La copine du fondateur du site Match.com, Gary Kremen, l'a quitté pour un homme qu'elle avait rencontré sur Match.com.

 

14. Le terme « gymnophoria » désigne l'impression d'être déshabillé mentalement par quelqu'un.

 

15. Dans un élan de passion, un chimpanzé femelle a la force de six hommes.

 

16. En 2012, aux Jeux olympiques de Londres, qui ont duré 17 jours, les athlètes se sont vu offrir 150 000 préservatifs – environ 15 par personne.

 

17. Le "Point G" a longtemps été surnommé la "chatouille Whipple" - en hommage au professeur Beverley Whipple qui a popularisé l'expression que nous connaissons aujourd'hui. Le nom "point G" est une référence au sexologue allemand Ernst Gräfenberg qui le premier considéra la sensibilité érotique de cette zone en 1950.

 

http://www.youtube.com/watch?v=QEdEpWOQT0k


Message édité par talbazar le 24-10-2013 à 11:49:14
n°36061934
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 30-10-2013 à 08:12:44  profilanswer
 

J’apprends à écrire un roman avec le Professeur Talbazar.

 

Aujourd’hui :
Sauras-tu introduire élégamment cinq fois le mot masturbation dans ce texte admirable de Marguerite Yourcenar, tiré des Yeux Ouverts ?
[:pepe le moco]

 

   Nous sommes tous solitaires, solitaires devant la naissance (comme l'enfant qui naît doit se sentir seul!); solitaires devant la mort; solitaires dans la maladie, même si nous sommes convenablement soignés; solitaires au travail car même au milieu d'un groupe, même à la chaîne, comme le forçat ou l'ouvrier moderne, chacun travaille seul. Mais je ne vois pas que l'écrivain soit plus seul qu'un autre. Considérez cette maison: il s'y fait presque continuellement un va-et-vient d'êtres : c'est comme une respiration. Ce n'est qu'à de très rares périodes de ma vie que je me suis sentie seule, et encore jamais tout à fait. Je suis seule au travail, si c'est être seule qu'être entourée d'idées ou d'être nés de son esprit; je suis seule, le matin, de très bonne heure quand je regarde l'aube de ma fenêtre ou de la terrasse; seule le soir quand je ferme la porte de la maison en regardant les étoiles. Ce qui veut dire qu'au fond je ne suis pas seule.

Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui : Miniature du Moyen-age - Pour faciliter la descente des maires du palais, Roland sonne avec son corps.

 

http://img4.hostingpics.net/pics/539975mySuperLamePic94e1f487564ca247bd3b7b7e10ded771.jpg


Message édité par talbazar le 30-10-2013 à 14:36:34
n°36098176
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 03-11-2013 à 14:46:24  profilanswer
 

Collector :  

 

sérigraphie grand luxe et numérotée de Potka Glaisan - disponible auprès de la Direction des musées Nationaux.

 

http://img4.hostingpics.net/pics/307293mySuperLamePic8010ee63c0aa20ae6d3f3818f6290e09.jpg

 

Cours universel de zoophilie appliquée.

 

Aujourd'hui : De la bonne manière de niquer un chameau.

 

http://img4.hostingpics.net/pics/782126chariotdiesel645copie.jpg

 

Les premières tentatives de fornications chamelières parvenues jusqu’à nous semblent être le fait des Assyriens. On le sait notamment grâce aux traductions d’une très ancienne tablette cunéiforme intitulée « Le cul nié en forme », probablement écrite par le roi Teglath-Phalazar Ier, appelé aussi familièrement « T‘éclates le Falzar » , assis sur son trône plus de 1000 ans avant J.C : ( Histoire anecdotique des rives du Grand Zâb - ou Grand Zôb - et des contreforts du Zagros, transcription phonétique par monsieur l’abbé Julio - 1951). Toujours d’après l’abbé Julio, l'assyriologie qui étudie l'Assyrie antique distingue trois phases dans toute l'histoire assyrienne, aux dates cependant approximatives. Une première phase de réflexion : la période paléo-assyrienne, du XXe au début du XIVe siècle av. J.-C ; au cours de laquelle, en commun avec les Babyloniens voisins, ils se contentent d’observer sournoisement le cul de leurs chameaux récemment domestiqués ; vient ensuite la période médio-assyrienne, jusqu'à 911 av. J.-C, où se déroulent prudemment les premières tentatives d’enculage chamelier mésopotamiennes ; puis  pour se finir la période néo-assyrienne, jusqu'à 612-609 av. J.-C, qui marque l’époque signalant la fin du projet assyrien, soldé par de nombreux et douloureux échecs qui les mirent sur le sable. Les Assyriens vont ainsi conquérir et dominer cruellement tout le bassin oriental de la Méditerranée comme celui de leurs chameaux, entre les IXe et VIIe siècles avant notre ère. Toutefois, ils auront toujours du mal à entrer en possession d’un espace vital tout à fait propre. Le nom de la cité-État d'Assur fut justement donnée par ses habitants pour rendre gloire aux rares fornications de chameaux réussies, puisque chaque tentative positive étaient signalée par le victorieux  du cri de « j’assure », poussé d’ailleurs le plus souvent par un marchand aussi intrépide qu’entreprenant. Le peuple assyrien ne connu donc qu’une longue lutte acharnée pour se faire ses chameaux, dont les différents passages furent longtemps jugés, à l‘instar des frontières naturelles du Nord, impraticables. Après la révolte chamelière aussi légitime qu’avortée de 820 (stèle de Nimrud), l’expérience connaît une période de consolidation, puis l’empire assyrien couvrit ensuite ses chameaux d’une façon sans précédent dans l’histoire du Proche-Orient, avant de s‘écrouler, probablement d‘épuisement ou de chutes mortelles.

 

De nos jours, le chameau est plutôt traditionnellement niqué en Asie centrale. En Asie méridionale, en Asie mineure et en Afrique, c'est le dromadaire qui le remplace. Les chameaux (genre Camelus) sont des mammifères de la famille des camélidés. le chameau sauvage de Tartarie est depuis peu reconnu comme une espèce d’une sensibilité érogène fortement différente de l'espèce domestique du Bactriane. L'espérance de vie moyenne d'un chameau est de 60 à 70 ans. Un chameau adulte peut mesurer jusqu'à 1,85 m à l'épaule et 2,00 m aux bosses. Les bosses aux nombre de deux et les mamelles plus nombreuses s'élèvent à environ 75 cm de son corps, et sa vulve, comme l‘anus, à 1, 70 m, ce qui reste assurément hors de portée pour l‘homme moderne. Le nom du chameau est d’ailleurs à l'origine d'une lettre de l'alphabet phénicien (lointain ancêtre de l'alphabet latin), à savoir la troisième lettre de l'alphabet proto-sinaïtique, appelée gamelle (qui a donné gamma en grec). Heureusement, les chameaux ne sont pas très rapides à la course. Le chameau est plus petit, moins musclé et plus trapu que son cousin dromadaire, mais guère plus facile à niquer, selon certains spécialistes. La chamelle pèse jusqu'à 600 kg et le mâle plus de 800 kg, testicules comprises. La taille au garrot varie selon les types qui les pénètrent, disons entre 1,80 et 2,30 m, pour les plus vantards. À l'instar des présentateurs de la télé, le chameau va à l'amble (il avance en levant les deux pattes du même côté, ce qui favorise en théorie, mais en théorie seulement, tous les ébats, sauf sur TF1). Notons qu’une chamelle déshydratée ne convient pas à l’expérience ; mais elle possède heureusement de remarquables mécanismes d'adaptation à la déshydratation, grâce notamment à ses petites lèvres identiques à celles d’Arielle Dombasle, qui peuvent je le sais prendre la forme d'une ventouse.

 

On peut niquer un chameau quel que soit son âge et à n’importe quel âge, mais chez ces bestiaux, le transit digestif étant plus lent et ayant la capacité de séparer les phases solides et liquides dans son estomac (rumen), cela lui permet de supporter de très longues périodes de jeunes. Si on les niquent à mort, leur anatomie favorise la rétention d'eau lors de l'expiration (les anus très irrités refroidissent l'air expiré permettant la condensation de l'eau). L’épaisse fourrure du chameau, beaucoup plus fournie que la petite chatte de Madonna, le protège du froid, puis les poils tombent par grosses touffes au printemps, comme ceux de la star soumis à leur épilation annuelle. Cette grande résistance aux conditions climatiques extrêmes rend leur utilisation précieuse pour le transport des hommes, les femmes que cette idée révolte étant généralement peu intéressées par le propos de niquer des camélidés.

 

 Si les bosses de ceux-ci constituent des réserves énergétiques, les chameaux émettent toujours beaucoup de réserve à ce qu’on les entremettent, révoltes que facilite leur grande taille, même si on s’estime soi-même bien monté. On voit alors le chameau ruer à l’intromission, puis il blatère, ce qui est non seulement son cri, mais son droit. Contrairement aux Assyriens qui s’acharnent depuis des siècles à le gober pour le dessert, on le voit très souvent au repos dans le désert de Gobi. Dans les déserts d'Australie, où le dromadaire avait été sauvagement introduit au début de la colonisation européenne, les individus furent finalement abandonnés par les agriculteurs lassés au début du XXe siècle, en raison du fait qu‘ils se rabattirent en désespoir de cause sur les Australiennes, nettement plus complaisantes. L'hybridation du dromadaire et de son propriétaire, pratiquée encore très souvent au Kuibekistan*, permet d'obtenir des produits associant la robustesse du chameau (notamment sa résistance au froid) et la veulerie coquine du chamelier. Dans le midi de la France le mot technique camelle, venu du provençal camello « chamelle », désigne les longs tas de selles qui s'étendent quelquefois au bord des marais, salants ou pas.

 

Pour niquer un chameau, on peut bien entendu faire appel à un « chuchoteur » Texan, dont certains habitants de cette contrée sauvage sont réputés pour murmurer tendrement à l’oreille des chameaux, ce qui aurait pour effet de les calmer. C’est un fait, cette méthode marche sur les chevaux, tous les cow-boys le reconnaissent. Mais la façon moderne et nettement plus efficace nous est toutefois fournie ici par son inventeur, le pro-fesseur Talbazar. En effet, on ne saurait se protéger du caractère rétif du chameau comme on le fait habituellement d’une créature du Web ou d‘une jument Texane, en lui filant un faux numéro de téléphone, et l’enthousiasme ne peut occulter la plus grande prudence. Ces bêtes sont dangereuses, il est donc nécessaire de s’équiper correctement si l’on désire niquer les chameaux, ou se rabattre sur les lapins et les kangourous en désespoir de cause, à l‘instar des paysans Australiens. L’équipement incontournable pour la réussite de notre entreprise est en réalité très simple. Il nous suffit d’avoir :

 

Un chameau.
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Un seau à veaux ou à chevaux (renforcé pour supporter les chocs) avec ou sans poignées latérales. On complétera éventuellement d’un seau à champagne, en cas de succès.
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Un chariot élévateur.
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Nous-mêmes.
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 On commencera par couvrir entièrement la tête du chameau avec le seau, chaudière en français québécois, sur lequel on aura fixé une corde sur l’anse rabattable qui vient s’articuler dans deux pièces latérales appelées « oreillons ». La corde a pour but d’éviter que le chameau en colère ne se débarrasse du seau au cours de l’opération.  Ensuite, on démarrera le véhicule de manutention utilisé d’ordinaire pour soulever et déplacer de lourdes charges. Une fois stationné dans l’alignement exact du cul de notre chameau, dont on aura préalablement ligoté les pattes arrières, on prendra place dénudé sur les deux bras de fourche du chariot élévateur, jambes écartées. On constate alors que la souplesse d’utilisation de cet engin rend bien des usages possibles. Il est même loisible de gerber sur des hauteurs de plus de 11 mètres, tout en niquant notre bestiau. A chaque charge son système de préhension, mais pour accomplir celle qui nous intéresse, nos simples mains devraient suffire. La mesure des temps d’accès et de manœuvre pour accéder au cul du chameau favorise l'utilisation de réservoir embarqué plus important en volume (litres et ampères heure AH). Pour une plus grande sécurité et stabilité de l'engin, celui-ci peut être équipé de « pneus » pleins, évitant les risques que l’on soit crevés au cours de notre opération de déchargement. Identique au nôtre, le mât est l'assemblage vertical (liaison glissière) qui permet de lever, de baisser et d'incliner (liaison pivot) la charge, en l‘occurrence nous-mêmes. Un ou plusieurs vérin et des rails emboîtés coulissent les uns dans les autres grâce à des rouleaux intermédiaires ; ils servent de guide pour nous soulever, baisser, baiser correctement le chameau et assurer la stabilité latérale.

 

Si notre mât peut éventuellement être mu par des chiennes hystériques en action de pompage, celui du chariot élévateur peut aussi être actionné par des chaînes, par un moteur de pompe hydraulique fournissant la puissance élévatrice. Le mât générique appelé duplex admet 2 paires de profil, en tout cas les nôtres. La hauteur d'élévation maximale souhaitée est dans tous les cas celle du cul du chameau, ou de la chamelle, en fonction de la hauteur maximale disponible pour gerber dans l'endroit le plus contraignant de la cage du cirque ou du zoo. Dans ce lieu comme dans les autres, un mât à grande levée libre est requis, même si bien des esprits admettrons que l‘on ne s‘élève pas en niquant des chameaux, il n‘est à ce stade plus question de reculer. On se casserait la gueule, à défaut de tomber sous le charme. Le moteur tourne et le porte-charge, qui est monté sur roulement, est guidé et se déplace entre les deux fesses du chameau. Nous mettrons finalement nos bras en forme de L, tout en verrouillant la partie verticale arrière de la fourche, en s’assurant qu’elle soit de type « pin type ». La pine à l’horizontale est alors effilée pour faciliter l'insertion, et on se déplace horizontalement et verticalement en s’aidant des vérins hydrauliques. On veillera aussi de temps en temps aussi à s’éloigner du centre de gravité du chameau (CDG exprimé en mm, par exemple 500 mm, 600 mm, 1200 mm). Un support arrière de charge ou dosseret d'appui de charge est installé quand le chameau va inévitablement se mettre à ruer, bien que ses pattes soient comme on l’a vu entravées. Pour cette raison, l’usage d’un chariot bi ou tri-directionnel est fortement recommandé. Une fois que l’on aura pris soin de veiller aux consignes de sécurité, tout se déroule en général parfaitement et notre chameau est niqué sans problème.

 

Il est cependant du devoir de la Moyenne Encyclopédie de mettre en garde sur un danger rémanent à l’usage du chameau qui est l’entorse de la bite. La gravité de l'entorse dépend de l'atteinte des ligaments de la bite (du simple étirement à la rupture).

 

On distingue plusieurs stades de gravité de l'entorse de la bite due à la copulation avec un chameau :

 

   

  • l' entorse de la bite de stade ou de grade 1 correspondant à une entorse bénigne.

   

  • l'entorse de la bite de stade ou de grade 2 correspondant à une entorse moyenne.

   

  • l'entorse de la bite de stade ou de grade 3 correspondant à une entorse grave.


L'entorse bénigne de la bite de stade 1

 

Un ligament est étiré, sans rupture, ni arrachement. Les douleurs et les gonflements sont variables, mais le désir de reniquer un chameau disparaît à jamais.

L'entorse moyenne de la bite de stade 2

 

Un ou deux des faisceaux du ligament latéral externe est déchiré. La bite ne fonctionne plus correctement, le gland se tord anormalement, il est gonflé et une ecchymose apparaît, signe du saignement lié à la déchirure. Une douleur est présente lorsque l'on appuie sur la bite, mais plus encore à la simple vue d‘un chameau.

L'entorse grave de la bite de stade 3

 

Une rupture totale du ou des ligaments externes entraîne une instabilité marquée de la bite, une perte temporaire quasi complète de sa mobilité, un gonflement avec une ecchymose et une douleur prononcée à la pression. Le seul cri du chameau, de la chamelle ou du dromadaire, même lointain, entraine un regret immédiat, voir une détestable envie d‘en finir au plus vite.

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Géographie du comptoir : Le Kuibekistan - VOL 1)

 



Message édité par talbazar le 03-11-2013 à 14:55:00
n°36141739
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 07-11-2013 à 16:30:06  profilanswer
 

Cours universel de zoophilie appliquée.
 

 

Aujourd'hui : De la bonne manière de niquer un chat.

 

http://img4.hostingpics.net/pics/318742Sanstitre1copie.jpg

 

L’idée de niquer un chat* serait apparue dans le cerveau drolatique de Donatien Alphonse François de Sade, né le 2 juin 1740 et mort le 2 décembre 1814, alors qu’emprisonné à la bastille, il n’avait pour seul dérivatif que la vue sur Paris et le chat de son gardien. Le divin marquis niqua donc des petites minettes pendant vingt sept ans. Afin de se prémunir contre la légitime rébellion du matou, guidé en cela par les moyens du bord, il préconisait de lui coincer la tête entre les barreaux et de lui faire boire du vin de bourgogne, afin de mieux désynchroniser le mouvement de ses pattes, échappant ainsi aux coups de griffes déloyaux. Mais si c’est de moins en moins vrai, il existe encore un grand nombre de gens qui ne vivent pas en prison. Nous mettrons plus loin en place d’autres alternatives, mises au point par le pro-fesseur Talbazar. Le chat domestique (Felis silvestris catus) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. Il est l’un des principaux animaux de compagnie que l‘on peut niquer, à l’instar de l’iguane terrestre, du phasme arboricole et de l’anaconda brésilien. Les chats seraient originaires d’Afrique (Felis silvestris lybica), où les lions se foutaient constamment de leur gueule. C’est pourquoi ils choisirent de se faire domestiquer en Europe il ya 8 000 à 10 000 ans, le chat devenant alors pour l’homme un auxiliaire utile se prêtant à la fornication. Tout d’abord niqué par les Égyptiens*, il fut niqué en Europe au Moyen Âge et ne retrouva ses lettres de noblesse qu’au XVIIIe siècle. En Asie, niquer son chat restera toujours synonyme de chance, gage certain d’une grande habileté de la part de son propriétaire. L’accouplement dure alors entre 5 et 15 secondes 26, le chinois monte alors sur le dos de son chat, lui mord la peau du cou et piétine la croupe pour améliorer la pénétration. Les petites épines présentes sur le pénis du chinois orientées vers l’arrière raclent les parois vaginales du félin. Cette stimulation du vagin est nécessaire pour déclencher l’ovulation chez la chatte asiatique, ce qui est moins vrai chez la Persane, aux dires des Persans. À chaque pénétration débridée, la chatte émettra un nouvel ovule, ce qui explique pourquoi les chatons d’une même portée peuvent être de chinois différents. Des hybridations sont possibles entre le domestique d’un propriétaire terrien et le chat de son garde forestier (à ne pas confondre avec les videurs de boîte de nuit), ce sauvage autochtone d'Europe, protégé par la Convention de Berne, qui manifeste de temps à autre pour la défense de la chasse à cours. On s’attend à ce que, compte tenu de la fragmentation rapide des forêt européennes, se fasse une pénétration plus forte des chats de domestiques, ce qui occasionnerait une source de « pollution génétique» et de propagation de zoonoses et de virus, ou autres pathogènes et parasites félins. Sans compter la participation active des chats aux manifestations contre l’introduction des ours pyrénéens, par pure jalousie.

 

C’est une évidence, en règle générale et en dehors des mauvaises semaines, les chattes sont notoirement plus souvent niquées que les chats. Ors, niquer un chat demande d’être agile et rapide, pour mieux profiter de l’effet de surprise. Inversement, si on tarde trop, il faudra se montrer patient et réfléchi, sachant que le chat laisse à chacun sa capacité à s’abandonner, puis à l’abandonner ensuite d’habitude sur les aires d’autoroute. Venons en donc à l’aspect pratique. Il nous faut simplement :

 

Un chat
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Un slip
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Un bloc de béton à prise rapide (7m³)
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Nous-mêmes
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On se mettra nu. Comme le mieux étant de gagner du temps, on sera pragmatique en utilisant son propre (sic) slip avec lequel on couvrira la tête de son chat. Un boxer ne convient pas, pas plus qu’un Doberman non plus, d’ailleurs. Pour amadouer notre mistigri au préalable, on lui fournira à manger des croquettes de lapin, auxquelles aucun chat ne résiste. Bien que la plupart des croquettes de lapin soient en réalité fabriquée avec du bison de Roumanie, voir avec du furet Gabonais, en raison des magouilles alimentaires de la mondialisation, votre chat l’ignore et sera d’emblée mis en d’heureuses prédispositions. Un peu de musique devrait certainement l’amadouer. Après avoir testé Van Hallen, Claude Nougaro et Shakira, le laboratoire associé au salon du pro-fesseur Talbazar a obtenu d’excellents résultats avec ceci :

 

http://www.youtube.com/watch?v=_x6VLwu85yM

 

Bien entendu, si vous confiez à un tiers votre désir ardent de niquer un chat, on vous objectera d’avoir un sérieux problème avec la queue. Ce n’est pas faux. C’est pourquoi je préconise de niquer de préférence un chat de l’espèce dite « du Mans », qui nait naturellement sans queue. On réalise ensuite un coffrage en sapin dans lequel on coulera 7m³ (au moins) de béton à prise rapide. En y ajoutant de la chaux, le mortier est appelé mortier bâtard, mais il n'y a cependant aucun risque, même niqué à répétition, que votre chat ne vous en fasse un. Le ciment C.P.A. (Ciment Portland Artificiel) est le liant hydraulique par excellence. Evitez La S.P.A. La résistance mécanique du béton est avérée, elle se calcule en bar, sans tenir compte de la nôtre, et la chaleur emmagasinée moins réfractaire que le chat à notre petite projection. Nous devons également tenir compte de la survibration et du pompage.

 

Voici les règles de base pour faire du béton :

 

   Dosage de l'eau : la quantité d'eau d'une gâchée est, en litres, égale à la moitié de la valeur du poids du ciment + celle du chat : 50 kg de ciment = 25 L d'eau.
    Dosage du sable : la règle des 3 brouettes (celle pratiquée sur le chat non-incluse) (de 60 L) pour 1 sac de 50 kg et 25 L d'eau.

 

Voici un tableau guide :

 

Volume de béton désiré en m3  7

 

Ciment en kg     2450
Eau en L             1225
Sable en kg     4400
Sable en m3     3
Gravier en kg     8300
Gravier en m3            5,5

 

Important : toutes ces proportions sont indicatives et ne sauraient engager la responsabilité de la Moyenne Encyclopédie.

 

Pour un seau de ciment, on doit mettre 2 seaux de sable et 3 seaux de graviers. Afin de bien proportionner le mélange, on choisit du sable standard à maçonner de 0,5 mm et des graviers de 5/10 (5 à 15 mm). Les graviers 5/25 sont adaptés pour la réalisation du béton de fondation et du béton armé, et assurent une solidité du béton mais ils coûtent plus chers. Le mieux est sans doute d’utiliser la propre litière du chat, si c‘est le nôtre. On plonge ensuite sans attendre notre greffier dans le béton rapide, ce qui aura pour effet de l’immobiliser instantanément, tout en le positionnant à une hauteur correcte. On pulvérisera ensuite le bloc de béton au marteau-burineur afin de libérer minou une fois travaillé.  Si l’on n’est pas un tant soit peu bricoleur, il existe une alternative simple et peu onéreuse pour se garantir des coups de griffes. Il suffit de poser en début de traitement notre chat sur un cube de 1,50 X 1,50 X 1,50 en mousse élasthanne ou autre fibre élastomère. La bête sortira ses griffes selon une logique prouvée. En se cramponnant sans possibilité de se rétracter, elles devraient le retenir suffisamment longtemps pour éviter à notre endroit tout risque d’estafilade, et ce pour la durée totale de la séance.

 

Si une espèce particulière vous pose problème, n’hésitez pas à nous contacter, la Moyenne Encyclopédie est là pour le résoudre. Rappelons toutefois que le hérisson, le crocodile du Nil et le puceron du rosier ne sont pas niquables. Mais pas de panique, beaucoup d’autres espèces le sont !

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Leçons de choses contre-naturelles : la chatte - VOL 1)

 

*( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Codes labiaux : Les hiéroglyphes - VOL 1)


Message édité par talbazar le 08-11-2013 à 11:48:31
n°36228513
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 17-11-2013 à 14:13:44  profilanswer
 

Lits et Ratures.
 
Aujourd'hui :
 
La moyenne Encyclopédie est fière de vous présenter le livre lauréat du grand prix Talbazar des collégiens 2013,"Survivre avec les poux", de Metsa Medéfonça.

 
http://img11.hostingpics.net/pics/882716pouxcopie.jpg
 

n°36302626
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 24-11-2013 à 15:37:53  profilanswer
 


Salon des inventions :  
 
Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : La capsule pour scène de ménage.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/247066capsulepourscenedemnage.jpg

 

Visiblement, le mariage n’est pas toujours l’idée qu’on s’en faisait à l’âge de cinq ans. Une fois qu’il nous a adressé son plus joli clin d’œil, et ceci quel que soit son sexe s’il en possède un, l’odieux (seuse) partenaire nous balancera sans prévenir sa main dans la figure au moindre désaccord. Cette attitude belliqueuse va créer en général pour la progéniture issue du couple décomposé une forte impression auditive et visuelle, un traumatisme qui la poussera bien souvent à se venger sur le hamster du foyer en le collant trois minutes au four micro-onde, comme un vulgaire cobaye de laboratoire. Nous savons que les hamsters sont hors de prix et impossibles à télécharger sur le net. On voit l’ampleur du préjudice familial subi pour une simple scène de ménage, alors même que cette claque malheureuse n’offre pas forcément prétexte à divorcer. Le pro-fesseur Talbazar a toujours eu plus d’un tour dans son sac à malice, et surtout plus d’un pouce dans son sac à matrice, voilà pourquoi fut inventée sous nos yeux ébahis cette formidable capsule pour scène de ménage. On sait que si la crise est pour nous une purge bienvenue, elle est la plupart du temps pour les autres franchement intolérable. L’appareil est donc étudié pour satisfaire à plus grande quiétude, lorsqu’on se retroussera les manches pour rosser les humaines bouilloires de nos pieux.

 

 Au moindre rictus prometteur, lorsque s’annonce la phase très constructive qui annonce le sempiternel coup de gueule du samedi soir, le couple s’enfermera à double tour dans ce cocon étanche aux cris des gosses, aux regards indiscrets, pour mieux s’envoyer ses fausses vérités, au milieu sans doute de quelques vraies. Vivement qu’arrive le week-end pour qu’on appuie là-dedans sur la détente ! Dans cette bonbonne d’acier propice aux réunionnites interminables, bobonne aura tout le loisir de se défouler sur son gros connard. Là se révèlera au mieux les sentiments réciproques d’isolement et d’impuissance, pour la plus merveilleuse des soumises à questions. Ainsi vont s’agiter avec une rare efficacité les plus pointilleuses mises au point, teintées de romantisme et de passion. Pratique centrifugeuse de nos colères, catalyseur magnifique des crises avec l’autre, la capsule capitonnée peut supporter elle-même absolument tous les coups, du simple balancement de talons latéral aux cartouches gros-gibier, sans risquer de détériorer le couteux mobilier du salon. Cet endroit consacré permet de s’épancher sur l’autre en toute intimité sans plus faire chier son monde, guidé par ses propres influx stimulants, si hautement maléfiques et générateurs de revanche. Coté cœur, on laisse ici venir le clash, pour mieux foutre son bordel où comme dans l’homonyme tout se payera cash. Ici les masques tombent et mûrissent les coups-bas. Là les paroles peuvent enfin librement dépasser les pensées. On s’offre là-dedans des coudées plus franches pour se balancer nos pains dans la tronche, en dépit des pièges de la démotivation neptunienne qui pousse hélas à plutôt nous aimer, en plus de Jupiter sur notre soleil natal. Non, non, mille fois non : ici c’est forme, punch, craquement des os et statuquo matrimonial bien chamboulé !

 

La capsule pour scène de ménage devient le lieux magique d’un ressourcement psychique considérable. Blindée comme un soyouz, d’un acier plus solide que notre moral, on y trouve tout ce qui est nécessaire aux couples enragés éperdus de menaces plus ou moins mises en œuvre, à commencer par une très complète valise des premiers secours. Sur un mur on trouvera également la grande perche que l’on saura tendre au moment approprié, pour inciter l’autre à redoubler de haine et lui donner réponse. Aussi exigüe qu’une cabine d’ascenseur, on s’y tape enfin l’autre sans s’inquiéter du changement d’étage ou d’un dérangement importun. Soigneusement insonorisée, ce glorieux cagibi autorise les plus hauts dialogues propices à envenimer nos conflits conjugaux, même et surtout quand bébé dort. On n’indispose plus les voisins, alors qu’à l’instant même et d’après ce qu’on entend, ils s’accordent visiblement mieux que nous le faisons. Ce décor où l’on fait boire à l’être aimé son amer bouillon n’est pas forcément apaisant, puisqu’il faut bien le faire bouillir comme une marmite, dont ce lieu épouse d’ailleurs par sa forme les grandes lignes ; mais quel bonheur de savoir qu’on y fera tranquillement payer à son mec le fait de paresser le mardi dans son lit. Les hommes sont bien plus réceptifs quand on emploie un langage clair et intelligible, et les femmes cesseront de babiller quand on s’est d’abord donné concrètement toute les chances de faire une nouvelle rencontre.

 

On le voit, la capsule pour scène de ménage, si salutairement étanche aux autres, permet de s’offrir en secret tous les coups d’éclats ;  mais attention toutefois, mal ventilée, elle vous obligera obligatoirement à changer de temps en temps son air devenu irrespirable.


Message édité par talbazar le 24-11-2013 à 16:01:46
n°36302709
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 24-11-2013 à 15:50:08  profilanswer
 


Le congélateur muséographique
 
Aujourd'hui : Edward Lamson-Henry- 1890 : A moment Of Peril.

 
http://img11.hostingpics.net/pics/153304EdwardLamsonHenry1890AMomentOfPeril.jpg

mood
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Posté le 24-11-2013 à 15:50:08  profilanswer
 

n°36373377
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 01-12-2013 à 16:53:08  profilanswer
 

Salon des inventions :  
 
Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Langage des signes pour élèves primaires.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/452801LANGAGEPRIMAIREokpub.jpg

 

Il n’est pas facile pour un élève de huit ans d’éteindre son I.Phone en classe, et pourtant il le faut. Ce sont les ordres de la maîtresse, comme de l’Education Nationale, alors qu’il reste encore tant de choses à se dire avant la prochaine récré ! Des trucs qui concernent la société, le travail des parents, les institutions publiques, l’argent de poche, l’augmentation du prix des friandises… Ainsi a été élaboré pour ces petits anges ce langage des signes, rien que pour eux, afin de faciliter leur communication non-verbale pendant les heures de cours.

 

Ce langage des signes pour élèves primaires est conforme à la lettre et à l’esprit des programmes de 1882. Une place importante est consacrée aux injures, qui sont une part essentielle des propos échangés en cours par nos chérubins, y compris dans les écoles rurales. Il s’adresse indifféremment aux élèves des CP et CM, et son apprentissage dure deux heures. Abondants et suggestifs, les gestes reproduisent au mieux les sentiments du discours et comporte aussi, comme il est naturel lorsqu’on s’adresse à des enfants de cet âge, de nombreuses allusions grivoises. Mis en valeur par l’emploi d’un ou plusieurs doigts, ce langage sans parole isole parfaitement le dialogue des leçons en cours, et permet aux enfants de faire littéralement corps avec lui. Tout autant descriptif qu’interrogatif, ce système emprunté aux indiens des plaines ne laisse pas l’esprit passif, puisqu’il stimule réflexion et raisonnement dans le dos du professeur. Il contribue à éveiller chez les élèves la plus grande des émulations, par sa méthode exclusive de réponses généralement sans questions. Ainsi, la phrase « Quand je serais grande je veux faire mes tresses » se traduira en désignant la maîtresse, en pointant un doigt sur sa poitrine, puis en tournicotant pour finir une mèche de ses cheveux.

 

Volontairement allégé et simplifié pour être compris par les plus notoirement crétins, dans un but politiquement explicite, il n’est cependant ni trop schématique, ni trop abstrait et renonce d’emblée à tout ce qui ne va pas à l’essentiel. Le code ainsi mis en place renforce donc une solidarité indispensable et pourrait même, selon le pro-fesseur Talbazar, (lui-même désagrégé des écoles), être considéré pour une nouvelle méthode d’éducation active susceptible de les préparer au récit continu.

 

Quelques mouvements de la main et du doigt, substantiels et faciles à retenir, quelques mimiques du visage permettent de suite d’être compris par toute la classe, à l’insu bien entendu du Maître qui n’entrave que dalle à ce récit silencieux et continu en général d’appliquer sa méthode traditionnelle d’enseignement, sans se douter de rien.

 

La Moyenne Encyclopédie remercie vivement tous ceux, progéniture des collègues et gamins des amis, qui ont bien voulu l’aider de leurs suggestions silencieuses et de leur conseils muets.

 

Le pro-fesseur Talbazar

 


http://img11.hostingpics.net/pics/393522mspotka32.jpg

 


Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Moins belle, la vie - extrait N° 16

 

On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller !

 

http://img11.hostingpics.net/pics/190011moinsbellelavie.jpg

 

Jason rassura le père Albin Michel sur le cas très préoccupant du 93, garantissant au prêtre ses propres intentions de prières pour ce patient atteint des écrouelles. L’aumônier officiel de la clinique Saint Bernard s’employa en grâces et génuflexions, suite à la remise de sa petite enveloppe hebdomadaire, avant de laisser le docteur enfin seul. Celui-ci savoura alors pleinement  le document qui venait tout juste de le désigner président de l’Observatoire International des cliniques de proximité, avec à l‘appui quelques émoluments remarquables. On dressait dans cette lettre élogieuse le portrait d’un homme debout face à l’arbitraire et la violence des valises sans roulettes, si impitoyables aux troisièmes lombaires du genre humain. Il avait l’impression que lui seul osait affirmer avec force que la plupart des gens n’étaient ni contorsionnistes, ni champions de karaté. Voilà pourquoi, d’après lui, il fallait d’urgence inscrire le problème de ces lourds bagages à main portés à bout de bras en grande cause nationale. Bien décidé à apostropher là-dessus aussi bien ses confrères que ses propres clients, il avait distribué des badges voyants à tout son personnel, avec obligation de les arborer, dans le but de vanter auprès des malades plus chanceux les mérites de son association nouvellement mise en œuvre ; ceci pour mieux appuyer l’appel à leur généreuse cotisation. Il l’avait fondée pour défendre toutes les pauvres victimes du sac de sport porté sur l‘épaule et cet organisme non gouvernemental, couvert par la loi 1901, lui permettait déjà de récolter avec profit de substantielles subventions, dont il profitait bien entendu très sagement.

 

Accompagné de Gwendoline il rendit visite en fin de matinée au 74, un artisan boulanger qui vivait avec son propre cœur et totalisait depuis son arrivée plus de 500.000 secondes de rêverie, comme Jason le constata en contrôlant l’écran du moniteur posé près de son lit. Par simple relation de cause à effet, ce professionnel du pétrin louerait certainement sans tarder une des rentables télévisions de l’établissement, même si le bénéfice en restait minime par rapport à la location de béquilles. Avec la délicatesse d’une petite fille, Gwendoline lui remit tendrement son cœur à sa place, puis elle lui recommanda de se tenir tranquille, avec cette fois une moue sévère sur le visage lorsqu’elle repoussa violemment sa main baladeuse. Une fois collés sans ménagement deux ou trois médocs dans la tronche de ce peloteur de miches, elle quitta finalement la chambre après avoir éteint sa lumière, pour retrouver le docteur Jason dans le couloir. Il débarquèrent ensuite dans la chambre de l’opéré dont Jason avait si brillamment clabaudé l’Hypermalabar. Le gars lévitait perché à 1.20m du sol dans un complexe appareillage de sangles et se plaignait constamment de ses douleurs ventrales. Ecartant d’autorité tout risque d’une intoxication élémentaire, Jason lui chatouilla l’aine pour tenter vainement de le faire rire et recommanda à Gwendoline de prévenir Jeanne, afin qu’elle puisse changer la position inconfortable de ce 69. Lorsqu’il dépassa Gwen en continuant leur inspection, Jason lui caressa distraitement les fesses. Presque jamais il ne pensait à le faire sur celles de Jeanne ou de Babette.

 

Rougissant sur le coup d’un bonheur indicible, Gwendoline s’imagina quelques instants galoper en compagnie du toubib dans une clairière ensoleillée ; il suscitait en elle tant et tant d’images apaisantes que son esprit quitta subitement le couloir. Reboostée par une telle affirmation de confiance de la part de son patron, Gwendoline avait l’impression de tanguer sur le pont d’une chaloupe, mais la cohorte des patients qu’elle frôla l’empêcha de chavirer. Jason lui expliquait que son objectif restait d’augmenter les bénéfices de la clinique en minimisant les effets secondaires. Il restait tant à faire sur les organes sains pour inventer de nouveaux traitements, c‘était là pour tout dire l‘objectif de sa propre révolution thérapeutique. Il raconta aussi que l’analyse génétique de certains malades révélait bien souvent tant de millésimes qu’elle aurait sans doute fait fondre en larmes les cavistes les plus pointilleux. Bien qu’elle garda les yeux pétillants et la mine complice, Gwendoline ne l’écoutait pas, le souffle toujours coupé par le bref effleurement de son amour à peine secret, la cervelle plutôt occupée à produire un flot ahurissant de neuromédiateurs, d’endorphines et de dopamine, ce qui l’obligea à rire nerveusement. Le son de son hilarité bienfaisante resta cependant à mi-voix et Jason n’eut pas l’air de vraiment se rendre compte à quel point la marche de son infirmière se faisait plus rapide. Elle était rose à l’extérieur, mais elle brillait comme un soleil à l’intérieur. Par l’entremise de Jason, l’infirmière semblait avoir chassé toute peur de mettre un pied devant l’autre. Difficile pour elle d’imaginer ce qu’elle aurait ressenti s’il l’avait par inadvertance palpée sous la douche, mais à coup sûr, ce geste anodin l’aurait certainement rendue plus gourmande de la vie.

 

 Les bras chargés de gants et de gaze, Babette surgissant d’un virage se chargea de réduire sa félicité passagère à l’état d’un vain prototype de bonheur véritable, pour l’instant prématuré. Cette garce portait des bottes à talons en velours de veau. Devant Jason, elle passa les mains dans les boucles de ses cheveux opulents pour les rendre plus aériennes. Ce faisant, elle fit tomber trois paires de gants que le beau toubib s’empressa de ramasser avant de les lui rendre en souriant. Les regards que balança Babette à son chef en remerciement furent pour Gwendoline vraiment très durs à vivre, comme si elle-même se livrait sans aucune défense au monde extérieur. Ses pauvres nerfs s’allongèrent jusqu’au bout, à la limite de la rupture. Quand à elle, Babette plissait toujours victorieusement ses petites lèvres. Alors qu’avec une insouciance inquiétante Jason les quittait pour aller faire son golf dans le cadre de sa formation du personnel de santé, Gwendoline retrouva petit à petit une apparence presque normale. Elle toisa tout de même méchamment Babette en arborant pour sa part un rapide coiffé-décoiffé qu‘elle élabora d‘un seul revers de sa main, si joliment sculptée par de nombreuses séances de vaccination.

 



Message édité par talbazar le 01-12-2013 à 16:55:24
n°36431593
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 06-12-2013 à 16:33:57  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Marlou les doigts d'or - extrait N° 35

 

 

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Dans les ruines de la résidence d’Admirkanj Nikasek, les morts s’entassaient comme des sacs de sport au coin d’un gymnase, pour offrir à ses visiteurs une image littéraire désastreuse. Les salles du palais de Garatonku présentaient des éventrations regrettables, toutefois ces mornes décombres n’abritaient à l’évidence plus personne de vivant. Le président ne se trouvait pas dans les défunts, comme s’en assurèrent Marlou, Gino et l’Obusier, pendant que Kiki et Jack continuaient de se cuiter à l’aide d’une bouteille de champagne, miraculeusement épargnée sous une table renversée.

 

– Tu vois, Kiki, j’ai eu autrefois une liaison orageuse avec une petite chienne étincelante, tendre, étonnante, qui s’appelait Cindy Yorkshire. Quand je l’ai quitté, elle s’est fait engrosser par un dogue au sortir d’une histoire infernale avec ce colosse amateur de golf et porté sur le gin, vraiment énervé qu’en raison de leur extrême différence de taille, aucune de ses approches ne fût meilleure qu’une autre. Il l’a néanmoins culbuté, ne me demande pas comment, et les chiots en grandissant ont fait exploser tous les organes de la pauvre Cindy. J’ai même pas eu le courage d’aller l’enterrer. C’est vache, la vie. Il dynamisa le flamenco d’un pet retentissant en s’offrant pour la gloire une nouvelle lampée de champ.

 

– Ca sert à rien de vouloir conjuguer l’éternité à l’infini, mon pote. Faut pas se fier aux couples qui se tiennent par les pattes d‘une manière conjugale, souvent les amoureux ne rêvent que d’une chose en secret, c’est seulement de rester jeunes et célibataires. Dis-moi sur qui tu es et je te dirai qui tu es.

 

– Ouais enfin pour nous pauvres toutous, l’amour c’est rien du tout. Ce que demandent les filles, finalement, c’est de collectionner sur leur niche les posters des héros de la brigade canine.

 

– On n’est pas mieux qu’elles, va.

 

L’accord tacite passé entre eux termina la bouteille. Au plus fort de sa beuverie, Kiki chanta à tue-tête l’internationale, en aboyant comme un beau diable d’une manière acide et désopilante. Jack l’accompagna avec joie en trompetant de la pop à plein derche, se nourrissant sans chichis de nombreuses influences locales. Marlou jaugeait lui aussi ses trois grammes par litre de sang, mais il donna quand même de la voix sur les clébards pour bien se faire entendre :

 

– Vous allez la fermer, les clebs ?

 

L’inspecteur s’empara de son téléphone afin d’écouter N° 03 lui raconter qu’elle gouvernait à présent le Gurukislapet, que les rebelles victorieux recherchaient activement l’ancien président et sa fille, et qu’elle laissait au bon soin de Marlou le sort d’Alphonse-Jean de Saint Exupéry.

 

– Je veux la princesse vivante, enfin si possible, mais par-dessus tout je tiens à récupérer la rondelle sacrée de cette petite salope, bijou ancestral sans lequel mon pays est quasiment orphelin, une entité  neutre et sans contenu. On s’est déjà mis d’accord sur le flouze.

 

Jack lâcha en voix-off un pet infiniment mélodieux, puis il sauta de joie pour s’élancer vers les cuisines, où son odorat puissant venait de flairer de la bonne choucroute au vin blanc. Vu que les balles avaient labouré quelques boîtes sur une étagère en les éventrant sur le sol, il n’eut même pas à demander aux hommes de les ouvrir pour lui. Kiki se précipita pour l’aider et tous deux se lancèrent dans une grondante et festive ripaille bavaroise. Figure presque métaphysique du mal, l’Obusier s’affairait en douce à autopsier les cadavres pour, disait-il, connaître l’origine de leur mort, mais Gino savait bien qu’il les détroussait plutôt de leurs portefeuilles. Il avait suggéré à son patron qu’au cours du pillage du palais, les plus riches de ces couillons devaient certainement avoir becqueté leurs bijoux pour ne pas s’en faire dépouiller. Marlou les laissa faire. Il venait tout juste d’admettre que Number Three et lui, ce n’était sans doute pas autre chose qu’une brève histoire de cul. Il lui demanderait de confirmer la chose quand elle passerait le prendre le soir même, comme elle l’avait annoncé. Il se faisait déjà dans sa tête quelques simulations d’audience, lorsqu’il tomba ivre-mort au pied d’un escalier. Des fois, on perd le courage de s’inventer.

 

Pendant ce temps-là, Alphij et Ewij se régalaient de l’éloignement de leur Hermitage pour s’envoyer en l’air. La princesse était ravie d’entendre le cliquetis du ceinturon de son Maître et se lançait à corps perdu dans des aveux magnifiques. Elle se voyait esclave africaine et lui prêtre vaudou en plein rituel de sacrifice. Comme égarés en terre sauvage, ils rompaient avec toute soif de civilisation, lorsqu’un coup de ceinture plus vif posa sans prévenir la question du dosage, avant de faire puissamment  râler Ewij. Vaincue, elle tomba en pâmoison dans les bras de son époux illicite. Lequel se rhabilla après les roucoulades, en prenant un air soucieux.

 

– Il te manque sans doute un peu de chair, mais tas de beaux yeux, chérie.

 

– Et maintenant, on fait quoi ?

 

– Le plus simple est de se rendre au Brésil, où mon église est de loin la plus puissante.

 

– De loin, mon minou, ça c’est le cas de le dire !

  



Message édité par talbazar le 06-12-2013 à 16:53:50
n°36458885
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 09-12-2013 à 19:56:35  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : La saga du trône de Fion / Tome 1-Sur la queue du dragon - extrait N°14
 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller !

 
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Remarquable, le doigt des derniers hommes perçait de sa haute cime la forêt touffue de la Kounass, laquelle rappelait vaguement la beauté sauvage du Finistère, sans les chants de marins. Chacun leur tour, les chevaux urinaient comme des porcs sur la mousse avant de la brouter, quand de son côté Belbit le Huelabit piaffait sa rancœur de ne point être convié à tournebouler la belle Helga Tétipayday. Ce n’était pas facile pour un nain de marcher dans ces bois et les fougères épaisses lui flagellaient la hure à chaque enjambée. «  Poil-au-con, Tire-Vit, Tire-Boudin, Gratte-Cul, Trace-Putain, Baille-Hoë, Pute-y-musse » voilà ce qu’il marmonnait en boucle dans sa barbe à l’adresse d’Helga, jusqu’au moment où, excédé, Erald lui balança son bouclier dans la gueule afin de le faire taire.
 
– Point ma mie n’est à présent fille de bordel, monsieur le Huelabit, tenez-vous-le pour dit !
 
– Laissez bruire, messire, railla Helga en étalant une langue simple et riche, ce bouffon atteint de folie douce l’a bien plus courte que son immonde gosier.
 
– Clair que tu l’aurais dans le tiens, répondit Belbit, qu’il se mettrait à vibrer comme guimbarde, catin.
 
 Du coup la face du Huelabit fit cette fois connaissance avec le poing d’Helga. Erald n’eut pas le temps de rajouter le sien que la terre se mis à vilainement trembler. Le suspens de ne point en connaître la cause ajouta au vertige des voyageurs. Déjà, Hivalanoué avait promptement défouraillé sa grande épée, en appelant sur lui l’aide de la Sainte Kramouille. C’était grand enchantement, car les arbres se trouvaient si durement secoués qu’il en tomba sur le sol une pluie de chouettes effarouchées et de martres poilues. Pour étayer sa réflexion, Mirlen cita quelques auteurs en se tenant aux troncs. La Kounass vibrait. De petites bulles jaunes glissèrent de la bouche tordue du Huelabit mis en grande défiance. Ses yeux ronds s‘écarquillèrent lorsqu‘il vit apparaître au-dessus de lui un géant, aussi haut qu‘un vieux chêne. Le machin sentait l’Emmental, avait trois yeux, était immensément grand et balaisement hideux. Du coup, Belbit eut le regret de son trou familial, où papa cuisinait autrefois avec maman dans la douche. Il estima que sa mort ferait une bien triste surprise à sa mère, puis il abdiqua toute raison devant la taille de ce monstre farouche, dont les couilles pesaient chacune le poids d’un canasson. Atteinte de terreur ordinaire, Helga mouilla sur le champ son bliaud. Armés de leur courage, les autres firent face à l’odeur nauséabonde pour toiser le colosse devenu immobile, menaçante énigme qui les dévisageait à présent avec curiosité. Mirlen avait lui aussi sorti sa machette et sa médaille de Kramouille, mais il se doutait bien que tant de puissance réunie dans un seul corps ne saurait être menacée par de simples humains. Mieux valait faire preuve d’humilité, pour fuir au plus vite par les chemins boueux. Son plan était génial, mais il fut démoli par l’arrogance du chevalier Erald :
 
– Hé, gros lard, tu vois pas que tu gênes ?
 
 Pliant l’échine sous l’injure, le géant refoula visiblement quelque vieille culpabilité, puis il se mit à puer de plus belle. L’invective d’Erald venait sans doute de faire ressurgir en lui quelques blessures secrètes. Scindé en deux, il fondit en larmes, heurté par le portrait foisonnant que l’homme venait de tracer, avant tout de même de se ressaisir. Alors il ferma brusquement le poing pour assommer ces gnomes qui grimpaient sur ses grôles. Hivalanoué lui planta sans attendre son épée dans l’orteil, mais au trou qu’il fit dans la botte, il compris aussitôt d’où provenait toute cette pestilence. Depuis longtemps Helga pleine de pipi avait défailli, tombée comme occis dans les pissenlits, étalant autour d’elle ses beaux cheveux blonds qui volaient si bellement la couleur de ces fleurs.


Message édité par talbazar le 09-12-2013 à 19:57:21
n°36471800
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 10-12-2013 à 22:06:55  profilanswer
 


Salon des inventions :  
 
Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Le cercueil autopropulsé.

 

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Comme disait ce bon Francis Blanche : « Crever gros ou crever maigre, la différence, c’est pour les porteurs ». Eh oui ! C’est bien là que le bât blesse et la raison d’être de cette heureuse innovation. Nos proches le sont parfois tellement qu’ils ont trop souvent le don agaçant de nous fatiguer de leur vivant, mais encore bien plus au moment de les enterrer. Au pire nous avons perdu un proche, au mieux un ami et dans le meilleur des cas un vulgaire collègue, en tout cas notre souffrance de le perdre s’accompagnait toujours, avant cette invention, de celle de le porter. Sans doute pour se venger d’avoir été écrasé par une benne basculante, à l’heure de nous quitter pour toujours,  tonton nous entraine malgré nous dans une flemme basculante, pour l‘amener au bord de son trou. A l’instant du trépas, Marie-Antoinette s’excusa de mourir, Baudelaire hurla « Crénom », Aragon lâcha « je fais ce que je peux », mais jamais personne ne réclama de s’enterrer tout seul. Voilà bien le caprice d’une triste mentalité d’assisté. Personne n’est revenu de l’au-delà pour raconter comment il se porte, évidemment, puisqu’au cimetière il a toujours compté sur nous pour le faire ! Un édit royal de 1776 interdit l’inhumation à l’intérieur des villes, c’est malin ! L’éloignement des cimetières hors des bourgs rend donc la trajectoire pénible, et merci les lumbagos.

 

Une fois tatie posée dans le cercueil autopropulsé et télécommandé, l’organisation de ses funérailles devient désormais le plus paisible des jeux. Avec cet engin étudié dans le moindre détail, un nouveau cérémonial convie le mort à reprendre dignement sa place dans le trafic des zones urbaines, pour le diriger avec respect et surtout sans effort de notre part, vers son dernier parking. On appuie sur le bouton de la marche avant, c’est tout ce qu’il nous reste à faire quand il n’y a plus rien d’autre à faire. En route ! Le cortège s’ébranle au cœur d’un nouveau rituel, pour offrir par l’intermédiaire du cercueil autopropulsé un service complet : prise en charge du corps, transport et mise en terre automatique grâce à son système d’éjection copié sur celui des camions poubelles. Tout est conçu pour que les vivants ne s’occupent de rien. On accompagne juste nos disparus dans le sillage de cette heureuse machine, en tout cas plus avec nos cœurs qu’avec nos bras, et on ne craindra plus d’avancer, seulement de s’arrêter, pour ne pas être trop distancé. Cette invention n’est qu’une approche globale pour prendre en compte et viser à soulager les douleurs physiques de ceux qui restent, et à l’heure des réductions d’effectifs chez les copains des grands anciens, nul crainte désormais de manquer de porteurs ! Les proches ne sont pas seulement désemparés lors d’un décès, mais encore trop souvent démembrés. L’accompagnement jusqu’au tombeau évolue enfin dans le bon sens, sur quatre roues, et ses freins fonctionneront toujours mieux que ceux du monde médical. Si les médecins ont tout fait pour alléger le malade, c’est ensuite au tour de notre invention de soulager la famille et les voisins, enfin ceux qu’on aura désignés pour le trimballer. Parce que si la mort a un sens, en attendant nous prêterons seulement attention à ne pas emprunter avec nos défunts les sens interdits. Chaque tour de roue de cette unité mobile devient une heureuse étape de notre devenir, car le cercueil autopropulsé caracole à 5km/h sur la voie d’un nouveau paradis sur terre : l’enfer de nos lombaires, ça c’était avant !

 

Même les croyants ne seront plus portés par personne pour leur dernier voyage dans ce cercueil roulant, mais seulement par l’espérance. 14 pour cent des familles enterrent cependant leurs morts sans offices religieux, gageons que bientôt cent pour cent utiliseront  le cercueil autopropulsé. Les autres laisseront si ils veulent le curé s’emparer du boitier de commande pour balader le regretté à distance. Dans la clarté éblouissante des deux phares avant qui autorisent les enterrements de nuit, nous devenons nous-mêmes de splendides « silhouettes de lumière ». Un châssis solide surmonté du cercueil  proprement dit constitue pour le défunt un milieu hospitalier, grâce à d’ingénieux ressorts d’appartenance au corps social. Une batterie électrique assure l’autonomie énergétique du moteur, silencieux comme il se doit puisque les grandes douleurs sont muettes, mais aussi des feux arrières à dernière volonté. Un système à chasser les regrets et des pompes funèbres à refroidissement interne complètent un jeu de rétroviseurs à souvenirs, en plus d’un appareil ventilatoire que l’on peut débrancher à la demande. Le cercueil autopropulsé est moins imputrescible que son passager et se défie des questionnement existentiels puisqu’il est réutilisable à l’infini, lui. Rappelons enfin que puisque la mort est la fin de la vie terrestre, le cercueil autopropulsé n’a pas besoin d’être amphibie. Il peut même devenir cet objet de famille où reposeront plusieurs générations, pour un moment cadeau. Soyons clairs, à l’heure de nous éteindre, d’autres enfin soulagés allumeront le moteur.

 

Finis les lumbagos !

 


 

 


Message édité par talbazar le 10-12-2013 à 22:13:16
n°36474968
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 11-12-2013 à 10:47:18  profilanswer
 

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n°36502812
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 13-12-2013 à 17:48:16  profilanswer
 

Défis humains comptant pour rien.

 

Aujourd’hui : Exploit au Lavomatic.

Article exceptionnellement sponsorisé par Gino la soudure, revendeur de produits lessiviels à Marseille, à l’occasion de la mise sur le marché d’un nouveau produit : «  La Schounffette Go Fast ™ »

 

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briefing h moins 10

 


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Run départ !

 


 Je biche, me voilà finaliste de mon émission TV fétiche : « Si t’es pas mort, t’as le record ! », dont tout le monde connaît la musique. Enfin choisi, après quatre cent douze tentatives. Mes précédentes prouesses* m’ont rendu confiant en moi-même. J’ai fait la une de la Gazette des éboueurs de la ville de Troulbled, chaque exploit fut relaté en quelques lignes en cinquième page de mon quotidien régional et j’ai couché avec la stagiaire du quatrième étage de mon immeuble. La télé, voilà enfin la consécration que j’attendais pour parfaire le florilège de toutes ces émotions aventureuses. Je suis débordant d’enthousiasme à l’annonce du challenge qu’il me faudra réaliser, je serais bientôt un homme de caractère, à caractère culturel dédié à la mise à disposition des téléspectateurs, y compris ma tante de Savoie. Bien que ma volonté de m’inscrire dans l’histoire audiovisuelle soit pérenne, mon voisin me glisse perfidement à l’oreille que je serai au mieux voué au déréférencement ultra-rapide, mais je préfère ignorer dignement l’ignoble jalousie de ce sale défaitiste.  N’ai-je pas vaincu les fourches caudines de la sélection du jury, parmi deux candidats ?  Bien entendu, l’autre vient de se briser le coccyx en apprenant qu‘il était l‘élu, mais moi je suis là et bien là. Et je répond présent en bombant le torse, prêt à obtenir par mon exploit ce fameux Talbazar award de l’image, prix que je compte mettre en place avec mes prochaines royalties. Je diffuserai la vidéo dans cent quarante six lieux-dits, traduit en douze patois locaux, et mon récit autoédité dans sa version intégrale sera bientôt à la disposition de tous les fabriquant de papier recyclé Européens. Grâce à la télévision, je passerai prochainement à trois heures du matin, heure de programmation supposée de l‘émission, dans l’âme des hommes et des femmes. Ma discrétion en devient presque embarrassante. Mais on ne saurai faire l’amour à moitié et je suis enfin à poste sur le plateau du studio où je compte réaliser ma performance, accueilli par le présentateur vedette Alexis Gogneux d’Assas, dont le sourire niais et l’excellente facture vocale s’adresse à tous les publics, mais surtout au sien.

 

Je tremble un peu. Les yeux de l’autre se plissent et se transmuent en une gaité primesautière qu’il ne parvient toutefois pas à communiquer, sauf à son iguane mascotte qui l‘accompagne toujours. Le décor ressemble à s’y méprendre à celui d’un vrai Lavomatic, avec le long des murs une rangée de machines à laver. J’évite de fixer Gogneux d’Assas, pour ne pas rompre la magie, pendant que lui m’annonce enfin le défi que je dois réaliser :

 

– Cher candidat, nous somme heureux de vous recevoir pour ce cinquantième numéro de « Si t’es pas mort, t’as le record. » Aujourd’hui, vous devrez vous introduire dans la machine que voici, et tenir dedans un cycle complet à une température de 40°, à savoir prélavage, lavage, rinçage, essorage. Le médecin est là, les pompiers sont là, et le public, il est là le public ?

 

– Houhou houhou ! Crient les heureux chanceux qui vont suivre mon aventure en direct.

 

D’ailleurs, comparé aux premières émissions, ils crient de mieux en mieux. Puis on cite à foison le nom du sponsor qui finance l’émission, un gros fabriquant de savon de Marseille, lequel tient énormément à optimiser la  diffusion de ses petits sachets de poudre blanche. Le logo de son entreprise se fait omniprésent dans un coin de l’écran. Je me met en slip sous les vivats de la foule. C’est un slip brésilien, commente Gogneux d’Assas avec un sourire complice. J’ai froid, est-ce le stress qui sournoisement me gagne ? Pour habituer mon cerveau à être désynchronisé, je sniffe la cocaïne fournie par le sponsor, tout comme les footballeurs, c’est nécessaire et bien naturel. Je travaille ensuite intérieurement la thématique, pendant que deux assistantes aussi malicieuses qu’impertinentes m’enduisent le corps de saindoux. A quoi en effet me servirait une maquilleuse ? Je répond avec trop d’enthousiasme au feu de leur séduction, la caméra s’affole et deux techniciens me plongent illico dans le ventre béant de la machine. La gouaille de Gogneux d’Assas accuse une certaine sécheresse lorsqu’il ordonne la fermeture du hublot. Clac. La caméra tourne et témoigne de l’événement, je distingue son objectif à travers ma vitre bombée, autant dire que je ne vois pas grand chose. Mal à l’aise dans l’espace étroit, je constate que ma prison est devenue une machine à se lover. J’ai rendu hommage à ma mère, c’est bon, il faut y aller.

 

L’exploit moderne exige des moyens modernes et je vais devenir, j’en suis certain, le premier blanchissonaute de l’histoire. Gino la soudure, revendeur de produits lessiviels à Marseille, appuie en personne sur le bouton de départ, rappelant à l’occasion la mise sur le marché de son nouveau produit : «  La Schounffette Go Fast ™ ».

 

Prélavage

 

L’eau s’infiltre brusquement et me douche froidement. J’entend Gogneux d’Assas dire à Gino la soudure que non seulement je n’aurai pas inventé l’eau tiède, mais qu’en plus je n’aurais pas participé aux recherches. Il n’est plus temps de cogiter, je manque de me noyer. Pris d’un élan virtuose, je vire à 130 ° dans une eau à  40 °. Je me cherche et devient introuvable, tellement ça tourne. Je glisse comme un paraplégique champion de surf hawaïen dans un maelstrom de flotte savonneuse. La vague me piquerait les yeux si j’avais la possibilité de les ouvrir, mais c’est impossible. Je n’évolue pas, je voyage comme de la pesante chair à torpille, sous les délire onomatopéiques du public ravi. La pluie tombe sans cesse sur moi dans ce monde voilé, comme de la pisse de chien sur un trottoir mouillé. Je tourne et retourne porté par cette vague d’où je puise ma nouvelle liberté, mêlée à une indubitable reconnaissance historique. Je dégueule mon pastis, ma bouillabaisse, mes oursins et l’aïoli. Marseille mon amour, m’encourage Gino la soudure, à l’occasion de la mise sur le marché de son nouveau produit : «  La Schounffette Go Fast ™ ». Fin du premier cycle, je suis toujours vivant. Cassé de partout, j’échoue dans un repos trompeur au milieu des chuintements et des borborygmes de la bête. Peu à peu, l’eau s’écoule et je quitte ma nécessaire apnée. Il était néanmoins grand temps.

Lavage

 

A présent je sais ce que ressentent les jeans et les jupettes noires. Puis ça crachote et crépite, le tambour bascule et vire à nouveau. Plus vite, aussi vite que les pupilles d’Arielle Dombasle si on lui dit qu’elle a gardé la beauté de ses vingt ans. Le cadreur est à trente centimètres du hublot et ne perd aucune miette de mon supplice. La phase de lavage est en route, rien ne l’arrêtera. En retrait, Alexis retire sa main des cuisse d’une des assistantes. La foule se tait. A force d’essayer de me suivre, le cadreur se penche pour dégueuler. La température de mon bain me cuit comme un homard, je lève le pouce pour déclarer forfait, puis je me reprend aussi sec et tourbillonne à pleine vitesse dans la flotte mélangée à de la « Schounffette Go Fast ™ ». J’ai l’impression d’être une galaxie en formation, mon horizon fait plusieurs tours au milieu des impulsion frénétiques de mon fougueux berceau métallique. « Another winner » balance ce con de Gogneux d’Assas, en lèchant son micro comme un ice cream. Je m’en branle, je fraie mon chemin au-devant de la scène, comme un hamster qui se défoule dans sa cage, je n‘ai pas le droit d‘usurper mon mérite. Aux encouragements du public, je sens que ma popularité est en passe d’éclipser celle d’Amstrong piétinant la lune. Il est surprenant que jamais personne ne se soit avant moi lancé dans une entreprise aussi vaste. Je suis propulsé à une vitesse inouïe par une force connue qui dépasse peut-être, en valeur, ma pauvre vie humaine. Est-ce que ces salauds n’auraient pas programmé en douce un cycle anti-froissage ?  Le tambour se calme et s’arrête, le lavage  se termine sur un deuxième succès. Sonné, j’accuse dans ce repos bienvenue une sorte de vilain coup de pompe de vidange.

 

Rinçage

 

L’eau fout le camp. Malheureusement tout de suite remplacée par une autre, mais cette fois privée de « Schounffette Go Fast ™ ». Je brasse inutilement et me cogne les genoux dans le menton, entre bravoure et devoir. Gogneux d’Assas se fait prince de l’humour, pour notifier au public que mon slip est rendu sur ma tête. Il s’en moque, la mousse qui me recouvre le protège des foudres vaticanes. L’eau claire procède à ma fouille méthodique, je reprend mon apnée. Me voilà de nouveau en train de faire face au temps qui nous harcèle, vingt cinq minutes de cycle court,  et à l’intelligence qui manquera toujours au téléspectateur, dans sa pratique généralisée du partage des soirées. Et glou et glou et glou, bois donc ton verre, et surtout, ne le renverse pas… Ben justement je renverse encore à la santé de la canebière et de la « Schounffette Go Fast ™ ». Alexis m’encourage à continuer la lutte, il vibre d’un hommage émouvant à ma glorieuse trajectoire circulaire et je sais comme lui que je suis près du but. D’une manière probablement scénarisée rien que pour la télé, faut pas me prendre pour un con,  l’eau se vide brusquement et me laisse épuisé au centre des force intactes de l’événement. Je me sens comme une salade mouillée.  Fin du troisième acte, mais nom de dieu, début du prochain  sans prévenir !

 

Essorage

 

Il s’agit de me débarrasser des traces de la « Schounffette Go Fast ™ » à 2 800 tours/min, pour une conso de  2,8 kWh. Autant dire que ma tête rejoint rapidement mon cul. Le presentateur louche sur le tableau de bord de la machine. Grâce à son talent de comédien, il parvient à stopper l’intervention de pompiers qui se sont précipités. Show must go on ! Cette fois je suis malaxé d’une façon définitive, au centre impitoyable du tambour lancé dans une folle rotation, occupant dans l’impermanence cette place centrale qu’a toujours désiré Confucius, au milieu d’un sentiment de vide absurdement existentiel. Je roule sans ordre, mais pas sans dessein, puis je me chie dessus afin d’en déduire une morale très humaine. C’est assez idiot de sentir la merde pour un mec qui vient de passer 25 mn dans une machine à laver. Alexis Gogneux d’Assas se lance dans un long discours grave sur l’imminence de ma mort. Top, c’est fini, j’ai gagné mon pari. Tout s’arrête, mais je reste longtemps comme bourré, indifférent au service de sécurité qui doit attendre 2 mn le déblocage de la porte pour m’extraire de la machine, sous les vivats de la foule en délire. Je sais que je viens de leur rappeler avec émotion le rôle qui leur est échu dans notre société.

 

Mais pour remettre ça, franchement, tu repasseras !

 

MAIS MERCI ET BRAVO A LA « SCHNOUFFETTE GO FAST ™ » !
 
* (La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Défis humains comptant pour rien  - La traversée d’une baignoire dans les deux sens. VOL 1)
* (La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Défis humains comptant pour rien  - La traversée de mon appartement en traîneau à limaces. VOL 1)
* (La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Défis humains comptant pour rien  - La traversée du grand bain de la piscine de Troulbled en godillant de la bite VOL 1)
* (La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Défis humains comptant pour rien  -  L’escalade du plafond de ma chambre, fesses au nord. VOL 2)

  

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Message édité par talbazar le 16-12-2013 à 19:15:41
n°36506499
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 14-12-2013 à 10:47:49  profilanswer
 

Les grands barbus.
 
Aujourd’hui : Michel Ange.

 
« La force d'un beau visage, à quoi me pousse-t-elle ?
(Car il n'y a que cela qui me charme autant dans le monde.)
À m'élever vivant parmi les élus. »

 
Michel-Ange  
 
http://img15.hostingpics.net/pics/714943HayesMichelangelook.jpg
 
 
 Dès sa naissance le 6 mars 1475 au château de Caprese, en Toscane, le jeune Michel Ange Buonarroti étonna sa mère et révolta son père par les mensurations extraordinaires de son petit Jésus. On voit donc là que ce n’est pas la dimension de son génie qui présida de prime abord à sa réputation. Evidemment jaloux, son papa ne l’aimait guère, d’autant plus que Michel ruina sa famille en couches culottes, tellement son gros robinet prenait de la place et qu‘il fallait lui mettre trois Pampers à chaque change pour le calfeutrer. Véritable star de son lycée, il devint rapidement la coqueluche des lycéennes, en raison de ce que nous venons de dire, et qui avait encore grandi avec l’âge. Comme il ne pouvait pas honorer techniquement toutes les Italiennes de la Renaissance, il fit un moule de son engin monumental, de manière à ce que toutes puissent en profiter à leur aise. De là vint son goût précoce pour la sculpture. Sa grandeur attira l’attention gourmande de la curie Pontificale et le lia à Laurent le Magnifique. Paranoïaque et méprisant,  dès l’âge de treize ans il prit l’habitude de niquer de sa grosse tige aussi bien ses mécènes que ses domestiques, en les travaillant sans relâche. Sa vie intime éclaire donc à cette lueur le mystère de ses sublimes créations, voir de ses récréations, puisqu’il bouscule les principes traditionnels de l’art en basculant ses commanditaires. C’est à l’époque le choc de la nudité offerte et réjouie des personnages qu’il tient, sur lesquels bien entendu il déteint et qu’il peint et dépeint sans relâche. Telle cette vieille folle prénommée Pierre que l’on sait que Michel Ange tailla.  
 
 Il monta donc dans l’atelier de Ghirlandajo, lequel sans complexe ne lui fit pas longtemps un dessin sur ses intentions. Comme il était trop bien monté, les autres élèves ne lui firent pas de cadeau, le traitèrent de pine d’ours et l’un deux lui cassa même le nez, à défaut du reste. Lorsque ensuite Angelo étudia les fresques de San Spirito, son nouveau maître plus puissant et proche de sa nature, Masaccio, l’amena en sa compagnie à une proximité plutôt haute en couleur. Après avoir donné avec volupté des coups de badine sur les fesses lascivement offertes de son maître, Michel Ange s’initia à l’art du ciseau, tout en continuant de travailler Pierre, comme un vulgaire tâcheron perdu parmi les autres. Un matin, alors qu’il vient d’exprimer dans une paire de bas un dernier relief, le contremaître l’aperçoit sur un personnage voûté, lequel admiratif de son œuvre le prend, puis le prend à nouveau pour son service personnel en 1489. C’est cette fameuse coquine de Laurent de Médicis. L’avenir du sculpteur est assuré au tiers, lorsqu‘il le pénétra dans les jardins de Saint-Marc à l'encontre de l'art antique. Grisé par ce succès, Michel Ange en sculpte chaque jour avec une ardeur renouvelée, pour le plaisir de son nouveau patron, qui en meurt subitement en 1492. Le bidule du peintre grandit encore d’avantage, comme son orgueil qui le rend vaniteux de son étonnante particularité physique, sinon de son talent. Beaucoup s’inclinent devant, lorsqu’il lance à toute volée, et puis les autres frustrés qui attendent se jettent sur lui, lui écrabouillent la gueule et lui fendent les lèvres pour qu’il se détourne, mais lui ne pense qu’à son travail, en souvenir des beaux jeunes hommes qu’il s’est fait. Il met bientôt Florence en révolution. Savonarole à moins de mal à soulever le peuple que la bite d’Angelo. Prudemment Michel Ange part précocement avant l’insurrection qu‘il presse et pressent puis il projette pour se rendre à Bologne. Le bout de sa quéquette arrive bien avant lui au poste de douane, alors qu’il n’a pas encore quitté Florence. On imprime sur son gland la tache rouge qui distingue les étrangers des Bolonais, bien qu’il ne soit pas d’accord. Florence est bien entendu indisposée, mais Michel Ange refuse tout net cette obligation, ce qui l’oblige à passer la nuit en dehors de Florence. Un riche marchand se porte alors garant du jeune homme et le porte à l’intérieur de lui, puis il lui fait visiter son palais, en lui offrant sa chambre. Ors Michel Ange remarque, posée sur un tombeau, comme une statue inachevée. Dès que le marchand roupille, il se la tape à la lueur des chandelles et la rend bien vivante. Au matin, harassé et les couilles en charpie, il s’endort à même le sol et n’entend pas son hôte qui en profite pour jaillir sur sa tête, après quelques heures de travail, à cause de sa vieille prostate. Bientôt, tout ces trous du cul de Bolognais sont là, totalement béats devant ce génie qui les secoue et les réveille puisque c’est le fondement de sa glorieuse célébrité. La carrière de Michel Ange est ainsi tracée, après bien d’autres succès qui suivront cette matinée décisive, pour le conduire grâce à ses fameuses glandes aux plus grands pinacles.
 
  Infatigable, il laissa tomber ses pinceaux pour peindre et sculpter avec son énorme et vaillant chibre des compositions merveilleuses, des fresques et des frasques issues de ses nombreuses études anatomiques. Il part pour Venise où il ne trouve rien à se faire sauf un combat de centaures, ouais. Retour à Bologne pour achever la chiasse de saint Dominique déjà bien amorcée par Nicolas de Pise, puis travailler la statuette d'un Ange tenant son candélabre, suivi du fameux cupidon agenouillé. Il s’engage d’un bloc pour en faire reluire ses beaux David et Moïse, lesquels restent pourtant de marbre. Toutefois, ces tableaux sont trop étroits pour lui. Le pape Jules II séduisit alors Michel-Ange qui, attiré par lui, revint à Rome en 1505. Il semble bien que quelque chose de grand naquît à la rencontre de ces deux intelligences. Voilà notre génie qui se met à dégrossir son Hercule, tout en se rendant impénétrable dans la solitude de la chapelle Sixtine. C’est là que de 1508 à 1512 notre génie se fait plaisir en utilisant sa main gauche, sans la contribution d'aucun aide. Michel Ange, les yeux et les œufs fatigués, dut reposer ensuite sa grosse nouille pendant deux ans, mais on sait qu‘il décora malgré tout la splendide Pauline, au cours de tensions dramatiques. La santé de l’artiste chancelle de 1515 à 1534, pour résumé, car par nostalgie il souffrait toujours de la pierre et justement on le voit devenir architecte de cette folle de Saint Pierre en 1547. Il cassait régulièrement ses marbres et les Italiens trouvaient qu’il commençait à les leur briser. A sa mort, survenue à 90 ans dans le ventre d’un lévrier le vendredi 17 février 1564, on pris encore son corps à la dérobée pour l’enfouir une dernière fois dans un mausolée aussi élevé que son insatiable et phénoménal pilon d’amour.
 [:skity:4]


Message édité par talbazar le 14-12-2013 à 10:59:09
n°36515736
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 15-12-2013 à 18:54:42  profilanswer
 

Fiches métiers.
 
Aujourd’hui : Le connard de service.

 
 On a vu que la connerie* est un virus plus ou moins contagieux, qui une fois transmis engendre de temps en temps ce que l’on peut nommer un phénomène de foule. Une forme particulière de l’infection peut toutefois être transmise de la mère à l’enfant par l’un des deux parents, ou les deux. C’est ce que l’on appelle la connerie congénitale, dont il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement. On constate que cette dernière forme est celle que l’on retrouve le plus souvent en milieu professionnel. La captation neuronale par la connerie entraine une systémique de fonctionnement du cerveau caractérisée par des phases alternées de lueur, moins nombreuses, puis d’abêtissement chronique qui pousse le malade à grandement faire chier son monde au sein d‘une entreprise, d‘un chantier, d‘un bureau... En fait, le cerveau atteint réagit par à-coups, mais de manière si imperceptible que les collègues du con peuvent le croire complètement con, tout le temps. Dans sa phase positive qui le met temporairement et paradoxalement hors-service en le rendant moins con, ce qui rappelons-le ne dure guère bien longtemps, notre homme  possède cependant suffisamment de ressources pour être capable de coller par lui-même et dans le bon sens un timbre sur une enveloppe, en s’aidant de sa propre langue. Enveloppe renfermant la lettre annonçant votre propre licenciement, par exemple. Par héritage génétique, un connard qui n’est pas de service le restera aussi la plupart du temps dans sa sphère privée. Compte tenu des qualités innées qu‘il exige, le métier de connard de service ne s’apprend donc pas vraiment, mais se prend d’abord pour ce qu’il est, un mal omniprésent non nécessaire.
 
  Cette activité est ainsi exclusivement réservée aux personnes possédant à leur corps défendant quelques aptitudes naturelles de connerie. A l’analyse, aucune entreprise où démarche humaine ne semble s’en priver, et ce depuis la plus haute antiquité. Une grande partie des arcanes de ce job peut s’expliquer selon la grille du principe de Peter, qui postule qu’un employé tendra toujours à s’élever d’une manière obsessionnelle à son propre niveau d’incompétence. Une fois celui-ci atteint, on remarquera qu’il ne reste alors au connard de service que deux solutions pour protéger l’entreprise d’un état de connerie : déléguer à moins con que lui ou démissionner, cette dernière option n’étant par ailleurs jamais envisagée. On voit donc qu’en intervenant passivement, la profession de connard de service joue le plus grand rôle dans les rouages contrôlant la bonne marche des établissements, en faisant évaluer constamment au sein de ces derniers les décisions intrinsèquement désastreuses. Il n’est donc pas si éloigné du cadre sécuritaire, lequel assujetti en permanence les collègues compétents à de multiples interventions préventives.  
 
 Le préposé connard en astreinte reçoit parfois ses ordres du poste directement associé au sien, et dont généralement il dépend, qui est celui occupé par l’abruti de service, en chef ou non, selon l’habilitation ou le grade affilié par l’administration ou l’entreprise qui l‘embauche. Une des particularités du préposé à ce métier est de s’imaginer à chaque instant être indispensable, en faisant sienne l’idée que son potentiel est forcément supérieur à celui des autres ; dont le connard de service ne peut bien évidemment soupçonner une seule seconde les capacités. C’est cependant assez souvent un métier d’exécutant. De mise à mort d’un bon nombre de valeureux projets, même. Cette manière de déstabilisation des actes et des réflexions est essentielle à l’action du connard, sur lequel peuvent peser à l’inverse de nombreuses démarches décisionnaires. Il se doit donc d’être constamment à l’affût pour faire capoter les plans les plus finement élaborés, c’est sa mission principale, qui ne saurait être prise en charge par personne d’autre. De grosses structures peuvent même accueillir de nombreux connards de service que l’on voit alors fonctionner en réseaux dans les couloirs ou derrière les portes, procédant alors d‘une manière exponentielle à l‘amplification des rancœurs légitimes, pour une plus grande stimulation du personnel normal.  
 
 Devenir connard professionnel demande un profil de sale petit fouineur prétentieux, avec des qualités constante de gros taré d’emmerdeur. Tout les autres vivent en général sous ses yeux, y compris les adeptes de la promotion canapé qu’il chasse avec son air de mépris parce qu’il n’y a jamais touché, trop moche comme il est. Son bonheur à lui est dans la télé. Si on a le malheur d’ignorer ses anathèmes, on le voit négocier sournoisement  en secret avec tout le personnel, pour que celui-ci vous fasse une vie de merde au boulot. Jamais rassasié, jamais content, avec lui l’unité n’est jamais possible. On suppose qu’il doit être plus mal embouché que ferme et son entêtement vous prouve peu à peu le contraire. Vous trouverez peu de gens pour défendre tout ou partie du personnage, ouvrier bénévole dont la fiche de poste indique qu’il doit travailler 24H/24H en évaluant la distance juridique raisonnable pour le maintenir du bon côté des barreaux. Il faut donc bien connaître son droit pour exercer. Révisions que doivent faire d’ailleurs en permanence tous les connards de service, puisqu’en général vous patientez trois heures derrière la porte de leur bureau à chaque rendez-vous. Se lancer dans la profession suppose de multiplier par cinq l’estimation que l’on a d’habitude de soi-même, sans s’accorder le bénéfice du doute : on est un con, fier de l’être, un point c’est tout. Quitte à devenir un objet de répugnance guidé par l’Ange du mal et le recordman des insultes diffamatoires, avec la complicité de compagnons encore plus cons qu’eux.
 
 
* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Médecines et barres parallèles : le virus de la connerie - VOL 1)
 

n°36527391
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 16-12-2013 à 19:27:58  profilanswer
 

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n°36540886
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 18-12-2013 à 09:31:37  profilanswer
 

Bricolages sulfureux.
 
Aujourd’hui : L‘arrière-grand-papa Noël.

 
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Imaginons le scénario :

 
 Donatien, l’arrière grand-papa de nos mioches, n’aurait jamais dû lancer son défi au sein de sa maison de retraite Prince de Bel Air. Il eut en effet l’audace de provoquer ses copains de chambrée en leur lançant cette phrase funeste :
 
– Que celui qui n’a jamais rêvé d’une gâterie de la part de Gertrude (125 ans, ancienne miss Troulbled 1926, faute de mieux), me jette la première pierre !
 
 C’est ainsi que lapidé à mort par tous les résidents, Donatien décéda sur le champ. Notre bricolage d’aujourd’hui nous permettra de faire de ce caillou une pierre trois coups, en profitant d’une excellente opportunité, à l’approche des fêtes de Noël. Lorsqu’il est prêt, nous nous attacherons à récupérer le squelette de notre aïeul à l‘état de nature, soigneusement lavé de ses miasmes, puis nous l’installerons dans la salle à manger, en lieu et place de cette saloperie de sapin traditionnel, dont nous faisons au passage la substantielle économie.
 
 Les arrières petits enfants de Donatien réviseront d’une manière tout à fait ludique et enrichissante leur cours d’anatomie en remontant sous nos conseils bienveillants le squelette dans le bon ordre. Nous aurons à cette effet toute la clarté du pédagogue. Ils constateront alors plus clairement leur vieille affiliation avec les grands singes forestiers. Sous la surveillance de notre pouvoir, nous les laisseront bien sûr s’occuper deux-même de la pose des boules et des guirlandes, avec imagination et maîtrise, pour aiguiser leur sens esthétique et leur bon goût d‘une œuvre forte et dépouillée. Que l’on soit de gauche ou de droite, et que nos enfants soient droitiers ou gauchers. Voilà l’ancêtre qui ressuscite, si l’on peut dire, au milieu de l’existence tranquille des enfants remplis de leur rêves d’évasion et d’aventures où s‘impose souvent leur sempiternelle envie de sauter par la fenêtre. Quel bonheur de savoir papi Donatien présent avec nous lorsque chacun déballera les merveilleux cadeaux déposés à ses pieds, à condition que l’on ai pris soin de le poser en position stable ! Poétique et enchanteur, Papi cliquettera avec lyrisme pour huit jours au jardin du bonheur, avec notre complicité, nos souvenirs et nos émotions : imaginez la magie de la scène. Quelques ressources électroniques pourront même faire bouger notre amusante marionnette, pour une représentation plus théâtralisée. L’arrière grand papa Noël trône alors sans rival au centre de l’îlot de prospérité et de luxe festifs du salon, son usage devient magique. Une superbe rencontre familiale.
 
 . Les fêtes passées, nous récupérerons les os que l’on rangera dans un carton avec les éléments de décoration, jusqu’à l’année prochaine. Ainsi, plus de sales épines à balayer chaque jour, à cause de cette merde de sapin et le mensonge de sa belle apparence. Avec notre astucieux bricolage, nos belles forêts restent préservées, et nos cimetières désengorgés. Si l’on veut, on ressortira astucieusement Donatien pour les fêtes d’Halloween, toujours par souci d’économie, afin de renouer avec les pratiques d’un temps ancien et leur étranges cérémonies.  
 
 Et si l’on a largement passé l’âge de croire au père Noël, c’est l’heure de croire à l’arrière-grand-papa Noël !

n°36579299
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 22-12-2013 à 17:31:21  profilanswer
 

J'apprends l'argot avec le pro-fesseur Talbazar
 
Aujourd'hui : Tiens, kiff la chnouff !

 
http://img15.hostingpics.net/pics/312668tienskiff800.jpg
 
 
Et pour les fêtes, toujours disponibles :
 
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http://img15.hostingpics.net/pics/255798legrosnavetcopie.jpg
 
 
 
 

n°36579343
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 22-12-2013 à 17:42:07  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Moins belle, la vie - extrait N° 17

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller !
 
http://img15.hostingpics.net/pics/564473moinsbellelaviecopie.jpg
 
C’est par un coup de fil laconique du commissaire Mensinq que le docteur Halrequin apprit l’évasion du 203.
 
— Et alors, que voulez-vous que ça me fasse, que ce type s’amuse avec sa game-boy fournie par l‘établissement pénitentiaire ?
 
—  Non, il s’est fait la belle ce matin en simulant une crise d‘appendicexplicite, on a perdu sa trace.
 
—  Ben rattrapez-le vite, histoire de remettre l’homme au cœur du système bancaire, si possible pieds et poings liés. J’ai de nombreux besoins, figurez-vous.
 
—  Un peu comme si moi j’avais le culot de vous suggérer le replacement de l’humain au centre de la médecine moderne, sans doute ?
 
—  N’exagérons rien. Je sais bien que vous ferez au mieux pour colleter ce cavaleur.
 
—  Si je vous informe, c’est qu’en cas de rechute, ce petit con d’amnésique pourrait bien vous revenir. Prévenez moi si c’est le cas, docteur.
 
—  Vous savez pouvoir compter sur moi, commissaire.  
 
—  Comme dit le chat qui expire : toubib or not toubib, that is the question ! Je compte sur vous, à bientôt docteur Halrequin.
 
 En contrôlant sa fiche, Mensinq constata que le 203 avait passé cinq ans en Martinique, embauché comme redresseur de bananes pour le compte d’une société Péruvienne. Puis, après son licenciement, il avait suivi une formation de polisseur d‘oeuf, accomplissant ainsi pour trois mois un stage en qualité de lustreur de boules non rémunéré au fin fond d’un bowling de banlieue. C’était d’ailleurs son dernier emploi en date, au moment de cet accident fâcheux qui l’avait rendu partiellement amnésique. Un beau spécimen de glandeur, donc. Un presque assassin mais un véritable évadé. Du petit lait pour Mensinq qui vénérait ce genre de mecs, à l’adresse desquels il n’avait généralement aucune retenue. Il prédisait à court terme pour ce blaireau une ère nouvelle, faite de tornioles et d’une profonde déception. Il faudrait que monsieur réussisse à l’oral pour éviter les cris. Le policier rangea le CV et s’envoya un gin en rêvant de traçage et d‘interception. Pendant ce temps là, la Suisse faisait face à une grave agitation sociale, car les montagnards habitant les versants nord réclamaient plus de soleil. Ils accusaient les réfugiés fiscaux, dont beaucoup de smicards et de chomeurs  français, d’occuper les meilleurs chalets. De violentes affiches vilipendaient la mainmise des pauvres fortunés de l’étranger, sur les belles terres à blé des hautes altitudes. Pourtant, bien qu’il eut affaire à quelques manifestations au sein de ses écuries, ça ne risquait guère de perturber Jason, lequel continuait d’officier avec la meilleure efficacité entre les murs de sa clinique, où il manœuvrait sans faillir au mieux de ses intérêts. Il s’imaginait déjà nobélisé, parce qu’il subodorait que le tic de Jeanne, ce terrible rictus par ailleurs totalement disparu, avait sans doute pour origine un apport factuel non protégé.  
 
 La pauvre Jeanne Hachette n’avait quand à elle rien à souquer de son patron. Moche et les reins lourds, elle lui avait pondu sa fausse déclaration d’amour comme on change de tampon, juste pour voir sa réaction et faire une diversion à son interrogatoire. Elle savait bien que la partie se jouait entre Gwendoline et Babette, ce qui la rendait en quelque sorte hors-jeu. Mais ça lui avait bien plu de voir sa gueule, au mandarin, lorsqu’elle s’était lâchée. On a tous ses faiblesses. Noyée en permanence dans le ressac de ses souvenirs, entre immersion et retrait, elle revoyait la gueule immonde de Choupinou sur le grand écran de sa mémoire, en parler avec quiquonque était tellement douloureux ! Elle aurait payé cher pour poser sa valise. Plus son téléphone vibrait, plus grande était sa solitude. Elle décadenassa son vestiaire où elle rangea sa blouse sur un cintre, puis elle quitta la pièce dédiée à cet usage avant de plonger dans le souk de sa vie privée. Elle salua en partant quelques infirmières vêtues de blanc qui glandaient près de l’accueil, le masque sur la bouche. A petits pas pressés, elle glissa dans le hall sans même jeter un oeil aux patients désoeuvrés, échoués partout sur les banquettes comme une colonie de phoques, puis elle rentra chez elle. Le 203 l’attendait en faisant les cent pas devant sa porte, déguisé avec ruse en amateur de jardins partagés.  
 
— Johnny Alité, qu’est ce que tu fous là ? On te disait en taule.
 
— Faut que tu m’aides, Jeanne, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir :  j’ai la rousse à mon froc.
 
 Il était crasseux et barbu, épuisé d’avoir affronté une nuit à - 40°. L’aide soignante le fit rentrer rapidement dans son petit studio. Comme Jeanne était ce genre de femme à remettre les hommes à leur juste place, elle le colla d’office dans son plumard après l‘avoir lavé. Sa viande avait une mâche de poulet, un comble pour un évadé. Lui, secrètement romanesque, n’arrêtait pas de rigoler. Aussi solitaires et frustrés d’affection l’un comme l’autre, ils échangèrent leurs failles, leurs fêlures et leur fragilité en ordonnant d’une tape les plis de leurs oreillers, comme ça se fait dans les grandes histoires d’amour. Elle panthère lascive et lui champion du burlesque, sourds aux revendications qui traînaient dans la rue, Jhonny brisait avec entrain le blocus des sentiments de Jeanne, laquelle se demandait en plein cœur des ébats comment ça irait à son mec, un bracelet electronique. Portée par l’enthousiasme d’une relation sexuelle consentie, elle décida de l’aider et d’héberger pour un temps l’auteur de cette fuite.
 
 
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n°36609070
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 27-12-2013 à 15:35:39  profilanswer
 

Salon des inventions :  
 
Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : La centrale électrique canine.

 

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On observera sans l’occulter que le pro-fesseur Talbazar ne donne jamais rien au denier du culte, malgré son enthousiasme pour la moitié du mot. Toutefois, on ne pourra nier son sens de l’observation. Ceci étant dit, nous avons donc fait ce curieux constat qu’un chien mâle mis en présence d’une chienne en chaleur ne peut s’empêcher de battre constamment sa queue, puisque nos fidèles compagnons nous imitent en tout. Voilà l’origine de cette astucieuse centrale électrique canine, qui profite du phénomène inépuisable et de cette manifestation de joie pour produire l’électricité dont nous avons tant besoin.

 

On fera marcher la chienne incommodée en avant, sur le principe des chiens de traineau, en lui faisant porter sur le dos la batterie de 6 V. Nous brancarderons à son tour le mâle, qui suit derrière à courte distance, toujours actif et jamais paresseux. L’oscillation incessante de sa queue, (pas sa bite, l’autre !) actionnera la dynamo couplée au Conjoncteur/disjoncteur et reliée par un câble à la batterie. On comprend qu’il sera toutefois nécessaire d’accompagner notre précieux tandem. Inutile aussi d’aller en courant, la production ne serait pas augmentée pour autant. Il est aussi nécessaire de prendre garde aux élans ravageur du mâle survolté qui sera impérativement tenu à 30 cm de la femelle, sans jamais la rejoindre.

 

Quel plaisir de profiter de chaque promenade des toutous pour veiller à nos besoins, en bon père de famille, pour produire nos ampères ! L’opération rentabilise avec beaucoup de grâce et d’efficacité l’achat de nos chiens de race, puisqu’ils ne servent qu’à notre élevage clandestin, et qu’on se fait déjà un fric fou avec les chiots. Nous serons donc satisfaits de rentabiliser nos chiens en dehors des périodes de reproduction, lesquels nous seront très utiles pour éclairer le garage où on les entrepose habituellement.

 

Ouah ! Merci, pro-fesseur Talbazar !

 


J'apprends à chanter avec le pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Quand trois putes vont aux champs

 

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Activités ludiques.

 

Aujourd'hui : Le jeu des grosses tronches démo-cartes.

 

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Lorsque le gouvernement prendra la décision inévitable de supprimer les congés payés, notre excellente artillerie jouera probablement un rôle décisif. Sans doute l’ennemi en grande détresse financière l’amènera à traiter, non sans de passagères difficultés pour nos parlementaires. Une fois payé l’indemnité de guerre civile sous forme d’une taxe qui devrait s’ajouter au droit d’accès à la mer, au ramassage du bois mort, nous liquiderons sans doute tous ensemble le passé. Les recettes fiscales sous forme d’or, d’épices et de fourrures qu’on se passe de père député en fils célèbre fructifieront, et les citoyens se donneront le droit de naître, mais rien de plus.

 

La politique, c’est compliqué. En général, nos élus qui doivent leur talent à leur réputation font rarement appel à nous, sauf pour nous demander de l’argent. Ils veillent bien entendu à ce que l’on ne se faufile pas parmi eux à la faveur d’une fenêtre ouverte. Ils auraient alors la brutalité des timides. C’est décourageant, et risque de nous faire oublier que le principale devoir de l’Etat est de nous faire rire, avec des larmes dans nos yeux, sur fond de gloire, de puissance et de richesse.

 

Voici un jeu de physionomies qui devrait nous aider à poser la couronne républicaine sur notre président(e) idéal(e). Lorsque nous aurons avalé notre poignée de blé bouilli, nous ferons éventuellement notre prière ; puis, un jour de chômage, nous laisserons les enfants de nos familles décomposées découper dans les magazines de mode la tronche de nos personnalités audacieuses. Autant que l’on en veut, qu‘on leur en veuille ou non. On tracera le plan d’un cube, sur chaque face duquel on collera un élément de ces visages marqués par une incessante propagande. On multipliera de cette façon autant de cubes que l’on peut ranger dans leur chambre, ce qui offre des milliers de combinaisons à notre jeu de démo cartomancie.

 

Une fois empilés nos cubes, une tronche se dessine peu à peu et on tire enfin un profit hilarant des figures aléatoires de nos indigènes, en les exploitant selon notre exercice de démocratie astucieusement indirecte.

 

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Je fais ma gymnastique avec le pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : gymnastique de la langue.

 

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Salon littéraire :  

Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : La saga du trône de Fion - extrait N° 15

 

On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller !

 

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Toujours sous le coup de sa mise en boite, piétinant avec rage les tiges de maïs, le géant était vert. Avec ses trois mirettes qui lui donnaient une vision 3D, sa vue était mauvaise, mais il ne mit cependant guère longtemps à s’apercevoir que, même évanouie, dame Helga n’était pas libérée d’une dramatique relation eodipienne avec son père. Mirait-elle comment en la voyant son gros kiki bougeait, atteignait déjà une demie-lieue, et continuait même de grandir ? Savait-elle le mal qu’il avait pour quérir des poulaines à ses pieds, du 282, et le martyr qu’il endurait pour se déchausser, incapable de se pencher suffisamment ? C’est pour ça qu’il cocottait des arpions, ce qui l’obligeait à vivre solitaire au milieu des boisailles, sans jamais faire braguette dans ce maudit pays de Lilliput, nom de la Kounass dans sa langue de géant. Ce qui le rendait fort contrit. Les chevaliers continuaient quand à eux de harceler sans relâche ce géant infernal, en moulinant bravement de leurs épées, mais ils n’entamaient guère sa peau aussi coriace que les tartes aux pommes de la bio nutrition. Mirlen le tchatteur alchimiait le monstre, pour en conclure après mûres réflexions une tumeur de l’hypophyse, puis reconnaitre chez lui une acromégalie-gigantisme, avec un pénis à l’avenant. La terre se lézarde, les arbres se fendillent et tous les effets spéciaux sont de grande qualité. Aussi vert que musclé, libérant sans compter de nombreuses endorphines secrétées par ses efforts, ponctués de puissants Hulk ! Hulk ! le géant Bing Bong, car c’était son blaze, jouait sur plusieurs niveaux en tâchant d’harmoniser son corps et son esprit pour balancer ses coups. Sa vanité le porta à croire que la chose fut facile. Erald plaça avec habileté son épée entre les courroies qui tenaient ses bottines et les coupa d’un coup. Bing Bong considéra les débris avec étonnement, puis il fut soulagé de se retrouver pieds nus, après tant d’années à supporter leur fumet. Sous cette impression, il demeura soudain immobile, cessant toute attaque. Peu convaincus, les autres serraient les coudes dans l‘atmosphère sombre, pesante, gothique, vénéneuse et chargée de secrets de la forêt de la Kounass. Ainsi par  l’effet d’un simple remugle de rat crevé, s’effaçait toute trace de magie dans ce monde fantastique. Bing Bong pissa tranquillement l’équivalent du débit de la Dordogne en une matinée et se pencha du mieux qu’il pu sans puer, pour haranguer la troupe :

 

– Holà, messires, cessons nos fariboles et prenons un chemin de sagesse et de lumière. Ce disant il plissait deux de ses yeux et gardait l’autre ouvert.

 

– Hélas ! Lui répondit Mirlen, il est bien  regrettable que ma science ne puisse soigner l’acromégalie-gigantisme qui te frappe, pas plus que ton  pénis à l’avenant. Mais j’ai ici bonne gnôle qui encensera tes oinces.

 

Aussitôt Mirlen alla quérir un tonneau de gnôle qu’il versa sur les pieds noirs de crasse de Bing Bong, afin de désinfecter cette horrible mycose chronique, bien que le géant ne portât que des chausses en coton. Tout en versant, le mage marmonna quelque mystérieuse formule :

 

– Quodamm ubique, quodamm semper, quodamm ab omnibus creditum est. Agricola Crédit.

 

 Comme par enchantement, les petits oiseaux revinrent piailler partout dans la Kounass et les bons champignons se remirent à pousser. Réveillée par cette bonne senteur, Helga s’étira, en s’imaginant avoir dormi un siècle, comme l’autre blondasse du bois dormant. Elle gratifia Erald sans attendre d’un baiser d’amour vrai. Du coup, Bing Bong enracina son truc poilu dans le champs d’à côté jusqu‘aux entrailles de la terre, défonçant le croupion du dieu Silvester Faunum Stallone qui passait là par hasard. Le géant affrontait pour sa part seul sa propre destinée, toujours éloigné des lumières mystérieuses de l’amour. Belbit trouvait que ce grand sire avait bien mauvais genre, mais il se tint coi en comparant l’immensité de ce braquemart gigantesque au sien, ce qui le forçait de fait à un certain respect. La glorieuse vision étranglait ses vilains sarcasmes au fond de sa petite gorge de nabot.  

 

– Donc, mes beaux sires, babilla Bing Bong, vous dites êtes missionnés pour réveiller la nature de la reine Amanda qui trône sur le Fion. Soit, vous m’avez libéré d’un horrible malheur, par guérison miraculeuse, et j’invite vous autres à venir goiser près de mon âtre, en mon castel de l’Empire State Building, bâti au sommet du doigt des derniers hommes.

 

–  Bien dit, ajouta Hivalanoué, mais nous, de la communauté, n’avançons point sans faire couler bonne gnôle en nos biefs. Voyons ce qu’il reste du tonneau de votre délivrance.

 

Ils ne mirent point longtemps à vider la barrique, ensuite Erald invita Helga à danser dessus. Elle déhancha si bien en découvrant ses cuisses que les poils de Bing Bong s’en dressèrent, aussi noirs que plumes de corbeau.  Hanté par une telle vision, Belbit s’éloigna un quart d’heure pour aller se taper un tilleul. Les autres picolèrent jusqu’à l’ivresse en se frottant l’épaule. Bing Bong n’était plus cette brute qu’ils avaient tant craint, parce que les chevaliers avaient chassé la peste qu’il répandait malgré lui dans la contrée. Incontestablement, Mirlen pouvait s’enorgueillir de détenir de grands secrets qui pouvaient lui fournir un ascendant incontestable sur le monde vivant. Bing Bong savait certes courir à la vitesse du vent, mais il calma son pas pour que les petits hommes puissent le suivre. Par déférence et galanterie, il posa Helga dans gros poing velu, dans lequel elle se lova avec délice, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’Empire State Building, nom géant qui pouvait se traduire dans le langage humain par celui de Châteauneuf Du Pape. Attentif à ne pas se faire voir, William de Bochibre avançait derrière eux en se coulant silencieusement dans les broussailles, sans perdre une seule miette de leurs faits et gestes.

 

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Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Marlou les doigts d'or - extrait N° 36

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu [...] 5273_1.htm mais faut fouiller !

 

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– Je vais creuser un tunnel !

 

– Jusqu’à Rio, non mais t’es pas dingue ?

 

Alphonse-Jean-Justin fit en marmonnant les cent pas dans le vestibule de la sacristie, jubilant de voir Ewij se frotter la joue pour apaiser la douleur de la baffe qu’elle venait de se prendre. La princesse  occulta pour un temps son désir de petite vie rangée en bonne mère de famille. Son air se fit sur le champ plus sombre que son mascara. Elle adorait les coups, mais seulement lorsqu’elle les réclamait.

 

– Je vais contacter La Hyène, asséna le guru en partie pour lui-même, c’est mon meilleur missionnaire ; à lui seul il vaut cent fois mieux que ces minables de Test, Tost et Ron.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait, Alphij s’isola dans un confessionnal pour transmettre par télépathie un S.O.S mental à son inquiétant acolyte. Il fit projection spirite de boussoles et de carte marines, établissant un voyage de partage muet avec la Hyène. Cette méchante baderne barbue macérait gentiment par + 40° à l’ombre derrière un comptoir pourri, au fin fond d’une jungle épaisse de Macao. La Hyène était justement las d’arpenter expositions et rencontres littéraires, c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’il quitta sa rhumerie pouilleuse pour rendre service à son guru, moyennant le pactole négocié. Empochant son Browning afin de satisfaire un ordre chronologique rigoureux, il abandonna son omelette sur la table sans nappe, malgré sa réputation de gros mangeur, puis il passa chez le tailleur pour faire son chemin dans le monde. Rassuré de savoir la Hyène en route, Alphij s’échappa du rideau de velours cramoisi et retrouva Ewij en grande conversation avec un curé, celui qui gérait précisément cette petite wayside chapel.

 

– Alphonse, je te présente le père Colateur, qui vit sa foi à la fois du reste des banquets des autres et de leur mépris ; parce qu‘il est humble, contre la pénicilline et pour les mariages arrangés.

 

– Je suis bien désolé des rejets de ta communauté et tu vas me dire, mon père, où t’as caché ce coffre où tu amasses avec soin tous tes beaux billets, dans le simple service de ton pieux ministère.

 

Alerté, le curé esquissa en se retournant promptement le geste de quitter les lieux. Alphonse lui balança un prie-Dieu sur la tête et lui régla son compte. Ewij se tenait les genoux en tâchant d’hurler, mais Alphonse la rassura d’une voix douce :

 

– Ma fille, ce saint bonhomme n’est pas mort, même si en matière religieuse il est d’assez bonne guerre de défendre violemment ses idées modérées. Ma secte personnelle, par exemple, est si désintéressée qu’elle parle toujours plus de son Guru que de ceux qui le font vivre. Et puis arrête de crier, pour une fois qu’un prêtre s’offre des vacances !

 

La princesse s’assura qu’il disait juste et que le bon père était seulement comateux. Comme elle s’était penchée, Alphonse avait vu sur sa petite culotte blanche et cette fois la gamine fut vraiment excitée de prendre sa branlée. Toute cette agitation lui rendait les ovaires frénétiques. Elle s’offusqua sciemment :

 

– T’es complètement con, il voulait seulement nous inviter à partager son dîner.

 

La réponse d’Alphonse-Jean-Justin fut à la hauteur de ses espérances. Il la poussa violemment contre les chaises qu’ils firent voler en éclat. Avant de lui planter sa banane, il joua de la cornemuse avec son petit nombril comme un écossais impudique, en la mordant là d’une manière indélicatement moqueuse. Nimbée de sueur, Ewij coula de bonheur et de souffrance au milieu des halos d’encens. Paresseuse, humide et couverte de bleus, elle aida ensuite son guru à planquer le curé dans le confessionnal en prenant son pied. L’idée qu’un prêtre puisse faire son métier en se gavant des indiscrétions du petit peuple au détriment des psys lui semblait totalement folle. Alphonse c’était autre chose, il lui avait ouvert les yeux et le reste sur la réalité de sa vie. Promis, elle taperait désormais toutes ses missives sans oublier de les timbrer, en bonne esclave lettrée. N’était-ce-pas une chance inouïe que ce rupin à bonne mine se radine, rapine et la pine en la fouettant de sa fine badine pour jouir de sa bobine ? Il multipliait ses points de vue sur le monde en la tenant divinement prisonnière. C’était presque trop de sensations fortes pour la jeune fille, qui en oubliait jusqu’à son père et sa patrie. Avant de fermer respectueusement la porte sur sa victime de curé, Alphonse lui piqua son Smartphone et reluqua les murs à la recherche de son trésor.

 

L’inspecteur Marlou se vautrait bienheureux dans le lit de N°03, Kiki Yorkshire et Jack Russel couchés sur la contre-pointe. La miss était maintenant Madame la nouvelle Présidente à vie du Gurukislapet et pour cette nuit de la victoire, elle avait simplement décidé de flemmarder. Gino La Soudure et l’Obusier couchaient en faction dans le couloir, allongés sur des chaises. Marlou jouait au cow-boy sentimental, en tripotant les cheveux blonds de sa patronne. Elle lui parlait d’aider les victimes de l’agrobusiness, de protéger les électrosensibles, de détaxer les patinoires et d’augmenter le nombre d’urinoirs dans son pays. Les chiens ne dormaient que d’un œil, Kiki ouvrait le gauche et Jack le droit, ce qui leur donnait une excellente vue stéréoscopique sur les nibards splendides de la Présidente. Malgré l’envie pressante qu’il en avait, Jack se retenait pour une fois de trompéter du cul.

 

– Je me demande si une chanson de rap peut influencer ma prochaine élection ?

 

– Tu te poses trop de questions, chérie.

 

– Chérie Madame La Présidente.

 

– Tu me fais chier, Number Three. T’as grimpé par la force les marches du forum jusqu’au consulat, tu fais peut-être la loi sur le bitume, mais tu vas pas la faire dans mon pieu.

 

– Hey, mais je te rappelle que c’est le mien d’abord, et soit bien heureux d‘y être, sans oublier tes foutus clébards.

 

Incapable de tenir plus longtemps, Jack diffusa en flux continu, d’une manière tout à fait silencieuse, imitant par le fait un MP3 sans casque, mais il ne garantissait pas l’odeur. Kiki lui ordonna de se calmer et de ranger son instrument. Ce roi des poubelles pétomane était par moment d’un commerce difficile. Le téléphone de N° 03 sonna, elle fit hum… hum… sans quitter les beaux yeux interrogateurs de Marlou :

 

– C’était un appel des services de sécurité, ils ont trouvés où se planquent Alphonse-Jean et notre inestimable branleuse.

 

Marlou lui sauta dessus pour lui peloter les seins avec une énergie surprenante :

 

– Avant d’y aller, permet moi de te gratifier d’une heure de bonus.

 

Il joua cette fois de sa langue avec rythme, d’une manière profondément attachante. Elle ploya l’échine et plissa les yeux derrière sa monture. Sur fond de chasse au guru, les chiens avaient bondi du lit et grattaient déjà devant la porte, peu soucieux quand à eux du plaisir de Marlou.

 

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Message édité par talbazar le 28-12-2013 à 10:32:55
n°36615384
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 28-12-2013 à 17:17:12  profilanswer
 


Salon littéraire :  

 

Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : L'épilée du Nil - extrait N° 01.

 

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Sur les berges du Nil, il y a plus de trois mille ans. Comme tous les crocodiles sacrés, Siphilis puait de la tronche. Mais lui vraiment beaucoup. Ses collègues du bassin privé de la reine Néefièretarée l’obligeaient donc à glander sur le bord opposé de la piscine où eux-mêmes se reposaient. La vision torride de sa maîtresse qui passait dans la cour obligea le reptile à se dérider, puis à plonger dans l‘eau remplie de nénuphars pour se refroidir.

 

– Tiens, lui dirent les autres, t’as enfin décidé de te laver ?

 

Mais lui les ignora, trop occupé à battre de sa grosse queue pour se rapprocher de la belle souveraine. Entourée de ses gardes et de trois esclaves qui la ventilaient à coup de plumes d’autruche, elle semblait tenir tête au chef du syndicat des bâtisseurs royaux,Vabôssé, à qui elle avait commandé de construire son mausolée. Entre deux eaux, Siphilis pouvait voir que le pagne du maçon était sournoisement avide de sentations interdites, vu que Néefièretarée se baladait les miches à l’air. Celle-ci laissa éclater son courroux sur son esclave, visiblement mal remis d’une beuverie collective auquel il avait participé la nuit précedente :

 

– Comment ça, je paye pas ? Toi et tes hommes, vous avez trois poignées de dattes mensuelles.

 

– Ouais, ok pour le salaire à échéance, mais le smic horaire brut est apprécié à la date d'entrée en vigueur du nouveau taux. Il peut donc y avoir un changement de taux en cours d'année, alors les autres ils veulent revaloriser. Je suggère comme eux d’enlever les noyaux.

 

Irritée, la reine cobra se cabra, se gratta les fesses, puis elle tapa dans ses mains :

 

– Qu’on le jette aux crocodiles, ça servira aux statistiques de référence. Attrape, Siphilis !

 

Comme Siphilis était le plus près, c’est lui qui en fin de compte boulotta Vabôssé, au milieu des effluves de caries dentaires. Sa reine jetait parfois des mecs dans la piscine en pleine nuit, sans aucune notification préalable et c‘était leur boulot à eux, les crocos sacrés, de s‘occuper du reste. La barbarie est une affaire de gènes, en tout cas il fallait bien manger. Il ne se présentait d’ailleurs jamais rien d‘autre dans cet oasis de pet, à part quelques mouettes égarées, franchement aussi connes que la lune. Le reste du temps, Siphilis et ses potes patientaient en baillant aux moustiques, laissant trainer dans leurs rêveries de brutes des naufrages de felouques imaginaires.

 

Néefièretarée vénérait sa chatte, mais elle regrettait qu’un jour elle soit embaumée et réduite à l’état de momie desséchée, puis qu‘elle soit obligée de se raser, en signe d‘affliction. La plupart des anciens pharaons n’aimaient-ils pas eux-aussi reposer tout près de leur chatte favorite ? Elle jeta un œil à la fourrure courte et lustrée, peu touchée pour l’instant par une sécheresse intense. D’un geste câlin, elle toucha son petit animal sacré, symbole de l’étincelle divine, que ce soit à Bubatis, Memphis, Thèbes, ou Esna, enfin partout où elle s’asseyait dessus, quoi. Tout le palais aurait préféré manger l’animal sacré que de rester sur sa faim, surtout les contrebandiers, mais Néefièretarée veillait en grand vigilance à cette bienfaitrice des hommes. Elle gagna une cour située près d’un pylône colossal, érigé justement à la gloire de sa chatte. Enfin elle parvint dans sa chambre, dans laquelle des servantes bien girondes avaient soigneusement préparé son lit, au son de la flûte et des castagnettes. Une nuée de larbins, à genoux parce que leurs semelles commençaient à s’user, lui apporta un gros poireau, un petit oignon et du délicieux vin de gaule, du Sirodkordom, comme l’indiquaient les hiéroglyphes tracés sur l‘étiquette de l‘amphore. Un scribe accroupi faisait quelque chose de pas clair dans un coin de la pièce, un rouleau de papier lotus à la main.

 

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Message édité par talbazar le 29-12-2013 à 13:29:11
n°36620278
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 29-12-2013 à 13:29:55  profilanswer
 

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n°36629115
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 30-12-2013 à 14:04:39  profilanswer
 

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Message édité par talbazar le 30-12-2013 à 14:12:24
n°36676244
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 05-01-2014 à 13:27:27  profilanswer
 

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Les grands barbus.
 
Aujourd'hui : Esope.

 
La chose réjouissante avec les Phrygiennes, c’est qu’elles s’imaginaient que si elle ne pratiquaient pas l’amour cinq fois par jour, leur vagin se boucherait à la manière d’une plaie qui cicatrise. Elles avaient donc en conséquence une vision très médicale du mariage. Ors, il se trouve que si elle était bien Phrygienne, la mère d’Esope n’était pas frigide. Ce qui devait donc en découler arriva. Hélas, Esope était tellement laid que lorsqu’elle accoucha de lui, au VIIe et VIe siècle avant nos grands airs, sa maman pensa qu’elle venait de faire caca. Heureusement aussi moche que malin, notre mioche eut l’idée de pleurer avant que son papa, ce père de l’affable, ne le balance dans le fleuve ammoniaqué qui irriguait la ville d’Ammonius. D’ailleurs La fontaine, qui le pilla honteusement, nous l’apprend dans sa fable « Le soleil et les grenouilles » :
 
Aux noces d'un Tyran tout le Peuple en liesse
Noyait son souci dans les pots.

 
 Esope était né pauvre, avec une vilaine bosse dans le dos, d’après une description de Maximus Planude, mais il se trouve qu’il était également joliment bossu par devant, d’après une description de Talbazar, ce qui arrangea beaucoup de ses affaires, par compensation. Toute sa vie il voulu avoir des couilles plus grosses que celles du bœuf, mais si l’on se met à réfléchir avec la même perspicacité qu’Esope, ce n’était guère difficile. Tour à tour cigale et fourmi, aussi moche que louche, il fut la mouche du coche d’un grand nombre de ses maitres, entre les mains baladeuses desquels il passa, comme le Lydien Xanthos, avant d‘être envoyé sous Crésus. Car cet Esope n’était qu’un vulgaire esclave, toujours atteint de gastro-entérite dans son enfance, ce qui l’obligea à travailler constamment dans les champs. On le nomma pour cette raison l’apologue des gogues. Son plumage n’équivalait pas son ramage, selon la célèbre formule, puisque ce difforme formidable, avec autant d’esprit que les vapeurs du formol, aussi bègue que boiteux, parlait pourtant en y mettant quelques formes. Incorrigible cabotin, il fut probablement, d’après l’abbé Julio, à l’origine de toutes les blagues sur les blondes, pour se moquer de leur formes, en raison de la bosse insatiable qu‘il avait dans son froc, car il accumulait malice mais pas limace mollasse ; mais aussi en vertu d‘une certaine tradition orale en usage chez les blondes. Ainsi, préoccupée par l’obsession de conserver un utérus impeccable, les Phrygiennes caressaient constamment sa bosse de devant, puisque selon la coutume ce geste était censé leur donner du bonheur. Esope était donc capable des élans les plus élevés, et nous voyons que les Phrygiennes s‘intéressaient plus à ses parties qu‘à sa répartie. Rappelons nous qu’il avait les lèvres grosses, le nez en pointe et la langue si déliée qu’une de ses copines mise en contact avec cet organe extraordinaire l’a guéri à tout jamais de ses incessants bégaiements et autres difficultés de langage. Cette conquête compris enfin qu‘en disant « Esope et la je touille », il voulait en réalité lui dire, hélas trop tard pour elle, « j’ai choppé la chtouille. »
 
  Il faut savoir que tout ce que nous connaissons de son existence nous provient du grec Hérodote (v. 484-v.420 av. J.C.), de l’abbé Julio (Vie d’Esope le désopilant, fabuliste fabuleux à propos duquel je vous rappellerai Plutarque-1746) et désormais de cet article. Ame libre et indépendante, un jour qu’Esope baladait sa grande gueule sur un marché avec pour instruction de ramener à la fois le pire et le meilleur, il se mit à fouiller dans les étals et rapporta chez son patron, un philosophe de l'île de Samos, deux langues de bœuf, car chacun sait que les vaches sont aussi promptes à vous témoigner de l’amitié qu’à vous injurier. C’était finement joué, bien qu‘il chercha vainement pendant des heures, en réalité, des couilles de bœufs, pour les comparer aux siennes. Une autre fois, alors qu’il faisait partie d’une caravane se rendant à Ephèse, on le laissa libre de choisir le paquet qu’il voulait, eut égard à ses infirmités. Esope prit le panier contenant les capotes anglaises nécessaires au marchand d‘origine Phrygienne. C’était évidemment le panier le plus lourd et tous se moquèrent du bossu. Mais à chaque étape, les esclaves puisaient dans son panier, allégeant d’autant son fardeau, alors que le poids des autres ne variait pas. Ainsi furent bernés ceux qui au départ s’étaient moqués de lui. Au service du roi de Babylone Lycerus, lequel adorait les énigmes, Esope lui rapporta gros en participant au jeu de « Qui veut gagner des millions ». Elu par cette crapule, ce dernier l’affranchi et lui demande ce qu’il compte faire de sa liberté ; il répondit juste : «  Ésope reste ici et se repose », selon les propos rapportés à la fois par le scholiaste d’Aristophane et deux palindromes incontournables. En remerciant Lycerus, Esope devint ensuite pour un temps professeur de blagues sur les blondes  au lycée russe Ralpoutine de Babylone.
 
 Esope alla un jour railler les Delphiens en les traitant de fainéants, parce qu’ils abusaient sans rien foutre des allocations de l‘Etat Grec. Irrités par ses propos, quelques squatteurs du temple de Delphes cachèrent à son insu quelques tonnes de cuivre dans son sac à dos, histoire de lui faire franchir pour eux la frontière en contrebande. Arrêté par les douaniers de Phocide, Esope jura de son innocence, mais il fut condamné à mort. Jeté du haut d’une falaise nommée Hyampée, il hâta la fin de cet article qu’il précipita.
 
Fables de Ésope. (traductions de l’abbé Julio)
 
La chatte trop poilue et trop gourmande d‘une gracieuse jeune fille s’étant éprise d’un beau jeune homme, pria Aphrodite de la métamorphoser en ticket de métro. La déesse prenant en pitié sa passion, l’épila correctement ; et alors le jeune homme l’ayant vue s’en amouracha et l’emmena dans sa maison. Comme ils reposaient dans la chambre nuptiale, Aphrodite, voulant savoir si, en changeant d‘aspect, la chatte avait aussi changé de caractère, lâcha la souris au milieu de la chambre. La chatte, oubliant sa condition présente, se leva du lit et poursuivit la bite du jeune homme pour la croquer pour la dixième fois dans la même nuit. Alors la déesse indignée contre elle la remit dans son premier état.
 
Moralité : Pareillement les hommes naturellement méchants ont beau changer d’état, ils ne changent point de caractère.
 
La cigale et la fourmi
 
C’est l’hiver et les travailleuses fourmis arpentent le trottoir pour se taper des clients.  A ce moment-là, leur voisine la cigale, chanteuse de cabaret intermittente du spectacle, passe devant elles les jambes tremblantes pour avoir voulu faire pareil, sans résultat, parce que les fourmis stationnaient aux meilleurs endroits.
 
-  Donnez-moi du blé pour ne pas mourir demain, gentilles collègues, leur dit-elle, la voix pour une fois aussi chevrotante qu‘une candidate de la « Nouvelle Star ».
 
- Pourquoi n’as-tu pas, toi aussi, rempli ton petit cul cet été ? Lui demanda une fourmi.
 
-  Cet été, je n’avais pas le temps. Je chantais toute la journée, répondit la cigale.
 
- Eh bien alors puisque tu chantais cet été, danse cet hiver, lui dit la fourmi en relevant sa courte jupe pour monter dans la voiture d’un client.
 
Moralité : Il vaut mieux faire la pute qu‘être auteur compositeur interprète.
 
Les deux coqs
 
Un souteneur qui fait le coq est jaloux de son naturel. Celui-ci remarqua qu’un maquereau, poulet véreux qui vivait avec lui dans le même quartier de Marseille, faisait la roue en présence de ses Poules, qu’il faisait chanter, et en prit ombrage. – Traître, lui disait-il, ce n’est pas sans dessein que tu fais montre de tes bagnoles de luxe. Tu cherches sans doute à plaire à mes femmes, et par conséquent à me les débaucher pour les plumer. – Moi, repartit l’autre, c’est à quoi je n’ai jamais pensé, et tu t’alarmes bien mal-à-propos. Eh quoi ! ne saurais-tu souffrir que je fasse des tours de roue devant tes femmes, quand je souffre, moi, que tu viennes faire ici le maître chanteur devant les miennes, tout autant qu’il te plaît.  
 
(Texte sans moralité)
 
 
 

n°36763715
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 12-01-2014 à 17:04:22  profilanswer
 

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Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Moins belle, la vie - extrait N° 18

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu mais faut fouiller !  
 
ce texte n'a rien à voir avec la situation actuelle en Syrie.
 
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 Pendant que Jeanne ondulait sous les coups de boutoirs laborieux de son Jhonny, à la clinique Saint Bernard il fallait soigner un malade touché de la mariole, ce qui obligeait le malheureux à rire tellement qu’il en était fatigué de désespoir de toujours se fendre la poire. Pour qu’il arrête d’appuyer sur sa poire et monopoliser l’attention des infirmières, Jason l’opéra en lui coupant à vif une phalange du petit doigt de la main droite, ce qui soigna son mal instantanément. Placé ensuite en convalescence dans la chambre 58, Gwendoline fit grandement diligence auprès de ce patient, car il eut par la suite de nombreuses bouffées de chioleur. Aussi maquillée qu’une voiture volée, la belle infirmière se montrait toujours aussi raide dingue de Jason, mais elle redoutait plus que tout que son amour profond ne vienne à s’effilocher sous les pressions sociales. Dans l’univers ouaté de la clinique, elle virevoltait en tâchant d’oublier la cruauté féroce du monde extérieur, pour se remplir l’esprit de l’ironie saillante de son chef et de son humour qu’elle jugeait dévastateur. Associant plaisir et générosité, il lui tapait les fesses gentiment pour la complimenter sur sa nouvelle blouse, alors que Gwendoline se sentait prête à consentir envers lui à tous les sacrifices. Elle se voyait bien dans la peau de sa future femme, tout en restant dévouée à son intention initiale, se faire aimer de lui. Peut-être même qu’il était sans le savoir un violoniste de génie ; en tout cas, Gwen renoncerait sans doute logiquement à marier un prince fortuné, uniquement pour rester fidèle à Jason. Elle s’acharnait de plus par tous les moyens à démolir une à une les odieuses stratégies de Babette Gallimard, parce que celle-ci osait visiblement se placer sans vergogne sur sa trajectoire sentimentale. Cette garce n’avait-elle pas proposé au beau chirurgien de piocher dans son propre salaire pour qu’il puisse s’acheter un nouveau yacht ?
 
 Elles continuaient se s’échanger des lettres démoniaques, qu’elles retrouvaient presque tous les jours dans leurs bannettes respectives, et le reste de leurs journées n‘était qu‘une suite de batailles muettes, monotones et feutrées. Entre violence larvée et silences taciturnes, les yeux rougis, Gwen souffrait dans sa chair en regrettant de se faire malgré tout trop discrète. Trois jours durant, elle avait copié Jeanne Hachette en venant au boulot sans mettre de culotte, mais Jason n’avait semble-t-il rien remarqué, lorsqu‘elle l’avait accompagné dans les chambres pour la prise des pouls. Saisie d’une soudaine érudition passionnée, elle abordait avec lui des sujets aussi divers que l’astrologie ou la culture des cactus en pot, afin de se rendre passionnante au regard de son patron, mais il ne semblait vivre de son côté que pour son unique mission, toujours à la recherche du meilleur traitement pour soigner son compte en banque et fournir, en priorité aux malades huppés et richissimes, une offre adaptée à ses propres besoins. Il était évident que pour ce faire, il relevait la médecine des deux mains, sinon de demain.  
 
 L’affaire du 112 et son retentissement dans la presse locale avait failli mettre la clinique en plein naufrage, c’est pourquoi dans un souci d’ultra-branchitude, il avait projeté et réalisé en un temps record la construction d’un dancing au premier niveau, ajoutant un plus à l’offre récréative des Parkinsonniens avides de paillettes. Les néons roses l’avaient d’ailleurs remis sur la route d’un succès international, sans oublier le shiatsu et la hot stone thérapy qui faisaient déjà sa fortune. Bien que toute rareté se paye généralement fort cher, la découverte par Jason d’un nouvel anti-virus facturé à prix doux, avait aussi permis qu’aucun des malades que la ville lui confiait ne puisse être infecté à distance par quelque pirate mal intentionné. Halrequin brillait au firmament des plus grands chirurgiens, sans doute parce qu’il avait gardé une âme paysanne sous son vernis snobinard et qu’avant de couper et de fragmenter les patients que le service public lui abandonnait, il ne perdait jamais de temps à les écouter. D’ailleurs aucun d’eux, qu’il soit mutuellisé ou non, n’avait jusqu’à présent pris le risque de faire le mort pour éviter de payer la prise en charge de ses réparations, garanties par un savant forfait.  
 
 Lors d’une pause-café que Gwendoline prit en compagnie de Jason, la radio parla soudain d’une soudaine épidémie de méningebite qui laissait les médecins impuissants, l’infirmière eut peur pour son patron. Elle n’osa cependant aucun commentaire. Face au pouvoir de séduction du docteur, aussi luxueux qu’un panorama alpin, elle ne pouvait se permettre un chagrin sans la certitude d’une bonne raison. Inconscient de ce trouble passager, lui parlait juste du plaisir qu’il aurait à la photographier, et Gwen se demandait si cet aveu pouvait avoir la moindre valeur de témoignage, comme si Jason tentait par une poignante métaphore de lui exprimer enfin l’inexprimable. Elle s’abîmat dans son regard, ce qui lui fit l’effet d’une commotion électrique, doublée d‘une sentation d‘infinité. Bien sûr qu’elle ferait pour lui toutes les photos obscènes qu’il voudrait ! La voix du toubib, d‘une qualité toute helvétique, fouilla le pavillon de l’oreille de son infirmière, comme une sorte de massage buccal, avec une incroyable profondeur :
 
– Avez-vous des nouvelles de Jeanne ?
 
– Non, pourquoi ?
 
– Elle n’était pas à son poste, aujourd’hui, mais personne ne sait pourquoi. Je viens de l’appeler chez elle, mais elle ne répond pas.  
 
– La pauvre est tellement dépressive, par moment, je ne serais pas étonnée qu’un jour elle ne fasse un burn-out. Le commissaire Mensinq a été si dur avec elle.
 
 Une sorte d’instinct de survie poussa Jason à ne pas s’aventurer plus loin sur le chemin des confidences. Il dévisagea longuement sa collègue en silence, avant de siroter sa tasse de café :
 
– Vous devriez adhérer à une association, Gwendoline, histoire de vous détendre également un peu en dehors du boulot.  
 
– Vous avez sans doute raison, docteur, mais je me demande bien laquelle ?
 
– Pas de doute, ma chérie, pour vous je n’en vois qu’une : Mes deux seins sans frontières !
 
 Pour être digne du moment, Gwendoline éclata de rire avec un temps de retard, au milieu d’un spasme nerveux et élégant, malgré tout saisie d’une peur rétrospective à la pensée qu’elle venait de l’échapper belle, puisqu’elle n’avait pas tout de suite déchiffré la blague de Jason. Quelle autre preuve lui fallait-il pour savoir qu’avec ce trésor vivant, elle échapperait à la monotonie d’une vie de couple ordinaire ? Après cette pause utile, un poète arriva au urgences souffrant de vers intestinaux et Jason lui recommanda, après une journée d’observation passée dans la clinique, de ne plus jamais écrire avec ses tripes sous peine de rechute. Puis Gwendoline vaccina un banquier souffrant de petites coupures, parce qu’il souffrait d’une évasion disquale. Quasiment vaincu par la douleur, le pauvre type devenu aussi rouge qu’un homard réclama néanmoins des écrevisses pour son prochain dîner.
 
 
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n°36844487
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 19-01-2014 à 17:52:00  profilanswer
 

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Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Marlou les doigts d'or - extrait N° 37

 
 

 

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Trop occupée par la refonte de sa précieuse nation, la Présidente Number Three, de son vrai nom Géraldine Kidor, n’avait pas jugé bon d’envoyer un corps d’armée pour coincer Alphonse-Jean-Justin de Saint Exupéry, mais plutôt cinq agents envoyés en faction pour surveiller la chapelle en attendant Marlou. Le résultat obtenu était  leur corps qui gisaient désormais sans vie au bord de la route. Les hommes des services secrets du Gurukislapet se trouvaient lestés d’un bon nombre des pruneaux lâchés par le Browning de la Hyène, lequel n’avait de son côté aucune égratignure. Il leur avait avec brio rejoué rien que pour eux « Rio Lobo », son film préféré, peut-être parce qu’il avait une gueule semblable à celle d’un Jhon Wayne barbu, surtout vue de profil dans « Les diables de Guadalcanal ». Grâce aux préceptes déclinés dans la bible d’Alphij pour vieillir en bonne santé, son fameux « healthyaging », dont le premier verset consistait à savoir tirer le premier, cela faisait déjà un bail que le nouveau bras droit du Guru se voyait en route pour l’immortalité, lui pour qui flinguer le monde faisait partie intégrante de son ADN. Un industriel de la castagne, un hymne à la mort des autres, un pointilleux des finitions soignées, pour peu qu’elles fussent définitives. Mais toujours dans le respect scrupuleux des contrats suivis des chèques de sa Glorieuse Sainteté. Il jeta un œil torve aux cadavres des malchanceux fonctionnaires, coquille vides qui perdaient à présent tout leur sang dans le fossé, jusqu’à la dernière goutte. Maintenant, jugea-t-il, les eaux étaient calmes et le mouillage tranquille. Une petite jeune fille passa prudemment la tête par la porte de la chapelle. La Hyène rempocha son flingue encore chaud :

 

– C’est bon mademoiselle, lui dit-il en se penchant vers elle avec un sourire, les environs sont nettoyés.

 

Alphonse tomba dans les bras du tueur avec de chaleureux remerciements, mais il se passa visiblement des interrogations futiles. Quelques belles liasses de billets passèrent de main en main. A voir ces deux potes ainsi, Ewij se disait qu’on aurait pu les croire de la même famille. Le gorille les conduisis vers un arrêt de bus municipal, où les attendait un car de transport scolaire réquisitionné sans doute par la Hyène, mais parfaitement vide. Ewij se demanda ce qu’il avait fait du chauffeur et des gosses, puis préférant oublier sur le champ son questionnement, elle monta lestement à l’avant. La Hyène prit le volant et démarra rapidement. Il avait accroché au rétroviseur un talisman protecteur qui figurait le logo de la secte d’Alphonse-Jean, les éblouissantes évangiles secrètes de Saint Jean l’Apostiche de la Jésuralem Céleste, ce dont le félicita chaudement le guru fondateur. Ils passèrent en trombe au pied d’une colline à la beauté désolée, encore truffée des antennes mobiles mises en place par les cinq défunts. Ewij ajusta son justaucorps, bichant d’être la seule fille au milieu des garçons. Elle se mis à rêver de gestes inacceptables, en se frottant les seins dans une dynamique de communication aussi bizarre qu‘inattendue. Alphonse, tout d’un coup tendu comme l’ambiance, l’entraina de force à l’arrière du bus pour lui fouetter les fesses. Chaque coup d’œil dans le rétro fragilisait les décisions de la Hyène quant à sa conduite, et contraignait le bus à faire quelques embardées sur la route, vite maîtrisées :

 

– Hé los dos, no estan solos !

 

Tremblotante et son petit cul sévèrement tanné, Ewij était déjà en transe. Elle matait la braguette d’Alphonse, bouche ouverte, vive et parfaitement décidée. Incapable de résister au déterminisme biologique d’une bonne fellation, brutalement mise en face du pénis fièrement érigé de son idole. Le bus frôla par la droite les barrières de sécurité et envoya valser ceux d’une certaine censure. Baissant complètement son froc, Alphonse chercha avec son zob, à la turgescence si bellement ornée de circonvolutions veineuses, la percée décisive ; puis il lança une charge applicative au fond du délicieux gosier de la princesse pour l’aider à se charger du reste.

 

– L’amour, sentenciait la princesse à chaque aller, c’est comme la dope. L’amour c’est s’injecter sans retenue de la vie en plein dans les veines. On devient accroc, impossible de se contenter de petites doses, on glisse vers la spirale mortelle de la dépendance, c’est moralement épuisant. Le manque de lui, ou d’elle, enfin de tous ces charmants poseurs de garrots couchés par privilège sur nos plumards, nous dégoûte tout à coup des choses les plus simples, on se met mine de rien à faire la gueule aux autres, du matin jusqu‘au soir. On s’immerge de pensées vénéneuses, l’autre ne peut être nous. Il n’y a pas de recette pour enfin le reconnaître. Ce n’est même plus une question de sexe. Impossible à satisfaire, l’amour véritable est un heureux suicide, que l‘on trahis sans le vouloir dans les rides matinales du faux lifting de la félicité. Trompés déjà par ces bougres de flux hormonaux charriés par nos artères en direction de nos cerveaux. Alors que l’abstinence, c’est bien connu, ça lisse les traits ! A chaque retour, elle savourait plutôt le plaisir de l’avoir dans la bouche, avec une onctuosité bien soutenue.

 

– Mais ferme ta gueule et suce, bon dieu ! Hurla Alphij en lui tirant les cheveux sans ménagement, parce qu’il se doutait que c’était précisément ce qu’elle cherchait en lui prenant le bocal, à cet instant précis.

 

– Heureusement que le bus est assuré pour tout type de transport, ajouta la Hyène, dans un style joliment raffiné.

 

Il aurait bien trouver son bonheur en participant activement à ce moment de dégustation, mais le traffic routier devint soudain plus dense, alors il se vengea méchamment sur l‘accélérateur. Enervé par le spectacle de son chef qui faisait toujours face à son petit démon, fallait rapidos pour sa part qu’il trouve de quoi becqueter pour rassasier son ventre toujours affamé. Chacun son truc.
 Parvenus à leur tour devant la chapelle, Marlou, Kiki, Jack, Gino et l’Obusier chargèrent les corps inertes dans leur pick-up et libérèrent le père Colateur, fou de rage lorsqu’il s’aperçut que son téléphone et ses petites économies s’étaient envolés dans les poches de son agresseur. Cent quarante millions d’Euros, quand même. Ils ne s’étaient pas barrés avec son Aston-Martin garée au pied du clocher, mais c’était une bien maigre consolation, dont il ajouterait prudemment le remerciement dans ses prochaines prières. Jack Russel flaira la piste, couru vers le dépôt de bus et lâcha une déflagration très jazzy, très cave parisienne des années 50, pour signifier qu’il était satisfait. Kiki confirma et toute la bande prit la route à tombeau ouvert. L’Obusier cloua toutefois auparavant le bec du religieux, sous prétexte qu’il lui pompait la tête sur la nécessité d‘aimer son prochain et de passer la monnaie. Ce fut fait d’une seule bastos du colt Magnum envoyée en plein milieu de son cœur sacré, rendu pour le coup plus sanguinolent que celui de Jésus.

 

– Voilà qui prouve que mon sabre aura toujours plus de poids que son goupillon ! L’homme de Gino  balança sa phrase en éclatant d’un rire franc, mais franchement malsain.

 

L’inspecteur Marlou commençait sérieusement à être échauffé par ce mec, continuellement atteint de constipation intellectuelle. Il s’en ouvrit en douce auprès de Gino La Soudure, mais ce dernier haussa les épaules en invoquant mollement une sorte de principe de sécurité destiné à leur éviter toute complication : même les bons vins donnent parfois du vinaigre et certaines personnes ne cesseront jamais d‘être violentes, même gratuitement. Marlou savait juste qu’il serait extrêmement dangereux d’affronter de face ce gros taré. A la pensée de cette espèce d’ordure psychopathe qui lui servait d‘associé, lui qui pourtant ne rechignait jamais à bazooquer son monde et plonger dans les coups les plus tordus, il avait juste la sale impression d’être engoncé dans un costard trop grand pour lui.

 

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Message édité par talbazar le 19-01-2014 à 17:58:35
n°36925130
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 26-01-2014 à 15:33:28  profilanswer
 

Les grands barbus.
 
Aujourd’hui : Bernard Palissy.

 
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Bernard Palissy fut pondu près d’Agen, en 1510, au milieu des pruneaux, dans un petit village nommé Lacapelle-Biron. Il porta d’ailleurs plus tard sur le Net le pseudonyme de La Coupelle-Biberon, en raison de ses goûts de pochetron, visibles dans toutes ses créations. Bébé potelé nourri au biscuit, sa mère l’affubla pendant toute son enfance d’une horrible coupe au bol, qu’elle pratiquait en s‘aidant d‘un saladier métallique, d’où sa préférence  précoce pour la faïence. Il savait lire, écrire et toucher son nez* avec sa langue. Doué d’un amour véritable pour les sciences naturelles, il colla des pailles dans les culs des crapauds pour les faire fumer et accrocha des casseroles aux queues des chats*, pour marrer. C’est ainsi que se réunissent très tôt chez lui le goût pyromane et une attirance certaine pour les ustensiles de cuisine. Ayant par inadvertance cassé les vases Ming de la maison familiale, il est viré à coup de bottes par son père et doit dormir dans la rue et les sous-sols de La Défense. Il se fit donc arpenteur et un peu géomètre, pour ne pas crever comme un rat au fond des parkings de ce secteur de Paris. Au cours de ses errances, sa vive intelligence l’amena à se pencher sur les emballages de la restauration rapide* Italienne, qu‘il désirait copier. Nomade, il parcoure la France et les pays voisins, dont on sait qu’à cette époque ils brillaient surtout par leur présence. A l’adolescence, il change d’apparence et les filles se foutent de sa gueule, mais il connaît avec la poterie une amitié complice et presque solide, toutefois jamais assez pour lui. Il fut très content de ne pas se retrouver enceinte avant ses dix huit ans. Verrier, Palissy picole trop la bière des bouteilles qu’il fabrique, mais il doit néanmoins prendre rendez vous avec le planning familial, cacher son gros ventre sous un large pull et éviter désormais la piscine.  
 
 Près des poussettes et des tétines, c’est à partir de 1530 qu’il va acquérir la technique de cuisson des glaçures et louer un appartement pour y loger le père de son enfant. Il bûche et bûche comme un forcené et met le feu au quartier en brûlant des bagnoles avec ses potes de la cité. De 1536 à 1556, alors qu’il recherche sans relâche le secret des émaux, il découvre celui de la véritable paternité de son fils, ce qui l’oblige à mettre son amant dehors, alors atteint d‘émauxphobie. Certain désormais de ne pas être une fille, il en épouse justement une, dont le bassin était en poterie émaillée. Palissy jongle en alternance avec le boulot et les études, se retrouve encore enceinte et décide de garder le bébé. C’est à cette époque qu’il décore la moule de sa femme d’après nature, avec des fruits et des plantes dont il revêt sa grotte. Son pot de chambre est un beau vase de nuit en terre orné de ténias et d’ascaris moulés au naturel. Partout dans son atelier et sa chambre le rustique dégouline. C’est la lutte incessante du génie contre les matières.
 
 Vers 1548, Palissy rencontre le connétable Anne de Montmorency qui va lui passer le goût de se maquiller et de porter des porte-jarretelles. Ayant subi une échographie au cours d’une visite chez le médecin du travail, la découverte d’une nouvelle paternité l’oblige à vendre son enfant pour acheter du bois, qu’il consomme exagérément afin de cuire ses innombrables woks. Il pleure de dépit et s’enferme longuement dans sa chambre. En Parallèle, Bernard continu de se rêver plus mince qu’il n’était, selon l‘Abbé Julio, responsable d‘une intéressante étude sur les maladies endocriniennes à la renaissance (1934 - Famines récurrentes et boulimies ponctuelles sur la base des écarts de poids des lanceurs de poids anorexiques et des mangeurs de petits pois obèses au XVI è siècle.) Palissy remporte la médaille d’or de l’imagine Cup 1556, avec la création d’un crachoir émaillé orné d’huitres. Anne de Montmorency lui ordonne de lui faire sa grotte dans son château d’Écouen, mais parvenu au cœur du projet, impuissant devant l’œuvre, Palissy laissera tomber. Pour éviter tout cafouillage futur, Palissy brûle ses robes et ses perruques, puis se convertit à la nouvelle religion des adorateurs de l’oignon, en dépit des critiques parentales. Une condamnation pour plagiat de ses emballages de la part de la chaîne Mac Donald et de l’entreprise de pizzas à emporter Talbazar Pizzas* lui coûta en plus seize années de douleurs et de misère. Palissy recrute des milliers de salariés pour conquérir de nouvelles parts de marché et niquer Saint Gobain. hélas, c’est une nouvelle fois un échec douloureux, car Palissy doit revendre ses ouvriers 1 à 5 centimes, après les avoir acheté 15. Arcopal gagne aussitôt 12 points à Wall Street. Fortuitement, en découvrant sur la photo de son passeport numérique qu’il portait la barbe, Palissy renonce aux implants mammaires et utilise un dépotoir comme lieux de stockage, dans lequel il habite lui et sa femme au divin teint de porcelaine. En sa compagnie, il s’aperçoit que ses doigts ne peuvent rester ni trop secs, ni trop humides, ni trop glycérine, sous peine d’horribles craquelures.
 
 Toujours à la recherche de la meilleur cuisson de ses œuvres, il installe dans son foyer une caméra thermique et abandonne cette idée en découvrant sa femme sous son chien. Pour se venger il court aussitôt chercher la baballe et colle le ballon à son épouse. Avec de la glaise, il réalise un grille-pain, une machine à café, un mixer, puis il se couche sur une voie ferrée, désespéré de ne point percer le secret de la céramique. Il se fixe à la Rochelle. Toute la journée, il pile, broie, mélange nuit et jour toutes les drogues qu’il pense propres à produire de l’émail et à se foutre dans le nez. Bien défoncé, il fracasse la vitrine d’un magasin suédois d’ameublement pour y voler le bois nécessaire à son four, grand consommateur de CO². Au grand dam de son épouse écologiste :
 
– La terre est cuite, pas de pot, on va se prendre une gamelle.
 
– Oui bon, ma cocotte, pas de quoi en faire tout un plat !
 
 Sur le point d’aboutir, il met les bouchées doubles et se voit contraint d’engouffrer tables et plancher dans la grande gueule de l‘amatrice de chiens. Finalement, il découvre que les faux cils se posent après le fard à paupière et avant le mascara. C’est une victoire. Mais vers la fin 1562, accusé par la Ligue des branleuses de carotte d’avoir participé aux troubles fomentés par les adorateurs de l’oignon, Palissy est incarcéré à la Conciergerie de Bordeaux. Une fois libéré, il s’installe dans une zone artisanale en face d’un magasin Métro qui lui fournit sa glaise en gros, lui qui n‘arrivait toujours pas à mincir, probablement en raison de grossesses nerveuses répétées (dixit Abbé Julio). Les fouilles archéologiques entamées sous la direction de l’Abbé Julio au Cambodge n’ont pu révéler l’emplacement exact de cet atelier. Son obsession le poussait toujours à produire des plats en céramique moins chers qu’un rendez-vous chez le coiffeur, grâce au rajout régulier de plusieurs fausses-couches. Palissy porte alors le titre d’Inventeur des rustiques figulines du Roy et son cinquième enfant, tout en exigeant qu‘on lui tienne la main le jour de l‘accouchement.  
 
 A nouveau emprisonné de décembre 1586 à janvier 1587, il est repris cette fois par la Ligue des bouffeurs d’ail en 1588 et condamné à respirer leur mauvaise haleine, puis à être pendu et brûlé sur un barbecue. Son atelier comme son oignon furent saccagés par sentence du présidial, mais Bernard Palissy fut simplement jeté à la Bastille, détenu là prisonnier pour adoration de l’oignon et importation frauduleuse de vaisselle chinoise bon marché ; le roi ayant instauré de nouveaux quotas aux frontières pour protéger ses potiers. Sans jamais rien trahir de ses origines californiennes, il mourra deux ans plus tard en se tortillant les cheveux, après avoir découvert son portrait et sa véritable nature dans un incunable people.  

* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / L’hygiène et ses pratiques : Le curage de nez - VOL 1)
 
* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Leçon de choses contre-naturelle : La chatte - VOL 1)
 
* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Salon des inventions / Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar : Le Maxi-Mégalo-Burger - VOL 2)
 
* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Salon des inventions / Les machines essentielles du pro-fesseur Talbazar : Le chien livreur de pizzas - VOL 2)

 
 
http://img11.hostingpics.net/pics/861071secusociale.jpg
 
J’apprends à écrire un roman avec le Professeur Talbazar.
 
Aujourd’hui : La petite femme de Mr Seguin.

 
Par quel animal remplacerais-tu la petite femme de Mr Seguin, d’après Alphonse Daudet, dans « Les lettres de Mon Moulin », sachant que c’est une cliente régulière et assidue d’adopteunmec.com ?
 
 
I
 Ah ! Qu’elle était jolie la petite femme de M. Seguin. Quelle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! Et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l’écuelle. Un amour de petite femme !…
 
II
 
 Un matin, comme il achevait de la traire, la femme se retourna et lui dit en son patois : « Ecoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller sur adopteunmec.com…
— Comment Blanquette, tu veux me quitter ? »
 Et Blanquette répondit :
 « Oui, monsieur Seguin »…
III
 
 Quand la petite femme blanche arriva sur adopteunmec.com, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux n’avaient rien vu d’aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les clients baissaient leur froc jusqu’à terre pour la caresser du bout du clavier. Tout le site lui fit sa fête…
 
 
 
 

n°36987799
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 31-01-2014 à 19:09:34  profilanswer
 

http://img15.hostingpics.net/pics/837328donezdoonez.jpg

n°37058017
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 07-02-2014 à 13:37:44  profilanswer
 

Salon des inventions

 

Les machines essentielles du Professeur Talbazar.

 

Aujourd’hui : La poupée gonflable écorchée.

 

Cet article de la Moyenne Encyclopédie est bien entendu réservé aux adultes.

 

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Tous les poètes l’ont toujours proclamé : la vraie beauté est à l’intérieur. Et bien justement, ce nouveau modèle très original de poupée gonflable écorchée ne cache rien de ses formes voluptueuses, pour vous faire vivre des moments d’une intensité érotique inégalée. Brevetée et essayée par le pro-fesseur Talbazar lui-même, ainsi que par tous les assistants masculins de son laboratoire, nous sommes en mesure d’affirmer que cette ravissante love doll d’un genre nouveau est vraiment pleine de grâce, et que le fruit de ses entrailles est béni. Profitez pleinement de son corps soyeux et doux, on ne peut plus offert, dans lequel vous serez heureux de vous introduire pour vous imaginer la faire crier de plaisir. Finies les tristes soirées en célibataire, voilà une nouvelle façon d’envisager la jouissance, impossible de faire plus physique. Zoya dévoile tout de son intimité, pour l’avoir violemment dans la peau : voilà qui est gonflé !

 

Ecorchée vive, Zoya veut qu’on la console, lorsqu’on la pose sur la console, voilà plus amusant que de jouer sur sa console. Ses trois orifices accueillants et fabuleux se trouvent plus facilement, et on se délecte de suivre leurs secrets prolongements, car Zoya montre tout, vraiment tout ! Vous serez séduits par l’incroyable longueur et la sinuosité des intestins, d’où l’air insufflé s’échappera peu à peu pour vous offrir plus de réalisme. Elle ravira tout autant les étudiants en médecine que les loustics atteints du syndrome de Jack l’éventreur. Tous ses organes apparents en cyberskin peuvent être gonflés ensembles ou séparément : cœur, reins, poumons, quelle partouze ! Ils sont tous amovibles et peuvent servir de masturbateurs. Comment résister à l’attraction de ses glandes mammaires siliconées enfin pleinement dévoilées ? De temps en temps, on tombera sur un os, ce qui permet de se satisfaire au mieux. Accédez ainsi sans vous tromper à tous ses tunnels de pénétration, facilement lavables à l’eau et au savon. Avec son air de teenager et sa taille d‘1,60 m, Zoya se pliera à tous vos caprices, mais en plus vous aurez l’exclusivité de voir enfin son cœur, qui ne battra que pour vous.

 

Tous les organes de Zoya sont thermomoulés et d’une couleur fidèle aux originaux. Une valve de gonflage sécurit la protège de vos assauts fougueux et la pression de votre barre, pour mieux s’ouvrir, ce n’est pas un vain mot, au moindre de vos fantasmes. Pourquoi ne pas l’utiliser en couple et assouvir un éventuel besoin de triolisme, madame n’en sera pas jalouse ! Vagin moelleux, anus étroit, foie souple, reins mous, poumons roses, elle ne manque pas d’air et n’attend plus que vous. Aux cours des ébats, elle s’abandonne en criant non stop d’une voix de synthèse  merveilleusement orgasmique : « J’aime ta grosse bite, ah oui, vas-y, prend moi fort, merci pro-fesseur Talbazar ! ». De plus, un flacon de toutes ses odeurs intimes vous sera offert avec chaque coffret, pour un supplément minime de 15 euros. Il est aussi utile et important de rappeler que, bien qu’écorchée, cette Zoya de latex ne saignera jamais. Ultra réaliste et vibrante, succombez sans attendre à son attraction excitante. Mais que vous soyez ou non satisfait, vous ne serez pas remboursé.

 

Fonctionne avec 2 piles LR6.

 


Article de la Moyenne-Encyclopédie non toxique, ne contient pas de Phthalates.
 


Message édité par talbazar le 08-02-2014 à 10:24:28
n°37060208
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 07-02-2014 à 15:57:41  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : La saga du trône de Fion / Tome 1-Sur la queue du dragon - extrait N°16

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu mais faut fouiller !

 

http://img15.hostingpics.net/pics/123336sagafion03.jpg

 

Les salles du castel de Bing Bong étaient tellement vastes qu’elles forçaient les humains à monter leurs chevaux pour aller aux latrines. C’est là qu’ils rendirent tout l’excès de gnôle du banquet qui fêta leur arrivée. Il ripaillèrent fort tard en la nuitée de tétines de paons au miel de lavandin, de queues de gerboises en terrine, de platées de chien sauce barbecue, et de pleins d’autres plats merveilleux. Quand à lui, Bing Bong engloutissait des bœufs entiers et buvait des ruisseaux de son vin personnel. Joyeux et pris de fol amour pour sa drue, Erald tripotait les seins de moineau d’Helga et ses fesses d’ablette, tout en trifouillant son succulent lapin en croûte. La belle s’excitait par grande débauche et tous, véritablement esbaudis, acclamèrent son ballet en admirant la profondeur de son nombril. Debout sur la table, Hivalanoué leur chanta en piétinant comme un dervé « Kramouille que ma joie demeure », chanson admirable sur laquelle Belbit joua de la vielle à roue pour l’accompagner, et ainsi tous bellement les desporter.

 

– Quand même, jugea Bing Bong en se séchant la lippe, c’est grande vilenie que la reine Amanda souffre à présent d’une si navrante morosité du côté de son pertuis d’amour, à cause de cet emballeur !

 

– Empâleur, rectifia Erald.

 

– Oui bon, c’est pareil. Ceci baillé, comme vous m’avez sauvé de puire de mes pieds comme merdasse, je vous suis redevable. Si je vous accompagne, vous aurez certainement plus de chance de quérir la fleur de pinette qui pousse, comme chacun le sait, uniquement sur le fameux volcan de Guilidoris. Vous n’aurez qu’à tous grimper sur mon large dos et je franchirais pour vous le Marais-Jean, comme de rien.

 

Mirlen jura de réfléchir, puis leurs caboches enivrées ne connurent point male faim pendant trois jours. Même le magicien charroya dans ses tripes plus de vingt litres de gnôle, pour aiguiser son jugement. Au bout de ce temps de liesse innocente, la ripaille leur fit trop grande pesance et ils résolurent de se dégourdir aux abords du château, où poussait grande verdure de bois mêlée de beaux taillis feuillés. Ils galopèrent en forçant leurs chevaux à grande tressuée, tout en gabant à force blagues sur les bites de géants. Seul Belbit affichait pitoyable allure, car bien qu’il fût charmé de grimper quelque chose, l’idée de grimper le géant ne lui disait rien qui vaille. Boudeur, il s’absorba dans le panorama des paysages parsemés d‘ajoncs pleins d‘épines, éludant pour une fois l’idée bonasse de tarauder quelque tronc. Torturé, rebelle et nain, il se déboussolait d’une jeunesse indocile en regrettant d’avoir quitté sa belle contrée de la Godée, pour suivre cette communauté ivre des sottes vanités humaines. Surtout cette Helga, qui ne semblait rien d’autre à ses yeux qu’une garce machiavélique à la pompe décadente, avec son teint nacré et son regard sorcier, lequel l‘enfonçait dans les ombres de l‘envie, en le faisant fondre comme fromage de raclette sur le feu du désir. Elle ne lui faisait sans doute pas monter que les larmes. Malgré tout, il savait ne pouvoir seul revenir en arrière, car les noirs mystères de la Kounass lui foutaient une trouille bleue. Il voulait par-dessus tout être certain de dormir à nouveau dans son lit, pour y choyer en grande courtoisie sa petite femme Belbet. Il chassa de ses pensées la farce grinçante que devenait sa quête, ses déboires amoureux, pour se concentrer sur la nature initiale de leur projet, dans lequel il s‘agissait finalement de bricoler à plusieurs, au sein d‘une communauté de picolos chevaleresques à la légitimité autarcique.

 

Pendant ces gambades champêtres, William de Bochibre avait tout entendu des propositions du géant, au milieu des rumeurs tournoyantes mêlées d’éructations, ce qui ne faisait point ses affaires. Si Bing Bong à la haute structure emmenait son monde au-delà du Marais-Jean, il ne saurait les suivre et risquait de perdre leurs traces à jamais. C’est ainsi qu’il décida de tuer ce grand con de géant bouffi d‘affects, par une obligation de faire court entremêlée d‘un trait de génie. Insouciant, le proprio baguenaudait justement son reste de cuite sur les remparts, en brayant des paillardes qui s’entendaient fort loin dans toute la contrée. Opiniâtre et culotté, William s’occupa dès lors à tendre une corde en travers de l’escalier en colimaçon qui desservait le chemin de ronde. Lorsque Bing Bong voulu retourner en son logis, il en était aux filles de Camaret qui sont toutes vierges, lorsque William lui fit coucou pour distraire son attention ; aussi le géant chuta-t-il lourdement de toute sa masse immense, se prit les pieds dans le câble et le cou dans la chaîne de sa médaille de Kramouille, dévala les marches sur le dos et mourût sur le coup, la nuque brisée. Satisfait par la réussite de sa félonie meurtrière, William se frotta les mains et retourna se planquer dans un coin aussi discret qu’obscur du château, en s‘interrogeant sur ce qui reste de l‘homme quand il n‘est plus. Sanctifier les vivants n’apaise en tout cas pas les morts, se disait-il en se grattant le cul, tout barbouillé par les restes du banquet qu‘il avait larciné. Son anus venait tout juste de lui en donner une posthume reconnaissance.

 

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Message édité par talbazar le 08-02-2014 à 11:07:21
n°37079436
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 09-02-2014 à 18:54:13  profilanswer
 

  


Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : L'épillée du Nil - extrait N°02

 

http://img11.hostingpics.net/pics/133217epile01.jpg

 

La reine dormit mal, cette nuit là, bien qu’elle ait empoigné sa corne de gazelle comme aucune nuit, pour se donner quelque apaisement. Peut-être avait-elle l’esprit hanté par le fantôme de ce crétin de Vabôssé, allez savoir, avec Osiris ! Elle appela son chambellan qui lui refit l’amour deux fois dans les fesses, aurement dit dans l’anus-bis. Le pouvoir déclinait, des bandes armées pillaient le pays et volaient les trésors des tombeaux royaux. Même bien assuré, ça faisait chier. Ensuite Néefièretarée tomba amoureuse de son général qui était conforme à l’époque. Un scribe des médias révéla que Ramassidkouch n’était pas un égyptien pure souche, mais originaire d’un pays ennemi. Plongée dans le scandale, parce que l’information se révélait exacte, Néefièretarée fila le scribe à Siphilis et ses potes pour qu‘ils le boulottent, puis elle résolut de faire un doigt aux paysans. Elle fut obligée d’en enterrer un ou deux vivant. Alors seulement elle se déshabilla pour prendre une douche à la camomille et se faire un doigt à elle-même, inondée par la crue de ce nil caressant son point G. Une fois séchée, enfin façon de parler, elle attrapa une harpe posée sur le sol et joua de la trompette avec le reste. Ramassidkouch se réveilla aussitôt en faisant la gueule. Il imagina un instant, dans son semi-sommeil,  qu’on se révoltait dans le palais et se gratta les poils,d‘une taille supérieure à ceux des autres. Des domestiques se présentèrent de profil pour lui gratter gentiment les burnes, bien qu‘ils ne furent que de vulgaires esclaves. Il se calma lorsqu’il vit que tout était tranquille et s’orna finalement d’une tête humaine, coiffée de la double couronne en plus de ses cornes de cocu, invisibles par la grâce d‘Horus le très puissant.

 

Dans une heure il y aurait défilé militaire, il n’aurait pas le loisir d’enfiler le reine en aussi peu de temps. De toute façon, Néefièretarée le repoussa en lui disait de dégager, parce qu’il fallait qu’elle bosse. Elle se savait la seule authentique pharaonne et autre chose qu’une épouse assise ou allongée. Elle mata tout de même sans en avoir l’air le buste de colosse de son mec. Puis elle pencha la tête pour viser son bazar, consciente de détenir là un secret d’état. C’était ça son vrai passeport à lui, se disait-elle. Puis elle s’enferma dans son bureau, parce qu’elle se sentait craquer. Les plans de son mausolée restait donc en plan, rantanplan. Elle posa son petit tambour au pied du lit en paille de fer conforme lui-aussi à l’époque. Et tous ces cons qui avaient déjà collé des graffitis sur les parties déjà construites, en briques de terre crue. Et cette grève sur le tas qui venait de stopper net l’intense activité architecturale sensée édifier sa gloire éternelle. Elle enleva de nouveau sa robe et s’habilla de feuilles d’or, en réalité des contrefaçons nubiennes qu’elle portait juste pour emmerder le chef des douanes. Les artisans possédaient des ateliers secrets dans les temples sous le contrôle de fonctionnaires véreux, souvent recrutés parmi les nains. Néefièretarée en tirait là première de juteux bénéfices sur tous ces trafics, mais nul ne pouvait l’accuser, car elle était déifiée par un peuple pris de boisson,  tout juste bon à prendre au filet ses poissons. Voilà, c’était une journée de merde qui se pointait au palais et elle s’incrusta la peau de pierres semi-précieuses, ça faisait vachement mal. Elle décida de former une expédition pour se rendre en personne sur le chantier, à 6258 clepsydres de litière, vers la troisième cataracte des vieux.

 

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Message édité par talbazar le 09-02-2014 à 18:58:08
n°37079502
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 09-02-2014 à 18:59:19  profilanswer
 

[:draculax]
 
Pro-fesseur, vous n'êtes pas trop tempêtué ?


---------------
n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°37079950
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 09-02-2014 à 19:46:46  profilanswer
 

un être vivant, ici ? mais :
http://img15.hostingpics.net/pics/27161910540072694168388ec2a.jpg
simple question hormonale sans gravité, sans compter sur l'incertitude printanière. Là dessus, on ne sait rien.

n°37080259
In Ze Navy​ II
Obsédée textuelle
Posté le 09-02-2014 à 20:20:26  profilanswer
 

Heureusement, on ne pourra jamais savoir.
Et il y a nombre d'yeux silencieux.


---------------
n° 11 * RED * Tiens, voilà ton thé, c'est du café.
n°37161984
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 16-02-2014 à 18:09:14  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : Moins belle, la vie - extrait N° 19

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu mais faut fouiller !

 

http://img11.hostingpics.net/pics/249109moinsbellelavie02copie.jpg

 

       Jeanne Hachette vocalisa les premières notes de « La mort d’Hildegarde » et fendilla d’un contre-ut les vitres de sa modeste cuisine. Les phalanges blanchies sur la cafetière, hiératique au milieu des éclats de verre, elle se perdit trente secondes dans une vision intense et habitée de son opéra personnel. Un truc à poser sur la table la zone la plus sombre de son humanité. Une mélancolie bouleversante fusait par sa bouche grande ouverte, une stridence exultée des profondeurs de ses obsessions les plus pathologiques. Un trémolo d’amour, en fait, néanmoins propre à fusiller n’importe quel pauvre petit serin coincé dans sa cage. Jhonny Alité ne la sentait pas encore joyeuse, seulement moins réservée, mais il n’était pas peu fier du résultat. Depuis qu’il avait poussé Jeanne sur le plumard, les pieds de l’aide-soignante n’avaient guère touché terre. Pour tout dire, il avait entrepris de lui faire l’amour d’une manière industrielle, ce qui n’avait pas l’air de déplaire à sa miss. Une fois bu son café, Jeanne retourna sous la douche pour y chanter un nouvel acte, puis elle plongea en revenant sur le lit jamais fait, histoire d’incarner pour son petit Jhonny une sorte de rêve mouillé. Comme elle était super mal dans sa peau, elle pensait sans doute pouvoir se soulager dans celle d’un autre. Mais il y avait autre chose. Pour la première fois de sa vie, elle s’abreuvait sérieusement avec ce mec aux bons sentiments. Dès le début de leur relation, dans la chambre 203 de la clinique, il avait râclé au fond de son âme humaine, transformant une simple coucherie en une passionnante découverte du mystère amoureux. Avec son amnésique, Jeanne s’était alors trouvée séduite autant qu’elle avait séduit, sur le fond d’une bande-son évidemment pornographique. Un tricotage malin qui triomphait de la désillusion et des tristes compromis, bien éloigné des apothéoses à deux balles de son adolescence douloureuse. Pour l’heure, sa messagerie pouvait bien déborder et son téléphone sonner continuellement depuis la veille, visiblement, Jeanne avait l’air de s’en branler copieusement.

 

Elle qui n’avait jamais joué la carte de la chienne aguicheuse avec ses amants, elle était finalement ravie de s’être vue catapultée sauvagement par son chéri contre le lavabo, travaillée pendant de longues minutes par une métronomie insatiable, aussi dilatée qu’un œil de junkie, tournant le dos avec confiance aux improvisations libres, pleine de compassion pour ces doigts virils qui fouillaient son nez. Ses petits pieds batifolaient en balancier, pendant que Jhonny collait ses bijoux dans son écrin sombre et soyeux. Humble et surexcitée, elle implorait son barbu salace de la déglinguer en y mettant le sens du détail, et acclamait les entrelacs rythmiques par de somptueux murmures, braillements libérateurs qui firent hurler de rage le voisin du dessus. Collé au plus près de Jeanne, Jhonny récolta finalement le fruit de son labeur, au milieu des rugissements réciproques et des feulements bienheureux, puis elle l’invita à fumer une cigarette en sa compagnie, sur le vieux canapé confortable du salon ; où tous deux lâchèrent avec plaisir de luxuriants nuages sur leur propre renaissance. Jhonny pilota sa virilité enfin repue au fond de son jean, et Jeanne chercha le réconfort de ses épaules, en lui mordillant gentiment l’oreille :

 

— Big shoot, mon gars !

 

— Je remet le titre en jeu, quand tu voudras.

 

— Je suis éblouie, adorable robot.

 

— Ouais, notre histoire conjointe ne manque pas de puissance.

 

Le lendemain, délaissant la piscine de porphyre au dallage de marbre décorant sa luxueuse résidence, le docteur Jason Halrequin rejoignis en hélicoptère la clinique Saint Bernard, où il démarra sa journée par une visite rapide au 85 :

 

— D’après le thermomètre, cher invité, vous souffrez au niveau du cerveau d’une dépression passagère de l’hémisphère sud, ce qui vous rend maussade et zéronégatif. Mais rassurez-vous, j’ai connu un pilote de ligne qui en plus d’une dépression comme la vôtre, s’était payé ensuite le luxe d’une dépressurisation mortelle !

 

Puis il quitta la chambre et fit silence, se contentant de fixer lourdement Gwendoline, car elle l‘accompagnait toujours comme son ombre, subjuguante de fraîcheur. Il était visiblement furieux. Sur la base de l’article 3 du code de déontologie médicale stipulant que : " le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l'exercice de la médecine ", et le 31, disant que : " tout médecin doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci ", il venait d’être condamné à deux minutes d'interdiction d'exercer la médecine, dont une heure avec sursis. Jason avait été auditionné un quart d’heure par une chambre disciplinaire de première instance, composée d'un magistrat et de médecins élus, tout ça parce qu’il venait de produire une série divertissante d’émissions de télé-réalité dans son unité de soins palliatifs pour malades incurables. Fan de la mode, il avait lancé à l’occasion sa propre ligne de linceuls. Sans doute aussi parce qu’il avait caché au gouvernement Suisse avoir planqué l’intégralité du pognon de l’énorme recette en France. Tout ça pour un petit jeu sans conséquence. Il renonçait jusqu’à nouvel ordre à son idée d’élire une miss clinique au milieu de ses patientes, en tout cas pour cette année. A cause de toutes ces vilaines chicaneries administratives, disait-il à Gwendo, les gens se baladerons bientôt avec des armes dans les rues. Comme les spectateurs de stade, elle répondit par des applaudissement, des sifflets et des cris de ferveur :

 

— Non docteur, ne laissez surtout pas tomber votre étude en cours visant à mesurer en simulateur l’orgasme féminin par pression rectale, pour évaluer avec exactitude le degré de simulation. Vous avez déjà reçu pour cette recherche, de par le monde, tellement de donations financières !

 

— Soyez sans crainte, Gwendoline, ce sera mon chef-d’œuvre, dont personne ne pourra en déplorer la patine commerciale ; je suis confiant, mon labo tourne à fond et le casting est blindé.

 

Par une réaction simpliste devenue classique, la belle infirmière fouilla machinalement le fond de sa poche, puisque son désir impétueux pour Jason l’amenait à tendre vers des normes étonnantes. Alors que le beau docteur lui exposait l’histoire de la prospection pétrolière à travers les ages, elle s’exila un instant dans ses pensées en affichant un sourire ravi, bravant le barrage de la décence pour se trifouiller discrètement, intrusive, un quart de seconde spasmodique, sans toutefois dépasser le check-point d’un plaisir irréversible. De nombreuses morts naturelles bourrées de références bibliques vinrent ensuite assombrir le reste de leur visite, jusqu‘à l‘heure du déjeuner.

 

— Bordel, s’inquiéta Jason au moment du dessert, mais qu’est-ce qu’elle peut bien foutre, notre Jeanne ?

 

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Attendu que :

 

Dans l’article de la Moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar tel que précisé :

 

Les grand barbus / Michel Ange.

La phrase ainsi rédigée :

 

Telle cette vieille folle prénommée Pierre que l’on sait que Michel Ange tailla.

 

Se la fait totalement minable et devrait plutôt s’écrire :

 

Telle cette vieille folle prénommée Pierre dont on sait que Michel Ange la tailla.

 

Nous, Royaume du Boukistan, exigeons que si le pro-fesseur Talbazar compte foutre les pieds chez nous, nous lui collerons trois ans de prison ferme, où il passera son temps à sucer des olives pourries, à se coller des dattes dans son cul mécréant et le condamnerons à une amende de cinq millions de Mollards, mais également que la femme de sa vie sera niquée par trois boucs de nos amis.

 

Inch Allah.

 

Médecine et barres parallèles

 

Aujourd'hui : L'ingestion d'enclume.

 

http://nsa20.casimages.com/img/2014/02/16/mini_140216062716851084.jpg

 

Radiographie d'un enclumé.

 

       Ingérer une enclume n’offrira jamais une solution aux bricoleurs pour gagner de la place dans leur atelier. Qu’ils soient maréchaux-ferrants ou pas. Il est cependant fréquent d’en avaler une ou plusieurs par inadvertance, voir même au cours d‘un pari, dans le cadre d‘un jeu de bistrot. Souvent on ignore l’audace dont on est capable, alors qu’il suffit d’oser. Par prévention des risques, on agira avec prudence au cours d’une manifestation folklorique de fauchage à l’ancienne, ou le risque s’avère notoirement accru. En tout cas, après c’est la galère. Si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, ingurgiter son enclume sera toujours le meilleur moyen de changer de métier. Même si cet accident prouve un signe d’appartenance à un groupe social villageois, il n’est cependant pas conseillé d’en avaler beaucoup, car le surdosage intervient très vite. L’enclume est cet instrument indispensable au travail des métaux, sur lequel on bat le fer quand il est chaud, mais en ville il est habituellement niché dans les sacs de blondes, afin de leur donner poids et volume*. Véritable trésor de l’Arménie ancienne, cette rosse et pesant outil métallique, très courant avant l’arrivée du pétrole et de l’électricité, existe en un nombre incalculable de variétés. Il faudra peut-être se lancer dans une recherche historique approfondie pour déterminer le type exact de l‘enclume avalée.
 
        Si l’on est pas certain d’en avoir avaler une, si l’on confond avec un risque de grossesse tardive, la détection peut se faire lors d’une consultation chez un généraliste, voir un spécialiste en chaudronnerie, à qui on peut bien entendu parler de tous ses problèmes. Si vous êtes essoufflé en regardant la télé, si vous êtes sujet à un noir cafard et des coups de pompe après le déjeuner, avec une sensation de jambes lourdes, surtout signalez-le, l’homme de l’art vérifiera alors la qualité et la couleur de vos poils. Généralement, dès la première bouchée, un petit clic se fait entendre, ensuite chaque déglutition se transforme en un pénible ping-pong grinçant, pour faire passer cet accessoire qui n’a plus rien de symbolique, au contraire des faucilles et des marteaux. On bloque alors sa respiration en prenant le risque de syncopes dramatiques. Ce malheur d’exception donne l’impression d’avoir le ventre cabossé de toutes parts, ce qui n’est pas pour autant le signe que l’on soit bourré d’énergie ! On note cernes et rides sur le visage, rougeurs et boutons sur une grande partie du corps, et des ongles jaunis. Le corps est inondé de mal-être, même s‘il ne manque pas de zinc. Si l’enclume rend unique chaque homme qui l‘ingère, ce n’est cependant pas une arme secrète de séduction. En effet, le taux de testostérone chez les hommes mariés ou célibataires devient brutalement flemmard. On découvre enfin tout le mal vivre des filles de ferme. Bien que le métal conduise la chaleur, le malade souffre de déperdition thermiques qui l’oblige aux douches chaudes (70°) ce qui le rend néanmoins ni généreux, ni câlin. On applique alors régulièrement une poche de braises à forger sur la zone à traiter, en ignorant les jérémiades du malade qui affirmera crânement s‘en battre les couilles.

 

Les femmes atteintes éviteront dans un premier temps les bustiers sexys, mais opteront pour un jogging coulissé en laine, tissé par un artisan du Liban. Il faut également éviter de porter une ceinture à boucle de laiton,  laquelle risque de produire, en présence du fer de l’enclume noyée dans l’acidité des sucs gastriques, un  désagréable phénomène d’électrolyse. Cette redoutable affection gâche les sorties en mer, car c’est prendre le risque de couler le bateau. Elle condamne les voyages en avion, interdit naturellement le parachutisme, et les randonnées « outdoor » deviennent impossibles, car cette affection plombe le patient en l’empêchant de marcher, ce qui limite drastiquement les longs trajets à pied. Tout comme on ne peut plus danser, d’ailleurs, ce qui condamne d’une façon navrante les sorties nocturnes en boites de night des bohémiennes urbaines en ribaude, bien qu’elle leur offre pour une fois des fesses d‘acier. Fini l’apesanteur, escalade et accrobranche ! On ne peut plus travailler, sauf si l’on est scaphandrier professionnel : avaler une enclume est un truc de paresseux. Si l’on ne peut plus monter les escaliers, on peut tout de même encore se brosser les dents, répondre au téléphone et ouvrir son courrier. Il faut garder confiance qu’un jour, après l’opération, on pourra refaire du vélo et rejouer à la marelle. Pour le moment il faudra apprendre à circuler avec son enclume.

 

Pour les premiers soins, on allongera le malade sur une petite coiffeuse Portugaise installée sous un abat-jour en opaline rose. Ensuite, on masse le ventre sur la partie bombée avec le majeur et l’index, en faisant de doux mouvements rectangulaires, en insistant toujours sur les pointes de l‘enclume. Pas de panique si ça pique un peu, en général ça soulage. Voilà des gestes qui montreront au malade notre volonté d’établir une relation directe, fondée sur le respect et la confiance. Pour l’alimenter, préférer les sucres lents et bannir les fibres, sans oublier de lui faire consommer à profusion des pruneaux d‘Agen. Afin de gagner un peu de souplesse, on le gavera d’actifs nourrissants, tels l’avoine, le blé, l’orge et la noisette. On lui fera boire des milliers de litres d’eau. Concentrer ses efforts pour l’amuser et le distraire en lui conseillant quelques mouvements libérateurs : pieds à plat et parallèles, montez lui les genoux à hauteur de poitrine, levez ses talons vers les fesses en tirant les coudes vers l’arrière, le faire inspirer puis expirer, en élevant ses bras de chaque côté.

 

Chaque nouvelle tentative pour déloger soi-même l’enclume par les voies naturelles sera le gage d’un grand moment de cinéma familial. A l’exception du malade, ce sera pour tout les autres l’assurance d’un bonheur du soir et l‘occasion de faire crépiter les flashs dans une ambiance nerveuse. Il y a de l’éclat dans l’air. Le patient devient alors une machinerie larmoyante, comme s’il était posé sur une chaise électrique, saupoudré de sonorités caverneuses, douces et rauques à la fois. Il y a donc urgence, en présence d‘un cas avéré, de composer immédiatement le 20154, le Samdade (Service d’accueil médical des avaleurs d’enclume), même en dehors des heures d’ouverture des cabinets de ces centres de soins avec hébergement. Les moins chanceux s’y rendront en métro. Surtout, évitez de marcher trop près des voitures dans la rue, sous peine d’érafler les carrosseries. On traite alors rapidement avec application de crèmes, exercices de reptation et vodkanesthésie. Prévoyez plusieurs séances espacées de deux ou trois mois pour respecter le nouveau cycle de digestion. Il faut toujours un travail sur soi pour que la chose se débloque, même si jeter est toujours une rupture.

 

Toutefois, pour une guérison complète, se faire hypnotiser ne servira à rien, il faut enlever notre enclume mécaniquement. La chirurgie restera donc le seul moyen de s’attaquer à cette indisposition terriblement technique. Grâce à la haute expertise du pro-fesseur Talbazar, une méthode a été mise au point, appelée le « stomacal dejunking ». Après incision des viscères pollués, on introduit autour du corps étranger des aiguilles Gabonaises entourées d’une gaine isolante en Téflon. Visuellement, les boyaux sont énormément dilatés, pleins d’un liquide brun couleur de rouille, une odeur âcre agresse les narines, et la pression exercée par l’enclume sur l’estomac est énorme : 85 kilos par mètre carré d’intestins. L’extraction de l’enclume nécessite bien entendu d’équiper le bloc opératoire d’un palan trois poulies. Une fois enlevée et le patient recousu, l’enclume sera normalement recyclée, puisqu’elle est naturellement riche en cuivre, nickel et autres métaux aciérés. Inutile de vouloir dangereusement la refourguer à un ami ou quelqu’un d’autre, à la limite aux Polonais. Ensuite, allégé de ce superflu, on quitte avec plaisir l’hôpital pour redevenir bête de mode et, contents, les aviateurs peuvent enfin redécoller.

 

*La Moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar / Rapports humains et fesses de société : interview d’une blonde. - VOL 1

  

   

  



Message édité par talbazar le 17-02-2014 à 07:55:14
n°37244893
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 23-02-2014 à 17:31:07  profilanswer
 

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Aujourd'hui : Marlou les doigts d'or - extrait N° 38

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu mais faut fouiller !

 

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– Faut que je mange.

 

– Roule

 

– Marlou, j’ai les crocs !

 

– Roule, je te dis ! Je suis sûr qu’ils sont devant nous.

 

– On aurait dû prendre la bagnole du curé, rajouta l’Obusier d‘un air maussade, ses grosses paluches agrippées sur le volant : ce pick-up se traine !

 

Marlou repoussa durement Kiki, parce qu’il se prélassait sans vergogne sur ses genoux :

 

– Non, elle était certainement piégée. Et je te rappelle qu’on sert de corbillard officiel.

 

De fait, lorsque Michael Jackson Five (005), agent des services secrets du Gurukislapet, arriva dans la chapelle pour enquêter sur la mort brutale de ses collègues et du père Colateur, il ne se méfia pas et tourna la clé de contact de l’Aston Martin. L’explosion instantanée de la voiture envoya aussitôt valser les génitales de l’espion sur Arago, cratère d’impact Martien de 154 km. La découverte fortuite d’un de ces deux testicules gélatineux par une sonde robot fit déclarer à la Nasa qu’elle tenait enfin la preuve formelle d’une vie martienne ; mais elle provoqua aussi ultérieurement le suicide du chef de ladite mission, lorsqu’il fut établi qu‘il ne s‘agissait, trois fois hélas, que d‘une pauvre petite couille humaine en partie cramée.

 

– Bon sang ! Maugréa l’Obusier en se retournant brièvement pour désigner Jack Russel d‘un air rageur, ce clébard pue les enfers !

 

Avec son fabuleux trombone organique, Jack infectait en effet sévèrement l’habitacle par un bombardement digne des meilleures programmations culturelles. Il se tourna jovialement pour assurer une diffusion plus adéquate de sa musique traditionnelle.

 

– Je fais seulement mes gammes, c’est tout. Le chien feula de mépris à l‘intention du tueur, comme s’il avait un os coincé au fond de la gorge. Sans l’exprimer tout haut, il devinait que l’Obusier était comme tous ces pauvres types qui pensent que toucher l’acier d’une arme fait d’eux des hommes, tout en  baladant un bagage intellectuel absolument moins lourd que leur gun.

 

– Et moi je te dis que si tu n’arrêtes pas tout de suite, je trace ton destin par une pression à froid sur ta truffe de minable. L’homme de Gino fit à son encontre le geste que l’on pratique pour tourner un robinet de baignoire. Et puis je te balance par la portière, ça sera ma solution gain de place !

 

Les études de l’Obusier se bornaient à un C.A.P de peintre en bâtiment parce que, dans la naïveté de sa jeunesse, il avait voulu apprendre à peindre au pistolet. S’il participait depuis, à sa manière, à la vie des banques en les braquant avec une certaine constance, en tout cas il ne se montrait pas pour l’instant un branché du solfège.

 

– Ok, ok, c’est bon, gros con, j’ai compris. Jack se colla un vieux chewing-gum dans sa satanée boîte à frissons dans le but de l‘obturer. Le petit défricheur de sensation promettait quand même de se lâcher plus fort en soirée, pour compenser sa frustration d‘artiste. Après ça, l’atmosphère redevint honnêtement respirable, sinon nettement chaleureuse.

 

– Et si on oubliait le guru et qu’on rentrait chez nous ? Kiki Yorkshire avait pointé sa gueule de dessous la banquette trois places, lâchant sa phrase comme s‘il prenait l‘univers à témoin, ses petits yeux fermés sur une nostalgique vision de sa Babe.

 

Marlou le fusilla du regard, imitant un animateur de quartier plongé au sein d’une émeute urbaine. Après quelques kilomètres avalés dans un profond silence, ils dépassèrent ensuite un lac pollué  sur lequel dormait une flottille de petits bateaux à moteur. Près des rives aux dunes ambrées, des vaches et des moutons coulaient peu à peu, objets d‘une vive courante, sacrifiant d’une façon déplorable à l‘authenticité des lieux. L’étendue d’eau saumâtre était plus calme que leur chauffeur, lequel roulait maintenant avec un engagement nerveux de tous les instants, parce qu‘il avait vraiment très faim. Entre les pieds de Marlou, Kiki remuait son petit cul comme un beau diable :

 

– J’ai envie de faire popo.

 

– Ils sont vraiment chiants ces deux-là, asséna Gino La Soudure, comme si parler des chiens le faisait émerger d’une profonde torpeur. Les Napolitains ont couramment ce genre d’absence. Il venait de démonter trois fois son flingue, un Luger P06 de calibre 7,65 Parabellum, arme ancienne de l’armée Suisse. Bien que le patron du Lagon Bleu bredouilla à l’adresse de Marlou qu’il se trouvait charmé par l’aspect bucolique de la promenade, néanmoins il n’avait pas prononcé un seul mot depuis leur départ. Lorsqu’ils parvinrent à hauteur d’une station-service que la guerre avait épargné, l’Obusier supplia de faire halte. Il se garèrent en parallèle d’un bus de transport scolaire vide. Non loin de là, se déroulait une cacophonique foire aux chameaux, traversée par quelques cerbères en armes de la nouvelle révolution. Ces bidasses patrouillaient nonchalamment par deux au milieu des bestiaux, en arborant dans leurs beaux uniformes de l’armée à présent régulière, l’air débonnaire des vainqueurs. Une odeur de brouillade de truffes s’échappait d’un camion de restauration rapide, vers lequel se précipita l’Obusier pour y commander à la serveuse un sourire d’une immense gentillesse, une potée de pâtes et un pichet de vin local. Il se goinfra en un temps record puis, satisfait, il fit quelques pas afin de se dégourdir les jambes, pendant que les autres préféraient s’envoyer un Campari en terrasse. Alors que l’Obusier replaçait le bras d’un des morts qui dépassait vilainement à l’arrière du pick-up, il reconnu de loin Alphonse Jean Justin de St Exupéry. La cible se trouvait en train de négocier férocement avec un marchand de chameaux. Insouciante, la princesse Ewij était perchée sur l’une des bêtes que la Hyène tenait fermement par la bride. Bon. Cette fois, l’Obusier n’allait pas s’emmerder à prévenir les autres. Il dégagea  le colt de son veston et vira la sécurité. Toute son énergie mentale se concentrait à présent dans le métal du canon, pour lequel venait de sonner l’heure du réveil. Il s’approcha tranquillement. Le marchand bassinait Alphonse et leur conversation devenait compréhensible :

 

– La nouvelle administration des contributions vient de faire passer la T.V.A sur les chameaux à 20% sur le prix de vente public, ça entraine une répercussion considérable de mes frais de transport. Moi je me résigne, mais les clients subissent…

 

La balle manqua le Guru de trois centimètres, parce que les gesticulations du vendeur venaient de faire tordre de rire son acheteur potentiel. La Hyène riposta comme l’éclair d’une bastos de Browning. En plein dans le bide. L’Obusier tomba à genoux et tira trois fois vers le ciel, le regard soudain voilé par un halo de mystère. Il bredouilla quelques malfaisantes infamies ensanglantées. La Hyène rajouta aussitôt dans sa viande pleine de nouilles le reste de son chargeur. Alertés, les soldats se précipitaient vers le lieu de la fusillade, tout comme Marlou, suivi de Gino et des chiens. Comme par enchantement, Alphonse s’était évaporé, avec Ewij et la Hyène galopant à reculons pour couvrir leurs arrières. Le bordel ambiant devint phénoménal, parsemé de gens affolés qui couraient dans tous les sens. Pour l’Obusier, l’esprit à présent libre de toute contrainte physique, c’était adieu la vie, bon pour l'arrière de ce pick-up que Marlou serait maintenant forcé de conduire.

 

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Message édité par talbazar le 23-02-2014 à 17:38:11
n°37310026
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 01-03-2014 à 10:24:30  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : L'épilée du Nil - extrait N° 03.

 

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 Avant de se mettre en route, Néefièretarée décida de confier la date du départ aux dieux. Elle convoqua donc dans ses appartements le prêtre à la tunique blanche Tahosétlafer, parce qu’il était considéré dans toute l’Egypte comme un pur devin, le meilleur sur les berges du Nil. L’élite des devins blancs du bord d‘eau. La pharaone s’occupait de bon matin à s’asperger de son parfum, le N°5 de chez La Manche, lorsqu’un esclave à plumes fit pénétrer Tahosétlafer, contraignant Néefièretarée à être soudainement prise par le culte. Sur le coup, elle ne ressenti rien, mais elle l’invita tout de même à s’asseoir sur un confortable divan pour lui parler de son affaire :

 

– La défaillance des ouvriers chargés de construire mon tombeau au décor encore plus vierge que moi risque de rompre l’équilibre cosmique, faut que j’y aille, pour voir ça de mes propres yeux en amande, histoire de les mettre à l‘amende. Donne moi donc une date favorable et te gourres pas, sinon je te file aux crocodiles.

 

Tahosétlafer ajusta les deux pans de sa perruque car il était chauve depuis qu’il avait choppé la teigne l’hiver dernier :

 

– Ho fille de Rê, celle dont la raie se nourrit des forces vitales des dieux surtout s’ils en ont deux, œil brûlant du soleil ! Celle qui comme la déesse Hathor a tête de vache et corps de femme (car elle était la cornue du Roi), il en sera comme tu veux. Je prend à cœur tes angoissantes interrogations et je répond à ton pathétique appel. Je suis prêt à tout Rituel Divin dans ta petite chapelle personnelle. Je reçois justement un signal salvateur la semaine prochaine, le 12, en fin de matinée, car je viens de recevoir un flash sur ta vie future.

 

– Le 12 ça va pas le faire, j’ai cours de Zumba dans la banlieue de Sakkara-Sud.

 

Tahosétlafer se mit à ressembler sur le champ à une statue momiforme. Contrarié, il entama un hymne à Aton et ferma les yeux, pendant que la reine se contenta de jouer nonchalamment avec son nilomètre, en prenant un air détaché.

 

– Alors va pour le 15, O mon royal principe d’éternité, dont je déroule ici le fil de l‘avenir. Le temps est ton ennemi, y’a qu’a voir tes rides, mais je viens avec toi, tous frais payés.

 

– Et puis quoi encore ? Je te vois venir avec tes grosses sandales, pas question de partager ma litière avec un cochon dans ton genre. Je craindrais des infiltrations au plus haut niveau.

 

– Alors tu connaitras des problèmes d’obésité, de diabète et de rhumatismes, sans compter des anomalies du sommeil.

 

– Sale con.

 

– Nausés, colites, vomissements, ballonements, flatulences, crises vésiculaires…

 

– Siphilis, choppe le !

 

Le devin tendit aussitôt le bras vers la piscine, pour une secrète opération de magie opérative, car il avait passé l‘âge d‘être en période d‘essai. L’eau du bassin se mit à bouillonner et Néefièretarée réalisa tout d’un coup que ses crocodiles sacrés venaient de se transformer en vilains morpions. Morpions sacrés, certes, mais morbacs quand même ! Et qui grattaient dur, les salauds. En revanche, ce qui n’avait pas changé, c’est qu’ils cocottaient, repoussaient, cognaient, schlinguaient, surtout le Siphilis, comme d’habitude. Eux trouvaient ça chouette, car c’était nettement plus pratique pour se ballader et ne plus avoir à manger des condamnés. Seulement de la liposucée royale. Une situation au poil : morpions sacrés du petit bassin de la reine ! Ils étaient devenus cons, en plus, se disait la reine, sans cesser de gratter sa petite chatte sacrée, laquelle ronronna paisiblement en remerciement. Obligée de céder au devin, elle accéda à son exigence, lui donna rendez-vous pour le 15 à 8 heures précises, puis elle l’envoya ballader pour se plonger dans l’étude de quelques papyrus nécessaires à l’édification de son gouvernement. Le royaume accusait une baisse de ses ventes de machines à traire et un marché du tank à lait divisé de moitié. Bon, elle imposerait les momies qui bénéficiaient jusqu‘à présent d‘exonération, en vertu d’une nouvelle taxe qu’elle mettrait en place sur les énergies des fossiles. Saoulée, elle laissa tomber son rapport pour aller faire un tour en ville, afin de s’acheter une nouvelle tunique en deuxième démarque. En catimini, quelqu’un avait déjà gravé sur un mur du palais : Pharaon piscine à morpions ! Après la défection de ses ouvriers, c’en était trop, elle n’en pouvait plus. Aussi, bien à l’abri des regards dans sa litière mini cooper, ne lâchait-elle plus son éventail, pour faire genre.

 

Sur la place du Rotharyklub, des mecs se nettoyaient les canaux en compagnie de belles esclaves burinées. Sur d’autres jolies berges, des éleveurs étaient couchés sur les flancs. Quelques uns prenaient leurs flûte de Pan, alors que des artisans travaillaient leur cuir. Des inspecteurs scrupuleux contrôlaient le lait des femmes de bouviers, lesquels suspendaient leur gourde au bout d‘un bâton. Néefièretarée était furieuse, parce que Ramassidkouch, son époux, avait l’air plutôt content de la voir se barrer dans le sud, et il n’avait rien trouvé à redire à la présence de Tahosétlafer. Ouais, ouais, qu’elle se disait, comme ça monsieur aura tout le loisir de se taper ses salopes d’esclaves. Elle rêvait d’un contre-envoûtement pour se venger du devin et rendre à ses crocodiles une forme normale, parce que le Siphilis, là, il la chatouillait vraiment trop durement. Elle avait envie de frapper un Nubien aux cheveux courts et bouclés. Elle se contenta pourtant de visiter un foyer de jeunes. C’est en revenant au palais qu’eut lieu l’attentat. Un apprenti scribe essaya de lui planter son calame dans le coeur, alors que ses porteurs avaient posé la litière pour aller pisser sur une colonne, formée de tambours cylindriques et aux architraves bourrées d’inscriptions graffées par de jeunes bédouins. La reine vêtue d’une robe à bretelle était assise droite, les jambes serrées, sa poitrine était parée d’un gorgerin polychrome qui lui sauva la vie. Son poing fusa entre les rideaux pour atterrir en plein milieu de la gueule du tueur, histoire qu‘il comprenne mieux la répartition des tâches. Une fois qu’il fut à terre, on passa une bougie allumée à la demande de Néefièretarée et elle la lui colla méchamment en plein dans son cul, sur une longueur d’au moins seize coudées, sans qu‘elle puisse cacher toutefois à ses sujets un léger sentiment d‘amertume.

 

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Message édité par talbazar le 01-03-2014 à 11:46:52
n°37319368
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 02-03-2014 à 16:18:45  profilanswer
 

Salon littéraire :  
 
Les oeuvres essentielles du pro-fesseur Talbazar.
 
Aujourd'hui : La saga du trône de Fion / Tome 1-Sur la queue du dragon - extrait N°17

 
 
On retrouvera le début ici : http://forum.hardware.fr/hfr/Discu mais faut fouiller !
 
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Quand tous revinrent au château, ce fut pour découvrir avec consternation le grand cadavre du géant qui obstruait l’escalier. William en était à se pogner tranquille de la dextre, mais il se garda bien de faire le moindre bruit, tout en épiant sournoisement ses ennemis de l’autre main. Méditant sur les trois yeux ouverts du géant mort, la communauté de la gnôle avait des visages inquiets et l’humeur sombre.  
 
– Par la Sainte Kramouille, se contenta de dire Belbit, ce bon géant est mort, qui tant nous sut aimer, mais il se fait que j’ai grand-soif, à présent !
 
 S’ensuivi un intense Brainstorming, ponctué de vaillants coup de cornes et de babillages avisés, pour honorer le souvenir de leur ami. Sieste faite, on trouva la corde qui avait tué Bing Bong, mais nul ne sut quoi en penser, car il n‘était pas mort de fatigue ni de chagrin, mais sur un simple coup de fil qu’on lui avait donné. Le géant était devenu froid et dur, il serait impossible de le déplacer pour le virer par les créneaux. Bien qu’ils furent à l’abri de ses murailles, ils leur fallu convenir de quitter désormais cet endroit. Helga insista pour ramoner la cheminée de sa chambre avant de partir et Erald alla lui porter aide, une fois la porte bien verrouillée. L’oreille collée devant icelle, Belbit se frotta les paluches de plaisir, par grande chaufferie. Il pris sa bite pour arbitre, en droite justice, utilisant sa main en bonne charité. Aussi mince que souple, Hivalanoué l’attrapa par le col et l’envoya gicler de part les douves, car le grand chevalier aimait les farces et la gaieté. Une fois nagé en maugréant, le petit Huelabit revint taper au pont-levis. Mirlen le Tchatteur décida à son tour de l’emmerder :
 
–  Hôlà, par la vertukramouille, qui heurte à cette heure ?
 
–  C’est moi Belbit l’infortuné, petit et laid, mais très rusé.
 
 Mirlen eut tout d’un coup pitié de sa vilaine allure et le laissa rentrer. A l’étage s’entendait toujours le frou-frou de la robe d’Helga qui se fendait la pipe en nettoyant la tuyauterie, encouragée par les échos joyeux de son ramoneur, visiblement en bonne route sur le chemin de l‘honneur et de la victoire. Pendant ce temps, Mirlen mit en caisse les vivres qu’il pouvait trouver et ses bourses s’emplissaient d’écus, tout en vérifiant l’utilité de la moindre babiole, y compris ce qu’il put collecter dans les caves. Il passa même une fois devant William sans l’avoir remarqué, lequel poignard en main se jura d’esbarber le magicien, s’il venait à être découvert. Ils avaient ainsi de quoi ravitailler une ville, ce qui serait bienvenu pour parcourir le doigt des derniers hommes, avant d‘atteindre le marais-Jean. Obéissant, Belbit monta cette fois l’échelle de son lit-clos pour y prendre avant leur départ un peu de repos, ne se levant qu‘une fois pour y faire dans son pot.
 
 Dans le royaume de fion les cloches sonnaient toute la journée, car la reine Amanda se languissait toujours, vraiment très malheureuse de demeurer sans joie. Caressée par tant de mains errantes, elle perdait peu à peu tout espoir de délivrance. Beaucoup de ses sujets continuaient de la pratiquer et de la visiter, mais leurs pauvres élans se brisaient devant la froidure de son pieu. Elle restait comme toujours pétrifiée, trouée comme coup de corne, yeux ouverts et lèvres fermées, puis tous tombaient finalement à genoux, repoussés par son absence de pied. Confus, ils baissaient alors également la tête. Le grand vizir Baristan Lakeu notait scrupuleusement leur nom sur un grand registre, dès fois qu’un sale loqueteux aurait l’audace d’y revenir deux fois. Pour expier leur échec, tous les perdants étaient passés par les verges ou pendus. Chaque soir, le conseiller de la reine plaçait le livre sous les coussins de son lit, impressionné par le nombre des prétendants et la médiocrité de leurs résultats, bien que toute leur semence débordât des rainures du parquet. Tout seul entre les cierges en caressant sa barbe noire, il relut le dernier message de William De Bochibre que venait de lui faire parvenir une poule voyageuse.
 
  Le feuillet faisait état de sa défaite, mais il assurait le traître qu’il ne lâchait pas ses proies, bien obstiné à les poursuivre jusqu’au volcan du Guilidoris et les réduire en poussière. Baristan jeta le message au feu de la cheminée. Le vizir était lui-même grandement échauffé par cette nouvelle, car l‘anéantissement de ces concurrents ne semblait pas aussi facile que prévu. Il gardait d’eux le souvenir d’individus louches et gorgés de gnôle, mais une chose était certaine, il ne fallait surtout pas que la reine Amanda apprenne son coup-fourré. C’est lui qui avait lancé William aux chausses d’Erald et de ses amis, afin de contrarier leur extraordinaire expédition. Pourtant, lui ne croyait pas aux prétendues vertus de cette fleur de pinette et montait trois fois par heure Amanda, car il ne faisait confiance qu’en ses propres forces, quand bien même ses pauvres couilles étaient en train de fondre comme neige au soleil. Lui seul s’estimait digne de piquer la couronne pour faire œuvre de civilisation et il ne désirait point pour femme une simple compatriote, par imagination enfantine, mais carrément l’héritière légitime. Il voulait justement régner lui-même sur le trône de Fion selon son bon plaisir, en se garantissant de l‘âpreté d‘une vraie concurrence. Voilà pourquoi il mobilisait quand même par prudence les apothicaires de Fion pour son usage exclusif, afin qu’ils lui fournissent les meilleurs onguents par réquisition. Ceci dans le but d’égosiller comme canarde celle qu’il voulait comme promise, hélas sans avoir à ce jour triomphé, avec ou sans armure.
 
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