Citation :
Des soldats israéliens leur ordonnent de repartir.
Lorsque Fadi demande, sur le ton de la plaisanterie, quand ils pourront revenir, l’un d’eux s’emporte : « Il m’a mis le canon de son arme sur le cou en me disant “Repars ! maintenant !” ».
« Nous, on veut la paix, on veut juste vivre de nos terres », s’exclame Loubna.
De leurs terres, il ne reste presque rien : les arbustes plantés deux ans plus tôt ont séché. Sur leur deuxième parcelle, les oliviers centenaires gisent déracinés, le sol retourné au bulldozer. « Nous avions travaillé dur pour les acheter et les planter », souffle Loubna, les larmes aux yeux.
Dans l’Arkoub, l’occupation a rétréci la géographie agricole et asséché les revenus. Au pressoir communal de Halta, les quelques sacs d’olives récoltées dans les secteurs encore accessibles annoncent une saison en demi-teinte. « Plus de la moitié des oliveraies ne peuvent pas être récoltées », estime Fadi. Avant la guerre, Halta produisait environ 150 000 litres d’huile par an, selon lui. Cette année, il en espère à peine la moitié. « Toutes les ressources de vie sont coupées ici, résume Qadri. Les gens ne peuvent compter que sur leur famille ou les aides humanitaires. »
À ces pertes s’ajoute la peur d’incursions israéliennes de plus en plus fréquentes. À Halta, sept personnes ont été emmenées de force par l’armée israélienne depuis 2023, selon la municipalité. « Mon frère a été kidnappé le 3 septembre, on n’a aucune nouvelle depuis »,raconte Ramzi Abdel Aal, dont la maison, la ferme et les 7 hectares de terres ont été ravagés. « Les soldats israéliens ont bloqué la route et fouillé des maisons », dit-il. Quinze personnes sont embarquées, douze relâchées. « Pourtant il n’y a pas d’armes ici, rien en rapport avec le Hezbollah », dit-il.
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