Les mythes du placard.
Aujourd’hui : Jason et la quête de la Toison d’or
Bien que Grec, Jason était un personnage vraiment extraordinaire, puisqu’il arrivait à toucher sans effort le bout de son nez avec sa langue, ce qui faisait rêver toutes les Macédoniennes. En dehors de ses exploits linguistiques, Jason se trouvait prince d’Iolchos, en Thessalie, où il passa sa jeunesse à jouer dans la cour. Son père, Eson d’Iolchos, picolait durement l’Ouzo, taillait des flûtes pour s’occuper et sa mère soufflait dedans. A la mort de ceux-ci, l’oncle de Jason, Pélias, une vraie saloperie qui truquait autant les élections qu’un président africain, usurpa les toilettes à la turc et en chassa Jason qui dût désormais utiliser celles du mont Pélion. C’est là que Jason fut élevé par le centaure Chiron, à la bite de cheval, dans les arts de la musique, de la chasse, de la guerre, de l’origami et des positions arrières. La douleur passée, Jason atteignit finalement l’âge de vingt ans et voulu rentrer à Iolchos pour assister à un concert de Hard-Métal. Chemin faisant, il traversa une vieille femme vendeuse de groles qui n’était autre que la déesse Héra, une salope de cougar entièrement refaite, laquelle lui assurera sa protection au cours de ses périples futurs. Quand il apprit le retour de Jason, l’oncle Pélias chia pour une fois dans son froc et lui proposa un odieux chantage par lequel il lui cédait enfin le trône, sous condition que Jason lui rapporte la Toison d’or d’une Germaine de Germanie nommée Olga, exilée en Colchide, au fin fond de la mer de couleur. Bien qu’elle ait déjà cédé moyennant finance sa fameuse Toison d’or au roi Eétès, Olga protégeait son petit trésor comme un dragon et ne dormait jamais, ce qui épuisait évidemment son heureux locataire.
Afin de partir en virée avec sa bande de potes, Jason fit appel au service éclairé d’Argus, un artisan côté, soulageant ainsi l’esprit de l’ouvrier charpentier, puis il demanda la réouverture provisoire du trône d’Iolchos, pour soulager aussi les tripes de l’ouvrier partant chier. Argus réalisa un bateau formidable qu’il appela l’Argo, avec un pont latté et renvoi de roues dentées, large cache ressort et volant d’inertie mobile, sans compter trois tourelles agressives à double canons et deux mâts pour tendre les antennes radio. N’oublions pas que les Grecs antiques étaient tous de foutus sodomites, c’est pourquoi l’espace dédié pour les cinquante avirons de l’Argo fut calculé au plus juste, permettant de cette façon aux rameurs de s’enfiler dans un mouvement de tangage stimulant et pratiquer au mieux une navigation qu’on imagine houleuse. Ce procédé génial admettait donc à l’Argo de développer bons nœuds, même en l‘absence de voile ou de vapeur, et laissa dans l‘histoire plus d‘une auréole de légende. Malgré de nombreuses versions de l’histoire de Jason, dont la présente est certainement la seule authentique, on voit que les membres de l’équipage de l’Argo n’étaient pas immuables. On connaît déjà Argus, vieux pochtron de l’île de Groix, mais il y avait aussi Atalante, seule femme du bord et donc logiquement la femme à tout le monde au cours du voyage, Castor et Pollux, sans aucun doute les meilleurs rameurs, en tout cas les plus motivés, Heraclès, le mec d’Hylus, un ancien chanteur des Village People, Idmon et Mopsos, soit-disant devins, mais plus certainement accros à l’héroïne de Bébrycie, Lyncée, à la vue si perçante qu’il pouvait déceler le moindre abus sur un contrat de crédit renouvelable, Méléagre, pauvre rameur malchanceux du premier rang anéanti par la souffrance mais aussi frère de Déjanire, la sœur d’Héraclès. Il y avait également Nauplius, spécialiste de la pêche au thon en boite de night, Oilée, Orphée, célèbre bassiste des Suck My Ass, un groupe de Liverpool et puis Pélée le footballeur, Périclymène, Télamon, Typhis le grand timonier franc-maçon, surnommé par les autres Syphilis du timon, Zéthée et Calais, les seuls pédés du bord, et puis tant d’autres qu’il serait fastidieux d’appeler par leur noms. En tout cas, ils étaient cinquante, d’après le récit composé un soir d’ivresse par le poète Abolanus de Rhodes vers le IIIè s av Lui.
Quand toutes furent prêtes, Jason et ses copines s’appareillèrent comme on a dit, et l‘on constate qu‘ils ne manquaient heureusement pas d‘abris naturels. Riveté sur son banc, Jason s’empara aussitôt de son bel octant à l’alidade mobile et fixa sur sa proue en bois de rose le drapeau du Portugal. Les autres rameurs essayèrent sans succès de pivoter sur leur axe, mais ils furent bien obligés de suivre contre fortune bon cœur la trajectoire des corps célestes dans leur sphère armillaire. Grâce au baromètre à eau, le liquide rejeté tombait dans la coupelle soufflée à la main prévue à cet effet, en cas des tempêtes probables, comme l‘astrolabe oriental à double projection mesurait les brusques changements de hauteurs. La navigation des anciens Grecs, voilà bien une chose compliquée, qui s’appelle d’ailleurs la touche maritime, c‘est une question de préhension, sinon d‘appréhension, surtout si le rameur dans votre dos utilise sournoisement un chausse-pied métallique. Pendant ce temps là, ronde et fashion, Atalante, seule femme du bord, se voyait dispensée de ramer et s’occupait plutôt de vider le bac à linge en Kevlar, quand elle avait terminé de laver les pagnes. Tout n’était donc pas absolument désorganisé, sur les galères antiques. Par petites touches, Atalante changea également la déco de l’Argos. « C’est bien les bonnes femmes », cria même Pollux en ajustant sa perruque, à l’adresse de Castor dont il déplissa la tunique, dans le but de l’obliger à ramer de plus belle. Contrairement à ses fils, la Grèce est une presqu’île étroite et les marins audacieux s’agitèrent tellement qu’ils abordèrent rapidement l’île de Lemnos, où il n‘y avait que des nanas, sans aucun homme pour leur disputer le programme TV. Toutefois, circulant au milieu de toutes ces bombasses chaudes et bouillantes, les compagnons de Jason avaient tellement pris l’habitude de ramer qu’ils continuaient de le faire même à terre, et les habitantes de Lemnos furent obligées de se contenter avec les avirons, ce qui les rendit forcément un peu furieuses. Alors que Jason ramait toujours pendant son sommeil, la reine Hypsipyle prit par ruse la place occupée par Hercule et pondit des jumeaux neuf mois plus tard. Voilà pourquoi les odeurs ont depuis ce jours un impact émotionnel plus fort que les autres modalités sensorielles. Rejoignant son groupe d’appartenance, Jason releva la commissure de ses lèvres et débarqua à Cyzique où des Monstres aux pénis géants prenaient les habitants pour des champions d’aviron, ce qui faisait godiller en marchant tous les hommes de cette contrée. Jason se tira de là vite fait en évitant à lui et son équipage les effets aussi légitimes que physiologiques d’une peur envahissante. Ayant vigoureusement rallumé sa grande chaudière, Jason accosta les côtes de Bérycie gouvernée par le fils de Poséïdon nommé Amycos, en raison de mycoses mal placées. Ils y échangèrent de précieuses seringues contre de la verroterie sans valeur. Pollux échappa aux douanes en nageant sous la coque.
Parvenus et mystérieusement enrichis par le marché noir organisé à l’embouchure de la mer du même nom, les Argonautes débarrassèrent le vieux Phinée des taupes quadragénaires qui suçaient sans vergogne sa carte bleue pour s’acheter entre autres babioles des sacs Louis Vuitton. Ces grosses garces se shootaient au Botox, et se gonflaient d’implants multiples, ce qui les rendaient en définitif plus laides que vieilles. En remerciement, Phinée fit cadeau à Jason du stock de crèmes anti-rides qui restait et l‘Argo atteignit ensuite les Symplegades, où deux rochers rebondis barraient la route, écrasant tous les navires qui essayaient de passer. On envoya Périclymène en éclaireur et il ne perdit dans l’aventure qu’une seule plume de sa queue. Toutefois, le Timonier Tiphys y coinça la sienne pour toujours, obligeant les autres à l’abandonner dans sa fâcheuse posture. Jason resta longtemps persuadé que ce n’étaient pas des rochers. Les Argonautes se remontèrent et arrivèrent au pays de Colchide, ou se trouvait la célèbre Toison d’or. Là, le roi obligea Jason à prendre un taureau par les reins, ce qui n’était qu’une formalité pour un bon rameur solidement entraîné. Médée, fille d’Eétès et magicienne, tomba raide dingue de Jason et confectionna une potion qui permit au jeune homme de la labourer plus longtemps. Avec l’aide de sa nouvelle amie, Jason ensorcela Olga la Germaine et s’empara de sa Toison d’or fournie comme une Allemande, priant les dieux qu’elle ne pratiqua pas l’épilation intégrale. Olga gueula un peu, pour le principe, mais après cinq Tequilas Jason lui fit cracher ses dents de dragon et la coucha finalement sur le sable, en face de l‘Hawaï Bar. Comme Olga était du signe du bélier, et Jason du lion, ils étaient astrologiquement compatibles, un coup de bol. Après avoir grimpé au sommet de la touffe sacrée pour attraper son butin, Jason remonta également sur l’Argos, mais l’histoire ne précise pas le nom de l’heureux rameur qu‘il désigna pour ce faire. Médée jeta cependant à la mer le meilleur morceau du corps de son frère, ce qui nous donne peut-être là un indice utile.
Puis ce fut le long voyage du retour à Iolchos, après avoir remonté le Danube et la côte Lybienne, sous le feu des forces de l’Otan. Pendant douze jours, les héros transportèrent leur navire sur le bout de leur bite, particulièrement musclée en fin de parcours, comme on l’imagine. Jason et Médée pratiquèrent encore une succulente triangulaire avec la sorcière Circé, ce qui purifia Médée du meurtre de son frère, doublée d’une conséquente remise de peine des assises de Corfou. Alors Jason retrouva son trône, et comme il avait choppé la turista aux environs de Corinthe, il était franchement grand temps.