fatal error Slava Ukraini, Heroyam slava | grim_fandango a écrit :
Bah, s'ils n'ont pas utilisé leur super armée d'un million de pantins, ils n'utiliseront pas leur bombinette.
Après tout, les dirigeants sont des autistes, et tout ce qu'ils veulent, c'est rester dans leur monde bien clôturé et hermétique.
La bombe A leur garanti qu'il le restera, c'est tout ce qu'ils voulaient encore.
Quant au soulèvement du peuple, c'est bien joli mais ça ne se produira pas.
Est-ce que le peuple s'est soulevé en URSS ? Non.
Il l'a fait en Hongrie et en Pologne parce que leur pays était occupé par une puissance étrangère. Mais quand le cancer vient de l'intérieur, il n'y a pas grand-chose à faire.
Des reporters du NY times qui ont pu parler à des nord coréens qui avaient pu s'échapper, ont constaté que ces derniers nourrissaient toujours un très fort dégoût pour les Américains, au point de ne pas vouloir leur parler ou les voir.
L'endoctrinement est extrême : imaginez une dictature totalitaire du style nazisme, qui ait pu affiner ses méthodes de conditionnement pendant 50 ans !
Mon avis : ils crèveront tout seuls, trèèès lentement. La Chine pourrait bien leur couper les vivres, s'ils deviennent plus menaçants (on parle de menaces directes, qui par ricochet préjudicieraient à la Chine). Les Chinois commencent déjà à en avoir marre, ça commence.
Kim Jong Il n'est pas totalement contrôlable. La politique de soutient par les Chinois visait à contrôler la Corée du Nord, mais Kim est trop indiscipliné. De ce fait, s'ils persiste dans ce genre de politique, il risque fort d'être plus gênant qu'utile à Pékin à long terme... et si la Chine leur coupe pétrole et ravitaillement, là, et là seulement, je crois que le régime peut se casser la gueule.
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tu m'etonne apres ce que les americains ont fait a leurs pays faut pas s'attendre non plus a ce qu'il se jettent dans leurs bras
Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver Mémoires de feu en Corée du Nord
Par Bruce Cumings
Professeur dhistoire à luniversité de Chicago ; auteur de Parallax Visions : Making Sense of American-East Asian Relations, Duke University Press, Londres, 1999 et de North Korea, Another Country, The New Press, New York, 2004.
Plutôt que dune guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, sagissant de la guerre de Corée (1950-1953), dune guerre inconnue. Leffet incroyablement destructeur des campagnes aériennes américaines contre la Corée du Nord qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques (1) et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années nen font jamais fait état.
La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les attaques dHiroshima et de Nagasaki ont fait lobjet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins dattention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans lélaboration de la stratégie américaine en matière de sécurité nationale. (...)
Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables denfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux... Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont leffet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. En 2003, jai participé à une conférence aux côtés danciens combattants américains de la guerre de Corée. Lors dune discussion à propos du napalm, un survivant de la bataille du Réservoir de Changjin (Chosin, en japonais), qui avait perdu un il et une partie de la jambe, affirma que cette arme était bel et bien ignoble, mais quelle « tombait sur les bonnes personnes ».
Les bonnes personnes ? Comme lorsquun bombardement toucha par erreur une douzaine de soldats américains : « Tout autour de moi, les hommes étaient brûlés. Ils se roulaient dans la neige. Des hommes que je connaissais, avec qui javais marché et combattu, me suppliaient de leur tirer dessus... Cétait terrible. Quand le napalm avait complètement brûlé la peau, elle se détachait en lambeaux du visage, des bras, des jambes... comme des chips de pommes de terre frites (2). »
Un peu plus tard, George Barrett, du New York Times, découvrit un « tribut macabre à la totalité de la guerre moderne » dans un village au nord dAnyang (en Corée du Sud) : « Les habitants de tout le village et dans les champs environnants furent tués et conservèrent exactement lattitude quils avaient lorsquils furent frappés par le napalm : un homme sapprêtait à monter sur sa bicyclette, une cinquantaine denfants jouaient dans un orphelinat, une mère de famille étrangement intacte tenait dans la main une page du catalogue Sears-Roebuck où était cochée la commande no 3811294 pour une ravissante liseuse couleur corail. » Dean Acheson, secrétaire dEtat, voulait que ce genre de « reportage à sensation » soit signalé à la censure afin quon puisse y mettre un terme (3).
Lun des premiers ordres dincendier des villes et des villages que jai trouvés dans les archives fut donné dans lextrême sud-est de la Corée, pendant que des combats violents se déroulaient le long du périmètre de Pusan, début août 1950, alors que des milliers de guérilleros harcelaient les soldats américains. Le 6 août 1950, un officier américain donna lordre à larmée de lair « que soient oblitérées les villes suivantes » : Chongsong, Chinbo et Kusu-Dong. Des bombardiers stratégiques B-29 furent également mis à contribution pour des bombardements tactiques. Le 16 août, cinq formations de B-29 frappèrent une zone rectangulaire près du front qui comptait un grand nombre de villes et de villages, et créèrent un océan de feu en larguant des centaines de tonnes de napalm. Un ordre semblable fut émis le 20 août. Et le 26 août, on trouve dans ces mêmes archives la simple mention : « Onze villages incendiés (4) ».
Les pilotes avaient ordre de frapper les cibles quils pouvaient discerner pour éviter de frapper des civils, mais ils bombardaient souvent des centres de population importants identifiés par radar, ou larguaient dénormes quantités de napalm sur des objectifs secondaires lorsque la cible principale ne pouvait être atteinte. La ville industrielle de Hungnam fut la cible dune attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes sélevèrent jusquà une centaine de mètres. Larmée américaine largua 625 tonnes de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient 800 tonnes de bombes par jour sur le Nord (5). Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm.
Au sein de larmée de lair américaine, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de « bombardements de précision ». Les civils, aimaient-ils à prétendre, étaient prévenus de larrivée des bombardiers par des tracts, alors que tous les pilotes savaient que ces tracts navaient aucun effet (6). Cela nétait quun prélude à la destruction de la plupart des villes et villages nord-coréens qui allait suivre lentrée de la Chine dans la guerre.
Larguer trente bombes atomiques ?
Lentrée des Chinois dans le conflit provoqua une escalade immédiate de la campagne aérienne. A compter du début novembre 1950, le général MacArthur ordonna que la zone située entre le front et la frontière chinoise soit transformée en désert, que laviation détruise tous les « équipements, usines, villes et villages » sur des milliers de kilomètres carrés du territoire nord-coréen. Comme le rapporta un attaché militaire britannique auprès du quartier général de MacArthur, le général américain donna lordre de « détruire tous les moyens de communication, tous les équipements, usines, villes et villages » à lexception des barrages de Najin, près de la frontière soviétique et de Yalu (épargnés pour ne pas provoquer Moscou et Pékin). « Cette destruction [devait] débuter à la frontière mandchoue et continuer vers le sud. » Le 8 novembre 1950, 79 B-29 larguaient 550 tonnes de bombes incendiaires sur Sinuiju, « rayant de la carte ». Une semaine plus tard, un déluge de napalm sabattait sur Hoeryong « dans le but de liquider lendroit ». Le 25 novembre, « une grande partie de la région du Nord-Ouest entre le Yalu et les lignes ennemies plus au sud (...) est plus ou moins en feu ». La zone allait bientôt devenir une « étendue déserte de terre brûlée (7) ».
Tout cela se passait avant la grande offensive sino-coréenne qui chassa les forces de lONU du nord de la Corée. Au début de lattaque, les 14 et 15 décembre, laviation américaine lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à laviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à laide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951). A mesure que les Américains se retiraient au sud du 30e parallèle, la politique incendiaire de la terre brûlée se poursuivit : Uijongbu, Wonju et dautres petites villes du Sud, dont lennemi se rapprochait, furent la proie des flammes (8).
Laviation militaire tenta aussi de décapiter la direction nord-coréenne. Pendant la guerre en Irak, en mars 2003, le monde a appris lexistence de la bombe surnommée « MOAB » (Mother of all bombs, Mère de toutes les bombes), pesant 21 500 livres et dune capacité explosive de 18 000 livres de TNT. Newsweek en publia une photo en couverture, sous le titre « Pourquoi lAmérique fait-elle peur au monde ? (9) ». Au cours de lhiver 1950-1951, Kim Il-sung et ses alliés les plus proches étaient revenus à leur point de départ des années 1930 et se terraient dans de profonds bunkers à Kanggye, près de la frontière mandchoue. Après trois mois de vaines recherches à la suite du débarquement dInchon, les B-29 larguèrent des bombes « Tarzan » sur Kanggye. Il sagissait dune bombe nouvelle, énorme, de 12 000 livres, jamais utilisée auparavant. Mais ce nétait encore quun pétard à côté de larme incendiaire ultime, la bombe atomique.
Le 9 juillet 1950, deux semaines seulement après le début de la guerre, le général MacArthur envoya au général Ridgway un « message urgent » qui incita les chefs détat-major (CEM) « à examiner sil fallait ou non donner des bombes A à MacArthur ». Le général Charles Bolte, chef des opérations, fut chargé de discuter avec MacArthur de lutilisation de bombes atomiques « en soutien direct aux combats terrestres ». Bolte estimait quon pouvait réserver de 10 à 20 bombes au théâtre coréen sans que les capacités militaires globales des Etats-Unis sen trouvent affectées « outre mesure ». MacArthur suggéra à Bolte une utilisation tactique des armes atomiques et lui donna un aperçu des ambitions extraordinaires quil nourrissait dans le cadre de la guerre, notamment loccupation du Nord et une riposte à une potentielle intervention chinoise ou soviétique comme suit : « Je les isolerai en Corée du Nord. En Corée, je vois un cul-de-sac. Les seuls passages en provenance de Mandchourie et de Vladivostok comportent de nombreux tunnels et ponts. Je vois là une occasion unique dutiliser la bombe atomique, pour frapper un coup qui barrerait la route et demanderait un travail de réparation de six mois. »
A ce stade de la guerre, toutefois, les chefs détat-major rejetèrent lusage de la bombe car les cibles suffisamment importantes pour nécessiter des armes nucléaires manquaient, ils redoutaient les réactions de lopinion mondiale cinq ans après Hiroshima et ils sattendaient que le cours de la guerre soit renversé par des moyens militaires classiques. Le calcul ne fut plus le même lorsque dimportants contingents de soldats chinois entrèrent en guerre, en octobre et novembre 1950.
Lors dune célèbre conférence de presse, le 30 novembre, le président Truman agita la menace de la bombe atomique (10). Ce nétait pas une bourde comme on le supposa alors. Le même jour, le général de larmée de lair Stratemeyer envoya lordre au général Hoyt Vandenberg de placer le commandement stratégique aérien en alerte « afin quil soit prêt à envoyer sans retard des formations de bombardiers équipés de bombes moyennes en Extrême-Orient, (...) ce supplément [devant] comprendre des capacités atomiques ». Le général daviation Curtis LeMay se souvient à juste titre que les CEM étaient parvenus auparavant à la conclusion que les armes atomiques ne seraient probablement pas employées en Corée, sauf dans le cadre dune « campagne atomique générale contre la Chine maoïste ». Mais puisque les ordres changeaient en raison de lentrée en guerre des forces chinoises, LeMay voulait être chargé de la tâche ; il déclara à Stratemeyer que son quartier général était le seul qui possédait lexpérience, la formation technique et « la connaissance intime » des méthodes de largage. Lhomme qui dirigea le bombardement incendiaire de Tokyo en mars 1945 était prêt à mettre le cap de nouveau sur lExtrême-Orient pour diriger les attaques (11). Washington se souciait peu à lépoque de savoir comment Moscou allait réagir car les Américains possédaient au moins 450 bombes atomiques tandis que les Soviétiques nen avaient que 25.
Peu de temps après, le 9 décembre, MacArthur fit savoir quil voulait un pouvoir discrétionnaire concernant lutilisation des armes atomiques sur le théâtre coréen, et, le 24 décembre, il soumit une « liste de cibles devant retarder lavancée de lennemi » pour lesquelles il disait avoir besoin de 26 bombes atomiques. Il demandait en outre que 4 bombes soient larguées sur les « forces dinvasion » et 4 autres sur les « concentrations ennemies cruciales de moyens aériens ».
Dans des interviews parues après sa mort, MacArthur affirmait avoir un plan permettant de remporter la guerre en dix jours : « Jaurais largué une trentaine de bombes atomiques (...) en mettant le paquet le long de la frontière avec la Mandchourie. » Il aurait ensuite amené 500 000 soldats de la Chine nationaliste au Yalu, puis aurait « répandu derrière nous, de la mer du Japon à la mer Jaune, une ceinture de cobalt radioactif (...) dont la durée de vie active se situe entre soixante et cent vingt années. Pendant soixante ans au moins, il naurait pas pu y avoir dinvasion terrestre de la Corée par le nord ». Il avait la certitude que les Russes nauraient pas bougé devant cette stratégie de lextrême : « Mon plan était simple comme bonjour (12). »
La radioactivité du cobalt 60 est 320 fois plus élevée que celle du radium. Selon lhistorien Carroll Quigley, une bombe H de 400 tonnes au cobalt pourrait détruire toute vie animale sur terre. Les propos bellicistes de MacArthur paraissent insensés, mais il nétait pas le seul à penser de la sorte. Avant loffensive sino-coréenne, un comité dépendant des chefs détat-major avait déclaré que les bombes atomiques pourraient savérer être le « facteur décisif » qui stopperait lavancée chinoise en Corée. Au départ, on envisageait éventuellement leur utilisation dans « un cordon sanitaire [pouvant] être établi par lONU suivant une bande située en Mandchourie juste au nord de la frontière coréenne ».
La Chine en ligne de mire
Quelques mois plus tard, le député Albert Gore (le père dAl Gore, candidat démocrate malheureux en 2000), qui sopposa par la suite à la guerre du Vietnam, déplorait que « la Corée [fasse] détruise peu à peu la virilité américaine » et suggérait de mettre fin à la guerre par « quelque chose de cataclysmique », à savoir une ceinture radioactive qui diviserait la péninsule coréenne en deux de façon permanente. Bien que le général Ridgway nait pas parlé de bombe au cobalt, après avoir succédé à MacArthur en tant que commandant américain en Corée, il renouvela en mai 1951 la demande formulée par son prédécesseur le 24 décembre, réclamant cette fois 38 bombes atomiques (13). Cette demande ne fut pas acceptée.
Début avril 1951, les Etats-Unis furent à deux doigts dutiliser des armes atomiques, au moment, précisément, où Truman révoquait MacArthur. Si les informations concernant cet événement sont encore en grande partie classées secrètes, il est désormais clair que Truman ne destitua pas MacArthur uniquement en raison de son insubordination réitérée, mais parce quil voulait un commandant fiable sur le terrain au cas où Washington décide de recourir aux armes atomiques. En dautres termes, Truman se débarrassa de MacArthur pour garder ouverte sa politique en matière darmes atomiques. Le 10 mars 1951, après que les Chinois eurent massé de nouvelles forces près de la frontière coréenne et que les Soviétiques eurent stationné 200 bombardiers sur les bases aériennes de Mandchourie (doù ils pouvaient frapper non seulement la Corée, mais les bases américaines au Japon) (14), MacArthur demanda une « force atomique de type Jour J » afin de conserver la supériorité aérienne sur le théâtre coréen. Le 14 mars, le général Vandenberg écrivait : « Finletter et Lovett alertés sur les discussions atomiques. Je pense que tout est prêt. » Fin mars, Stratemeyer rapporta que les fosses de chargement des bombes atomiques sur la base aérienne de Kadena, à Okinawa, étaient de nouveau opérationnelles. Les bombes y furent transportées en pièces détachées, puis montées sur la base, seul le noyau nucléaire restant à placer. Le 5 avril, les CEM ordonnèrent que des représailles atomiques immédiates soient lancées contre les bases mandchoues si de nouveaux contingents importants de soldats chinois se joignaient aux combats ou, semble-t-il, si des bombardiers étaient déployés de là contre des positions américaines. Le même jour, Gordon Dean, président de la Commission sur lénergie atomique, prit des dispositions pour faire transférer 9 têtes nucléaires Mark IV au 9e groupe de bombardiers de laviation militaire, affecté au transport des bombes atomiques. (...)
Les chefs détat-major envisagèrent de nouveau lemploi des armes nucléaires en juin 1951 cette fois, du point de vue tactique sur le champ de bataille (15) et ce fut le cas à maintes autres reprises jusquen 1953. Robert Oppenheimer, lancien directeur du Projet Manhattan, travailla sur le Projet Vista, destiné à évaluer la faisabilité de lusage tactique des armes atomiques. Au début de 1951, un jeune homme du nom de Samuel Cohen, qui effectuait une mission secrète pour le département de la défense, étudia les batailles ayant conduit à la seconde prise de Séoul et en conclut quil devait exister un moyen de détruire lennemi sans détruire la ville. Il allait devenir le père de la bombe à neutrons (16).
Des milliers de villages anéantis
Le projet nucléaire le plus terrifiant des Etats-Unis en Corée fut probablement lopération Hudson Harbor. Cette opération semble avoir fait partie dun projet plus vaste portant sur « lexploitation ouverte par le département de la défense et lexploitation clandestine par la Central Intelligence Agency, en Corée, de la possibilité dutiliser les armes nouvelles » (un euphémisme désignant ce quon appelle maintenant les armes de destruction massive). (...)
Sans recourir aux « armes nouvelles », bien que le napalm ait été très nouveau à lépoque, loffensive aérienne nen a pas moins rasé la Corée du Nord et tué des millions de civils avant la fin de la guerre. Pendant trois années, les Nord-Coréens se sont trouvés face à la menace quotidienne dêtre brûlés par le napalm : « On ne pouvait pas y échapper », ma confié lun eux en 1981. En 1952, pratiquement tout avait été complètement rasé dans le centre et le nord de la Corée. Les survivants vivaient dans des grottes. (...)
Au cours de la guerre, écrivit Conrad Crane, larmée de lair américaine « provoqua une destruction terrible dans toute la Corée du Nord. Lévaluation à larmistice des dégâts provoqués par les bombardements révéla que sur les 22 villes principales du pays, 18 avaient été au moins à moitié anéanties. » Il ressortait dun tableau établi par lauteur que les grandes villes industrielles de Hamhung et de Hungnam avaient été détruites à 80 %-85 %, Sariwon à 95 %, Sinanju à 100 %, le port de Chinnampo à 80 % et Pyongyang à 75 %. Un journaliste britannique décrivit lun des milliers de villages anéantis comme « un monticule étendu de cendres violettes ». Le général William Dean, qui fut capturé après la bataille de Taejon, en juillet 1950, et emmené au Nord, déclara par la suite quil ne restait de la plupart des villes et des villages quil vit que « des gravats ou des ruines couvertes de neige ». Tous les Coréens quil rencontra, ou presque, avaient perdu un parent dans un bombardement (17). Winston Churchill, vers la fin de la guerre, sémut et déclara à Washington que, lorsque le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale, personne nimaginait quon en « aspergerait » toute une population civile (18).
Telle fut la « guerre limitée » livrée en Corée. En guise dépitaphe à cette entreprise aérienne effrénée, citons le point de vue de son architecte, le général Curtis LeMay, qui déclara après le début de la guerre : « Nous avons en quelque sorte glissé un mot sous la porte du Pentagone disant : Laissez-nous aller là-bas (...) incendier cinq des plus grandes villes de Corée du Nord elles ne sont pas très grandes ça devrait régler les choses. Eh bien, on nous a répondu par des cris Vous allez tuer de nombreux civils, et cest trop horrible. Pourtant, en trois ans (...), nous avons incendié toutes (sic) les villes en Corée du Nord de même quen Corée du Sud (...). Sur trois ans, on arrive à le faire passer, mais tuer dun coup quelques personnes pour régler le problème, beaucoup ne peuvent pas lencaisser (19). »
La Corée du Nord tenterait, sans raison, de séquiper en armes de destruction massive, tandis que lopposition de Washington à cette stratégie relèverait de linnocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé dutiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée. SOURCE : http://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/CUMINGS/11732
le plus dangeureux des deux n'est pas celui qu'on croit en tout cas les coreens ont la rancune tenace tu m'etonne qu'apres ça il reve de rayer les usa de la carte |