LooSHA a écrit :
Tiens d'aileurs :
Citation :
Dans son dernier ouvrage, Main basse sur Alger, Pierre Péan rappelle lorigine de la fortune de la famille Seillière. Les deux fondateurs lorrains de la maison qui fournit pendant plusieurs années un patron au Medef étaient «spécialisés dans le commerce et la fabrication de draps et tricots pour larmée; ils ont développé leurs affaires, qui ont progressé avec lextraordinaire explosion des campagnes militaires de la Révolution et surtout lépopée napoléonienne». Un des fils, Nicolas, monte à Paris et fonde la banque Seillière en 1807, «si bien que les Seillière, devenus à la fois manufacturiers, négociants et banquiers, sont à la fin de lEmpire lun des trois fournisseurs des armées».
Lessor de la maison, toutefois, sera lié à la conquête de lAlgérie, en 1830, et au détournement de la majeure partie du trésor de la Casbah. La maison Seillière se voit seule attribuer le marché des vivres de lexpédition dAlger. À raison dune commission invariable, quelle que soit la valeur des achats, cela représente un bénéfice dautant plus confortable que les Seillière sont en position dominante «pour obtenir des prix inférieurs à la valeur moyenne des denrées.(...) Pour en effectuer le transport, la maison Seillière constitue une armada de 357 bateaux.»
Au retour, après la conquête dAlger, sétant vidés de ces denrées, certains de ces bateaux déclarent transporter «du plomb». Miracle de lalchimie, ce plomb se transforme en or à larrivée! Une partie de cet or -moins dun dixième- va atterrir dans les caisses de lÉtat, mais la plus grande part du trésor, estimé à léquivalent de 4 milliards deuros, disparaît dans les poches de ceux qui, militaires, fonctionnaires ou capitaines dindustrie, ont participé au pillage dAlger... sans oublier celles du roi.
«La maison Seillière et Adolphe Schneider, son représentant à Alger, étaient dans une position extrêmement favorable, en dehors même de ces contrats juteux passés avec le ministère de la Guerre, pour faire partie des grands bénéficiaires de la prise dAlger. Prévus pour acheminer la partie clandestine du trésor vers la cassette de Charles X, les bateaux de larmada Seillière ont certainement servi à transporter lor et largent détournés. François-Alexandre Seillière et Adolphe Schneider ont également pu favoriser le recyclage de cet argent dans le circuit bancaire. (...) Leur position et leurs relations leur ont aussi permis dacquérir, à de très bonnes conditions, les marchandises et produits divers pillés dans les magasins, ainsi que les biens des Turcs obligés de quitter la Régence. À combien sest élevé leur bénéfice dans cette affaire? Apparemment suffisamment pour prendre un nouvel essor et devenir les plus grands sidérurgistes de lindustrie française», conclut Pierre Péan.
Contrairement à la légende quelles entretiennent, le travail et le sens de léconomie ont peu de place dans lorigine de la fortune des grandes familles, et dans le pouvoir économique et politique quelles ont conquis.
Marianne LAMIRAL
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http://www.lutte-ouvriere-journal. [...] &ARTICLE=9
Je fais exprès d eciter LO
On trouve la même information un peu partout seu le ouèbe, mais tout est dans le livre de Péan.
Quid aussi de la fortune de Dassault, qui doit beaucoup à l'Etat, et donc aux contribuables ? Celles d'Arnaud, de Lagardère, de Pinault ?
Citation :
Le livre dont parlent ces éminents représentants du quatrième pouvoir, cest le mien. Il est titré Argent public, fortunes privées (Denoël). Cest une enquête sur le favoritisme dEtat, ce système insidieux qui consiste en France à nationaliser les pertes et privatiser les profits. Forcément, le bouquin sécarte un peu du catéchisme des affaires selon Saint Minc.
Le journal qui sinterroge sur le traitement réservé à ce genre de littérature, cest Le Point.
Mon livre parle - entre autres - des multiples faveurs dont a bénéficié le milliardaire François Pinault, enfant gâté de tous les pouvoirs depuis vingt ans et... propriétaire du Point. Jy évoque également le cas BHL, qui, entre autres fonctions, exerce celle déditorialiste au Point. Je raconte comment BHL met son magistère intellectuel au service de ses amis milliardaires dont Pinault fait partie.
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A lire aussi, un article de Toscer dans le Diplo >> http://www.monde-diplomatique.fr/2003/12/TOSCER/10865
Alors, industrieux, malins, escrocs, brillants, culottés, sans vergogne, magouilleurs, chanceux, ayant de l'entregent ? Sans doute un peu de tout ça.
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